‹ Origine Sanguine des Pneumonies et BronchopneumoniesChapitre 44 sur 56 · CHAPITRE PREMIER HÉMOCULTURE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER HÉMOCULTURE

Nous avons vu que l’'ensemencement du sang prit rapidement place parmi les procédés de laboratoire propres à éclairer le diagnostic des maladies infectieuses. Nous avons pu apprécier pendant nos années d'internat, et surtout dans le service de M. Wipar, combien l'application journalière d'une pareille méthode permettait d'éclairer la clinique et de lui communiquer un intérêt sans cesse renouvelé.

Nous avons pratiqué un très grand nombre d’ensemencements de sang dans les septicémies les plus variées et plus particulièrement dans celles qui s’accompagnaient de phénomènes pulmonaires.

L'hémoculture nous a en outre démontré la relative fréquence des bactériémies. Les résultats fournis par l’ensemencement sont variables selon les malades; parfois les germes qui passent dans la circulation sont, comme nous l'avons vu, rapidement détruits. L'ensemencement peut être négatif ; mais, s’il estfait en même temps que se produit une décharge bactérienne, il peut-être positif, tandis que d’autres examens répétés plus tard chez le même malade se montrent sans résultat, On peut dire alors qu'il y a eu simplement bactériémie. D’autres fois, les ensemencements répétés à plusieurs reprises sont tous couronnés de succès ; il est vraisemblable que les microbes existent en grande quantité dans le sang circulant, peut-être même qu'ils s'y reproduisent : il y a alors septicémie bactérienne vraie. Telles sont d’ailleurs les conclusions auxquelles est arrivé LEMIERRE dans sa thèse si documentée sur l'ensemencement du sang pendant la vie considéré comme procédé d'investigation clinique.

La méthode de CasreLLanI et de CourMonrT, qui consiste à ensemencer de 5 à 15 centimètres cubes de sang sur une

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grande quantité d'eau peptonée, nous a paru la méthode de beaucoup la plus simple et fournissant le plus grand nombre de résultats positifs.

Dans certains cas, nous avons recherché directement les microbes sur le culot de centrifugation obtenu après hémolyse du sang recueilli à l'aide de l’eau distillée ou de l'acide citrique. C'est en particulier cette technique que nous avons adoptée pour la découverte du tréponème pâle de Schaudinn dans le sang des syphilitiques,

Le procécé dit de la sangsue, qui consiste à se servir du sang ingéré par cet animal, et rendu de ce fait incoagulable, nous a permis de déceler la présence du pneumocoque.

Enfin, l'inoculation directe du sang à la souris est une méthode qui peut au moins servir de contrôle.

Nos investigations ont tout d'abord porté sur les pneumonies et pneumococcies. La recherche et la découverte de ce microbe dans le sang des pneumoniques pendant la vie est aussi ancienne que l’histoire bactériologique de la pneumonie elle-même. C’est dans le sang que TaLAMoN découvrit pour la première fois le pneumocoque.

Nerrer et Jaccoup le trouvent en 1886; BeLcraNTI, en 1890; Erruincer, en 1893. A partir de ce moment, les statistiques se succèdent et les opinions des auteurs diffèrent quant à la fréquence de la pneumococcie. Certains d’entre eux comme CavarTI, WHITE, BADUEL, SYLVESTRINI et SERTOLI le trouvent dans presque tous les cas. BÉco, ProcHaskA, RuruscoLes ne le décèlent dans le sang que rarement et surtout dans les pneumonies terminées par la mort.

MM. Wipaz, LEMIERRE et GapauD signalent six fois sur dix-huit le pneumocoque dans le sang.

Nous avons pratiqué près de trente ensemencements el avons constaté une dizaine de fois que le pneumocoque s'y cultivait. Mais le point qui nous paraît le plus imtéressant,

c'est que nous avons pu le retrouver dans le sang à la phase

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