‹ Origines de l'institution des intendants des provincesChapitre 8 sur 45 · SECONDE PARTIE DU RÈG^E DE HENRI IV. LES COMMISSAIRES DES TAILLES · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE DU RÈG^E DE HENRI IV. LES COMMISSAIRES DES TAILLES

Cependant nous approchons insensiblement des temps nouveaux. La tempête s'apaise ; le calme renaît; l'horizon s'éclaircit... « redeunt Saturnia régna». — C'est le temps où le bourgeois des villes, après avoir vaillamment combattu pour la bonne cause et s'être tenu, pendant des années, renfermé derrière ses murailles, peut enfin déboucler le corselet de fer, mettre l'arquebuse dans un coin, ouvrir les portes toutes grandes, et s'en aller, comme plus tard M. Orgon, revoir sa maison des champs. N'y a-t-il pas un fond de joie et d'espérance parmi les larmes que verse Jehan Vaultier de Senlis :

« Les troubles finis et après que la paix fut publiée, les habitants alloienl hors de la ville, pour reconnoître leurs héritages; mais quoi! ils ne voyoient que des ruines telles qu'ils ne pouvoient rien reconnoître, étants les laboureurs, femmes, enfants, serviteurs et servantes décédés, ni demeuré personne des lieux et villages qui leur pût

enseigner quelques pièces ; ayant été dix ans sans sortir de la ville ; étants les terres, demeurées en savarts et pleines d'herbes si hautes qu'on les eut plutôt prises pour bois taillis que autrement. Et si d'avanture, les propriétaires se remettoient dans ((uelques pièces, il en venoit d'autres qui les en expulsoient, par faute de titres, adirés, pourris ou brûlés; et de prouver la jouissance d'iceux, ils perdoient tout; et ceux qui avoient la meilleure bourse, avoient le meilleur droit '. »

En 1594, le roi rentre dans Paris. Quelques provinces attardées se hâtent de suivre l'exemple de la capitale. Le duc de Mayenne, plus attardé encore, fait sa paix avec le roi, en 1596. « Il l'eût faite plus avantageuse pour lui, s'il l'eût faite plus tôt '. » Il n'y a plus de guerre désormais qu'avec l'Espagne. L'Espagnol lui-même commence à désirer la paix. Le roi de Navarre peut maintenant faire le roi de France.

Mais tout n'était pas fini. La discorde chassée du cœur des peuples, il fallait rétablir l'honnêteté dans les mœurs et l'ordre dans l'administration. Pour cette œuvre nouvelle, où le roi trouvait désormais comme alliées, les magistratures ordinaires réorganisées, il n'était plus besoin de cette manière de

1. V. Histoire et discours d'une partie des choses faites et passées en ce royaulme qui ont eu cours depuis le 13 mai 1588 jusqu'au 16 juin 1598, par Jehan Vaultier, de Sentis. Dans Monuments inédils de l'histoire de France, [>, p. Adhelm Bernier. Paris, Sentis, 1835, in-S», p. 304.

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