‹ Origine Thyroïdienne Du Rhumatisme Chronique Progressif Et DéformantChapitre 7 sur 27 · Come. Essai sur le rhumalisme, 1813, cité par Besnier · texte numérisé non relu

Come. Essai sur le rhumalisme, 1813, cité par Besnier

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notion qu’à côté du rhumatisme articulaire aigu france, décrit par Bouillaud et qui garde toute son unité, affection considérée maintenant par presque tous les auteurs comme une maladie microbienne, bien que son microbe n’ait pas été encore découvert, ilexiste un grand nombre d’autres rhumatismes classés sous le nom de pseudorhumatismes et qui sont dus à une grande variété d'infections. Presque toutes les maladies infectieuses peuvent avoir des manifestations articulaires et donner lieu à un syndrome rhumatismal.

Si, pour le rhumatisme aigu, la question se mettait au point, il n’en était pas ainsi pour le rhumatisme chronique et c’est seulement dans ces dernières années, que grâce aux travaux de Charcot, Besnier, Lancereaux, le rhumatisme chronique commence à être mieux connu.

La maladie décrite sous le nom de rhumatisme

chronique peut être la &}"*" "ence, le reliquat d’une

ou de plusieurs attaques dé" rnumatisme articulaire aigu.

Il est possible que dans certains cas cette dernière affection, surtout lorsque les attaques se sont rapidement succédées, laisse après elle des lésions articulaires ou péri-articulaires. Parfois c’est à la suite d'une maladie infectieuse autre que le rhumatisme articulaire aigu qu’apparaît le rhumatisme chronique. Toutes les infections,de même qu’elles donnent lieu à des manifestations rhumatismales aiguës peuvent, à la suite de celles-ci, donner du rhumatisme chronique. Parmi ces infections signalons comme de beaucoup les plus fréquentes : la

blennorrhagie et la tuberculose.

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Il existe une autre forme de rhumatisme chronique classée aujourd'hui dans les maladies de la nutrition à côté de la goutte dont on l’a séparée à juste titre, mais dont il reste pourtant proche parent: c'est le rhumatisme chronique progressif déformant, désigné encore sous le nom de rhumatisme noueux, rhumatisme osseux de Besnier, rhumatisme chronique partiel.

Cette affection n’a aucun rapport évident avec les nfections communes.

C’est une maladie de tous les âges pouvant se voir dans l’enfance mais beaucoup plus fréquente de 40 à 60 ans. Elle frappe toutes les classes de la société et atteint surtout la femme. Parmi ses causes prédisposantes il faut placer en première ligne le froid humide.

Symptomatologie. — Au point de vue clinique, le rhumatisme déformant ççr;xend différentes formes : forme poly-articulaire; forme mono ou aligo-articulaire. | FORME POLY-ARTICULAIRE. — Plus fréquente chez l’adulte, elle débute symétriquement par les articulations des membres supérieurs et se localise d'emblée dans les petites articulations métacarpo-phalangiennes et les articulations des phalanges entre elles. Son évolution est lente, torpide, avec des poussées subaiguës.

A chaque poussée il y a tuméfaction de l’articulation peu à peu la déformation apparaît.

Le rhumatisme gagne progressivement de nouvelles

articulations, les coudes, les épaules, les orteils, les

ff Et cou-de-pieds, les genoux plus rarement les hanches.

Les déformations à la période d'état sont devenues permanentes.

Nous les étudierons d’abord aux extrémités supérieures.

Charcot les ramène à deux types principaux qu'il décrit ainsi :

Le premier type ou type de flexion est caractérisé :

1° Par la flexion à angle obtus, droit ou même aigu de la phalangette sur la phalangine ;

2° Par l'extension de la phalangine sur la phalange ;

3° Par la flexion de la phalange sur la tête des métacarpiens ;

4° Par la flexion à angle obtus des métacarpiens et du carpe sur les os de l’avant-bras.

Il y a en outre une inclinaison en masse des phalanges vers le bord cubital de la main et une déviation inverse des phalangines vers les phalanges.

Le deuxième type ou type d'extension est constitué :

1° Par l’extension de la phalangette sur la phalangine ;

2° Par le flexion des phalangines sur les phalanges ;

3° Par l'extension des phalanges sur la tête des métacarpiens ;

k° Par la flexion du carpe sur les os de l’avant-bras.

Il y a de même une déviation en masse des phalanges sur le bord cubital de la main.

Enfin Vidal, Besnier puis Juhel-Renoy ont décrit un

troisième type ou linéaire caractérisé :

TU 1° Par la rigidité des doigts ; les trois phalanges sont sur le même axe, immobiles, les unes sur les autres; 2° Par la demi-flexion de la phalange sur les métacarpiens ;

3° Par la déviation en masse des phalanges sur le bord cubital.

Telles sont les principales déformations des mains dans le rhumatisme chronique. Ce tableau bien entendu est schématique; les types peuvent se confondre et l’on peut ainsi voir des variétés cliniques très nombreuses.

Les coudes sont généralement immobilisés en flexion ; l’épaule est immobilisée et maintient le bras appuyé contre le thorax.

Au membre inférieur on constate les déformations suivantes : au pied le gros orteil est porté en haut et en dehors et vient recouvrir les autres doigts du pied : le pied tout entier est porté dans l’abduction et donne un varus équin ou dans l’abduction et simule un valgus.

L’articulation tibio-tarsienne s’ankylose le plus souvent ainsi que celle du genou,il y a flexion de la jambe sur la cuisse et flexion de la cuisse sur le bassin.

Les autres articulations, celles de la colonne vertébrale, de la clavicule peuvent être prises elles aussi.

Le rhumatisme chronique évolue très lentement, dix ans, quinze ans et plus. Le malade meurt souvent d’une maladie intercurrente, parfois de la tuberculose ; dans d’autres cas il meurt d'affection rénale ou de cachexie.

Le rhumatisme chronique s'accompagne souvent de troubles trophiques. C'est ainsi qu’il est constant d’ob-

server l’atrophie des masses musculaires souvent mas-

quées d’ailleurs par le développement du pannicule adipeux. La peau est le siège de troubles divers. Souvent elle est luisante, amincie dans d’autres cas, elle est le siège d’une desquamation pityriasique ou de taches pigmentaires.

FORME MONO OU OLIGO-ARTICULAIRE. RHUMATISME CHRONIQUE PARTIEL. — Nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de décrire comme une maladie distincte le rhumatisme chronique partiel.

Dans certains cas, il est vrai, on voit le rhumatisme rester partiel et chronique d'emblée, mais tel n’est pas toujours le cas et souvent aussi le rhumatisme est d’abord partiel et se généralise ensuite. Il n’y a ici, croyonsnous, que des modalités différentes d’uneseule affection.

Lerhumatisme partiel a reçu un grand nombre de dénominations diverses. Siège-t-il à la hanche on l’appelle morbus coxæ senilis ; occupe-t-il une autre région c’est, dit-on, l’arthrite sèche, l’arthrite sénile.

RHuMATISME D'HEBERDEN.— Il est caractérisé par des nodosités arrondies, développées des deux côtés de la base de la dernière phalange des doigts, vers la face dorsale, nodosités parfois douloureuses dans certaines phases de leur développement et au niveau desquelles Ia peau peut rougir, mais qui deviennent toujours définitivement indolentes et ne compromettent jamais le fonctionnement de l’articulation..

En général, l’extrémité digitale est un peu déviée soit à droite, soit à gauche et en outre un peu élargie. Le début de cette affection est très obscur, cependant il y

a par accès de la rougeur, de la chaleur et une tumé-

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faction temporaire des parties molles. Ce sont là de véritables accès que les malades regardent parfois comme des attaques de goutte. Les autres jointures de la main sont en général affectées mais à un bien moindre degré. Ce sont les articulations des phalanges avec les phalangines et en seconde ligne les articulations métacarpophalangiennes quiprésentent, en pareil cas, des lésions plus ou moins accentuées.

RHUMATISME CHRONIQUE PARTIEL A FORME DE SPON- DYLOSE RHIZOMÉLIQUE. — Ce qui caractérise cette forme décrite surtout par Marie, c’est la soudure de tout ou presque tout le rachis coexistant avec l’ankylose des deux articulations coxo-fémorales. Ce type clinique ne mérite pas d’être différencié des autres formes de rhumatisme chronique. Il coexiste avec d’autres arthrites, c'est ainsi que les genoux sontrarement indemnes, que les articulations sterno-claviculaire, temporo-maxillaire, celles des doigts et des orteils se trouventsouventatteintes.

Étiologie et Pathogénie. — Telles sont rapidement décrites les diverses formes cliniques du rhumatisme chronique déformant. Quelle en est la pathogénie? Le froid humide était autrefois invoqué par les auteurs comme £ause du rhumatisme chronique. Il n’est sans doute pas sans influence dans la genèse de cette maladie mais celte influence n’est pas la cause efficiente attendu qu’un grand nombre de personnes atteintes de rhumatisme chronique ne l’ont jamais éprouvée. Toutefois il n’y a paslieu de lui refuser le rôle de cause occasionnelle. La misère par contre paraîtrait sans influence sur le rhu-

matisme chronique, si on considère que cette affection

ELA 5 n’est pas moins fréquente chez les personnes riches que chez les gens pauvres.

La ressemblance des déformations produites par le rhumatisme chronique avec celles consécutives aux affections des centres nerveux a fait penser qu’on pourrait le faire rentrer dans le cadre des affections névrotrophiques. Mème évolution des deux côtés, au début douleurs de névrite périphérique sans localisation articulaire ; puis, marche semblable des lésions toujours symétriques frappant les membres au même point des deux côtés à la fois; fréquence des troubles trophiques, sclérodermie, atrophie musculaire. D'ailleurs les déformations dans le rhumatisme chronique et dans celles d’o. rigine nerveuse,tabes par exemple, se ressemblent à tel point qu’il est impossible parfois, si l’on ne se base sur d’autres caractères et sur les signes propres à chaque affection, de les différencier l’une de l’autre. Ajoutons qu’on a constaté dans certaines autopsies de rhumatisants chroniques l'existence de plaques méningitiques spinales diffuses.

Tessier et Roque en ont publié plusieurs observations.

Touche (1) à l’autopsie d'un rhumatisme chronique ankylosant a trouvé une plaque de pachyméningite cervicale ; la dure-mère dans cette région était quadruplée d'épaisseur au niveau des cordons postérieurs.

Léri, signale aussi dans une autopsie des lésions de

mème nature, La théorie est séduisante mais explique-

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