‹ Origine Sanguine des Pneumonies et BronchopneumoniesChapitre 49 sur 56 · TABLEAU DES DIFFÉRENTS PRODUITS EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

TABLEAU DES DIFFÉRENTS PRODUITS EMPLOYÉS

Pneumocoques. Culture sur gélose sanguine ou sérum lapin. Dilution eau physiologique.

Délayer dans 1 centim. cube

Pneumobacille de | tout ce qui a poussé sur un

Friedlander. tube de gélose. Titrer l’antigène.

Délayer ce qui a poussé sur Streptocoque. quatre ou cinq tubes de gé- ; lose.

Anltigènes.

Cultures micro-

Culture sur gélose ou bouilbiennes.

MS IGROREE lon isotonique.

Racler légèrement la surface

Bacille d'Eberth. | de plusieurs tubes de culture,

de Repiquage. Employé dans un Ro seul cas sans résultats.

z : . [Liquide de kyste hydatique Kystes hydatiques.| 5 outon.

Mycoses. Culture sur gélose glucosée.

Sang pris dans la veine. Sérum recueilli après décollement du caillot. Chauffé à 55° pour détruire son complément naturel.

Sérum suspect.

(Inactive.)

: Sérum de cobaye frais. Le complément s’altère Connienens très sement (Glacière.) Le Sérum hémolytique de lapin anti-mouton. Se prépare en injectant à des lapins tous les cinq jours 5, 10, 145, 20 centimètres cubes de glo- Sérum hémolylique| bules de mouton lavés. Recueillir le sérum par chauffé à 550. saignée de la veine auriculaire du lapin (passer au xylol pour taire saillir la veine). Chauffer à 55° une demi-heure pour détruire le complément.

: Sang de mouton défibriné. Globules rouges lavés FORTE avec eau chlorurée hypertonique à ne 400. Prendre 0,01 d’une solution à 50 p. 100 ou une

HO uaves goutte de purée de globules lavés.

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il convient de ne faire que des dilutions assez denses.

Nous n'avons pas eu l’occasion d'observer de bronchopneumonie d'origine mycosique. Dans deux cas de kystes hydatiques du poumon, dont l’origine sanguine était bien évidente, nous avons trouvé la réaction de WEMBErG positive.

Renseignements fournis par les réactions de fixation dans les pneumopathies.

Les premières recherches que nous avons entreprises ont porté sur la présence des anticorps pneumoniques chez des malades atteints de pneumococcémie avérée. Huit cas, parmlesquels quatre se sont terminés par la mort, ont été examinés à ce point de vue : la réaction de fixation s’est toujours montrée positive, l'ensemencement du sang a prouvé dans cinq cas la présence du pneumocoque.

Nous avons examiné dix-huit pneumonies classiques où l’ensemencement de sang n'a pu être pratiqué ou est resté stérile : la réaction de fixation s’est montrée seize fois positive. Il convient cependant de faire à ce sujet quelques remarques. Tout d’abord, cette réaction existait dans cinq cas dans lesquels nous avons recherché ce phénomène particulier dès les premiers jours de la pneumonie. Il nous a même été donné d'examiner tout récemmentle sérum recueilli quelques heures après le frisson initial : déjà il contenait des anticorps spécifiques au pneumocoque.

Si l’on rapproche ce fait de ce que l'on observe dans la syphilis, par exemple, on doit se demander comment il est possible, si l'apparition du foyer pulmonaire est, comme le voudrait la théorie classique, la localisation primitive du pneumocoque, que des anticorps soient capables de se former aussi rapidement dans l'organisme.

Nous avons vu en effet que la réaction de WassERMANx étail négative tant que le tréponème pâle n'avait pas quitté les

voies lymphatiques pour pénétrer dans la grande circulation. Il est actuellement encoreimpossible de montrer d'une façon définitive que la septicémie est indispensable pour la production dans l'organisme des anticorps. Nous croyons donc que l'on peut attacher une réelle importance à ce fait que les anticorps pneumoniques existent déja dans l’organisme lorsque éclatentles premiers symptômes cliniques révélateurs de l'affection.

Recherche des anticorps après guérison.

Nous avons cherché à quel moment les anticorps disparaissaient du sérum après la guérison. Il est difficile d'établir une règle, car les résultats qu’il nous a été donné d'observer ont été des plus variables. Alors que logiquement et par comparaison avec les autres infections, les anticorps pneumoniques devraient persister longtemps dans le sérum des malades atteints de cette affection, nous les avons vus pratiquement disparaître rapidement dans quatre cas. C'est ainsi que chez deux vieillards atteints l’un de broncho-pneumonie, l’autre de pneumonie franche aiguë à pneumocoque, la disparition des anticorps a paru suivre de près la défervescence et la crise urinaire.

Ces faits, d’ailleurs, sont d'accord avec la clinique, qui nous montre l'absence d’immunité consécutive à cette maladie et la fréquence des récidives ‘et des localisations extra-pulmopaires du pneumocoque chez des individus antérieurement frappés de pneumonie.

Anticorps chez les individus normaux.

Le point le plus intéressant de nos recherches est le suivant : sur quatorze sérums d'individus normaux ou tout au moins considérés comme tels, soit parce qu'ils présentaient des phénomènes morbides de tout autre nature, soit parce

qu'il s'agissait réellement d'individus sains, nous avons été surpris de trouver cinq fois une réaction positive. Nous avons eu l’occasion en particulier d'examiner plusieurs fois notre propre sérum, alors qu'il s'était montré toujours dépourvu d'anticorps spécifiques vis-à-vis de n'importe lequel des antigènes employés couramment dans nos expériences : il donna très nettement. pendant quatre jours consécutifs, une réaction positive. Or, il est intéressant de noter que, pendant cette période, nous ne présentions aucun symptôme pathologique. Le pneumocoque était, il est vrai, présent dans notre salive, mais nous n'avons pu le déceler ni dans notre sang (un ensemencement sur eau peptonée ayant été pratiqué) ni dans nos urines.

Deux personnes dont les sérums donnèrentégalement— et cela à différentes reprises — des résultats positifs, nous ont déclaré avoir présenté, deux et six jours auparavant, une angine légère avec état grippal : c'est à cette époque qu'il eût été intéressant de pratiquer un ensemencement de sang.

Detels faitsnous paraissent d'uneinterprétation particulièrement difficile, et de nouvelles recherches s'imposent sur ces réactions. Nous ne pensons même pas que la réaction de fixation puisse être toujours considérée comme une réaction d'immunité. On ne peut guère, jusqu'à présent, formuler que des hypothèses ; il est néanmoins possible d'admettre que le pneumocoque, hôte naturel de notre cavité buccale, et si fréquemment réfugié dans les cryptes amigdaliennes, puisse facilement franchir la barrière épithéliale, pénétrer dans le torrent circulatoire et être éliminé assez rapidement pour qu'aucun symptôme clinique n'ait eu le Lemps de faire son apparition. On pourrait ainsi comprendre la présence des anticorps pneumoniques dans des sérums normaux.

Recherche des anticorps streptococciques.

Dans la plupart des cas que nous avons relatés de septicémie streptococcique avec détermination pulmonaire, qu'il

Se

s'agisse de septicémies puerpérales ou de streptococcies consécutives à l'érysipèle de la face ou au phlegmon diffus, nous avons également recherché la présence des anticorps spécifiques vis-à-vis du streptocoque.

La difficulté réside ici, autant que pour le pneumocoque, à posséder des cultures suffisamment riches.

Nous nous sommes servi, comme antigène, d’une émulsion fabriquée en délayant dans un centimètre cube d’une solution de chlorure de sodium à 8 p. 1 000, tout ce qui avait poussé sur quatre ou cinq tubes de gélose, en vingt-quatre heures. Cette émulsion, pour être suffisante, doit être franchement trouble, et nous avons été souvent obligé de recommencer les expériences à cause de la faiblesse de notre antigène.

Dans trois cas de septicémie puerpérale, elle s’est montrée nettement positive, ainsi que dans un cas d'érysipèle suivi de broncho-pneumonie érysipélateuse dont nous avons, en raison de son intérêt, tenu à rapporter l'observation complète.

Cette recherche des anticorps spécifiques dans les sérums des malades atteints de streptococcies diverses, a déjà été pratiquée avantnous par MM. Forx et MALLEIN, puis par M. Mariano Casrex (de Buenos-Ayres). Ces auteurs ont eu des résultats assez variables. Au cours de l’érysipèle par exemple, tantôt elle est positive, et ce paraît être d'ailleurs le cas le plus fréquent ; tantôt, et ce n’est pas dans les formes les plus bénignes, elle paraît rester négative. Au cours de la scarlatine ayant débuté par une angine dont l'examen bactériologique a démontré la nature streptococcique, la réaction est parfois positive, le plus souvent elle reste négative.

Dans deux pleurésies purulentes streptococciques, observées dans le service de M. Wipar, le sérum des malades contenait des anticorps spécifiques.

Ces résultats nous paraissent d'accord avec cette hypothèse que l'infection purement locale est insuffisante à créer la

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production dans l'organisme des sensibilisatrices spécifiques, et qu'au contraire, l'infection sanguine la provoque rapidement.

Ces phénomènes, d’ailleurs, ne sont pas rares. Nous avons constaté dans tous les cas de fièvre typhoïde accompagnée d'accidents pulmonaires, dans deux cas de pneumonie à pneumo-bacille de Friedlander, dans deux cas de kyste hydatique du poumon, les réactions de fixation positives, en prenant comme antigène ces divers agents pathogènes.

Nous avons recherché également s’il était possible de mettre en lumière, au cours des gangrènes pulmonaires, le même phénomène avec des anaérobies. Les résultats que nous avons obtenus n’ont pas été probants.

Si ces diverses recherches ne nous permettent pas de donner un argument absolument décisif à la thèse que nous soutenons, elles nous paraissent cependant plaider aussi en sa faveur.

Recherche du pouvoir opsonique.

La question des opsonines après une période d'essais etde tâtonnements qui dure à l'étranger depuis près de six ans, est sortie du domaine des conceptions biologiques et sert de base à une thérapeutique nouvelle.

Il se forme dans tout organisme auquel on injecte des vaccins spécifiques ou qui est atteint d’une affection délerminée, des substances particulières qui font partie des anticorps et tendent à favoriser la phagocytose : ce sont les opsonines. C’est une application de la méthode générale de l'immunisation.

WRIGHT a montré que l’on peut déterminer le pouvoir phagocytaire d’un sérum en numérantles bacilles englobés par un certain nombre de leucocytes activés par ce sérum. L'indice opsonique est le rapport entre le pouvoir phagocytaire d’un sérum suspect et le même pouvoir d’un sérum normal.

La technique est des plus délicate. On met en contact dans une pipette capillaire une quantité égale de sérum, d'émulsion microbienne et de leucocytes, puis on étale et on colore sur lames le mélange; le rapport du chiffre des microbes phagocytés à celui-des leucocytes comptés, représente le pouvoir opsonique du sérum employé.

Nous avons pratiqué cette recherche dans trois cas de pneumonie : Le pouvoir opsonique était considérablement augmenté vis-à-vis des pneumocoques. Ce résultat paraît conforme aux conclusions de WRiGar.

Les travaux de Tscemisroviren et JourewiTcH semblent prouver que la capacité opsonique du sang chez les chiens infectés avec le pneumocoque, varie avec la virulence de ce dernier. L'absence de phagocytose, lorsqu'ils’agit de diplocoque virulent, ne dépend pas de l'absence des opsonines dans le sérum, mais de la présence dans les cultures de matières particulières défendant les microbes contre les phagocytes. Ces auteurs désignent ces matières sous le nom d'antiphagines.

Il ne doit s'agir, à notre avis, que de réaction physicochimique de colloïdes à colloïdes.

Quoi qu'il en soit, il nous paraît intéressant de noter que les mêmes formules opsoniques s’observent dans la pneumonie et dans toutes les autres septicémies.

Recherche de la viscosité du sang et du pouvoir antitryptique des sérums dans la pneumonie

Nous avons, dans le service de M. le P' Wipar, recherché, à l'aide du viscosimètre de Hess, la viscosité du sang dans un grand nombre d’affections, et en particulier au cours des maladies du poumon. Alors que cette viscosité est diminuée dans la fièvre typhoïde, fait qui est, croyons-nous, en rapport avec la leucopénie habituelle dans cette maladie, elle est au contraire assez considérablement augmentée dans ce que l'on désigne sous le nom de grippe et dans la pneumonie.

Sur six pneumonies observées dont deux étaient des septicémies à pneumocoque, comme l’a prouvé le contrôle bactériologique, la viscosité variait entre 0,5 et 0,8, chiffres légèment supérieurs à la normale, qui est 0,4 à 0,5.

Dans l’état actuel de nos connaissances à ce sujet, il nous paraît difficile de tirer de ces constatations une conclusion quelconque.

Depuis les travaux de BRIGGER, on à pratiquéen Allemagne et en France de nombreuses recherches sur le pouvoir antitryptique des sérums. On sait que normalement le sérum humain est capable de neutraliser l’action de la trypsine. On peut aisément se rendre compte de la valeur d’un sérum à ce point de vue en recherchant combien de gouttes d'une trypsine exactement dosée il faut ajouter à une goutte du sérum que l'on veutexaminer pour produire la digestion d’une même quantité de sérum de bœuf coagulé. Voici la technique simple que l’on adopte en pareil cas.

On se sert de la trypsine de KaxLBauM au centième et l'on fait des mélanges d'une quantité progressivement croissante de cette substance (2, 3, 4,5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 gouttes) avec une goutte du sérum à analyser, dans des godets.

On a, d'autre part, sur des plaques de Péri, faitcoaguler à 80° un bouillon additionné de sérum de bœuf. On verse lentement, sur ce produit ainsi obtenu, une goutte du mélange contenu dans chacun des godets, et l’on porte à l'étuve pendant vingt-quatre heures. Le lendemain, on remarque facilement l'endroit où manifestement commence la digestion grâce à la cupule produite à la surface par la destruction des matières albuminoïdes. On peut ainsi désigner le pouvoir antitryptique du sérum examiné par le nombre de gouttes de trypsine existant dans le mélange qui le premier a été capable de déterminer la cupule de digestion.

Les chiffres de 1 sur 4, 1 sur5 sont ordinairement observés quand il s’agit de sérums normaux.

PoccenronL a dernièrement étudié, dans le service de

M. Wipai, le pouvoir antitryptique du sérum de cancéreux. Il est arrivé, d’ailleurs, à des résultats analogues à ceux de Briccer : les sérums des cancéreux possèdent dans la plupart des cas un pouvoir anlitryptique variant entre 1,6 et 1,12, c'est-à-dire qu'il est considérablement augmenté.

Cette étude nécessite encore de nouvelles recherches, mais il est intéressant, dès aujourd'hui, de signaler qu'au cours des maladies infectieuses en général, il n'existe pas de modification de ce pouvoir, alors qu’au contraire, dans la pneumonie, comme dans le cancer, ce dernier est considérablement augmenté.

Ce fait est, croyons-nous, en rapport avec la production dans l'organisme des individus atteints de pneumococcie, de substances très particulières qui doivent rentrer dans le groupe des anticorps.

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