XÉNOPHOîf, De la chasse, commencement du liv. VI
exclusivement de cet animal. Il en est à peu près de même du livre V*. Enfin dans le livre III consacré aux mauvais chiens et le livre IV aux bons chiens tous les exemples de leurs modes de chasse, bons ou mauvais, sont puisés dans la . chasse au lièvre. C'était donc chez les Grecs le gibier le plus chassé et la chasse la plus habituelle.
Ce n'était pas là un engouement personnel et temporaire, car Arrien qui écrivait six cents ans plus tard, sous la domination romaine, s'étend aussi très longuement et très complaisamment sur la chasse au lièvre.
Nous citons d'une manière particulière ces appréciations de Xénophon et d'Arrien parce qu'il est une école qui prétend que le lièvre a été repoussé par diverses populations de l'antiquité. John Lubbock^ pour soutenir cette assertion cite :
Les anciens Bretons qui ne le mangeaient jamais ;
Les Lapons actuels qui le repoussent ;
Les Hottentots chez lesquels la chair du lièvre est permise aux femmes et défendue aux hommes;
Les Juifs qui la considéraient comme impure;
Les Groënlandais, d'après Crantz,qui en temps de famine mangent les renards plutôt que les lièvres.
En admettant l'exactitude et la vérité de toutes ces observations, c'est bien peu pour trancher une question aussi importante. Les Lapons et les Groënlandais, bien qu'éloignés dans la citation, se trouvent à peu près dans le même milieu et les mêmes conditions de vie. Qui nous dit que cette antipathie du lièvre ne vient pas d'une simple question de goût? Leur lièvre n'est pas notre lièvre ordinaire, ni le lièvre d'Afrique. C'est un voisin de notre lièvre des Alpes, Lepu varidbilis. Or le lièvre des Alpes est déjà moins bon dans le centre de l'Europe que le lièvre ordinaire. Le lièvre polaire,