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Grèbe plongeur, Podiceps minor^ Robenhausen

26. Grand pingouin, Alca impennis, espèce complètement éteinte depuis peu, puisque nos musées en contiennent des échantillons empaillés. Ses ossements sont disséminés dans les kjoekkenmoeddings du Jutland et du Séiand.

En comparant cette liste d'oiseaux avec celle des stations paléolithiques, on remarque qu'elle contient une bien plus grande proportion d'oiseaux d'eau. Cela tient probablement à ce que la faune néolithique a été étudiée surtout dans les • kjoekkenmoeddings et les palaûttes qui se trouvent au bord de la mer et sur les lacs. Les stations paléolithiques au contraire, qui nous ont fourni des documents, sont des stations essentiellement terrestres.

Comme gibier ayant laissé des débris dans les stations néolithiques et de Tâge du bronze, il ne nous reste plus qu'à citer la tortuecommune,£my^ europœa.Elle aété recueillie dans la palaûtte robenhausienne suisse de Moosseedorf. Nous ne l'avons pas vu citée des kjoekkenmoeddings, mais elle a été rencontrée dans les tourbières du Danemark. Elle a complètement disparu de ce pays, on ignore à quelle époque. La palafitte morgienne de Fimon, près de Vicence, en a fourni des débris très abondants. Très rare actuellement dans le Yicentin, elle n'est commune que près de Mestre, dans le bois de Chirignago et les marais voisins de la mer. Paolo Lioy estime que la tortue du lac Fimon appartient & une variété plus petite et à carapace plus légère.

§ 8. CoMsIéérailmM §éméwmlrm. — Si UOUS COmparOUS la

faune néolithique et de l'âge du bronze à celle du paléoli*

thique que nous avons étudiée précédemment et à celle actuelle de nos régions, nous constaterons quelques modifications assez importantes. Nous nous occuperons surtout des mammifères parce que ce sont les animaux les mieux connus.

On remarque tout d'abord que la faune paléolithique est plus riche que la faune néolithique. En eflet, la première nous a fourni soixante-six espèces de mammifères, tandis que nous n'en relevons que vingt-neuf dans la seconde. Même en ajoutant le loir, le lérot, le muscardin, deux campagnols elTécureuil, constatés dans le paléolithique et très communs de nos jours, ainsi que six espèces d'animaux domestiques, le chiffre des mammifères néolithiques et du bronze ne s'élèverait qu'à 41 au lieu de CO.

Les vingt-neuf espèces néolithiques cl du bronze se décomposent ainsi :

Yingt-trois espèces signalées dans le paléolithique et n'ayant pas changé de demeure.

Trois de celles réfugiées sur les montagnes : chamois, bouquetin et lièvre des Alpes.

Deux espèces de cétacés, phoque et marsouin, qui n'avaient été qu'indiquées par des gravures de l'époque magdalénienne.

Une espèce nouvelle manquant au paléolithique, l'élan.

Ce qui fait vingt-neuf comme total de la faune.

Depuis la fin de l'âge du bronze, la faune des mammifères de nos régions s'est de nouveau modifiée.

Une espèce s'est éteinte, l'urus.

Une autre est en voie très avancée d'extinction, l'aurochs.

Cinq espèces nouvelles ont apparu : la souris, le rat ordinaire, le surmulot, le lapin et le daim.

En fait d'oiseaux, la liste que nous venons de donner con-

ET DE L'AGRICULTURE. i*5

cernant le néolithique et le bronze ne contient qu'une seule espèce éteinte, le grand pingouin. Espèce qui au commencement du néolithique descendait plus au sud que dans les temps historiques, où Ton a encore rencontré cet oiseau vers le pôle.

Les ossements de palmipèdes et d*échassiers se montrent en abondance dans les kjoekkenmoeddings, surtout à Gudumlund, dans le Jutland. Cela a suggéré l'idée à Steenstrup de rechercher dans quelle proportion les hommes de cette époque chassaient les mammifères et les oiseaux. Dans le kjoekkenmoedding d'IIavelse, trois parties bien déterminées de dépôt lui ont donné :

1" os ()c mammifères... 175 d'oiseaux... 3Ô 2» — — 121 — 9 a* — — 309 — 10

Soit 54 OS d'oiseaux pour 605 de mammifères, ce qui donne 8.2 pour 100. Mais cette proportion parait un peu trop forte. Les fouilles générales d'Havelse ayant produit, dans le courant d'un été, environ 3,500 os de mammifères pour seulement 300 os d'oiseaux, cela donne une proportion de 5.4 pour 100, Les chasseurs danois de celte époque reculée préféraient donc de beaucoup le gibier à poil au gibier à plume.

Pendant tout le néolithique et Tâge du bronze les habitants de l'Europe, bien que possédant les animaux domestiques, sont restés éminemment chasseurs. Ainsi dans les palaGttes ce sont les ossements de cerf et de bœuf qui sont de beaucoup les plus abondants. Ils forment ensemble presque la moitié des débris» Ceux de cerf tendent à dominer dans les palafittes de la pierre, et ceux du bœuf dans les palaOttes du bronze. Ce n'est pourtant pas constant. Mais les

proportions des débris de gibier et d'animaux domestiques montrent que la chasse était un puissant auxiliaire pour l'alimentation des populations des palafîttes.

Ainsi Rntimeyer apnt examiné avec soin un lot d'ossements provenant de la palafitle robenhausienne de Moosseedorf, y a reconnu, comme individus :

SauYagM. Domestiques.

Renard 4 »

ChioD » 3

Cochon » 20

Bœuf. » 16

Cerf. 20 »

Chevreuil 6 »

Mouton )

Castor 5 »

Soit 35 animaux sauvages appartenant à quatre espèces et 49 animaux domestiques de cinq espèces différentes.

Deschmann en étudiant la faune de la palafitte morgienne de Laybach s'est aussi préoccupé d'en déterminer, par ospèce, le nombre d'individus. Il est arrivé aux résultats suivants :

Sauvages. Domestiques.

Ours 18 D

Loup 2 à 3 »

Chien » 16

Blaireau 31 »

Sanglier 28 »

Cochons des tourbières » 35

Bison 17 »

Bœuf » 35

Elan 3 à 4 »

Cerf. 131 »

Chevreuil 12 »

Chèvre » 31

Mouton » 147

Castor •. 52 »

Nombre des individus... 295 264

C'est donc 295 individus d^animaux provenant de la chasse et appartenant à neuf espèces sauvages contre seulement 264 individus d'animaux domestiques de cinq espèces différentes. Les habitants de la palafitte de Tâge du bronza de Laybach étaient donc encore, à cet égard, moins agriculteurs que chasseurs^

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