‹ Origines de l'institution des intendants des provincesChapitre 26 sur 45 · Ai-t. 81 du C. Michaud. Isambert (XVi, p · texte numérisé non relu

Ai-t. 81 du C. Michaud. Isambert (XVi, p

Ainsi 1(3 gouvernement répondait à l'opposition actuelle des parlements. Ainsi leur opposition future était prévenue ; et Richelieu, par un tour de procureur, se munissait d'arguments et de textes qu'il pourrait, à l'heure dite, rétorquer contre les arguments et les textes invoqués par les juristes et par les magistrats.

Je résume l'impression que laisse l'étude de la première période du ministère de Richelieu au point de vue de l'institution des intendants. Jusqu'à l'année 1631, rien de nouveau n'a été fait. Ils sont ce qu'ils étaient. Tout au plus peut-on dire que les documents qui constatent leur existence sont plus nombreux. C'est surtout dans les armées qu'ils apparaissent. Leurs fonctions se développent dans le sens des besoins nouveaux du gouvernement. La permanence relative avec laquelle ils sont établis dans certaines provinces excite l'inquiétude des magistratures locales. La résistance des parlements à son tour irrite le ministre. Son attention se tourne de ce côté. Il va plus que jamais avoir besoin des intendants et c'est le moment que l'on choisit pour les combattre. Il ne faut pas penser que le ministre recule. La lutte est ouverte.

LA DATE DE 1631. — LA PENSÉE DE RICHELIEU SUR LA QUESTION DES INTENDANTS.

Nous sommes arrivés à cette date de 1631 que j'ai assignée moi-même comme étant l'époque d'une phase importante dans l'histoire des intendants. Je devrais suspendre ici cette étude des Origines. Cependant je crois devoir indiquer les raisons qui m'ont déterminé à considérer cette date comme décisive. Je voudrais aussi, avant de terminer, essayer d'établir quelle était, sur la question des intendants, la véritable pensée de Richelieu. Ce sont là deux points qui ne sont pas en dehors de mon sujet actuel. Et puis cette partie d'un travail (qui n'est d'ailleurs qu'une esquisse) servira de pierre d'attente pour une continuation qui viendra peut-être en son temps.

Tous les écrivains qui se sont occupés des intendants sont d'accord sur ce point, qu'entre 1630 et 1637 se place une époque climatêrique de leur histoire. Les uns ont cru y trouver l'origine même de l'institution ; d'autres, mieux renseignés, ont observé une simple transformation. Môme, entre ceuxci, le désaccord est grand. Quelle importance faut-il

donner à la transformation? A quelle année exacte faut-il la fixer? Tous diffèrent. Nous ne voyons s'accorder entre eux que ceux qui épousent, sans les contrôler, les opinions de leurs devanciers.

Que dis-je? les renseignements contemporains eux-mêmes semblent contradictoires. Les avis des commentateurs de l'ancien régime sont aussi divers que ceux des historiens de nos jours. Sans compter les écrivains dont nous avons cru devoir suivre la trace — qui font remonter l'existence des intendants à une époque beaucoup plus reculée ', nous en voyons qui fixent leur origine à l'année 1627 ". Richelieu, dans ses Mémoires, fait pour la première fois allusion aux intendants, à l'occasion de l'année 1632 ^ Omer Talon, qui parlait en 1648, rap-

1 . On peut citer ici ce passage de l'article Intendants dans l'Encyclopédie : « Ce fut Henri II qui établit les Intendans de Province sous le titre de commissaires départis pour l'exécution des ordres du roi. En 1635, Louis XIII leur donna le titre du militaire, justice, police et finances. » Ed. Neuchàtel (t. VIII, p. 808).

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