‹ Origine Thyroïdienne Du Rhumatisme Chronique Progressif Et DéformantChapitre 6 sur 27 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du rhumatisme chronique progressif et déformant.Formes cliniques. Historique des explications pathogéni-

ques.

Pendant longtemps le mot rhumatisme a été appliqué aux affections les plus diverses pourvu qu'elles fussent fluxionnaires ou douloureuses. Ce n’est qu’au xvir siècle que Baillou, le premier, détourna le mot rhumatisme de son acception primitive pour l’appliquer à l’ensemble symptomatique que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de rhumatisme articulaire aigu.

Sydenham, un peu plus tard donne, dans son Traité de la podagre, une description restée classique de la goutte.

Illa sépare nettement du rhumatisme articulaire aigu et même du rhumatisme chronique. « Quand le rhumatisme n’est pas accompagné de fièvre, dit-il, il passe souvent sous le nom de goutte, quoiqu'il en diffère essentiellement comme le savent très bien ceux qui con-

naissent à fond ces deux maladies. »

Bien que Baillou et Sydenham aient donné une description claire, le premier du rhumatisme articulaire aigu, le second de la goutte, la question reste cependant encore fort obscure pour les auteurs. C’est ainsi que Chomel (1813) borne exclusivement le domaine de cette affection aux systèmes musculaires et fibreux. Il exclut catégoriquement du rhumatisme l’inflammation des membranes synoviales, le rhumatisme n’existant pour lui qu’au niveau de l'articulation. <« Lors même, dit-il(1), que dans certains cas, le rhumatisme se serait montré d’une manière indubitable avant ou pendant l’affection des synoviales, je persisterai à voir, entre ces deux maladies, la même différence qu'entre une pleurodynie et une pleurésie,entre un rhumatisme quelconque et l’inflammation d’un viscère qui peuvent se présenter isolément, et succéder ou coexister dans le même malade, sans qu'il soit permis de les confondre. »

Bouillaud met un peu de clarté dans la question. Il isole le rhumatisme articulaire aigu comme une entité à la fois anatomique et clinique à localisations multiples articulaires et ab-articulaires. Mais ilne préjuge rien de la nature étiologique de cet ensemble morbide. Il admet l'existence des pseudo-rhumatismes mais sans préciser les affections causales. Ce n’est que plus tard que le rhumatisme de la blennorrhagie,puis ceux de la scarlatine, de la diphtérie, des oreillons, etc., commen-

cent à être connus. Finalement on en arrive à cette

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