V. iD., ibid
4. V. Sapey, Essai sur la vie et les ouvrarjcs de Guillaume Duvair. Paris, 1847, in-8o, p. 19, et notes, p. 142. licite ce passage d'une harangue de Scrvin à propos de Duvair : « Il avoit suffisamment, et avec toute sorte d'intégrité, exercé une commission d'intendant général en la justice de Marseille, eu tcmi)s fort dangereux, à la fin des troubles..., etc. »
ùi LES PUEMIEaS INTENDANTS DE JUSTICE
élections municipales \ Nous trouvons ici encore un trait bien cui'ieux de l'histoire des premiers intendants. Leur établissement dans les provinces fut, en réalité, le signal de la décadence décisive des libertés communales \ Duvair resta en
1 . Plusieurs discours relatifs à cette mission ont été publiés dans les Œuvres du sieur Duvair, garde des sceaux de France. Edition de Rouen, 1619, in-8o. V. la remonstrance faite en la maison de ville de Marseille, p. 101 : <.< [Le roy] m'a commendé d'estre présent en toutes vos eslections, pour moyenner que ceux qui doivent entrer aux charges soient tels qu'ils puissent nourrir la paix et la concorde parmi vous... et m'a donné très expresse charge, puissance et authorité d'empescher qu'il ne se fist rien de contraire, » etc. — V. encore les discours prononcés à l'ouverture de la Chambre de justice de Marseille en 1596 et 1597, puis « à la fermeture d'icelle », p. 200 et sq.
2. Le point que je ne fais qu'indiquer ici en passant pourrait être l'objet d'une étude intéressante. Les franchises municipales gardèrent toute leur vie et toute leur force jusqu'au lendemain de la Ligue. Mais le rôle qu'elles avaient joué dans ces derniers événements fut la cause de leur perte. Henri IV fut leur véritable destructeur. Un apologiste de ce roi, M. Mercier de la Combe, a dit qu'il n'avait pas touché aux libertés municipales. La vérité est qu'il essaya, par tous les moyens, de les détruire. Cette conduite d'ailleurs s'alliait à la tendance éminemment centralisatrice de sa politique, — politique dont les intendants de justice furent partout les instruments.
On a remarqué déjà les difficultés qu'avait faites le corps de ville d'Angers à la réception de M. de la Proustière. Je viens de citer les propres paroles de Duvair. Plus tard je signalerai (et je donnerai en appendice) le récit des actes du commissaire Le Camus de Jambeville à Limoges. Sa mission a pour objet la suppression de l'élection libre des échevins. Enfin, on peut voir dans le curieux ouvrage de M. Ouvré [Essai sur l'histoire de Poiliers, depuis la fin de la Ligue..., p. 30 et sq.) l'exposé des intentions de Henri IV à l'égard des franchises municipales de cette ville
charge pendant tout le cours de l'année 1597, et il ne quitta la ville que quand l'ordre et l'exercice de la justice y furent définitivement restaurés.
En 1596 encore, Louis Lefèvre de Gaumartin, qui avait été intendant de justice en l'armée de Poitou dès 1588 ', et qui avait été chargé depuis de missions importantes dans diverses provinces, était « intendant de justice en Picardie ». Il se trouva dans Amiens lorsque cette ville fut surprise par les Espagnols. Il paraît que lui aussi dut leur payer rançon ".
En tous cas, il ne resta pas longtemps entre leurs mains \ car, dès le 26 mars 1597, il remplissait ses fonctions d'intendant dans Abbeville. Henri IV lui écrivait de faire publier en Picardie une ordonnance rendue « à l'effet d'empêcher les communications des sujets du roi avec la ville d'Amiens ». Ses attributions embrassaient à la fois la justice, les munitions et les vivres. Il resta probablement dans la province jusqu'au traité de Vervins (2 mai 1598) \
En 1598, Marion, trésorier des finances, était
1. V. Chassebras (t. I, {" 85). — Une letti-e de Henri IV lui est adressée sous ce titre d'intendant de justice de Picardie. V. Lettres missives (26 mars 1597, IX, p. 661).