rnissE d'Avex.nes, llislotre de l'art égyptien
Les Egyptiens, outre la chasse au bâtonnet ou schbot qui étourdissait les oiseaux aquatiques, avaient encore divers engins. Ils employaient entre autres un piège formé de deux valves, ou volels, se fermant rapidement par Faction d'un ressort. Ce piège se tenait ouvert au moyen d'un arrêt fixé à Tappât placé au centre. L'oiseau en venant manger l'appât faisait partir la détente et se trouvait pris vivant si les valves étaient en filet ou écrasé si les volets étaient en planches.
Cet appareil dans de grandes proportions et manié par des hommes au moyen de cordes est le second mode de chasse aux oiseaux que l'on trouve très fréquemment figuré dans les anciens monuments égyptiens. On le voit déjà figuré dans les tombeaux de la IV' dynastie. Voici la description qu'en donne un des membres de l'Institut d'Egypte, Costaz*.
c La chasse dont nous trouvons la représentation dans la grotte Soultâny est dirigée contre les oies sauvages. Le tableau est dégradé dans la partie qui représente le piège dont on se servait pour prendre ces oiseaux. Mais on trouve sous le portique du temple d'Esné un bas-relief qui représente le même appareil. Ce bas-relief symbolique n'en est pas moins intéressant, il indique clairement la construction et le jeu du piège. Le surplus de l'opération est beaucoup mieux représenté à Elethim où la couleur concourt avec le dessin et la sculpture pour mieux caractériser les objets.
€ Le piège est tendu dans le Nil près du rivage; les eaux du fleuve sont représentées par des lignes ondulées recouvertes d'une teinte bleue; les chasseurs, de peur d'effrayer leur proie, se tiennent cachés derrière une touffe de plantes aquatiques figurées par des lotus. Après avoir attiré les oi-
1. CosTAZ, Description de l^Egyple^ MémoireSf 1809, vol. !, p. 63.
seaux dans le piège, on fait tomber sur eux deux nappes de iilet. Le mouvement de ces nappes est semblable à celui de deux volets fermés ensemble et brusquement; les chasseurs Topèrent en tirant avec vivacité une corde arrangée pour produire cet effet. Un homme caché comme eux derrière des lotus, mais qui se tient plus près du piège afin d'épier le moment favorable, leur donne le signal avec les mains; ils se sont hâtés d'obéir; leurs attitudes animées prouvent qu'ils viennent de faire un mouvement subit et brusque; le piège est fermé; quelques oies seulement ont échappé, prennent le vol et s'enfuient. Celles qu'on a surprises sont livrées à un homme chargé de les plumer; celui-ci les transmet à un autre homme, qui leur ouvre le ventre probablement pour en tirer les intestins ; après cela, elles passent entre les mains d'un troisième homme, qui les dépèce et en met les quartiers dans des pois. »
Louis Ménard, dans son excellente Histoire des anciens peuples de VOrieni^ reproduit une représentation de chasse à l'autruche au moyen du lazo. Un des chasseurs a lancé le lazo au cou de l'oiseau coureur, un autre derrière lui emporte d'une main un paquet de plumes, de l'autre une corbeille pleine d'œufs. Le lazo était aussi en)ployé par les Egyptiens pour chasser les grands mammifères, surtout les antilopes.
Les Egyptiens chassaient parfois les reptiles. Dans un basrelief du petit temple d'Ombos, Koum Omboû, sujet religieux avec quatre personnages, il en est un debout qui va tuer un serpent avec une fourche ou trident*.
A Apollinopolis Magna, Edfou, un autre bas-relief religieux
1. Louis Ménard, Histoire des anciens peuples de VOrient, 1883, p. 238. Contient de très nombreuses figures.
2. Institut d'Egypte, Description de VEgypte^ Antiquités^ vol. !, pi. XLV,
iOi ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÈCHE, ETC.
montre un homme debout devant une divinité assise. Il va percer avec une lance une tortue qui est à terre. Est-ce une chasse ? Est-ce un sacrifice * ?
Sur de nombreux points de Tantique Egj'plc, le crocodile était un animal sacré. Pourtant d'après Hérodote, qui écrivait au V' siècle avant noire ère, on le chassait à son époque.
€ Il y a, dit-il, plusieurs manières de chasser ces animaux; mais je me bornerai à décrire celle qui me parait la plus remarquable. Après avoir attaché à un hameçon le dos d'un porc, et l'avoir jeté au milieu du fleuve, les chasseurs se placent sur la rive et frappent un petit cochon, qu'ils ont apporté avec eux. Le crocodile, entendant les cris de l'animal, se dirige vers le lieu d'où vient la voix« et rencontrant dans son chemin l'appât qui a été tendu, l'avale avec l'hameçon. Alors les chasseurs le tirent à eux, et lorsque le crocodile arrive sur la terre, un d'entre eux, avant tout, s'avance et enduit les yeux de l'animal d'ai:gile délayée, qu'il a préparée; avec cette précaution on vient facilement à bout du reste, autrement il en coûterait beaucoup de peine '. >
La chasse était donc un plaisir très recherché des Egyptiens, même dans les temps les plus reculés. C'était également ime source de revenus, comme nous l'établirons en nous occupant de la pèche, aussi donnait-elle lieu à des fonctions spéciales; c'est ainsi qu'au musée du Louvre la stèle C. H4, attribue à un Améniris le titre de chef des chasses au ûlet du domaine d'Ammon. Passons maintenant à l'Asie occidentale, Palestine, Perse et surtout Assyrie.
1. Lx^TiTLT d'Egypte, Description de l'Egypte, Anthiuités, \ol, I, pi. LIX,