‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 45 sur 133 · I. John Lubbock, VHomme avant V histoire, 1867, p. i · texte numérisé non relu

I. John Lubbock, VHomme avant V histoire, 1867, p. i

qui trouve moins de nourriture, doit être d'une qualité encore inférieure. Mais là n'est pas la principale raison. Le lièvre des Alpes n'engraisse jamais, même quand il vit dans l'abondance. Or il doit être le pire des mangers pour des populations qui par goût et par nécessité hygiénique se gorgent de graisse.

Le lièvre est éminemment' un gibier; il n'y a donc rien d'étonnant que les Juifs, auxquels la chasse était défendue, n'aient pas mangé ce gibier.

Examinons maintenant si le lièvre a été plus repoussé qu'un autre gibier.

Nous le trouvons dans de nombreuses stations paléolithiques, comme on peut s'en assurer par les numéros 52 et 53 des mammifères quaternaires, page 55. Nous rappellerons même ici que dans la station de Thayngen, les restes du moins bon de nos lièvres, le lièvre des Alpes, formaient la moitié des ossements de la station.

Sans être nombreux dans le néolithique et les stations du bronze on a pourtant trouvé le lièvre dans plusieurs palafiltes'.

Passons au premier âge du fer.

Dans le cimetière d'Esté, en Italie, surtout dans les tombes de la troisième période, il y a des vases de bronze, formés de feuilles métalliques battues et très légères ; ces feuilles sont souvent ornées au repoussé. On y voit des zones entourant le vase et contenant soit des sujets divers, militaires, agricoles ou domestiques, soit des animaux naturels ou fantastiques. Il y a parmi les sujets : des chevaux, des bœufs, des chèvres et même le lion ; parmi les zones uniquement d'animaux : des cerfs, des biches, des bouquetins. Mais les zones les plus fréquentes se composent de lièvres et de pigeons se succédant alternativement, figure 67.

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