‹ Origine Thyroïdienne Du Rhumatisme Chronique Progressif Et DéformantChapitre 22 sur 27 · GLANDE THYROÏDE · texte numérisé non relu

GLANDE THYROÏDE

Jusqu'à présent nous n'avons point parlé des résultats que donne la palpation de la glande thyroïde au cours du rhumatisme chronique. Dans nos observations de même nous ne relatons presque jamais l’état de cet organe. C’est qu’en réalité l'examen de la glande ne donne que peu de renseignements. Reconnaître à la palpation qu’un corps thyroïde est plus ou moins volumineux est chose illusoire. Où l’un trouvera une glande volumineuse, l’autre la déclarera atrophiée. D'ailleurs alors même que celle-ci est réellement volumineuse cela ne prouve pas qu'il y ait hyperthyroïdie, l'hypertrophie a pu se faire aux dépens du tissu conjonctif et peut masquer la sclérose des éléments nobles.

Il serait par contre plus intéressant de constater l’atrophie du corps thyroïde à l’autopsie des rhumatisants chroniques. Malheureusement cette recherche a été négligée jusqu'à présent. Nous n'avons pu trouver dans la littérature médicale, sur ce point, que l’observation de M. Sergent. Nous en avons déjà parlé. Il s’agit d’une femme âgée de 55 ans,atteinte de psoriasis, puis de polyarthrite déformante, qui fit ensuite du myxœdème et mourut dans le gâtisme après avoir présenté pendant quelques jours des lipothymies, des intermittences du pouls et des crises de tachycardie.

Sy

A l’autopsie on trouva les poumons emphysémateux, le péricarde distendu par un grand verre de sérosilé un peu trouble ; le cœur volumineux avec surcharge graisseuse ; le foie granité, muscade. Les reins présentaient une surface grenue, irrégulière, avec adhérence de la capsule en certains points et grand développement des étoiles de Verhegen. Leur volume était un peu moindre que normalement, la couleur blanchâtre. Les surfaces de section d’une coupe rappelaient l'aspect de la néphrite parenchymateuse et montraient les calices distendus par du sable urinaire jaunâtre.

La rate était normale à l'examen macroscopique.

L’encéphale ne présentait rien d’anormal.

La moelle non plus.

Mais ce qui était intéressant à signaler c'était la lésion que présentait le corps thyroïde.

La première modification qui frappait était une déformation très marquée de cet organe et la pelitesse générale de son volume.

Le lobe droit était relativement atrophié : il paraissait sain à l'examen superficiel ; mais sur une coupe, il offrait des lésions de goitre fibreux.

L'isthme était respecté.

Le lobe gauche était considérablement atrophié et transformé complètement en un noyau d'une extrême dureté ; en fendant ce noyau on voyait qu’il présentait

une disposition spongieuse.

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