RECHERCHE DU PNEUMOCOQUE DANS LES URINES ET LES SELLES
Il était en outre intéressant, puisque la septicémie pneumococcique est si fréquente, de rechercher, les pneumocoques dans les urines et dans les selles.
La néphrite aiguë pneumonique causée par le pneumocoque est évidemment exceptionnelle ; mais GizBErT et Caus- SADE en ont signalé un cas indiscutable. D'autre part, au cours des septicémies de quelque nature que ce soit, il n’est pas rare de voir les urines contenir le microbe en circula- | tion dans le sang. D'intéressantes recherches pratiquées sur les urines des typhiques ont en effet montré que le bacille d’Eberth s'y trouvait d'une façon presque constante.
Nous avons eu l’idée de rechercher dans les urines et dans les selles du vieillard le pneumocoque. Il s'agissait soit de pneumonies vraies, soit de pneumococcémies vérifiées par l'hémoculture. Nous avons recueilli les urines aseptiquement par sondage et d’abord examiné sur lames le culot ainsi formé. Cette méthode ne nous a donné aucun résultat.
Il en a été de même d’ailleurs des cultures. Beaucoup de ces urines paraissent infectées par le colibacille qui pousse avec une grande facilité dans tous les milieux et empêche
les autres microbes de pousser. L'urine aseptique, d’ailleurs, gène le développement du pneumocoque.
Enfin nous avons inoculé la dilution du culot obtenu par centrifugation à des souris. Dans six cas sur dix les souris sont mortes au bout d'un temps variant éntre six et quarantehuit heures. Mais dans deux cas seulement nous avons retrouvé le pneumocoque dans le sang du cœur après la mort. Il s'agissait, dans le premier, d'un malade pneumonique chez lequel l'hémoculture nous avait donné un résultat positif et qui d’ailleurs succomba bientôt avec une hépatisation grise. Dans l’autre cas, il n'y avait qu'un foyer de - congestion pulmonaire sans température, avec guérison rapide.
Nous avons également entrepris ces recherches par la méthode des inoculations sur les selles des malades. Cette recherche était intéressante, puisque nous savons avec quelle facilité, au cours des septicémies et en particulier de la fièvre typhoïde, la bile infectée est déversée pendant longtemps dans l'intestin.
Dans trois cas sur douze l'inoculation d’une dilution des selles à la souris nous permet de retrouver le pneumocoque dans le sang du cœur de l'animal. Il existe donc dans les selles plus souvent qu'on ne le croit. Dans aucun de ces cas le pneumocoque n'avait été décelé dans le sang par l'hémoculture, qui avait sans doute été trop tardive. Or, comme nous avons remarqué que le suc gastrique avait des. propriétés bactéricides ou atténuantes pour ce microbe, il était évident que celui-ci, au cours de la septicémie, ne pouvait guère avoir été déversé que par les canaux biliaires pancréatiques ou glandulaires ou à la suite d'une rupture vasculaire : cette opinion d’ailleurs paraît corroborée par les faits. MM. LemiERRE et ABrami ont en effet montré la fréquence des angiocholites au cours des septicémies, souvent sans rétention biliaire, et nous avons pu nous-même, avec M. le P° QuExu, au cours d’une septicémie pneumococ-
cique, constater la présence dans la vésicule biliaire d'une assez grande quantité de pus contenant des pneumocoques en abondance.
La présence des microbes dans les selles. peut donc être considérée dans ces cas comme un argument des plus sérieux à la théorie de la septicémie pneumococcique.