‹ Origines de l'institution des intendants des provincesChapitre 9 sur 45 · Présid. Hénault, Abrogé chronoL, a · texte numérisé non relu

Présid. Hénault, Abrogé chronoL, a

proconsuls qui avaient joué un rôle si important dans la première partie du règne de Henri I Y '. L'institution des intendants n'était point assez entrée dans les mœurs pour qu'elle subsistât d'une manière générale, alors même que l'occasion des services qu'elle pouvait rendre était passée.

Sans qu'on puisse dire non plus qu'elle disparaisse complètement, les documents qui attestent son existence deviennent de nouveau plus rares, à partir de Fan 1598; il y a un temps d'arrêt dans son développement. Seuls les commissaires subsistent et leurs attributions sont différentes de celles des intendants. En effet, il ne s'agissait plus désormais d'alimenter des armées dans les provinces et de réprimer les excès des gens de guerre. Les ordonnances sévères rendues par Henri IV sur la discipline des troupes (Edit du 8 mars 1591 ; Ordonnances de 1597 et 1598), et la rigueur avec laquelle les intendants de justice avaient tenu la main à ce qu'elles fussent exécutées, permettaient au roi de détourner son attention vers des réformes maintenant plus instantes. La plus grande partie du nouveau labeur auquel Henri IV se consacra, avec

1. Voici les paroles pronoucéos par Duvair lors de la clôture de la chambre de justice de Marseille : « Tant que la fièvre dos mouvemeas civils a exercé cette ville, ou que l'impression do chaleur qu'elle y avait laissée l'a menacée de quelque danger, la justice souveraine, souveraine médecine des peuples, ij^uittant sou siège et domicile, est venue vers vous... maintenant que vous avez repris force et vigueur, vous pouvez bien, à l'exemple de ceux qui sont revenus en convalescence, aller jus'pie-; à la ninisou du médecin quérir son conseil et secours. »

Taicle de Sully, fut le rétablissement de l'ordre dans les finances. Là aussi le mal était invétéré. Pour l'extirper, il fallait se servir de remèdes césariens. C'est dans cette partie de l'administration que nous allons voir à l'œuvre les comt/nssaires royaux.

A peine entré dans le conseil, Sully se fait donner à lui-même une commission pour aller dans quelques généralités voisines surveiller le rendement réel des impôts, « avec un particulier pouvoir de suspendre les fonctions des officiers des finances de dessus les lieux, et d'y en commettre au lieu d'iceux tel que bon lui sembleroit *. »

A la barbe des intendants des finances (qui n'ont rien do commun avec nos intendants de justice), on distribue des commissions du même genre à M. de Gaumartin, à M. de Bizouse et à deux maîtres des requêtes <( du nom desquels, dit Sully, il ne nous souvient pas " ».

Ces commissaires, « apureurs de compte » et « régaleurs de taille )>, apparaissent d'ailleurs de toutes parts à cette époque. M. de Maupeou est envoyé en Bretagne, M. de Ghampigny « ès-généralités de Tours et d'Orléans », le sieur d'Alloneau, conseiller à la cour des aides, et le sieur Goesnard, auditeur des comptes, en Poitou ; le sieur de Bizouse en Guyenne "; Gaumartin en Lyonnais, Berry et

1. Sully, Œronomies roii(tl('f! (éd. 1725, in-12, III, pp. 98- 100).

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