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trouve le pneumocoque en abondance dans le sang du cœur.
Lorsque le pneumocoque est peu virulent, la mort est plus lente, les lésions ont une tendance fibrineuse ou suppuralive ; l'inoculation dans le péritoine produit une péritonite avec grosse tumeur fibrineuse à centre caséeux ; on observe tou- Jours une vive réaction inflammatoire locaie, et nous avons pu, à deux reprises différentes, avec un pneumocoque atténué, constater en sacrifiant l’animal, cinq jours après l’inoculation, une véritable pneumonie lobaire, et dans un des cas, de la péricardite et une péritonite alors que l'inoculation avait été faile sous la peau.
On obtient d’ailleurs chez le lapin des localisations très diverses du pneumocoque suivant les cas. MM. BEezaxçoN et Grirrox ont pu déterminer expérimentalement des arthrites à pneumocoques, sans faire intervenir un traumatisme articulaire, et cela de deux façons différentes : ou en inoculant au lapin un pneumocoque atténué par vieillissement de la culture, ou en rendant l'organisme de l'animal relativement réfractaire au moyen de la vaccination incomplète, puis en injectant quelques jours après une dose de pneumocoque virulent.
Ces faits confirment d’ailleurs la loi de pathologie générale d’après laquelle les microbes atténués dans leur virulence se localisent volontiers sur les diverses séreuses et en particulier sur les séreuses articulaires.
Le chien est également réfractaire à l’action du pneumocoque. Il faut des doses énormes pour le tuer, et quatre à cinq jours s’écoulent avant la mort.
Les auteurs, comme Texisrovicn, sont arrivés à provoquer chez cet animal une pneumonie lobaire curable par inoculation intrapulmonaire.
D'autres auteurs ont également pu provoquer des lésions du parenchyme par injection intra-trachéale, mais ils paraissent s'être placés dans des conditions sortant trop de
l'état normal pour que l’on puisse attacher une importance à ces expériences au point de vue pathogénique.
Nous avons expérimenté avec le pneumocoque de TaLAMoN- FrænCKEL et avec le pneumo-bacille de FrtEbLaNDer. Nous donnerons le détail de ces expériences, ‘mais il faut en retenir que nous n'avons pu obtenir de pneumonie lobaire avec le pneumo-bacille de FRIEDLANDER, qui généralement tue assez rapidement le chien par septicémie.
Pneumonie expérimentale chez un chien immunisé par l'introduction de pneumocoques virulents dans les veines et refroidissement consécutif.
Au contraire, et c'est là une des expériences qui nous apparaissent comme des plus probantes, nous avons pu constater la formation d'une pneumonie lobaire typique, après introduction de pneumocoques très virulents, chez un chien au préalable immunisé contre le pneumocoque. L'expérience mérite qu'on la relate en détail.
Le microbe employé était un pneumocoque retiré du liquide céphalo-rachidien d’un homme mort de méningite cérébro-spinale pneumococcique observée par MM. GuizLaIN et Clovis VINCENT. Ce pneumocoque tuait la souris en douze heures. Inoculé à un chien de taille moyenne, il provoqua une seplicémie assez rapidement mortelle à la dose de 4 centimètres cubes de culture sur bouillon. D'autre part, nous avons injecté, à quatre reprises différentes, à un chien de même poids, des cultures de ce microbe ayant passé % l'étuve à 120° pendant vingt minutes. Au bout de quatre jours, nous avons Inoculé à ce chien ainsi immunisé, du pneumocoque simplement atténué par vieillissement de la culture, mais qui tuait encore la souris en trente-six heures. Enfin, après cette immunisation préalable, nous injectons des pneumocoques ayant conservé toute leur virulence et capables
de déterminer rapidement chez la souris une septicémie mortelle.
La culture du sang pris dans la veine montre encore le lendemain du pneumocoque en abondance. Ce fait était
R.CoQUELr
Fig. 8. — Pneumonie expérimentale du chien. — Un capillaire dont l'endothélium est nettement visible à la partie supérieure de la figure apparait rempli d'hématies et de globules blancs. — Nombreux pneumocoques dans la lumière du vaisseau sur d'autres coupes, on voit par place de l'hépatisation et surtout de la congestion avec quelques extravasats sanguins.
d'autant plus intéressant à constater que certains auteurs ont prétendu que chez l'animal immunisé, le passage des microbes dans la circulation sanguine était de très courte durée et n’excédait pas vingt-quatre heures.
C’est alors que nous avons agi de la manière suivante :
Ce chien immunisé et qui paraissait résister à l’action du pneumocoque, a été placé pendant deux heures dans une glacière. Le soir même, la. température était à 39°,5 et le lendemain soir, on observait une dyspnée intense, la température était à 40° et l’auscultation du poumon faisait entendre des râles dans toute l'étendue du poumon gauche, assez nels par comparaison avec le côté opposé. L'animal sacrifié présentait, en effet, une pneumonie lobaire typique à la base. du poumon gauche. Cette pneumonie présentait bien tous les caractères anatomo-pathologiques de la pneumonie fibrineuse, nous en reproduisons une coupe. Un capillaire dont l’endothélium est nettement visible à la partie supérieure de la planche apparaît rempli d’hématies et de globules blancs. Il y a de nombreux pneumocoques dans la lumière du vaisseau.
Sur d’autres coupes on voit par place de l'hépatisation et surtout de la congestion avec quelques extravasats sanguins.
Ce fait expérimental nous a paru des plus démonstratifs pour la thèse que nous soutenons, puisqu'en effet, voici un animal immunisé contre le pneumocoque, atteint d'une septicémie pneumococcique latente et qui, à la suite d'un refroidissement, ébauche des lésions pulmonaires localisées, manifestement sous la dépendance du microbe en circulation.
Nous devons d’ailleurs ajouter que ce fait expérimental doit être relativement difficile à réaliser, car, ayant essayé de le reproduire à deux reprises différentes et en employant d'autres facteurs étiologiques tels que le traumatisme ou le refroidissement après séjour dans une atmosphère surchauffée, nous n'avons pu constater le même phénomène : dans un cas, l'animal est mort sans localisation d'aucune sorte; dans l’autre, au contraire, il a survécu.
Congest'on pulmonaire expérimentale chez la souris.
Comme nous avions pu constater d'une manière très nette, dans l'expérience que nous venons de relater, l’action mani-
oh £
feste de la température sur le développement des lésions pulmonaires, nous avons cherché à réaliser la même expérience chez l'animal de choix pour l'infection pneumococcique, c'est-à-dire la souris.
Nous avons pris trois lots de dix souris. Le premier lot a été inoculé avec un pneumocoque dont la virulence était manifestement atténuée (vieillissement de la culture). Un deuxième lot a été inoculé avec des cultures chauffées et cela à différentes reprises, de façon à les immuniser. Le troisième lot, enfin, après immunisation préalable, a reçu un pneumocoque tuant la souris en quarante-huit heures.
Chacun de ces lots à été divisé en trois catégories.
Les souris de la première catégorie étaient placées à l’étuve à 37°; les souris de la seconde catégorie, dans une glacière pendant deux heures; enfin, celles de la troisième catégorie, après avoir été à l’étuve, étaient brusquement refroidies.
Toutes les souris appartenant au premier lot, inoculées avec un pneumocoque peu virulent, ne purent résister el moururent de septicémie. Chez deux d’entre elles l'ensemencement du sang du cœur révélait la présence du pneumocoque qui, fait intéressant à signaler, avait retrouvé sa virulence initiale. Aucune d'entreellesne présentait de lésion pulmonaire d'aucune sorte. Tous les animaux du troisième lotmoururent également, comme si leur immunité, sous l'influence des perturbations atmosphériques, avait subitement disparu. Aucun d’entre eux ne présentait non plus de lésions macroscopiques pulmonaires, maison pouvait remarquer, chez une des souris de ce lot, une péritonite purulente à pneumocoque. Le second lot, au contraire, donnait des résultats plus intéressants : toutes les souris soumises à l’action de la chaleur résistèrent à l'infection. Parmi celles qui furent refroidies brusquement, deux moururent de septicémie et chez l'une de celles qui avaient été placées à la glacière, on pouvait constater macroscopiquement et histologiquement les lésions classiques de la pneumonie.
Cette expérience, recommencée avec deuxcobayes, ne nous donna aucun résultat; mais chez le rat, le refroidissement brusque, après inoculation de culture de pneumocoque atténuée, nous permit de constater la présence de lésions de broncho-pneumonie hémorragique.
Avec le pneumo-bacille de FRIEDLANDER, après avoir moculé des cobayes avec des cultures chauffées de ce microbe, puis ensuite avec des cultures virulentes, nous avons eu nettement une pneumonie du lobe inférieur droit chez un d’entre eux.
Le traumatisme détermina seulement dans un cas uné sorte de pleurésie hémorragique.
Absence de localisations pulmonaires au cours des streptococcémies expérimentales.
Nous avons essayé de pratiquer des expériences analogues avec d’autres microbes, en particulier avec le streptocoque.
Par l'inoculation sous-cutanée chez le lapin, même avec des cultures très virulentes, nous n'avons pu déterminer que l’érysipèle classique, et jamais nous ne pûmes constater de lésion pulmonaire. Par l’inoculation intraveineuse, avec un streptocoque retiré d'une pleurésie purulente qui avait été chez l'homme rapidement mortelle, nous avons obtenu la mort d’un animal en l’espace de six jours, avec péricardite, pleurésie et péritonite, tous les liquides séreux ayant donné en culture du streptocoque en abondance. La pleurésie était bien ici manifestement d'origine sanguine, mais il n’y avait aucune lésion pulmonaire sous-jacente, nous n'avons pu trouver dans le poumon la présence de streptocoques, et ces faits sont, comme nous le voyons, un peu contradictoires avec ceux fournis par la clinique qui nous montraient, au contraire, la relative fréquence des lésions pulmonaires au cours des streptococcémies.
Il en fut de même avec le staphylocoque doré et le colibacille.
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Pneumonie pesteuse expérimentale.
Nous avons vu, au point de vue clinique, que lorsqu'on parcourt l'histoire des épidémies qui ont sévi pendant des siècles sur différentes parties du vieux monde et auxquelles on à donné le nom de peste, les troubles respiratoires sont toujours signalés parmi les symptômes qui le plus souvent accompagnent cette maladie. Nous avons vu, en outre, qu'il existait une véritable pneumonie pesteuse secondaire pouvant se développer au cours de toute infection pesteuse, indépendamment de la porte d'entrée, à la condition que l'organisme oppose une certaine résistance au microbe envahisseur. C'est une complication qu'on rencontre surtout chez les animaux atteints de peste bubonique.
Ce qui caractérise cette pneumonie pesteuse, au point de vue anatomo-pathologique, c’est la formation dans les poumons, en nombre plus ou moins considérable, de pseudotubercules, avec hépatisation et présence dans les alvéoles pulmonaires d'un exsudat formé par les cellules de desquamation des parois, des leucocytes et des globules rouges. La cellule géante et les cellules épithéliales manquent complètement dans les foyers d'infiltration.
La pneumonie pesteuse nous apparaît donc comme le type de la pneumonie sanguine par excellence et des plus imtéressante à reproduire expérimentalement pour apporter à la théorie que nous soutenons un appoint décisif.
Les expériences de Barzarorr pratiquées à l’Institut Pasteur, en 1899, sont des plus démonstratives à cet égard.
Pour provoquer expérimentalement la pneumonie pesteuse, on a deux moyens à sa disposition : ou bien employer un virus atténué, ou bien introduire préalablement dans le corps de l’animal et en petite quantité une substance vaccinante. En effet, lorsque le virus est très actif, et que la mort survient dans les trois ou quatre premiers jours, le poumon ne présente qu’une simple congestion, les lésions principales
portent sur la rate, qui est grosse et couverte de petits points blancs. Si on se sert d'un virus qui ne tue l'animal qu'en sept ou neuf jours, on peut obtenir souvent — mais ce nest pas la règle — la formation de pseudo-tubercules typiques dans les poumons. ;
Beaucoup plus sûr et plus commode à manier, dit Barzarorr, est le second procédé, c'est-à-dire l'injection d'une substance vaccinante : « En faisant l'expérience sur une série d'animaux et en employant des doses de plus en plus fortes de la matière préservatrice, on réussit facilement à obtenir toute une gamme de lésions et on constate alors ce fait singulier qu'au fur et à mesure que les lésious des autres organes diminuent avec l’immunité croissante, celles des poumons augmentent, de sorte qu’à un moment donné, lorsque l'animal se trouve près du point de l'immunité absolue, les lésions pulmonaires sont les seules lésions internes qu'on rencontre à l’autopsie. Tous les autres organes, notamment la rate et le foie, gardent leur apparence normale, et le virus pesteux n'existe que dans le poumon et dans les pseudotubercules. »
Ces faits observés par BArzArorr pour la pneumonie pesteuse et confirmés depuis par de nombreux auteurs, viennent à l'appui des phénomènes expérimentaux que nous avons nous-même observés.
Ces mêmes lésions expérimentales ont été signalées dermièrement avec production de pneumonie à pseudo-tubercules chez le cobaye, par MM. Scaweixrrz et Théobald Surru, en expérimentant le microbe du Hog-choléra.
I semble résulter de toute cette étude expérimentale, que chaque organe a son immunité à lui, et que l'immunité générale ou absolue n’est acquise que lorsque tous les organes du corps sont immunisés. Et d'autre part, il semble démontré que certaines réactions humorales particulières sont susceplibles de déterminer dans notre organisme des immunités passagères.
Pneumonies mycosiques expérimentales.
Les microbes ne sont pas les seuls agents pathogènes susceptibles de déterminer des lésions pulmonaires, au cours de véritables septicémies. La clinique nous a, en effet, montré dans ces dernières années la possibilité de lésions pulmonaires d’origine mycosique. D'autre part, on connaît déjà depuis longtemps la facilité avec laquelle certains parasites animaux, pénétrant dans la circulation sanguine, peuvent se localiser dans tous les organes et en particulier dans le poumon.
Nous avons pratiqué, dans ces deux dernières années, un grand nombre d’inoculations aux animaux des différents parasiles végétaux appartenant à la classe des champignons et levures pathogènes.
La recherche des réactions humorales ayant montré à MM. Wipar, ABraMI et nous-mêmes qu'il existait dans le sérum d’un individu atteint de septicémie sporothricosique des agglutinines et une sensibilisatrice spécifique, nous avons pu établir, par la recherche de la sporo-agglutination et des réactions de fixation, un véritable séro-diagnostic des affections mycosiques. |
Nous avons, en effet, remarqué qu'il existait des co-agglutinations et des co-fixations, c’est-à-dire qu’un malade atteint d’actinomycose, par exemple, possédait un sérum capable d’agglutiner et de fixer les spores du Sporothricum Beurmani. Nous avons entrepris, à ce sujet, avec M. E. BrissAUD, une série d'expériences sur les animaux dans le but de rechercher le mode de formation des anticorps à la suite de l'introduction dans leurs organismes de divers champignons pathogènes. Nous avons cherché au cours de ces expériences, dirigées dans un autre sens, si, en provoquant des septicémies mycosiques chez l'animal, il nous serait donné d’observer parfois des lésions pulmonaires.
En injectant dans les veines du lapin du Saccharomyces
albicans, on provoque, comme l'avait déjà montré M. Rocer, une septicémie rapidement mortelle.
Les spores du muguet peuvent être retrouvées dans tous les organes après la mort de l’animal, et nous avons pu en obtenir des cultures pures en ensemençant le poumon, ce qui semble par conséquent prouver que celles-ci sont susceptibles de passer dans la circulation générale, et il est évident que leur volume doit les forcer à stagner au moins pendant quelque temps dans les capillaires pulmonaires. Jamais nous n'avons d’ailleurs constaté de lésions analogues à la pneumonie où à la broncho-pneumonie.
Lorsqu'on introduit dans les veines de l'animal, chien ou lapin, de l'Aspergillus fumigatus capable de déterminer, comme nous le savons, chez l’homme des lésions pulmonaires en tout semblables à la tuberculose, on peut quelquefois constater la présence dans le poumon de processus inflammatoires chroniques rappelant ceux que l’on constate chez l'homme.
M. RÉNoN, après avoir décrit les lésions aspergillaires humaines, a cherché à les reproduire par l’expérimentation. Nous avons en réalité constaté les mêmes phénomènes que lui.
Tous les organes ne sont pas égaux devant l'infection mycosique. Lorsque l'inoculation a eu lieu par voie sanguine chez les oiseaux et surtout chez le pigeon, c’est uniquement le foie qui est atteint. Chez le cobaye et le lapin, ce sont par ordre de fréquence les reins, les muscles, le plancher de la bouche, le poumon, les bronches, la plèvre et les os.
Quel que soit l'appareil intéressé, la lésion se présente toujours sous forme tuberculeuse. Le tubercule est essen: tiellement formé d'un feutrage de filaments mycéliens. En dehors existe de la congestion périphérique, de la nécrose des cellules voisines et une infiltration leucocytique.
Les tentatives d'immunisation des animaux contre l’asper gillose expérimentale, que nous avons essayées dans le but de
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produire des lésions pulmonaires, ont échoué. Il semble que l'Aspergillus fumigatus ne forme pas de toxine ni de substances vaccinantes extra-cellulaires dans les milieux dans lesquels on le cultive habituellement.
La plupart des animaux auxquels nous avons injecté du Sporothricum Beurmanni ont présenté, environ un mois après l'inoculation, des lésions exclusivement cutanées caractérisées par des gommes intra et sous-dermiques. Les lapins et les cobayes nous ont paru réfractaires à l'infection sporothricosique; les chiens, au contraire, ont presque tous eu des accidents. Mais le rat constitue l'animal de choix et, chez lui, les lésions peuvent être généralisées. C’est ainsi que les lésions pulmonaires des sporothricoses expérimentales du rat sont relativement fréquentes, multiples et variées : broncho-pneumonie ; pneumonie (hépatisation rouge et infiltration grise) ; granulations, sporothrichomes crus et abcédés, abcès pulmonaires : bronchites aiguës desquamatives, suppuratives, fibrineuses : congestions diffuses et congestions localisées ; emphysème ; sclérose et bronchectasies. Parfois on note même quelques réactions pleurales.
Toutes ces lésions ont été bien décrites par MM. pe Beur- MANN et GouGERoT et la sporothricose nous apparaît, après leur étude si documentée, comme l’une des affections les plus aptes à créer des lésions pulmonaires variées, d’origine nettement septicémique.
La réaction broncho-pneumonique semble être la plus fréquente : les nodules de broncho-pneumonie se sont développés autour des vaisseaux pulmonaires et des bronchioles dont on ne retrouve que les débris sur les nodules âgés.
Les noyaux de broncho-pneumonie sont à des stades d'évolution différents. C'est ainsi que l’on peut voir réaliser par l'infection sporothricosique l’alvéolite desquamative ou pneumonie épithéliale, l'hépatisation rouge, l'hépatisation grise et la sclérose.
L'alvéolite pneumonique n’a pas toujours la même formule
cylologique. Tantôt elle est desquamative et fibrineuse, tantot elle est congestive, et la variabilité des formules cytologiques résulte de la diversité du processus et de la différence d'âge des lésions. Presque toujours les différentes formes sont associées, d’où l'aspect polymorphe des noyaux de broncho-pneumonie sporothricosique : au centre on a de l'hépatisation grise et des micro-abcès nécrosés, à la périphérie de l'hépatisation rouge et de l’alvéolite desquamative. Parfois on trouve les lésions caractéristiques de la pneumonie au stade de l'hépatisation rouge.
Le bloc pulmonaire est rouge, dense et dur; la lésion est massive, lobaire, et l'hépatisation envahit toutes les alvéoles. L'infiltrat distend les alvéoles, les capillaires sont aplatis ou congestionnés, la cavité alvéolaire est comblée par une masse homogène, grenue ou réticulée, acidophile, avec quelques globules rouges et de rares cellules. Sur les parois de l’alvéole, il ne reste plus que de rares cellules adhérentes, presque toutes ont desquamé ; en plusieurs points les cellules intra-alvéolaires vont jusqu'à remplir l’alvéole, et sur le fond d'hépatisation rouge, ressortent quelques nodules d'infiltration périvasculaire et péribronchique.
Les bronchioles résistent plus longtemps ; elles sont parfois atteintes de bronchite desquamative, le plus souvent comblées par l’exsudat fibrineux ou dilatées et envahies par les polynucléaires. Dans toutes ces lésions les parasites sont rares, sauf dans les micro-abcès.
L'infection sporothricosique est enfin capable de produire l'infiltration grise, occupant des segments irréguliers des lobes pulmonaires, et des sporothricoses nodulaires.
L’aspect des poumons granuliques est des plus variables. Tantôt les granulations disséminées sont la seule lésion pulmonaire, tantôt elles s'associent à des raptus congestifs et à de la distension emphysémateuse. Tantôt elles sont plus complexes encore, les placards de congestion aboutissent à l’hématose et la lésion alvéolaire est généralisée.
L'association des processus de vascularite, de bronchiolite, d’alvéolite, d'infiltration lympho-conjonctive, de dégénérescence épithélioïde et d’afflux de polynucléaires font comprendre la multiplicité des lésions produites.
On à tous les intermédiaires entre la granulation, le placard pneumonique, l’abcès et la caverne. On a toutes les transitions entre la granulation naissante, le tubercule sporothricosique, et l’abcès.
Les lésions des bronches sont toujours associées, nous l'avons vu, aux infiltrats broncho-pneumoniques et pneumoniques. Mais parfois leur intensité est telle que la lésion bronchique semble prédominante. L'infiltrat péribronchique envahit la bronchiole de dehors en dedans et celle-ci réagit, parfois même l’épithélium desquame, tandis que ces cellules comblent la lumière bronchique; tantôt la bronchiole est remplie de pus. Parfois enfin, la bronche est inondée de fibrine et l’exsudat coagulé forme moule bronchique.
Dans les sporothricoses subaiguës et chroniques il est fréquent d'observer des dilatations bronchiques ; il semble même que ce soit là un mode réactionnel commun à un certain nombre d'infections généralisées, et que la pathogénie de la dilatation des bronches soit, elle aussi, basée sur l'origine sanguine des lésions constatées.
C'est ainsi, en particulier, que M. TarroLorx est arrivé à produire chezle rat, expérimentalement, des lésions typiques de dilatation bronchique par infection généralisée et lente de nature staphylococcique, en employant le micrococcus neoformans.
Il nous a été impossible d'observer des lésions pulmonaires à la suite de l'introduction dans divers organismes animaux, des discomyces, d’oospora et de différentes levures (Curris, BLancHarp, RÉGNÉRI, etc.).
Norris et Joux LarkiN ont cependant rapporté deux cas de broncho-pneumonie gangreneuse, et l'examen bactériolo-
gique démontra la présence d’un streptothrix. Ce parasite
n'a pas été retrouvé dans le sang, mais le pus bronchique inoculé dans la veine auriculaire d’un lapin détermina une pneumonie double avec présence dans les foyers des mêmes germes pathogènes. Les auteurs ont, identifié les streptothrix qu'ils ont isolés dans ces deux cas au Sfreplothrix Israeli, microbe voisin de l’Actinomyces bouts.
Anaérobiémie et affections pulmonaires.
Nousnereviendrons pas icisur les nombreuses discussions auxquelles a donné lieu la pathogénie de la gangrène pulmonaire. Qu'il nous suffise de rappeler les recherches qu'ont effectuées, sur la pathogénte des pleurésies putrides et sur la gangrènepulmonaire, MM. Guizcemor, J. HaLLÉ et Risr. Ces auteurs sont arrivés à provoquer expérimentalement des lésions pulmonaires et surtout pleurales par l'introduction dans les veines, des divers germes anaérobies (Bacillus perfringens, B. aerogenes capsulalus, Micrococcus fœldus, Staphylococcus parvulus, Bacillus ramosus, serpens, et funduliformis, etc.) trouvés dans les foyers de gangrène pulmonaire.
Ankylostomiases pulmonaires après inoculation cutanée.
La clinique nous a montré le passage de divers parasites animaux dans le poumon, l'expérimentation en permet une démonstration évidente.
Il ne s’agit plus ici de bacillémies proprement dites, mais de parasitémies, si l'expression peut être autorisée, car elle a tout au moins le mérite de faire ressortir les dimensions plus considérables de la cause animée.
Les études parasitologiques modernes ont démontré la réalité de la circulation des embryons ou des larves de certains métazoaires.
Nous avons vu que l'embryon hexacanthe du Tænia solium, l’'oncosphère du Tænia echinococcus empruntent le plus ordinairement la voie sanguine pour envahir l'organisme. Après pénétration à travers la muqueuse gastrique, ce dernier est entraîné par les radicules du système veineux dans le foie, où il s'arrête fréquemment par suite de l’étroitesse des capillaires.
S'il peut continuer sa route, il arrive dans le cœur droit; l'artère pulmonaire le lance dans les capillaires du poumon, qui constitue pour lui comme un deuxième relai. Que l’introduction première se fasse, suivant NrissER, au niveau d'un chylifère ; qu'elle aitlieu, commele veut CHaAcHEREAU, à hauteur du rectum par la voie des hémorroïdales moyennes, ou que, au dire de Devé, l'embryon pénètre dans le plexus de Retzius après traversée de la paroi duodénale, c’est, en définitive, la grande circulation qui le recueille et le répartit.
La migration des larves de l’ankylostome est, au point de vue spécial qui nous occupe, encore plus intéressante et démonstrative, car ici la pénétration se fait au niveau de la peau; elle peut facilement, d’ailleurs, être reproduite expérimentalement. Ce passage des larves à travers les téguments, contesté pendant longtemps, est aujourd'hui définitivement prouvé (Loos, SMITH, SANDWITCH, SCHAUDINN, TENHOLT, LierMaNN, Boycorr, Bruns et Muzcer, LAMBincx, etc.).
Lorsque, après avoir rasé la peau de l'animal, on la frotte avec des larves d’ankylostome, celles-ci entrent dans les follicules pileux, empruntent la voie lymphatique et pénètrent rapidement dans la circulation générale. Voici comment on obtient ces larves. Grâce à l’obligeance de MM. CALMETTE et Lamgerr (1), nous avons pu nous procurer des selles d'un mineur des mines d’Anzin atteint d'ankylostomiase. Il suffit de triturer les matières fécales avec du noir animal et de les faire filtrer dans une étuve à 25°, pour recueillir un liquide
(4) Nous tenons à remercier M. le P' Carmerre des renseignements qu'il a bien voulu nous fournir et des ankylostomes qu'il a mis à notre dispo-
sition.
clair et des plus riches en larves ankylostomiasiques dont il est facile de reconnaître la présence au microscope. C'est de cette solution ainsi obtenue que l’on peutbadigeonner la peau des animaux en expérience, et constater, après les avoir sacrifiés, la présence dans les poumons de ces parasites.
Après avoir envahi la circulation, pénétré dans le cœur et de là dans les alvéoles pulmonaires, déterminant même à la surface de l'organe un piqueté hémorragique quand les larves ont été obligées de déchirer les réseaux capillaires pour passer dans les alvéoles, les ankylostomes entrent dans la trachée.
On voit donc iei que, contrairement à la théorie classique età ce que l’on pourrait penser à priori, les parasites pénètrent d'abord dans l'alvéole et secondairement dans les bronches et dans la trachée.
Isemblemême démontré aujourd’hui parles divers auteurs. quise sont occupés decette question, que c’estsecondairement que les parasites arrivent au pharynx et passent ensuite par déglutition dans l'œsophage etdans l'intestin. Cette migration ne demande que quarante-deux heures.
C'est au passage à travers la peau que sont dues les dermatites prurigineuses du début de l’ankylostomiase aux mains et aux pieds (gommedes mineurs, urticaire tubéreux, grouinditch, vater-itch, panig-hao), très connues dans les mines, dans lessolfatares, les rizières, ou chez les individus marchant pieds nus sur les terrains humides et sablonneux renfermant des larves d’ankylostome.
Nous avons vu, en chinique, qu'il convenait de tenir compte de la bronchite catarrhale intense qui se produit au début même de l'infection: l'expérimentation vient nous démontrer d'une façon catégorique et définitive que ces lésions du parenchyme pulmonaire sontnettement ici d'origine sanguine et dues au passage des larves à travers la muqueuse respiratoire.
Les recherches expérimentales de LESAGE, qui a pu pro-
voquer l’amibiase par projection de selles dysentériques fraîches dans la gueule ou le nez de chats âgés de moins de quatre mois, voire même par injection sous la peau, prouvent également que l’amibiase est une maladie générale avec présence du parasite dans toute l’économie.
Tousles organes, surtout le foie, montrent une infiltration diffuse ou des nodules infectieux d’origine amibienne pouvant aboutir à l’abcès du foie. Seule la notion de l'amibémie permet de comprendre la production fréquente, dans les pays chauds, d’abcès amibiens dans les poumons, la rate et le cerveau des dysentériques.
L’abcès du foie, localisation la plus commune, paraît tout au moins d’origine portale. KarruLis a trouvé des amibes dans les capillaires de la paroi des abcès, et cette constatation a été renouvelée depuis. Lemoine a d’ailleurs pu surprendre le passage des amibes dans le sang de la circulation générale.
D'autres parasites sont encore capables, après avoir pénétré par la peau, de passer dans la circulation sanguine et d'aller se fixer d'une façon temporaire ou définitive dans le parenchyme pulmonaire.
C'est ainsi, en particulier, que si l’on place sur la peau d’un lapin une petite quantité de culture de Strongyloïdes longus (1), provenant des fèces d’un mouton,et qu'on maintient le lapin durant ce temps pour éviter toute possibilité d'ingestion, les parasites pénètrent dans les téguments. Au bout d'une heure, on applique sur la peau de l’alcoo!l à 95 p. 100 de façon à tuer toutes les larves qui pouvaient y rester. On fait de nouvelles applications de larves dans de semblables conditions les jours suivants, et quelques jours après on constate dans les fèces du lapin, des œufs de strongyloïdes ; à l'autopsie, si on sacrifie l'animal, on trouve des lésions des plus netles de
(4) Nous devons tous ces renseignements à l'obligeance de M. RaïzLer, rofesseur à l'Ecole d’Alfort, que nous tenons à remercier bien vivement de son amabilité à notre égard.
congeslion pulmonaire avec présence dans les alvéoles de ces mêmes parasites.
D'autres parasites encore sont susceptibles de pénétrer par la peau, de passer dans la circulation générale et de là dans le parenchyme pulmonaire.
Voici, à ce sujet, ce que rapporte ALESSANDRINI dans un travail très documenté sur les maladies parasitaires :
« Dans les fèces d’un des moutons les plus riches en parasites, se développèrent des larves et des embryons (larves d'Uncinaria cernuia ou Buneslomun trigonocephalum Chabertia ovina, Strongylus filigollus, Sirongylus ventricosus, Dictyocaulus filaria, Synthetocaulus rufescens etenfin larves adultes de Rhabditis lerricola.) Ne pouvant les séparer espèce par espèce, on en donne une certaine quantité à boire à un agneau et on injecte sous la peau d'un autre 5 centimètres cubes d’eau contenant une grande quantité de formes jeunes; on s'était assuré auparavant,par des examens répétés des fèces, que les animaux à expérience étaient dépourvus de parasites... »
Quelques jours après avoir injecté sous la peau le mélange des larves, ALESSANDRINI put découvrir, dans les fèces du deuxième agneau, un œuf d'Uncinaria et en rencontra ensuite un nombre croissant les jours suivants. Peu à peu, de nouveaux examens permettaient de déceler la présence de Sfrongylus rufescens.Après avoir sacrifié l'animal, on put retrouver dans l'intestin ces deux parasites, ainsi que quelques exemplaires de Chabertia ovina.
Dans les poumons, de très rares larves de Strongylus rufescens (Synthetocaulus rufescens) avaient déterminé de la congeslion el purent être retrouvées dans le parenchyme pulmondire.
Ces diverses expériences permettent donc de conclure que non seulement par la voie buccale, mais aussi par la voie cutanée, un grand nombre de parasites peuvent atteindre l'intestin. D'autre part, et c'est le point qui nous intéresse
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particulièrement, entrés dans l'organisme par la voie cutanée ou sous-cutanée, les parasites, comme les ankylostomes et les strongles pulmonaires, gagnent les voies respiratoires.
n'est pas rare de voir même des parasites hôtes normaux de l'intestin, atteindre le poumon en empruntant la voie sanguine.
Action des toxines.
La difficulté que nous avons eue à obtenir des toxines du prneumocoque et du pneumo-bacille de Friedlander, a rendu impossibles des expériences suivies dans le but d'étudier leur action exacte.
Les cultures filtrées sont très peu actives. A forte dose, elles ne tuent pas le lapin. Les cultures en sérum de lapin Jeune, chauffées pendant deux heures à 58°, sont plus toxiques.
La toxine est précipitable par l'alcool, comme l'ont démontré les travaux de KLEMPERER, Fo et CarBowe. Ce fait est d’ailleurs d'accord avec les données que nous possédons actuellement sur la nature des toxines, qui sont en réalité des toxalbumines el qui jouent un rôle capital en pathologie infectieuse.
ArLoIxG, en 1888, découvrit la nature diastasique des produits solubles phlogogènes contenus dans les cultures du Pneumo-bacillus liquefaciens bovis et dans la sérosité du poumon d’un bœuf atteint de péripneumonie. La voie était ouverte. C'est à partir de cette période que la classe des substances solubles albumosiques ayant des propriétés pathogènes fut définitivement créée.
A l'heure actuelle, les ptomaïnes ontune importance minime en pathologie et presque toutes les toxines sont considérées comme des corps albuminoïdes ayant toutes les propriétés des lipoïdes ou des colloïdes.
Nous reviendrons d’ailleurs sur l'importance de cesnotions nouvelles, sur les caractères biologiques des substances à l'état colloïdal etsur l’action possibledes toxines microbiennes
sur les centres nerveux qui peuvent ainsi créer pour certains organes de véritables prédispositions aux localisations infectieuses secondaires.
MM. Carnot et Fournier ont étudié les toxines pneumococciques par un procédé spécial de éülture dialysante et sont arrivés à produire chez le lapin, par injection intrapulmonaire, une pneumonie fibrineuse lobaire caractérisée par de l’hépatisation rouge et l'abondance de la réaction fibrineuse dans les alvéoles. En certains cas, le processus réactionnel est moins fibrineux et plus hématique; on obtient alors des foyers durs, noirâtres, où les alvéoles sont pleines de sang, et qui rappellent l'apoplexie pulmonaire.
Enfin, si le processus réactionnel est plus leucocytaire, on obtient, disent ces auteurs, la formation de petits abcès pneumococciques ou de zones d'hépatisation grise.
Nous avons cherché s’il était possible de retirer des toxines spécifiques des organes d'animaux ayant succombé à la septicémie pneumococcique ; nous avons également cherché, en prenant ces extraits d'organe comme antigène, des réactions de fixation qui, nous le verrons, nous ont donné des résultats plus inconstants que lorsqu'on emploie directement comme antigène une culture de pneumocoque.
Après avoir haché les organes etles avoir réduitsen poudre sous la cloche à vide, nous en avons fait des macérations alcooliques, et les substances lipoïdes toxiques ainsi obtenues ont, dans certains cas, provoqué la mort de la souris et très fortement incommodé un lapin auquel nous en avions injecté 2 centimètres cubes.
Ces faits sont d'ailleurs d'accord avec ceux qu'ont déjà signalés MM. Mosxyx et Emmericu.
Cette étude expérimentale des toxines pneumococciques demanderait à être reprise à la lueur des notions nouvelles.
Les récents travaux de MM. Guiczaix et Larocne sur la physiologie pathologique des paralysies diphtériques et la
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fixation élective des toxines sur certaines parties du névraxe, nous ont incité à étudier l’action paralèlle des toxines pneumoniques ainsi obtenues.
[I nous paraissait, en effet, intéressant de rechercher si des toxines élaborées par les pneumocoques au niveau du bucco-pharynx, où ces microbes pullulent, n'étaient pas capables de toucher les centres bulbaires des noyaux du pneumogastrique, qui, nous le savons, contribue à l'innervation du poumon.
Après avoir injecté à un lapin des toxines ainsi obtenues, nous avons repris une partie du système nerveux :appartenant au bulbe, et après l'avoir, suivant la (echnique de MM. GuirLain et Larocue, lavée à l’eau physiologique nous l'avons broyée et inoculée intracérébralement à un cobaye.
Celui-ci est mort rapidement, sans qu'il nous soit d’ailleurs possible de conclure d’une manière précise, et sans avoir pu renouveler ces expériences avec un certain nombre d’animaux témoins.
Étude expérimentale sur le point de départ de l'infection.