‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 107 sur 133 · Pline, Histoire naturelle, liv. VIII, ch · texte numérisé non relu

Pline, Histoire naturelle, liv. VIII, ch

3. PiERRET, Dictionnaire d'archéologie égyptienne^ 1875, article Laine,

Celte défaveur de la laine au point de vue sacerdotal et religieux est toute naturelle. Le mouton n'existait pas sous les premières dynasties. Les prêtres^ dès lors, comme tous les autres Egyptiens du reste, étaient exclusivement vêtus de lin. Ces étofies, naturellement et forcément, sont devenues rituelles. L'on sait combien sont fermes et persistants les rites religieux. C'est pour cela que l'emploi du lin dans le costume des prêtres et dans l'embaumement des morts s'est maintenu avec honneur même après l'introduction des étofies de laine.

Hérodote, dans le y-^ siècle avant notre ère, confirme le fait. € Les Egyptiens, écrivait-il, portent pour vêtements des tuniques de lin dont les franges tombent à l'entour des jambes. Par-dessus cette tunique ils jettent un manteau de laine blanche, mais ils n'entrent point dans les temples avec ce manteau et ne se font point enterrer dedans. Ce dernier usage se retrouve dans les mystères orphiques ou bacchiques, qui sont les mêmes que ceux des Egyptiens et des pythagoriciens, où il est défendu d'ensevelir les initiés dans un linceul de laine. >

Ayant dépouillé avec Broca et d'autres membres de la Société d'anthropologie de Paris, pendant l'Exposition universelle de 4869, diverses momies apportées par Mariette, nous avons constaté que toutes les momies anciennes n'étaient enveloppées qu'avec des étoffes de lin. Les étoffes de laine ne se sont montrées que dans les momies des bas temps, de l'occupation romaine.

Les Juifs, qui n'ont organisé leur culte qu'après leur retour d'Egypte, se sont approprié le rite des vêtements de lin.

Nous lisons dans le Lévitique, leur véritable rituel, que pour entrer dans le sanctuaire, Aaron, c'est-à-dire le grandprêtre, € se revêtira de la tunique de lin; il couvrira ce qui doit être couvert avec un vêtement de lin; il se ceindra d'une

ceinture de lin; il mettra sur sa tête une tiare de lin : car ces vêtements sont saints^. » Dans tout ce livre il n'est question, à propos des prêtres, que de vêlements de lin.

Pourtant, confinant à la Judée, il y avait la Phénicie dont les étoffes de laine teintes en pourpre jouissaient d'une immense renommée. Renommée tellement grande que le manteau de pourpre est devenu l'emblème du pouvoir et de la royauté. Parmi les fabriques d'étoffes de laine, Virgile cite entre les plus renommées celles de Milet, ville d'Ionie, sur les côtes de l'Asie Mineure.

Les moulons dans l'antiquité étaient tondus avec des ciseaux à ressort que les Romains appelaient forfex. Nous en représentons un provenant de la station de La Tène, à l'exlrémité nord du lac de Neuchâtel, Suisse (figure 137). Il est en fer et appartient à la fin de l'époque marnienne. C'est dire qu'il est gaulois d'un peu avant la conquête de César. Ces ciseaux servaient non seulement i tondre les moutons, mais aussi à couper les cheveux et la barbe. On les employait aussi dans divers usages industriels et ménagers. De nos jours, sous le nom de forces, on s'en sert encore pour tondre les moutons et les draps.

Nous ne pouvons terminer le chapitre concernant les moutons sans dire quelques mots concernant les astragales de cet animal, bien plus généralement connus sous le nom d'osselets. Les Romains jouaient beaucoup aux osselets, on en rencontre fréquemment des jeux dans les stations ro-

FlG.i37. — Giseavx en fer. La Tène.

1/3 d^andeur.

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