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CHAPITRE IV ÉTUDE DES RÉACTIONS HUMORALES

L'étude des réactions humorales provoquées dans l'organisme par l'introduction ou la formation de substances étrangères, a déjà trouvé, dans ces dernières années, de nombreuses applications pratiques. Les diverses méthodes de séro-diagnostic auxquelles elle a donné naissance, tendent de plus en plus à rendre des services en clinique journalière et à entrer dans la pratique générale.

Agglutination du pneumocoque.

Le phénomène d’agglutination a permis à M. Wipaz d'établir le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde, et la même méthode a depuis été employée pour un grand nombre d'autres maladies microbiennes et parasitaires.

MM. BezançoNet GRriFFoN ont démontré que le sérum des individus atteints de pneumonie était capable de provoquer l’agglutination du pneumocoque.

Nous avons eu l'occasion de pratiquer à ce point de vue un certain nombre de recherches qui nous ont montré que cette agglutination était également positive au cours de toutes les pneumococcémies, quelle qu'en soit l'origine. Nous avons même trouvé cette réaction positive chez un grand nombre de malades, en particulier des vieillards, chez lesquels le rôle pathogène du pneumocoque n'était d'abord pas évident.

Ce phénomène ne peut être mis en évidence par le procédé

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de M. Wipar pour le séro-diagnostic de la fièvre Lyphoïde. Le pouvoir agglutinatif n'atteint pas, en effet, dans le sérum des malades affectés par le pneumocoque, un degré suffisant pour qu'on puisse le déceler dans le sérum dilué par addition de bouillon. La réaction devient, par contre, très netle, comme l'ont montré MM. B£zancon et GRiFroN, si l’on recourt à une technique différente : la culture du pneumocoque dans le sérum non dilué. Le sérum, recueilli par ponction veineuse, est déposé dans des tubes qu'il suffit alors d'ensemencer avec une trace de culture du pneumocoque et de porter à l'étuve à 37° pendant quinze à seize heures. 1 à ? centimètres cubes environ de sérum nous ont paru suffisants.

Tantôt le sérum demeure clair et l’on voit au fond du tube un précipité très net (agglutination macroscopique) ; tantôt le milieu est uniformément trouble et le microscope est nécessaire pour déceler l'agglutination (agglutination microscopique). La difficulté réside dans l'obtention d'un pneumocoque d'égale virulence et possédant toujours le même pouvoir de reproduction.

Nous avons eu l’occasion de pratiquer vingt-deux agglulinations chez des vieillards observés dans le service de M. le P"' Pierre MARIE. Sur quinze d’entre eux atteints , manifestement de pneumonie et chez lesquels l'ensemencement de sang nous avait révélé cinq fois la présence du preumocoque, le séro-diagnostic s’est montré très nettement positif douze fois.

Il faut, en outre, remarquer avec la plupart des auteurs qui ont pratiqué l’hémoculture au cours des pneumonies el dont les statistiques, comme nous l'avons vu, sont des plus variables, que le pneumocoque a déjà disparu de la grande circulation lorsque l'examen clinique en révèle les diverses localisations.

Trois malades, considérés tout d’abord comme des urémiques et dont nous avons relaté l'histoire clinique, présen- {érent un sérum nettement agglutinant. Chez l’un d'eux, la

présence d’une péricardite purulente à pneumocoque, découverte à l’autopsie, venait donner la preuve la plus manifeste de la seplicémie pneumococcique dont il était frappé. Les deux autres malades, non seulement avaient du pneumocoque dans le bucco-pharynx, ce qui est, comme nous l'avons vu, la règle presque absolue chez le vieillard, mais même de la stomatite et de la pharyngite avec légères ulcérations qui pouvaient facilement avoir été la porte d'entrée de l'infection.

Réaction de fixation aux pneumocoques.

Il étail en outre intéressant de rechercher, d'une manière systématique, les réactions de fixation aux pneumocoques et aux pneumobacilles de FRIEDLANDER, chez un grand nombre de malades, les uns atteints de septicémies pneumococciques avérées, les autres de pneumonies ordinaires, et de comparer les résultats obtenus avec ceux que l’on trouve chez d’autres malades, ou chez les individus sains au moins en apparence.

Les recherches que nous avons entreprises sur les anticorps pneumoniques consistent à mettre en présence les pneumocoques qui servent d'antigène, un sérum suspect, et un complément quelconque pendant un certain temps. On ajoute ensuite du sérum hémolytique chauffé à 55° et des globules rouges correspondants. Dans nos expériences, nous avons presque constamment employé un système hémolytique de lapin anti-mouton.

S'il y a hémolyse, les globules rouges détruits mettront en liberté leur hémoglobine qui donne au mélange, même après centrifugation, une teinte rouge facile à constater ; si, au contraire, elle n’a pas lieu, lesglobules rouges tombentau fond, le liquide surnageant reste clair.

Y a-til hémolyse ? C'est que le complément était présent, iln'a pas été fixé, il n'y avait donc pas de sensibilisatrice spécifique dans le sérum, le malade n’est donc pas atteint de

la maladie (pneumococcie) à laquelle correspond l'antigène employé (pneumocoque).

N'y a-t-il pas, au contraire, d'hémolyse, c’est que la combinaison s’est produite, le complément a été dévié et fixé et le malade est bien atteint de l'affection à laquelle correspond l’antigène.

Nous avons recherché les anticorps pneumoniques dans le sérum des individus atteints manifestement de pneumococcémie, et les divers anticorps formés dans les organismes des malades atteints des septicémies les plus diverses avec détermination pulmonaire secondaire. Ces résultats ont été tous obtenus en employant les mêmes méthodes qui sont les suivantes :

ANTIGÈNE. — Nous avons dans la plupart de nos expériences employé comme antigène les diverses cultures microbiennes de pneumocoque, de pneumobacille de FRIEDLANDER, de streptocoque, et de staphylocoque suivant la septicémie en cause. Les cultures de pneumocoque sont de beaucoup les plus difficiles à obtenir, parce qu'elles ne poussent, en effet, que sur certains milieux et parce que leur virulence varie d’un jour à l’autre. Si l’on n’a pas soin de réensemencer continuellement les tubes de culture et d’inoculer fréquemment des souris en reprenant ensuite le sang du cœur, on peut assez rapidement perdre l'espèce de pneumocoque sur laquelle on veut expérimenter. Nous avons, dans la majorité des cas, employé comme milieu la gélose sanguine indiquée par MM. Bezançon et Grirrox. Il suffit de gratter superticiellement la culture et de la broyer ou de la dissoudre dans un tube aseptique auquel on ajoute de l’eau chlorurée 1s0tonique en quantité variable, suivant la qualité et l'abondance du microbe que l’on veut expérimenter.

Il est d’ailleurs nécessaire de toujours titrer son antigène, et tandis que dans certaines réactions comme celles de Was- SERMANN on tend à mettre toujours une trop grande quantité de ce dernier, avec les cultures microbiennes, au contraire,

Technique des réactions de fixation daus l'étude des pneumopathies d’origine sanguine.

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