‹ Origine Thyroïdienne Du Rhumatisme Chronique Progressif Et DéformantChapitre 26 sur 27 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I

Observation publiée dans le Bulletin de la Société anatomique, février 1894, par Émize Sercewr, interne des hôpitaux.

Dégénérescence calcaire du lobe gauche du corps thyroïde et atrophie du reste de la glande dans un cas de psoriasis arthropathique terminé par myxædème fruste.

Le 16 février 1893 entrait dans le service de M. du Castel, à l’hôpital Saint-Louis, une femme, âgée de 55 ans, atteinte de psoriasis arthropathique. Elle y mourait un an plus tard, le 31 janvier 1894. Le début de sa maladie datait de dix ans et avait été marqué par l’apparition d'une poussée généralisée de psoriasis, coïncidant avec divers traubles de la ménopause. L’éruption avait disparu au bout de quelques mois; mais bientôt une nouvelle poussée était survenue et avait été suivie de plusieurs autres, se succédant à court intervalle ; plus tard il n’y eut plus de rémission ; dès qu’un placard disparaissait un nouveau survenait en un autre point du corps. En même temps, les douleurs articulaires se firent sentir,surtout au niveau des petites articulations, aux pieds, aux mains, au rachis, les douleurs

Menard 5

* se montrèrent pour la première fois cinq ans environ après le début de la maladie, sous forme de crises d'intensité et de durée variables. Elles s’accompagnèrent bientôt de déformations articulaires revêtant le type de volyarthrile déformante progres sive.

Quand la malade entra dans le service, elle était dans un état d'impotence complète ; les mains étaient tuméfiées, les doigts noueux et déviés suivant le type d'extension ; les pieds, les orteils présentaient des déformations analogues ; la tête était fortement fléchie et le menton touchait presque le sternum. La malade ne pouvait redresser la tête, et toute tentative exercée dans ce but lui arrachait des cris de douleur. Les téguments. étaient le siège d’une rougeur livide, surtout marquée aux bras et aux jambes, où ils présentaient une desquamation abondante à larges lambeaux ; en aucune région il n'existait d’éléments psoriasiques reconnaissables ; la peau et l’hypoderme étaient infiltrés par un œdème dur, lisse et tendu où le doigt ne pouvait laisser d’empreinte en godet. La face était blafarde, les paupiè= res bouffies, le regard atone, les joues flasques, les lèvres grosses et pendantes les traits immobiles ; l'ensemble de ces caractères donnait à la physionomie un air dè profonde hébétude,

L'intelligence était très obscurcie, la mémoire presque nulle; la malade s'exprimait avec difficulté, en bredouillant d’une façon incompréhensible.

Tous ces troubles s'accentuèrent peu à peu et, dans les derniers moments de la vie, l’impotence devint absolue, l’infiltration œdémateuse des membres tourna à l’éléphantiasis, les défor: mations articulaires enlevèrent aux pieds et aux mains toute forme humaine ; la malade tomba dans le gâtisme, puis finit

par s éteindre en syncope, après avoir présenté, pendant quel-

ques Jours, des lypothymies, des intermittences du pouls et des

crises de tachycardie.

Autlopsie. — Poumons. — Très emphysémateux, anthraco- | siques.

Péricarde. — Distendu par un grand verre de sérosité un

peu trouble.

Cœur. — Volumineux, grande: surchage graisseuse : très légère insuffisance aortique, plaque d’athérome sur la grande vulve de la mitrale ; pas de dilatation du cœur droit ni d’insuf-

fisance tricuspidienne; myocarde un peu mou, de teinte feuille

morte.

Foie. — Granité, muscade ; sans hypertrophie ni atrophie. Reins. — Surface grenue, irrégulière, avec adhérences de la

capsule en certains points et grand développement des étoiles de Verhegen ; volume un peu moindre que normalement ; couleur blanchâtre. Les surfaces de section du corps rappellent l'aspect de la néphrite parenchymateuse et montrent les calices distendus par du sable urinaire jaunâtre.

Rate. — Normale à l'examen macroscopique.

Encéphale. — Ne présente rien d'anormal.

Moelle. — A l’œil nu on ne remarque rien d’anormal.

Ce que je désire surtout signaler c’est la lésion que présente le corps thyroïde :

La première modification qui frappe est une déformation très marquée de cet organe et la petitesse générale de son volume.

Le lobe droit est relativement atrophié : il paraît sain à l'examen superficiel ; mais sur une coupe, il offre des lésions de goitre fibreux.

L’isthme est respecté.

Le lobe gauche est considérablement atrophié et transformé

PA complétement en un noyau calcifié d’une extrême dureté ; en fendant ce noyau, on voit qu’il présente une disposition spon-

gieuse.

Observation II

Observation de Lancereaux et PaurEsco (résumée). Journal de médecine interne, 1°° janvier 1899.

Herpétisme ; douleurs articulaires ; sclérodermie ; trailemen par l’iodothyrine.

D... Anna, couturière, 28 ans, admise à l'hôpital le 14 août

Dans les antécédents héréditaires de cette malade on note des signes d’herpétisme ; son père, âgé de 98 ans, est chauve et hémorroïdaire ; sa mère, âgée de 52 ans, a des varices ; et la grand'mère maternelle, âgée de 72 ans, est atteinte de douleurs aticulaires et de troubles trophiques au niveau des jambes.

Rien à noter comme maladie infectieuse dans les antécédents personnels de la malade,

Jamais de migraines, ni d'épitaxis, pas d’hémorroïdes,

Depuis douze ans, elle habite un logement humide dans un passage sans air ni lumière et depuis l’âge de 13 ans travaille comme couturière dans un atelier encombré et mal aéré.

En février 1897, après quelques jours de malaïse et de courbature, la malade commença à éprouver dans les articulations des doigts et des poignets des douleurs assez intenses pour l'empêcher de coudre, Elle fut obligée de quitter son travail et de-

puis lors, ne l’a plus repris. Les jointures des doigts et surtout

LA

GO le dos des mains étaient enflés, mais au dire de la malade la peau conservait toute sa souplesse.

Un mois plus tard, elle souffrait dans les coudes et les épaules, puis dans les genoux et les hanches ; les pieds seuls ont été peu attemts. Ces douleurs s’accompagnaient d'œdème.périarticulaire plus ou moins considérable ; la malade éprouvait en outre des tiraillements douloureux le long des tendons musculaires.

Depuis cette époque, la malade a presque toujours souffert ; ses Jointures se prennent les unes après les autres et chaque fluxion deuloureuse dure cinq à six jours ; les doulenrs sont intenses principalement la nuit, au point d'empêcher le sommeil. A l’œdème péri-articulaire persistant succéda bientôt une pigmentation de la peau qui devint bronzée, commença à s’indurer et à perdre progressivement sa souplesse. Cette pigmentation avec épaississement de la peau apparut d'abord aux mains et s’étendit aux avant-bras. Il y a six mois, sa face était œdématiée, les paupières bouffies ; cet état dura environ trois mois, après quoi apparut une pigmentation bronzée, très prononcée et, peu après, la peau du visage commença à son tour à s'épaissir.

Depuis lors, la pigmentation et l’induration de la peau a envahi les membres inférieurs et ensuite le tronc.

Le 23 août on fait prendre à la malade 50 centigrammes d’iodothyrine et chaque jour on augmente d’abord de 25 centigrammes, puis 50 centigrammes jusqu’à la dose journalière de 2 gr. 50, chiffre qui fut atteint le 31 août.

On constata alors que la température se maintenait à peu près stationnaire, tandis que le pouls avait augmenté progressi-

vement de fréquence jusqu’à 120 (au lieu de 80). La malade

LATE rend dans les vingt-quatre heures 1.500 centimètres cubes d'urines (au lieu de 650), d’une densité de 1024 (au lieu de 1034) contenant 22 yr. 80 d'urée (au lieu de 15.60), 18 grammes de chlorures (au lieu de 10,40) et 2 gr. 17 phosphates (au lieu de 1 gr. 07) pas de sucre, ni d’albumine.

Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que la peau, au

niveau des parties sclérosées, s’est assouplie d’une façon très manifeste.

Le traitement par l’iodothyrine est repris et interrompu à diverses reprises et sous l'influence de ce médicament on constate la suppression des douleurs articulaires et progressivement l'amélioration des lésions de la peau.

Après quatre mois de traitement la peau a repris en grande partie son aspect normal et la malade peut coudre, ce que, de-

puis deux ans, 1l lui avait été impossible de faire.

Observation III

Observation de MM. LancerEaux et PauLesco.

Journal de médecine interne, 14 janvier 1899, Herpétlisme ; rhumatisme chronique et goutte ; artério-sclérose généralisée avec hypertrophie cardiaque et sclérose rénale polyurte nocturne, albuminurte). Traitement par l'iodothyrine. *

C.…., Philippe, employé de commerce, âgé de 36 ans, entre dans notre service le 16 juin 1898.

Un ne note rien de particulier dans les antécédents héréditaires de ce malade.

Il a eu la scarlatine à l’âge de 7 ans, mais n’a pas eu d’autres fièvres éruptives ; n’a pas eu la fièvre typhoïde, ni les fièvres

palustres, ni la syphilis,

Bee #s Q . , , , A , 2 4* Étant Jeune, 1l n’a présenté-aucun symptôme d’herpétisme: Q Q Q % É Goes Q Q , . . . , 2 “ ainsi, il n'a pas eu de migraines, ni d’épistaxis, ni d’hémorroï-

des ; mais à l’âge dé 17 ans, il eut des douleurs articulaires

; dans les chevilles, et, à 20 ans, dans les deux genoux que l'on fut même obligé de ponctionner. Depuis lors, presque tous les ans, il a des douleurs, qui se localisent au niveau des diverses Jointures et principalement aux mains et aux pieds.

IL y à trois ans, il vit apparaître des {ophus uratiques sur les pavillons des oreilles et au niveau des articulations des deux doigts de la main gauche (index et médius) et l’année dernière, il eut un accès de goutte aux deux gros orteils.

Il y a deux ans,le malade entre à l’hôpital Tenon (service de M. Hirtz) pour des douleurs articulaires; là on constate la présence d’une certaine quantité d’a/bumine dans ses urines, Mais déjà avant cela, c’est-à-dire depuis plus de trois ans,le malade est dans la nécessité de se lever la nuit pour uriner, Il rend dans les vingt-quatre heures environ 3 litres d’urines, dont 2 litres la nuit et 1 litre le jour. |

Depuis deux ans,le malade a remarqué que de temps à autre la quantité de ses urines baisse, et alors, il est pris de céphalée en casque, accompagnée souvent de vomissements biliaires. En outre, chaque attaque derhumatisme est précédée de un ou deux jours par une diminution subite de la quantité des urines, qui, au lieu d’être pâles, deviennent troubles et colorées,

Il nous faut ajouter que cet intéressant malade présente des troubles vaso-moteurs et trophiques des extrémités : ses pieds et ses mains deviennent souvent blancs, exsangues et engourdis ; parfois au lieu d’une vaso-constriction on observe une vaso-dilatation et alors ses ongles deviennent violacés; ce der-

nier phénomène précède ordinairement les accès de gouttes,

En outre, il y a deux ans, il aurait eu une abondante hémalémése, à cause de laquelle et de Palbuminurie, il fut mis au régime lacté, qu'il a suivi depuis lors, mais pas d’une façon -stricte.

Cet homme vit dans de bonnes conditions hygiéniques, il ne boit pas, du moins d’une façon excessive et ne présente pas des signes d'intoxication par les boissons dites alcooliques.

Depuis l’âge de 15 à 18 ans, il a travaillé dans une imprimerie, mais il n’a présenté aucun signe d'intoxication par le plomb.

A partir de 19 ans, il fut employé de commerce dans un magasin de draps; mais depuis trois ans, il a été obligé de quitter cet emploi à cause de ses douleurs articulaires qui l’'empéchaient de porter des pièces de draps, parfois très lourdes. Bien plus, à cause de ces douleurs articulaires qui ne le quittent pour ainsi dire plus, il ne peut prendre aucun emploi, entreprendre aucun travail, car à chaque instant il est obligé de les interrompre.

En février 1898, le malade est pris de douleurs dans le coude gauche et dans les deux mains et depuis lors il a cessé tout travail.

C'est un homme robuste, bien constitué ; très poilu ; sa face est colorée ; il n’est pas obèse. Il présente un commencement de calvitie, de l’acné sur le visage et sur le dos. Il est myope et a un peu de blépharite ciliaire. Sur le pavillon de l'oreille droite il existe un tophus uratique, blanchâtre, du volume d’un petit pois.

Le cœur est volumineux ; on voit sa pointe battre dans le cinquième espace à 12 centimètres de la ligne médiane, L’impulsion cardiaque est très forte ; les battements réguliers, et à

l’auscultation on constate un renforcement très manifeste du

deuxième bruit aortique qui est claquant. Les artères temporales sont très sinueuses; les radiales, elles aussi sinueuses, sont dures, résistantes ; le pouls (60 par minute) est régulier, fort, presque bondissant et très tendu.

Les poumons sont normaux ; il en est de même du foie, dont le bord antérieur dépasse à peine le rebord costal et de la rate qui mesure 9 sur 14 centimètres.

Les jambes ne sont pas œdématiées ; la main, appliquée au niveau des genoux, perçoit des craquements intenses, Les rotules sont déformées ; leurs bords internes sont le siège d’ostéophytes.

Il a aussi des oignons et des troubles trophiques des ongles des orteils, qui sont durs, épais, brunâtres, inégaux et rugueux à la surface.

Ce malade présente aussi une rétraction du tendon du biceps gauche ; aux mains il a des troubles trophiques consistant en ostéophytes volumineux, surtout au niveau des articulations inter-phalangiennes de l'index et du médius droit,

L'examen ophthalmoscopique, à part la myopie, ne révèle rien de particulier.

A son entrée à l’hôpital, le malade fut soumis au régime lacté et on lui fit prendre 1 gramme de KI par jour, mais il présenta des phénomènes intenses d’iodisme et on fut obligé de suspendre cette médication.

[1 se plaint, de temps à autre, de douleurs articulaires, pour lesquelles on prescrit de l’antipyrine,

Le malade rend dans les vingt-quatre heures environ 3 litres d'urine: dont 2 et même 2 1, 1/2 pendant la nuit et 500 centimè-

tres cubes seulement dans la journée : d’une densité variant

ITR entre 1010 et 1015, elles contiennent environ 3 à 4 grammes d’albumine (par 24 heures).

Le 10 octobre, on fait prendre au malade 50 centigrammes

d’iodothyrine de Baumann et les Jours suivants on augmente

de 50 centigrammes jusqu’à la dose journalière de 4 grammes,

Le malade présentantiquelques troubles d’hyperthyroïdisation, on suspend le médicament le 22 octobre.

Le 3 novembre, le malade rendait 3 litres d’urine (2 litres le jour, 1 litre la nuit), d'une densité de 1015 et qui renfermait par vingt-quatre heures 26 gr. 88 d’urée, 31 gr. 50 de chlorures, 1 gr. 70 de phosphates et 3 grammes d'albumine.

Le 6 novembre, on fit de nouveau prendre au malade 50 centigrammes d’iodothyrine, et on augmenta progressivement de 50 centigrammes chaque jour, jusqu’à la dose journalière de 6 grammes (qui fut atteinte le 18 novembre). La quantité des urines reste stationnaire, mais le pouls augmente de fréquence et oscille entre 100 et 120 par minute.

Le 1** décembre, on supprime l’iodothyrine, et ce jour-là, le malade rend 4 litres d’urine (dont 3 la nuit), d'une densité de 1016 et qui renferment par vingt-quatre heures, 41 grammes d’urée,32 grammes de chlorures, 2 gr. 50 de phosphateset seulement 1 gr. 50 d’albumine.

Le malade à maigri de 8 kilos ; néanmoins il se sent bien ; est plus vif, plus alerte et n’a plus de douleurs articulaires.

Son facies est excellent et l'acné de la face et du dos, si abondant au début, a complètement disparu. La polyurie, et surtout la polyurie nocturne, diminue rapidement ; de 2 ou 3 litres le malade ne rend plus dans la nuit que 1 1.1/2 et même 1 litre; et la quantité d'urine rendue dans la journée égale maintenant

celle de la nuit,

Le cœur a légèrement diminué de volume ; sa pointe bat dans le cinquième espace à 10 centimètres de la ligne médiane; les battements sont encore forts mais le deuxième bruit aortique n'est plus claquant comme autrefois ; il était alors tellement fort qu’il empêchait parfois le sommeil du malade; actuellement il ne le perçoit plus du tout, Il ne perçoit pas non plus comme autrefois, les battements des artères de la tête.

Effectivement, les temporales qui, au début, étaient tendues, dures et décrivaient sous la peau des sinuosités très marquées,

aujourd’hui sont à peine appréciables ; il en est de même des

; radiales, lesquelles, comme vous pouvez le constater, ne sont plus sinueuses et paraissent avoir récupéré toute leur souplesse. Le pouls moins fort et moins tendu qu’autrefois, est plus rapide et bat de 88 à 100 fois par minute. Non seulement, les artères ont repris partiellement du moins leur élasticité, mais la plupart des autres troubles trophiques que ce malade présentait à son entrée à l’hôpital ont disparu comme par enchantement.

Ainsi, la rétraction du tendon du biceps gauche a diminué et le malade peut étendre complètement son avant-bras. Les ostéophytes volumineux qui, au moment de l’entrée du malade à l'hôpital, existaient au niveau des articulations inter-phalangiennes de l’index et du médius droit, se sont résorbés et ont complètement disparu.

Au niveau des genoux on perçoit encore des craquements à ja main ; mais ces craquements, au dire même du malade, sont beaucoup moins intenses qu’au début du traitement.

Enfin les ongles des orteils présentent un phénomène curieux et fort intéressant, Il y a plus de deux ans que, ces ongles sont très épais, irréguliers, striés, d’une couleur brun sale, ils

ont l'aspect d’une écorce de vieil arbre, Depuis que le malade

et, prend de l’iodothyrine, ses ongles poussent normaux, de sorte que, actuellement on voit, au niveau du gros erteil, la moitié antérieure de l’ongle très épaisse, rugueuse, brunâtre, tandis que sa moitié postérieure (racine) est lisse, rosée et présente un

aspect parfaitement normal.

Observation IV

Observation de M. Pauz CLatse. Bulletin de la Soc. méd. des hôp., 20 janvier 1899.

L’opothérapie thyroïdienne dans certaines dystrophies: Polyarthrile déformante, myxædème fruste.

M..., 60 ans, femme.

. Ménopause en 1894 et depuis polyarthrite déformante, pas d’articulation pour ainsi dire qui ait échappé à l’arthrite.

Malade immobilisée depuis plusieurs mois sur un fauteuil ne peut même goûter le repos du lit, au moindre mouvement, douleur, |

Grosses articulations complètement déformées etimmobilisées, les doigts déviés et contournés ne peuvent exécuter que des ébauches de mouvement.

Articulations vertébrales sont atteintes, mouvements de la têtes pénibles.

Articulation temporo-maxillaire ankylosée.

On constate sur tout le corps et d’une façon particulièrement évidente à Ja face, aux mains et aux jambes une infiltration considérable ; l'empreinte du doigt n’est conservée qu’au bas des jambes ; partout ailleurs cette 1afiltration a les caractères

de celleïdu myxædème.

pr

Cœur : rien.

Urines : 24 décembre 1898, résultats suivants :

Urée par vingt-quatre heures, 9,6.

Acide urique, 0,3.

Acide phosphorique, 1,5.

Chlorures, 6,7.

Albumine, 0,12.

Sucre, 9,2:

Ajoutons que le malade se plaint d’une extrême lassitude, torpeur continuelle sans sommeil reposant.

Opothérapie instituée le 25 décembre.

On commence par la dose quotidienne de deux capsules Vigier qui est portée successivement à trois et à quatre.

Analyse: urines 31 décembre, mêmes résultats que le 24, sauf sucre 3 gr. 30. :

Analyse le 2 janvier :

Urée, 15 gr. 30.

Acide urique, 0 gr. 4.

Acide phosphorique, 1 gr. 9.

Chlorure 7 or1.

Albumine, 0 g. 08.

Sucre, traces.

A ce moment, l’apparition d’une certaine excitabilité nerveuse avec sensations plus douloureuses de quelques jointures fait interrompre le traitement qui est repris après deux jours de repos.

Analyse le 7 janvier :

Urée, 17 grammes.

Acide urique, 0 gr. 4.

Acide phosphorique, 2 gr. 6.

2 ad Chlorure, 8 grammes Albumine, 0 gr. 09.

Sucre, traces, Somme toute, en une dizaine de jours l'ingestion du corps thyroïde à ces doses très modérées a doublé l'élimination d’azote

et a presque fait disparaître le sucre et l’albumine.

Observation V

Observation de MM. Parnon et Papiniax. Presse médicale, 5 janvier 1905.

Rhumatisme chronique déformant. Myxædème fruste. Traitement par l’opothérapie thyroïdienne.

Malade, homme de 47 ans, commerçant, qui ne peut donner aucun renseignement précis sur son père ; sa mère est morte d'un ictus apoplectique.

A l’âge de 4 ans, il s’est fracturé une jambe et la fracture ne guérit que très lentement, Plus tard, il a eu plusieurs atteintes de fièvre paludéenne.

A0] ans, blennorragie : guérison en deux mois. Trois ans plus tard, en 1879, il ressentit des douleurs dans les genoux, les articulations tibio-tarsiennes et les talons ; la violence de ces douleurs lui rendait la marche impossible, Ce n’est qu'après quatre mois de traitement qu’il commença à marcher, quoiqu'il ressentit encore dans les talons des douleurs et des picotements. En 1885, les douleurs reprirent leur intensité et forcèrent de nouveau le malade à s’aliter. Il fit plusieurs traitements, dont les fumigations mercurielles. Après deux ou trois mois, il put

reprendre ses affaires, mais les douleurs revenaient de temps en

temps, surtout dans le talon. En 1895, elles s’exacerbèrent de nouveau et le malade suivit, sans résultat, un traitement ioduré et des bains sulfureux. Quelques placards discrets d’eczéma parurent à deux reprises la même année ; il entra à l'hôpital, restant respectivement quatre et cinq mois, les douleurs diminuèrent, mais l’eczéma resta stationnaire,

Lorsque le malade entra en 1908 à l’hôpital Pantélimon, service de M. Jurbure, le malade présentait des douleurs intenses dans les articulations. Les petites articulations des doigts et des orteils, tibio-tarsiennes et radio-carpiennes, étaient tuméfiées dans celles du genou, on sentait des crépitations. La face et une bonne partie du cuir chevelu étaient envahis par l’eczéma. L’urine, jaune pâle : densité, 1005 ; albumine, 2 gr. 50 par litre Traitement ioduré et, plus tard, par le nitrate d'argent, sans résultat. On a recours alors au bicarbonate de soude, en commençant par 2 grammes et en augmentant chaque jour de 2 grammes jusqu’à la dose de 30 à 40 grammes par jour. On descendit ensuite progressivement jusqu’à la dose de 2 grammes. Bains au carbonate de soude. Pansements avec du bicarbonate pour l’eczéma. Repos de quinze à trente jours après chaque mois de ce traitement.

Sous l'influence de ce traitement, l’eczéma disparaissait complètement et les douleurs diminuaient.

En décembre 1902, le malade, qui n’avait pas pris de bicarbonate depuis quelques mois, ressentit de nouveau des douleurs violentes. Reprise du bicarbonate en commençant par la dose de 5 grammes et en l’augmentant quotidiennement de la même quantité en arrivant jusqu’à 70 grammes le quatorzième jour. Des symptômes d’intolérance gastrique, anorexie, dou-

leurs épigastriques, se manifestèrent alors avec de la polydipsie

Rp — et une polyurie marquée (5 litres par jour) ; densité de l'urine, 1000-1002. On suspend le traitement en le remplaçant par des toniques.

En octobre 1903, la quantité d'urine était de 2.500 à 3.000 gr. densité, 1012-1014. Nous faisons un examen détaillé du malade et nous trouvons : du côté droit, que la paupière est à demitombante depuis la naissance, la pupille est plus rétrécie, la joue aplatie. Il existe donc probablement une paralysie du sympathique cervical. L'intelligence, la sensibilité objective sont normales ; le malade a continuellement une sensation de froid très pénible. — L’eczéma couvre la face, le cuir chevelu ; les oreilles ont une couleur rouge-foncé avec desquamations blanchâtres ; dans l’épaisseur des oreilles, on sent des indurations tophacées ou calcaires. — Les téguments du malade sont secs, et il déclare qu'il ne transsude jamais, même pendant les plus grandes chaleurs de l'été. Les cheveux, rares et presque blancs, ont commencé à grisonner depuis à peu près vingt ans. Les ongles des doigts et des orteils sont striés, friables, cassants, blanchâtres, sans lustres ; ceux du pouce et du médius gauche et ceux des quatre premiers doigts du côté droit se détachent spontanément. — Le malade souffre beaucoup de ses articulations, surtout pendant les temps orageux et humides. La plupart de ses articulations, surtout celles des doigts, présentent . des déformations très accentuées et des ankyloses. — L'appareil respiratoire est normal, Les battements du cœur sont faibles, sans force : pas de bruits anormaux ; le pouls, 78 par minute, est mou el sans {ension, à peine perceptible, — Vomissements presque après chaque repas ; constipation ; le foie dépasse un peu les fausses côtes ; la rate n’est pas percutable

et les reins ne sont pas palpables. Pas de sucre dans l’urine ;

ab albumine, 7 grammes par litre ; l’urée est très diminuée, — Rien aux organes génitaux,

Certains symptômes présentés, tels que la sensation continuelle de froid, la sécheresse des téguments, conséquence de l'absence de la transsudation, la dystrophie très accentuée des téguments et de leurs annexes, l’hypoazoturie nous ont fait penser à la possibilité, dans ce cas, d'un terrain d'insuffisance thyroïdienne.

D'autre part, les bons résultats que certains auteurs, tels que Lancereaux et Paulesco, Hertoghe, Viala ont obtenus par l’opothéraphie thyroïdienne dans le rhumatisme chronique nous ont décidé de recourir dans notre cas au même traitement que nous commençons le 29 octobre en employant d’abord la glande thyroïde de mouton, et plus tard, faute de celle-ci, celle de veau.

Les douleurs commencèrent à diminuer, pour disparaître bientôt complètement. Il en fut de même pour l’eczéma. Les téquments commencèrent à devenir moiles, phénomène que le malade n’a présenté depuis des années. Le pouls monta progressivement pour arriwer à 94-98 par muinule, et les ongles commencèrent à pousser normalement el à récupérer leur lus tre. Le malade observe que les mouvements des articulations sont devenus plus libres, et, vers le commencement du mois de mars, il commençait à marcher. Il s'était produit en lui une véritable régénération. La quantité d’urine dépasse toujours, et de beaucoup, la normale, mais la quantité d'albumine est moindre et celle des autres principes éliminés par l’urine est quasi-

normale.

Menard 6

Érês

Observation VI

Communication de M. le professeur Prpro Accioté (de Constantinople) à la Société de neurologie de Paris, séance du 2 mai 1907.

Rhumatisme chronique et insuffisance thyroïdienne.

Il s’agit d’une jeune fille de 28 ans, très bien portante jusque dans ces derniers temps.

Rien à noter du côté des antécédents héréditaires et personnels.

Pour la première fois, la malade a commencé il y a six mois, en novembre 1906, à ressentir des douleurs rhumatismales aux deux cous-de-pied et aux talons qui l’empêchaient de marcher librement,

Ces douleurs accompagnées d’un léger gonflement allaient en s’accentuant. En janvier 1907, gonflement et douleurs au niveau des articulations de l'index et du médius à gauche, du médius et de l’annulaire à droite et du genou du côté droit.

En même temps que ces douleurs, la malade éprouvait une faiblesse générale, de l’essoufflement, des palpitations, des troubles dyspeptiques, une somnolence, une apathie et une lassitude avec angoisse ; bref elle présentait tous les signes d’un état neurasthénique avec déchéance physique et intellectuelle,

En février 1907, je constatais à l'examen un gonflement très manifeste aux articulations de l'index et du médius gauche, du médius et de l’annulaire à droite ; ce gonflement était très sensible et douloureux à la pression, impossibilité de mouvoir les doigts atteints. Le genou droit était douloureux à la pression

et aux mouvements ; les articulations des cous-de-pied des

deux côtés et les articulations au niveau des orteils étaient dou loureuses et gonflées.

Toutes ces manifestations rhumatismales étaient apyrétiques ; on se croyait être en présence d’un rhumatisme articulaire subaigu ou chronique déformant d'emblée.

En dehors de ces arthropathies, on constatait au niveau de la main et de l’avant-bras à gauche, au niveau des deux pieds et de toute la jambe à droite, un œdème considérable, dur et élastique ; la pression du doigt ne produisait pas de godet ; l’index et le médius de la main gauche étaient très augmentés de volume, l’index gauche surtout, sous la forme d’un gros boudin, présentait un œdème dur ct résistant, Le visage de la malade et les yeux étaient bouffis ; cette bouffissure de la face qui frappait tout. l’entourage était accompagnée d’une infiltration des paupières rendant les yeux petits, le regard terne et l’aspect hébété, la face était large, arrondie, en pleine lune suivant cette juste expression de Gull chez les myxædémateux ; cette infiltration du visage était accompagnée d’un changement de coloration ; la peau était d’une pâleur jaunâtre et cireuse.

La malade était plongée dans un état d’abattement physique et moral ; elle était apathique, somnolente, indifférente à tout ce qui se passait autour d’elle ; bref, elle présentait une torpeur cérébrale des plus manifestes. Voici les expressions exactes formulées par la malade même dans son historique de maladie écrite sur ma demande :”

« J'avais les yeux et le visage bouffis, le teint jaune, les yeux ternes, égarés et petits, des bourdonnements d’oreille, une sensation de froid dans les os, des frissons intenses ; j'étais prise par moments de défaillances, de douleurs dans la poitrine accu-

sées surtout à gauche, accompagnées de palpitations et d’une

— 84 — ; angoisse très forte. J'étais prise d’un abattement et d’une lassitude extrêmes, mon moral était fortement déprimé, j'étais apathique, somnolente le jour ; la nuit le sommeil était profond ; j'avais la sensation d’isolement et d’un vide autour de moi. »

J’ajouterai que les menstrues se faisaient beaucoup plus abondantes que de coutume ; les troubles dyspeptiques étaient très accusés, l’haleine de la bouche était fétide.

En explorant la région thyroïdienne on constatait que la glande thyroïde était fortement diminuée de volume.

L'examen du cœur, des poumons ne dénotait rien d’anormal.

Pas de glycose, pas d’albumine, La quantité d’urée, d’acide urique et des phosphates était fortement diminuée.

En présence de cette bouffissure de la face et de la couleur jaune cire de ces infiltrations œdémateuses du dos de la main et de l’avant-bras gauche, des doigts de la main et en particulier de l’index et du médius gauche, de toute la jambe droite, infiltration œdémateuse sans godet à la pression ; en présence de cette apathie physique et intellectuelle, de cette somnolence, de cette indifférence et hébétude ; en présence, dis-je, de ce tableau symptomatologique si net, on ne pouvait que penser à un état myxædémateux, à de l’insuffisance thyroïdienne, à de l'hypothyroïdie en un mot.

En cherchant la cause et l’origine de cette hypothyroïdie, J'ai constaté que la malade avait subi quelques séances radiothérapiques dans le but de se débarrasser d’une hypertrichose dont elle était atteinte, Cette hypertrichose était surtout manifeste au menton et à la région du cou.

Dix-huit séances de rayons X ont été appliquées au visage, au menton et au cou ; le traitement avait réussi en partie à débar-

rasser certaines zones de l’hypertrichose. Dès le début du trai-

CAR A Pa

tement par les rayons X, la malade avait engraissé de 3 kilogrammes.

Après la douzième séance, apparition de manifestations articulaires aux cous-de-pied et aux orteils.

Après la dix-huitième séance, généralisation de manifestations rhumatismales au genou droit et aux mains ; apparition des infiltrations œdémateuses, de la bouffissure de la face, de la somnolence, de l’apathie et de l'abattement.

Or ces troubles myxœdémateux étaient certainement dus à i’action des rayons X sur la glande thyroïde. Sous l'influence répétée de ces rayons, la glande thyroïde a été atteinte dans son fonctionnement : un état atrophique en était résulté, et les signes d’une insuffisance thyroïdienne, de l’hypothyroïdie se sont dès lors manifestés,

Toute médication anti-rhumatismale qui a été appliquée à cette malade n’a abouti à aucun résultat, L’aspirine, le salicylate de soude à haute dose, les bains chauds, l’arsenic, l’iode et toutes les médications externes ont été suivies d’un échec complet. Devant cet insuccès et en présence de l’état myxœdémateux de la malade, j'avais émis opinion que les manifestations rhumatismales étaient étroitement liées à l'insuffisance thyroïdienne.

Les séances répétées de rayons X au niveau du cou avaient porté atteinte au fonctionnement de la glande thyroïde intacte jusque-là. Les premières manifestations de l'insuffisance thyroïdienne s’étaient déclarées sous la forme de lésions rhumatismales survenues à la suite des échanges nutritifs ; en effet, la forte diminution de l’urée, 19 grammes, et de l’acide urique, 0 gr. 25, des urines, indiquait bien leur rétention dans l’organisme et leur

précipitation au niveau des articulations. C'était bien à un cas

Sept

de rhumatisme dysthyroïdien que j'avais affaire ; et j'étais tellement convaincu de la chose que j'étais persuadé que les manifestations articulaires céderaient certainement et rapidement sous l’influence de la médication thyroïdienne.

En effet, j'ai fait prendre à ma malade les pastilles de Merck à 0,10 de glande thyroïde desséchée.

Le 18 mars, une tablette.

Le 19 mars, deux tablettes.

Le 20 mars, deux tablettes.

Le 21 mars, deux tablettes.

Les yeux et visage commencent à reprendre leur état normal ; les gonflements de la main gauche et du poignet, des doigts et de la jambe droite baissent à vue d’œil, les douleurs diminuent, les déformations articulaires et leur gonflement baissent d'une façon merveilleuse et comme par enchantement. Le genou droit et le cous-de-pied sont moins douloureux ; la démarche est facile. L'expression des yeux et du visage est tellement bonne que l'entourage est enchanté de ce résultat ; pour ma part, je fus également enchanté du succès obtenu dans trois jours

d’opothérapie thyroïdienne et ce qui concerne les manifestations

articulaires,

Le 22 mars, trois tablettes.

Le 23 mars, trois tablettes.

Le 24 mars, quatre tablettes,

Le 25 mars, quatre tablettes, nuit très agitée, violent mal de tête, insommie, palpitation. |

Légère intolérance du médicament ; je fais cesser le remède jusqu’au 31 mars ;’pendant ce temps, la malade éprouve des

douleurs erratiques le long des jambes et des cuisses des deux

côtés ; les yeux redeviennent légèrement ternes, le visage tend à devenir jaune.

A partir du 1° avril, j'ai fait recommencer la médication thyroïdienne, |

Le 1* avril, deux tablettes.

Les 2, 3, 4 et 5 avril, deux tablettes par jour.

Amélioration énorme, les lésions articulaires tendent à disparaître, la marche est facile, la malade peut articuler aisément ses doigts.

Les 6, 7, 8,9 avril, deux et trois tablettes quotidiennes alternativement.

Le 11 avril, la malade est dans un état tout à fait satisfaisant ; l’état myxœdémateux a disparu, les manifestations neurasthéniques et rhumatismales disparues également, elle peut se servir de ses mains, le moral a repris et je puis considérer ma malade comme guérie, du moins provisoirement.

Je dis d’une façon intentionnelle, provisoirement ; car, je ne sais au juste jusqu’à quel degré les rayons X ont frappé la glande thyroïde dans son fonctionnement. J’aime à croire et à souhaiter que la perte de la glande n’est pas définitive ; c’est l’avenir qui nous donnera une idée exacte de cette situation, Seulement, par prudence, je serai obligé de persévérer dans la médication et de ne la cesser que dans un temps plus ou moins éloigné.

Une deuxième analyse d’urine nous a démontré l’augmentation de l’urée, 33 grammes, et de l’acide urique, 0 gr. 71 parlitre; le traitement thyroïdien aurait agi en modifiant les échanges

nutritifs et en éliminant à titre diurétique, les urates et l’acide

urique retenus dans l’organisme.

Observation VII

Observation de M. Léorozn Levi. Études sur la physio-pathologie de la glande thyroïde et de l’'hypophyse, 1907. Doin, Édit,

Rhumatisme chronique. Aulo-thérapie de la grossesse.

Une dame de 40 ans a mené à terme quatre grossesses. Cette malade, atteinte antérieurement de phosphaturie, de rhinite spasmodique, de dysménorrhée, est devenue rhumatisante à la suite de la deuxième grossesse, il y a dix ans. Ce rhumatisme, qui a subi des exacerbations après chaque grossesse, est tenace, a une tendance lentement progressive, qui n’a pu encore être arrêtée. Il s’accompagne de déformations et d’atrophies. — La malade a traversé des phases d’hypothyroïdie paroxystique qui se manifestaient en particulier par de la lassitude, de l'obésité, de la frilosité, des poussées rhumatismales.

Elle a présenté, à la suite d’un séjour à Bourbon-l’Archambault, une phase d’hyperthyroïdie, avec augmentation du corps thyroïde, tremblement, battements du cœur, amaigrissement, hyperanorexie, Pendant ce temps, elle ne souffrait pas.

Or, cette dame est devenue enceinte, pour la quatrième fois, alors que son rhumatisme évoluait depuis quatre ans. Et, pendant la durée de sa grossesse, elle n'a pas souffert de ses rhumalismes.Par contre, une poussée nouvelle a succédé à l’accou-

chement.

Observation VII (personnelle).

Phumalisme chronique déformant. Trailement et amélioration pour l’opothérapie thyroïdienne.

Léon L..., 27 ans, laveur de voitures, entre hôpital Necker,

salle Bouley, service du Dr Sergent le 10 avril 1907.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES, — Mère morte à 70 ans de pneumonie.

Père mort à 63 ans, non rhumatisant.

Une sœur âgée de 20 ans, bien portante.

ANTÉGÉDENTS PERSONNELS, — Aucune maladie grave.

A fait son service militaire (1 an seulement comme soutien de famille).

N'est pas sujet aux migraines,

S’est en somme toujours bien porté jusqu’en 1905.

HISTOIRE DE LA MALADIE. — En juillet 1905, première poussée. de rhumatisme.

Le malade entre à Necker, salle Bouley.

Il a une poussée aiguë de rhumatisme avec fièvre oscillant autour de 39°.

Les douleurs ont été surtout localisées aux deux cous-de-pied et aux épaules.

Durée ; quatre semaines. Convalescence à Vincennes quinze jours. Guérison complète.

Pendant onze mois le malade va tout à fait bien, n’éprouvant aucune douleur.

C’est en juin 1906 que le malade est repris d'une nouvelle poussée rhumatismale. Il rentre à l'hôpital et y reste trois semaines. Il a eu depuis cette époque cinq autres poussées aiguës et s’est fait soigner à l’hôpital (faisant chaque fois un séjour de trois semaines environ) mais depuis le mois de juin 1906, le malàde a continuellement souffert de douleurs au niveau des cous-depied, parfois des épaules, quelquefois aussi des poignets et des doigts. 11 souffrait plus ou moins, surtout lorsque le temps

devenait humide; mais il souffrait presque continuellement et

il n'avait guère de rémissions de plus de huit jours.

Depuis un an la marche est devenue pénible et les pieds ont commencé à se déformer.

Le malade a été traité jusqu’à présent par du salicylate de soude, de l’aspirine, du salophène à l’intérieur et à l'extérieur du salicylate de méthyle,

10 août 1907, — Entrée à l'hôpital Necker, salle Bouley, pour poussée subaiguë de rhumatisme.

La douleur siège aux deux chevilles, à l’épaule droite. L’articulation coxo-fémorale est aussi légèrement douloureuse.

Le malade marche très difficilement et la marche est douloureuse.

Dans la journée il ne fait guère que quelques pas dans la salle.

ExaMEN puysique. — On trouve à l'examen, les deux pieds légèrement œdématiés, surtout le droit.

Il y a une déformation très nette des pieds ; chacun des deux pieds est déjeté en dehors et en abduction. Affaissement de la voûte plantaire, pieds plats.

Épaississement marqué des deux malléoles internes avec élargissement des deux cous-de-pied.

Légère déformation des doigts avec épaississement des articulations de la deuxième phalange avec la troisième.

Pas de douleurs dans les masses musculaires,

Un peu d’atrophie des muscles du mollet.

Pas de douleurs le long du trajet des nerfs, pas de sciatique.

Appareil digestif, respiratoire, circulatoire, génito-urinaire : rien à noter.

Pas de tuberculose pulmonaire, pas de blennorrhagie.

Système nerveux : réflexes rotuliens un peu exagérés.

Urines : ni sucre, ni albumine.

Signalons la petite taille du malade : 1 m.55. Son poids :

50 kilogrammes, l’aspect grêle, le peu d’abondance de cheveux, bref l’apparence infantile du malade,

TraïremENrT : acide phosphorique, 1 gramme.

Sp. iodotannique, deux cuillerées à soupe.

Alimentation normale (1 litre de tisane de chiendent).

19 août. — Les douleurs persistent toujours aux chevilles et à l'épaule droite.

Pouls : 68 pulsations.

Température : 37° 6, soir.

17 août. — Suppression du traitement,

Pulsations : 64,

Pression artérielle : 18.

Le malade est descendu hier au jardin (2 étages), mais il est remonté aussitôt très fatigué et souffrant davantage des articulations tibio-tarsiennes.

20 août. — Pulsations : 64.

Pression : 18.

Mème état, le malade a souffert hier beaucoup de son épaule droite.

Urines : du 20 août (midi) au 21 août (midi): 1 1. 900.

21 août 1907. — Volume : 1.900 centimètres cubes.

Aspect : limpide.

Couleur : jaune ombré.

Odeur : fétide.

Consistance : fluide.

Réaction : franchement alcaline.

Densité : 1012.

Dépôt : abondant,

Extrait.à. 100 NPA 26.32. 41400 Éléments organiques, . . . 16.83. . . 32 — minéraux. 2 ,4.14:#29%49,: "nt, is

Uréer:0 EP PORT AIR TT UE DEEE Acide urique et corps 023; 02e CU PER Acide phosphorique . . . . 1.05. . . 1.995 Nacl 0 Ma NT RE NO 0 D CURE Ets

Rapports d’échanges :

Urée à extrait sec : 0.4837.

— à acide phosphorique : 0.082.

— à acide urique : 0.0180.

Sels à extrait sec : 0.36.

Rapport azoturique : 1,30.

Azote total : 17,65 0/0.

22 août. — Même état persistant des douleurs aux deux cous-de-pied.

Pression, 18.

Pulsations, 88.

Le malade est mis au {raitement (hyroïdien. Il prend un quart de pilule d’extrait de corps thyroïde, soit 2 centigr. 50.

23 août. — Souffre un peu moins.

Pression, 18.

Pulsations, 68,

Prend un quart de pilule.

Urines, 2 1. 200.

94 août. — Douleurs s’atténuent toujours.

Le malade ne souffre plus de son épaule droite.

Pression, 17.

Pulsations, 64,

Le — 93 —

Une demi-pilule.

25 août. — Le malade se trouve mieux. Il marche plus facilement. Hier il a pu descendre au jardin et cela sans fatigue (c’est la première fois depuis le 18 août).

L’œdème du cou-de-pied et du pied droit a presque complètement disparu.

Les mouvements de l’articulation des deux pieds s’effectuent plus facilement.

Pression, 17:

Pulsations, 60.

Une demi-pilule.

Voici l’analyse d’urine faite le 25 août :

Volume : 2.500 centimètres cubes.

Densité : 1.010.

litre 24 heures

DÉCRET TS gt: 02 22 gr. 05 Acideuriques.b "0" pr. 46 levres Acide phosphorique . . 2 gr. 45 9 gr. 02 Chlorures en Nacl. . . 2 gr. 65 6 gr. 70 AZDICMOtR IR eur. 2e, 0e 0 gr. 00 15 gr.

Extrait scce nee t13-6r. 60 34 gr.

Rapports d’échanges :

Urée à extrait sec : 0 gr. 648.

— à acide phosphorique : 0 gr. 23.

— à acide urique : 0 gr. 0521.

Rapport azoturique : 1 gr. 47.

26 août. — Pulsations, 68.

Pression, 17.

Une demi-pilule.

"Hs

27 août. — A souffert un peu ce matin en se réveillant de son épaule droite.

Une pilule.

28 aout, — Même état.

Pression, 16.

Pulsations, 68.

Une pilule.

29 août, — Ne souffre pas malgré un temps très humide (cette nuit orage violent), :

Pression, 16.

Pulsations, 68.

Une pilule.

30 août. — Souffre un peu de l'épaule gauche.

Pression, 16.

Pulsations, 68.

Une pilule,

31 août. — Continue toujours à se plaindre de son épaule gauche, l’épaule est toujours douloureuse, les mouvements pénibles mais il n’y a pas de gonflement articulaire (temps toujours humide).

Pression, 19.

Pulsations, 72.

Une pilule.

1e" septembre, — Même état.

Pression, 16.

Pulsations, 64.

Une pilule,

2 septembre. — Douleurs s’accentuent, souffre de son épaule gauche et de sa cuisse gauche, Le malade reste au lit (temps

toujours humide).

Ophtalmo-réaction: négative.

Suppression du traitement thyroïdien ; la pression artérielle étant descendue à 15 et le nombre de pulsations étant de 88.

Enveloppement de l'épaule gauche avec du salicylate de méthyle.

Pendant la durée du traitement thyroïdien les urines se sont maintenues autour de 2 1. 300. Le malade a maigri de 1 kilogramme (49 kgr. au lieu de 50 kgr.).

3 septembre. — Toujours douleur de l’épauche gauche, quelques douleurs hier après-midi dans les articulations coxo-fémorales, dans le poignet.

A l'examen, léger gonflement articulaire du poignet, mouvements de l'épaule et du poignet douloureux.

TRAITEMENT. — Aspirine, 1 gr. 50 en trois cachets.

Enveloppement salicylate de méthyle.

Pression, 16. |

Pulsations, 68.

4 seplembre. — Aspirine, { gr. 50.

5 septembre, — Légère amélioration.

Pression, 17,

Pulsations, 68,

8 septembre. — Les douleurs augmentent surtout à l’épaule gauche. Suppression de l’aspirine. Reprise du traitement thyroïdien, une pilule.

Pression, 18.

Pulsations, 68.

9 septembre. — Même état.

Pression, 17.

Pulsations, 68.

Une pilule.

un DOS

10 septembre, — Même-état, Pression, 16.

Pulsations, 72.

11 seplembre. — Amélioration très nette, malade ne souffre

presque plus, a pu descendre les escaliers et se promener dans la cour de l'hôpital.

12, 13, 14 septembre, — Amélioration se maintient.

Pression, 15.

Pulsations, 72.

Le malade continue toujours à prendre une pilule.

17 septembre. — Le malade va bien, il marche presque toute la journée et cela presque sans douleur.

Pression, 15.

Pulsations, 80.

Suppression du traitement thyroïdien.

18 septembre et jours suivants le malade reste à peu près dans le même état, très amélioré, mais ayant cependant parfois quelques douleurs articulaires subaiguës durant un jour ou deux.

Il quitte finalement l'hôpital le 14 octobre et va en convales-

cence à Vincennes,

Observation IX (personnelle).

Nodosités d'Héberden et goitre colloïde.

Désiré D..., 75 ans, tailleur, entre le 10 septembre 1907 à l'hôpital Necker (service du D' P. Lereboullet) pour perte des forces et de l'appétit.

Antécédents personnels. — On ne relève dans le passé du

malade aucune affection aiguë.

= ge

N'a jamais eu de rhumatisme.

Depuis quelques mois le malade a beaucoup maigri, il a ‘perdu lappétit et présente un dégoût marqué pour la viande. Jamais de vomissements ni de diarrhée.

Pas d'hématémèse.

A l’examen physique, on est tout d’abord frappé par Le degré d’amaigrissement du malade et la teinte jaune paille des téguments. Le ventre est météorisé. Pas d’ascite. Le foie ne déborde pas les fausses côtes.

Le météorisme gène les palpations de l’abdomen.

Le diagnostic porté est celui de néoplasme de l'estomac.

On constate, d’autre part, au niveau du cou l’existence d’un goitre colloïde du volume d’une petite prune environ. Ce goitre a débuté il y a une trentaine d’année augmentant progressivement de volume et ayant atteint finalement celui d’une mandarine. Le goitre a commencé à diminuer depuis une dizaine d'années. Le malade n’a d’ailleurs jamais éprouvé aucun trouble de l’existence de cette tumeur.

I y a vingt ans il a vu survenir progressivement des déformations des petites articulations des doigts. Actuellement ces déformations sont très apparentes sous forme de nodosités et siègent au niveau des articulations de la deuxième phalange avec la troisième. Ces nodosités d’'Héberden sont surtout marquées à la main gauche.

L'évolution s’est faite sans aucune douleur, et lon ne cons-

tate aucune autre déformation aux autres articulations.

Ménard h

Re

Observation X (personnelle).

Rhumatisme chronique déformant et insuffisance thyroïdienne.

Eugénie L.., 59 ans, ménagère, entre le 4 mai 1904 à l’hôpital Necker pour rhumatisme chronique déformant.

Antécédents personnels. — Pneumonie à l'âge de 20 ans. Jamais de rhumatisme articulaire aigu franc.

C’est en 1900, que sont survenues les premières douleurs articulaires. Elles’ siégaient au début au poignet gauche et auxépaules et duraient quelques semaines.

Au bout d’un an les genoux et les pieds se sont pris aussi. Progressivement les articulations se sont déformées.

Actuellement la malade reste tout à fait impotente, confinée au lit et attend son placement dans un asile.

Les douleurs ont presque complètement disparu.

Examen physique. — Membres supérieurs.— Les doigts sont complètement ankylosés, la première phalange est en extension forcée et forme presque un angle droit avec le dos de la main.

Il y a augmentation de volume des surfaces articulaires.

Les deux poignets et les deux coudes des deux bras sont presque complètement ankylosés et les mouvements des articulations scapulo-humérales sont très diminués. Atrophie musculaire surtout marquée aux muscles de l’avant-bras gauche, Depuis un an les douleurs ont beaucoup diminué, la malade reconnaît qu'elle a sensiblement maigri,

Membres inférieurs. — Pied droit en équin et en adduction forcée ; pied gauche en extention forcée ; élargissement des mortaises tibio-péroniennes ; genoux ankylosés en extension.

Hanches à peu près indemnes.

Examen des autres appareils. — Rien au cœur, rien aux poumons,.

La malade est très obèse et cette obésité s’est accrue encore depuis deux ou trois ans.

Au début des crises de rhumatisme,la malade a présenté toute une série de troubles trophiques. Elle a presque complètement perdu ses cheveux, et ses dents dans l’espace de‘quatre ans sont toutes tombées. Elles s’ébranlaient et tombaient sans douleur (périostite alvéolo-dentaire ?). Les sourcils sont tombés sur le bord externe (signe du sourcil de Léopold Levi). D'autre part, en même temps que tous ces troubles survenaient la malade

présentait des névralgies violentes occupant tantôt le côté droit,

tantôt le côté gauche de la tête. La malade n’était pas sujette aux migraines avant les premières crises rhumatismales,.

Le corps thyroïde n’est pas perceptible à la palpation.

Observation XI (personnelle).

Recueillie dans Île service du Dr Souques.

Rhumatisme chronique déformant el insuffisance thyroïdienne.

Hortense G..., âgée de 52 ans, lingère entre le 21 septembre 1907, salle Duplay hospice d’Ivry.

Antécédents héréditaires. — Mère morte hémiplégique à 60 ans; n'a pas connu son père.

Antécédents personnels. — Rougeole en bas âge. Angine à l’âge de 8 ou 9 ans (séjour au lit) ; à l’âge de 12 ans, urticaire.

Réglée à 13 ans ; habituellement bien réglée.

Ménopause à 45 ans.

En 1883 crises d’asthme, habitait alors Marseille et a dû quitter Marseille à cause du mistral qui augmentait, dit-elle,ses crises d'asthme.

Elle vient alors à Paris.

La malade n’a jamais eu une brillante santé. Elle a toute sa vie était fatiguée et arrêtée par des séries d’indispositions : maux de gorge, rhumes, asthme, souvent bronchites les hivers.

En 1895, entre à la Pitié pour douleurs d’estomac, séjour de trois semaines, On lui trouve à l'hôpital un rétrécissement

mitral.

Jusqu’alors la malade n’avait jamais eu de doulours articulai-

res. Jamais de rhumatisme articulaire aigu.

C'est en 1898 que surviennent les premières douleurs articulaires, Elle habitait alors une chambre humide (la malade a, dit-elle, presque toujours habité des chambres humides). Les douleurs du début ne l’empèchent pas de travailler. Elles siègent un peu partout dans les épaules, les coudes, les mains, les chevilles mais ne durent pas longtemps. Elles surviennent surtout quand le temps est humide, les jours de brouillard et de

pluie.

Ce n’est qu’en 1903 que les articulations ont commencé à se

déformer et depuis cette époque la malade n’a pour ainsi dire

plus travaillé,

Les déformations ont commencé par les mains et les poignets, puis les genoux, les coudes et les épaules se sont pris.

En 1904 la malade entre à l'hôpital de la Charité pour emphysème et bronchite. Elle aurait eu à l'hôpital une hémoptysie (un demi-verre de sang).

Durée du séjour : deux mois.

En 1905,de nouveau, séjour à la Charité pour douleurs articulaires.

La malade est à Ivry depuis février 1905. Elle est à l’infirmerie de l’hospice depuisle 21 septembre 1907. Elle a eu à différentes reprises des douleurs subaiguës et c’est progressivement que les articulations se sont déformées. Actuellement elle souffre surtout des genoux. Elle a depuis un mois une poussée de bronchite et un peu de congestion du poumon droit, c’est ce qui l’a amenée à l’infirmerie.

Érar acruez. — Membres supérieurs :

Main qauche.— Pouce gauche deuxième phalange en extension, presque à angle droit sur la première phalange.

Dejettement de la main sur le bord cubital, nodosités au niveau des phalanges des doigts, élargissement et gonflement des articulations métacarpo-phalangienne.

Auriculaire : flexion de la troisième phalange sur la deuxième ankylose de la première phalange avec la deuxième.

Les articulations des autres doigts sont peu ankylosées.

Main droite. — Moins atteinte que la gauche. Pouce droit comme le pouce gauche, déformation moins prononcée.

Auriculaire : ankylose en ligne droite de la deuxième phalange avec la troisième et ankylose en flexion des ces deux phalanges avec la première.

Peu d’ankylose et de déformations des autres doigts.

Coude gauche. — Impossibilité d'extension complète. .

Épaules. — Possibilité de tous les mouvements, mais moins étendus et plus difficiles que normalement. La malade à de la peine à s'habiller toute seule.

Membres inférieurs. — Genoux gonflés et douloureux ; anky-

lose partielle, Impossibilité d'étendre complètement le genou droit,

Pieds. — Peu de chose. Léger déjettement des orteils en dehors.

Appareil circulatoire. — Cœur. — Bruits du cœur sourds, difficiles à entendre (à cause de l’emphysème). :

Appareil pulmonaire. — Poumons. -- En arrière matité à la base du poumon droit, exagération des vibrations thoraciques, quelques râles sous-crépitants à la base.

Râles sibilo-ronflants disséminés dans les deux poumons. Respiration diminuée et expiration prolongée femphysème et bronchite).

Crachats verdâtres, visqueux.

Rien à noter du côté des autres appareils ; le foie ne déborde pas les fausses côtes ; les réflexes rotuliens sont normaux.

Ni sucre, ni albumine dans les urines, La malade urine souvent (3 et 4 fois la nuit).

Nous constatons chez cette malade atteinte de rhumatisme chronique progressif, déformant,des signes d'insuffisance thyroïdienne. C’est ainsi que la malade dit elle-même qu'elle a toujours été très frileuse ; se couvrant beaucoup, surtout la nuit (boule d’eau chaude aux pieds, couvertures nombreuses), elle se serait plutôt privée de manger que de ne pas faire du feu en hiver dans sa chambre. D'autre part, elle a été toute sa vie sujette aux maux de tête et aux névralgies.

L'appéüt capricieux et les digestions toujours difficiles.

Pas de signe du sourcil, Ne perd ses cheveux que depuis

quelques années,

Observation XII (personnelle).

- Recueillie dans le service du D: Souaues.

Rhumatisme chronique déformant et insuffisance thyroïdienne.

Joséphine C..., 68 ans, femme de chambre, entre en 1880 à lhospice d’Ivry (âgée de 40 ans) pour rhumatisme chronique déformant.

Antécédents héréditaires. — Père 0 à 75 ans,non rhumatisant.

Mère morte du choléra à 54 ans, était sujette aux maux de tête.

Huit frères ou sœurs.

Üne sœur morte à 65 ans atteinte de rhumatisme chronique déformant (déformations des mains et des pieds). Cette sœur a eu onze enfants dont six sont actuellement vivants.

Deux autres sœurs mortes l’une à 70 ans, l’autre à 50 ans,ne toussaient pas.

Un frère mort de fluxion de poitrine à 66 ans en huit à neuf jours.

Un autre frère mort à 64 ans d’apoplexie.

Un autre mort à 84 ans.

Un frère vivant 55 ans, bien portant et pas rhumatisant,

Antécédents personnels. — La malade a vécu en Alsace près de Strasbourg jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle a eu la rougeole vers 6 ou 7 ans.

À 12 ans la variole.

À 16 ans elle vient à Paris, se place comme femme de

chambre.

N'a jamais habité de pièces humides.

Jamais toussé.

Jamais de pleurésie.

Célibataire, pas d’enfants.

Réglée à 14 ans, régulièrement réglée, mais règles peu abondantes.

Ménopause à 51 ans.

Les rhumatismes ont commencé à l’âge de 35 ans par des douleurs dans le cou-de-pied droit,puis dans le gauche; ensuite dans les poignets. La crise est subaiguë mais empêche la malade de marcher. La malade se met au lit. Depuis la maladie a progressé avec quelques périodes de rémissions, mais la malade n'a jamais pu se remettre au travail.

A 39 ans, elle entre à l’hôpital Lariboisière et à 40 ans à

l'hospice d'Ivry. Il y a donc vingt ans que la malade ne marche

plus.

Actuellement. — Déformation prononcée des deux mains. Déjettement en masse des deux mains sur le bord cubital.

Gonflement et déformation des articulations métacarpo-phalangiennes.

Extension forcée de deux phalanges sur les premières. -

Ankylose des coudes et des épaules.

Genoux ankylosés en demi-flexion.

Articulations tibio tarsiennes légèrement ankylosées.

Rien au cœur.

Rien aux poumons.

Pouls à 80, régulier et bien frappé.

Rien aux urines, Urine trois à quatre fois la nuit.

Notons chez cette malade qu’elle n’a plus maintenant que quatre dents au maxillaire inférieur. C’est à 50 ans que les dents

ont commencé à s’ébranler et à tomber.

A 40 ans la malade a commencé à perdre ses cheveux.

Absence actuelle de sourcil sur le bord externe (signe du sourcil de Léopold Levi). ù

Depuis qu'elle a commencé ses rhumatismes la malade a souvent des crises de sueurs très abondantes. Ces crises coïncident toujours avec une période d’amélioration des douleurs.

Depuis quatre à cinq ans la malade a beaucoup maigri et c’est seulement depuis quatre à cinq ans que son rhumatisme s’est beaucoup amélioré.

Au début des douleurs la malade était déjà obèse et son obésité s’est accrue en même temps que survenaient les douleurs.

Toute sa vie elle a été très frileuse.

Jamais de maux de tête ni de migraine.

Observation XIII (personnelle).

Rhumatisme chronique déformant, insuffisance thyroïdienne. Guérison avec apparition de syndrome de Basedow.

Adélaïde B..., 54 ans.

Anlécédents héréditaires. — Grand-père paternel, rhumatisant et goutteux, mort à 72 ans. -

Père mort à 78 ans, d’angine de poitrine, non rhumatisant, était asthmatique et avait de l’eczéma.

Mère bien portante, âgée de 74 ans, non rhumatisante.

Une sœur non tuberculeuse, rhumatisante, ayant fréquemment des douleurs articulaires mais sans déformations.

Antécédents personnels. — Rougeole et varicelle dans le bas âge.

Coqueluche à 12 ans.

Fièvre typhoïde à 38 ans.

Réglée à 12 ans. Toujours bien réglée.

Ménopause à 54 ans.

Depuis trois ans moins bien réglée.

Très sujette aux névralgies et aux migraines, surtout au moment des règles.

Malade, a part les névralgies et migraines, a toujours été bien portante, n’a jamais foussé, jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, ni de douleurs rhumatismales jusqu’à l’âge de 51 ans.

Était légèrement obèse et pesait entre 85 et 90 kilogrammes (taille 1 m. 70).

Histoire de la maladie. — C’est à 51 ans que la malade a eu les premières douleurs articulaires.

Mais depuis deux ans déjà elle avait de l’æœdème aux deux jambes, cet œdème était surtout marqué aux chevilles, s’accentuait après les fatigues ; disparaissait parfois en partie mais jamais complètement. Depuis l’œdème des jambes n’a pas cessé.

Disons tout de suite que la malade n’a pas de varices, que l'examen des urines fait à diverses reprises ne permet de retrouver ni sucre ni albumine ; n’a pas de maladie de cœur.

À 51 ans, débutent les premières douleurs dans la main droite après abus de gibier au mois de septembre, puis dans la main gauche et. très rapidement des déformations apparaissent aux mains.

Un an après, à 52 ans, les chevilles deviennent douloureuses et lœdème augmente ; puis le rhumatisme se généralise, les genoux et les hanches se prennent, de nouveau il y a des poussées aux mains et même aux épaules et aux coudes, Au début les douleurs ne durent guère que quelques jours, surviennent surtout lorsque le temps est humide. La malade en tous cas

peut aller et venir et ne change rien dans ses occupations.

En novembre 1906 de nouveau survient une nouvelle crise mais beaucoup plus forte que toutes les crises précédentes, la malade est alors dans un fauteuil sans pouvoir faire aucun mouvement, dans l'impossibilité de marcher et de s'habiller.

Les douleurs articulaires surviennent par poussées, mais les premières sont très douloureuses ; presque toutes les articulations sont prises excepté celles des hanches. \

La malade est mise au régime lacté, puis au régime déchloruré, Elle prend pendant tout le mois‘ de novembre dix gouttes matin et soir de teinture d’iode. Sous l'influence du régimeet du médicament les douleurs s’atténuent un peu.

Examen Le 20 décembre 1906. — Membres supérieurs :

Main droite. — Fortement déviée en masse sur le bord cubital.

Articulations métacarpo-phalangiennes, volumineuses œdématiées.

Rétraction de l’aponévrose palmaire.

Articulations des doigts ankylosées en extension.

Main gauche. — Même état mais beaucoup moins prononcé.

Coude légèrement ankylosé. |

Épaules fortement ankylosées. La malade soulève très difficilement son bras et ne peut mettre sa main derrière sa tête.

Membres inférieurs. — Pieds, cous de-pied, jambes fortement œdématiés, sodet de l'æœdème très net.

Articulations tibio-tarsiennes ankylosées, Impossibilité du moindre mouvement,

Genoux, impossibilité de flexion complète.

Hanches presque indemnes.

Ajoutons que le moindre mouvement soit actif, soit passif,

réveille les douleurs articulaires,

Examen des autres appareils. — Rien à signaler.

Rien au cœur.

Rien aux poumons.

Les crises évoluent avec unelégère élévation de température : 370 5-37° 7,

Urines : ni sucre, ni albumine.

En janvier phase d’accalmie, ankylose persiste toujours, la malade est complètement impotente mais elle souffre beaucoup moins.

En février, mars et avril, les douleurs reprennent de nouveau ; surviennent de nouvelles crises durant cinq, six, huit jours mais la malade ne reste pas huit jours de suite sans souffrir. Chaque crise s’accompagne de tuméfaction des articulations.

Ajoutons que depuis le mois de novembre 1906, la malade a des migraines beaucoup plus fréquentes.

En mars, pendant huit jours, teinture d’iode dix gouttes deux fois par jour. Puis une cuillerée à soupe par Jour de levure de bière fraiche. Régime lacté, puis végétarien.

En avril, des bains de vapeur sont ordonnés, puis des fumigations.

Or, vers le 20 avril, la malade commence à transpirer et va un peu mieux.

Au mois de mai les transpirations deviennent très abondantes, elle se trouve complètement inondée et change de linge deux à trois fois par jour.

Les urines augmentent de quantité :2 litres à 2 1, 500 au lieu de 11, 500 à 1 1. 800.

Les transpirations durent deux mois : mai et juin. En même

temps un amaigrissement rapidesurvient. La malade est pesée le

21 août : 64 kilogrammes (au lieu de 81 kilogrammes, poids qu’elle avait au commencement de 1906).

Le 19 septembre. — 63 kilogrammes.

Le 26 septembre. — 62 kilogrammes.

Bref la malade a maigri de 19 kilogrammes.

En même temps que survenaient les sueurs et l’amaigrissement, apparaissait du temblement généralisé à tout le corps mais surtout marqué aux membres supérieurs et dans les mouvements volontaires. Les yeux devenaient saillants ; le regard prenait un aspect étrange qui faisait craindre à l’entourage que la malade ne devint folle, d'autant que cette dernière devenait très irritable, nerveuse à l’extrême,éclatait en sanglots sans raison, pour une porte fermée un peu bruyamment, une assiette cassée. Les nuits elle ne dormait plus.

Les douleurs articulaires ont commencé à disparaître vers le 20 avril, l’œdème des jambes diminuait lui aussi.

Au mois de juillet la malade n’a pas d’œdème, plus de douleurs et l'ankylose commence à régresser, Les mouvements deviennent possibles. Elle peut faire quelques pas dans la chambre soutenue par un aide. Cette ankylose dans le courant des mois d’août et de septembre continue à régresser encore, Au mois d’octobre,la malade marche facilement seule et sans aide,monte et descend les escaliers sans aucune gêne. Seules de légères déformations persistent à la main droite.

10 novembre. — Le syndrome de Basedow existe toujours mais atténué. Les yeux ne sont plus saillants.

Le tremblement est très léger.

Le pouls est régulier, à 130.

La malade se plaint toujours de son nervosisme et de son

insomnie, Elle fait remarquer qu’elle, qui était frileuse autrefois

a maintenant toujours chaud ct ne se couvre que par prudence. ” Traitement : salicylate de soude : 2 grammes par jour.

Le 21 novembre. — Amélioration des symptômes nerveux, pouls à 120.

Malade a un très gros appétit et mange toute la journée, elle fait cinq à six repas par Jour.

25 novembre. — Analyse des urines.

Rapports d'échange :

Rapport de l’urée aux matières solides : Rapport à la normale, 0,70. Urine normale, 0,500. Urine examinée, 0,351.

Rapport des matières minérales aux matières solides (coefficient de déminéralisation) : Rapport à la normale, 1,47. Urine normale, 0,300. Urine examinée, 0,443.

Rapport azoturique (azote de l’urée à azote total) coefficient d'oxydation azotée : Rapport à la normale, 0,74. Urine normale, 0,850. Urine examinée, 0,636. ;

Rapport de lacide urique à l’urée : Rapport à la normale, 2,16. Urine normale, 0,250, Urine examinée, 0,054.

Rapport de l'acide phosphorique à l’urée : Rapport à la normale, 1,26. Urine normale, 0,120. Urine examinée, 0,126.

Rapport de l'acide phosphorique à l'azote total : Rapport à la normale, 0,96. Urine normale 0,180, Urine examinée 0,173.

Rapport du chlorure de sodium à l’urée : Rapport à la normale, 2,35. Urine normale, 0,400. Urine examinée, 0,940.

OBSERVATIONS, — Comme élément anormal des traces d'albumine sans éléments du rein dans le sédiment.

L'urée est éliminée en très faible quantité par vingt quatre heures, Parmi les rapports d'échange remarquons l'excès d’acide urique par rapport à l'urée, et la faiblesse du rapport azoturi-

que. L’élimination chlorurée doit moins fixer l'attention,

— di — Caractères généraux. — Volume de l'émission de vingtquatre : 1.500 centimètres cubes.

Aspect : trouble. i Dépôt : floconneux.

Couleur de l’urine filtrée : jaune ambrée.

Odeur : sut genertis.

Densité à + 15° centigrades : 1.017.

Examen chimique. — Résidu solide total (extrait sec) par litre : 29,10, par 24 heures : 43,65. | Matières organiques par litre : 16,20, par 24 heures : 24,30. Matières minérales (cendres) par litre : 12,90, par 24 heures, 19,35.

Azote total par litre : 7,50, par 24 heures : 11,25. Urée par litre : 10,24, par 24 heures : 15,36. Azote de l’urée par litre : 4,77, par 24 heures : 7,15. Acide urique par litre : 0,56, par 24 heures : 0,84. Chlore total ou chlorure de sodium par litre : 9,63, par 24 heures : 14,44. :

Acide phosphorique total par litre : 1,30, par 24 heures : 1,95 \lbumine totale : traces infinitésimales.

Peptones et protéoses : pas.

Glucose : pas.

Acides biliaires : pas.

Pigments biliaires : pas.

Urobiline : très peu.

Examen microscopique. — 1° Cellules épithéliales pavimenteuses de la vessie.

2° Leucocytes peu nombreux.

30 Cristaux d’oxalate de chaux.

Pas d'éléments du rein.

Décembre 1907. — L'état reste stationnaire.

La malade sort, se promène, mais elle ne fait que de courtes sorties, elle se fatigue encore rapidement.

Elle éprouve toujours quelques difficultés à se lever.

13 janvier 1908. — Plus de tremblement des mains.

Pouls toujours à 100.

Nervosisme a beaucoup diminué. Plus d'insomnie. Toujours boulimie et sensation anormale de chaleur.

La malade a engraissé de 3 kilogrammes depuis le mois d’oc tobre.

Observation XIV (personnelle).

Rhumatisme chronique et insuffisance thyroïdienne.

C..., André, 76 ans, journalier, entre le 10 août 1905 à Bicétre, pour rhumatisme déformant.

Antécédents héréditaires. — Mère asthmatique, morte à 74 ans.

Père mort à 79 ans.

Huit frères. :

Quatre sœurs.

Une sœur vivante, 66 ans.

Trois frères morts d’accidents.

Une sœur morte d’apoplexie à 60 ans.

Anlécédents personnels. — Ni blennorrhagie, ni syphilis.

A 30 ans, douleurs dans les reins pendant trois mois.

A 33 ans, migraines commencent à apparaître; n’a jamais eu de bronchite ni de pleurésie, Pendant vingt ans a été employé dans un atelier humide.

C’est, il y a douze ans queles douleurs rhumatismales ont com-

mencé (à 64 ans), mais le malade avait déjà des déformations des doigts. | Actuellement. — Membres supérieurs : nodosités d'Héberden très prononcées, surtout au niveau des articulations des premières phalanges avec les deuxièmes, Un peu de gonflement des articulations métacarpo-phalanglennes.

Colonne vertébrale : ankylose de la colonne vertébrale au niveau des vertèbres lombaires. ?

Marche pénible, malade courbé.

Rien aux poumons, au cœur.

Réflexes rotuliens normaux.

Pas d’Argyll.

. Chez ce malade nous trouvons quelques signes d’insuffisance thyroïdienne, une calvitie précoce à 90 ans, de la frilosité et enfin de l’obésité.

Il y a dix ans le malade pesait 100 kilogrammes, Depuis un an le malade a beaucoup maigri, et cet amaigrisse-

ment a coïncidé avec un arrêt dans l’évolution du rhumatisme.

Observation XV (due à l’obligeance du Dr Capmas, médecin major (résumée).

Rhumatisme chronique déformant. Guérison par le {traitement opothérapique longtemps prolongé.

Femme de 50 ans, sans antécédents héréditaires, aurait en de vagues atteintes de rhumatisme articulaire peu franc, qui n’auraient jamais nécessité le séjour au lit.

Quatre enfants bien portants.

Cessations des règles à 48 ans, apparition progressive d’un

Menara ë

embonpoint notable, et d'un rhumatisme déformant localisé aux articulations des deux mains et du pied droit, qui a déterminé au bout de deux ans une impotence presque absolue des membres intéressés.

Administrationde 20 centigrammes par jour d’extrait thyroïdien

qui, dans l’espace de six mois a déterminé une amélioration des

plus notables ; diminution de l'embonpoint et des troubles fonctionnels des articulations intéressés.

Quelques troubles nerveux présentés auparavant par la malade (migraines, nervosisme excessif), se sont trouvés notablement améliorés par le traitement thyroïdien.

La malade continue la médication thyroïdienne vingt jours par mois sans accidents de thyroïdisme et le rhumatisme se

trouve ainsi enrayé dans son évolution.

Observation XVI (personnelle),

Rhumatisme chronique et insuffisance thyrotdienne.

B..., Jean, 73 ans, charbonnier, entre le 30 octobre 1901 à Bi cêtre, ?

Antécédents héréditaires. — Père mort à 94 ans. Mère morte à 40 ans du choléra. Deux frères vivants et bien portants.

Anlécédents personnels, — Jamais de maladie générale.

Sujet aux rhumes les hivers (jamais d’hémoptysies).

Perd ses cheveux à 30 ans.

Obésité, 94 kilogrammes.

Rhumatisme remonte à 15 ans, entre à Lariboisière.

Début du rhumatisme par le genou gauche, puis genou droit, Progressivement ankylose des deux genoux, et entrée à Bicêtre le 30 octobre 1901,

3 € +3 “sig

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