‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 37 sur 133 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

Sommaire. — 1. Généralités et chronologie. — 2. Chasses assyriennes. — 3. Palestine et Perse.

§ 1 . Générmiuéu et ehroBoiogie. — La plus ancienne et la plus bell^ civilisation de la haute antiquité est sans contredit celle de la vallée du Nil. C'est elle qui nous a laissé les souvenirs les plus nombreux et les mieux conservés. Aussi avons-nous débuté par son étude.

A côté et parallèlement à elle s'est développée une autre remarquable civilisation, celle des vallées du Tigre et de TEuphrate. Plusieurs nations y ont pris part : les Chaldéens, les Assyriens, les Babyloniens, les Mésopolamiens, les Perses, etc. Comment donc l'appeler? Nous la nommerons civilisation assyrienne, car c'est en Assyrie qu'elle a eu son apogée.

L'Assyrie, à proprement parler, est un pays qui n'embrasse qu'une Taible partie du territoire constituant la double vallée du Tigre et de l'Euphrate. Les Assyriens occupaient plus particulièrement la rive gauche du cours moyen du Tigre, mais leur domination s'étendit sur de bien plus vastes régions. A un moment donné ils possédèrent toute l'Asie occidentale de l'Inde à l'Egypte. On estime que leur grand empire dura de 1314 à 788 ans avant notre ère, et le second

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empire finit seulement en 625 avant notre ère par la ruine de Ninive, capitale de l'Assyrie.

La civilisation et surtout l'art assyriens ne nous étaient connus à peu près que par ce qu'en ont dit les auteurs anciens quand en 4842, P.-E. Botta, consul de France à Mossoul, parvint malgré les plus grandes difficultés à fouiller le palais de Khorsabad, bâti par Sargon ou Salmanasar, roi de Ninive vers 720 ans avant notre ère. Ces fouilles furent poursuivies par Place, Leur produit est conservé au musée du Louvre, à Paris.

Les découvertes de Botta firent grand bruit, aussi un explorateur anglais, Layard, s'empressa de marcher sur ses traces. De 1845à 1849, il fouilla, dans la Babylonie, le palais de Nemrod construit par Sardanapale III, 930 ans avant notre ère. Ses riches récoltes furent envoyées au British Muséum à Londres.

Parmi les imitateurs et continuateurs de Botta et de Layard nous avons à citer de Sarzec qui a pratiqué des fouilles en Ghaldée, région du confluent du Tigre et de l'Euphrale. Il a rencontré là des sculptures et des monuments bien plus anciens que ceux découverts par ses prédécesseurs. On les fait remonter à 1600 ou 2000 ans avant notre ère. Malheureusement rien dans les dernières découvertes chaldéennes ne se rapporte aux sujets que nous éludions. Il nous faut donc avoir recours à celles qui concernent les régnes de Sardanapale III et de Sargoh. Gela n'a pas un très grand inconvénient, car chez lesf Assyriens, comme chez les Egyptiens, l'art dans ses procédés comme dans ses représentations s'est figé et stéréotypée Quand une époque fournit une donnée on est à peu près sûr que cette donnée remonte à une époque bien antérieure. C'est ce qui faisait dire à Delàborde :

a L'art assyrien n^a ni enfance ni vieillesse, ni tâtonnement

ni décadence; c'est un singulier perfectionnement que celle perfection tout d'une pièce, qui apparaît et disparaît sans grandir, mais aussi sans s'amoindrir. »

D'où venait cet art?

On ne peut encore l'établir d'une manière positive, mais il avait certainement des rapports avec l'art égyptien. A propos de la chasse en Egypte nous avons cité une chasse au lion qui comme composition est tout à fait une chasse assyrienne avec une exécution complètement égyptienne.

Notre figure 60 représente un Égyptien rapportant le produit de sa chasse. Il a une gazelle sur le dos et il tient un lièvre à la main. Eh bien, le même sujet exactement, avec les deux mêmes animaux, se retrouve dans les bas-reliefs sargonides. La seule différence dans la composition du tableau c'est que l'Égyptien tient le lièvre par les oreilles, tandis que l'Assyrien le tient par les pattes de derrière.

§ 2. Chasses assyriennes. — La chassc étant uu plaîsir éminemment royal, il est tout naturel de la trouver représentée fréquemment dans le palais des rois. Celui de Sargon nous fournit des données sur la plupart des chasses assyriennes. Nous allons les passer en revue d'après le grand ouvrage de Place : Ninive et Assyrie^

La chasse royale par excellence était la chasse au lion. Dompter et abattre un lion, l'animal le plus vigoureux, le plus fort, le plus dangereux de la région, était faire acte do puissance, c'était l'attribut du pouvoir. Aussi voyons-nous au musée du Louvre des colosses provenant de Khorsabad, personnifiant la royauté, et tenant sous le bras droit un lion dompté, tandis qu'ils ont à la main gauche une lanière pour corriger l'animal s'il lui arrivait d'avoir quelque velléité d'indépendance.

1. Place, Ninive et Assyriey grande et belle publication de l'Imprime rie nationale, in-folio, deux volumes de texte 1867 et 1870, et un album 1807,

Les représentations de chasse au lion sont nombreuses.

Nous en reproduisons une, figure 62*, Le roi est sur un char, traîné au galop, son arc tendu et prêt à tirer. Derrière le char on voit une lionne morte, étendue sur le sol, frappée profondément de deux flèches. Le lion, percé aussi de deux flèches, n'est pas tué. Il s'élance furieux contre le char. Le roi qui lui a lancé les flèches, calme et impassible, poursuit sa chasse. Ce sont deux serviteurs, sur le même char que le roi, qui sont chargés de supporter la fureur du dangereux adversaire et de l'achever au moyen de lances qu'ils dirigent contre sa poitrine.

Dans une autre chasse le roi est seul dans son char avec le conducteur. Il larde un lion de coups de flèches, et près du char sont des chasseurs à pied, armés d'un écu ou bouclier rond de petite dimension, pour se protéger, et d'une épée ou poignard pour achever le fauve déjà percé par les flèches du roi.

Il existe même une sculpture beaucoup plus hardie. Elle représente un lion se dressant contre un x\ssyrien qui lui saisit la crinière et lui plonge son épée dans le corps. Ce doit être une sculpture plus allégorique que réelle. Ce serait un mode de chasse par trop dangereux bien que le lion d'Asie soit un peu moins fort et moins terrible que celui d'Afrique. Buflbn a nié cette difl(5rence et prétendu que les lions d'Afrique et d'Asie se ressemblent en tout. Elle existe pourtant réellement. Le lion de Perse est plus petit et à crinière moins développée. En allant même plus à Test, dans l'Inde, on trouve le lion de Guzerat qui n'a presque plus de crinière. Cela donne pleinement raison à Aristote qui distinguait deux espèces délions*;

L'un plus rond, qui a la crinière plus crépue et qui est plus timide.

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