‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 71 sur 133 · HÉRODOTE, Histoire, liv. H, ch · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, Histoire, liv. H, ch

Diodore, comme aujourd'hui on les voue à la Vierge, ou au bleu, ou au blanc. Les enfanls ainsi consacrés portaient au cou un petit médaillon, sur lequel était figurée la tète du chat du temple où le vœu avait été prononcé. La vente de ces médailles produisait de gros bénéfices aux prêtres de ce culte. >

Le chat domestique, très précieux en Egypte où les' petits rongeurs chassés par les inondations du Nil se réfugient en masse dans les habitations, est, paratt-il, resté longtemps confiné dans ce pays. Ainsi nous ne le voyons pas cité une seule fois dans la Bible.

Les auteurs grecs ne l'ont pas nommé avant Hérodote, si ce n'est dans la Batrachomyomachie attribuée à Homère, mais qui est probablement d'une date bien plus rapprochée de nous, et encore n'y est-il parlé du chat qu'avec de grands égards.

Aristote en dit très peu de chose, donc il était encore peu répandu 350 ans avant notre ère.

Grecs et anciens Romains ne paraissent pas avoir eu des chats dans leurs habitations. Ils employaient, parait-il, la belette pour se débarrasser des petits rongeurs. Pourtant au musée du Vatican, dans la salle des animaux, il existe plusieurs représentations antiques du chat, en bronze et en marbre; une mosaïque également antique, du musée de Naples, montre un chat sur le point de dévorer une caille.

11 résulte de ceci que le chat, sans être inconnu des Grecs et des Romains, n'était pas chez eux un animal domestique habituel. Il en était de même en Gaule. Aussi, parmi les nombreuses figurines en terre cuite fabriquées par les potiers de l'Allier, où les représentations d'animaux sont si fréquentes, nous ne trouvons pas du tout le chat.

Brehm cite une loi du pays de Galles qui prouve que, dans la première moitié du x« siècle, le chat était encore

peu répandu dans les Iles-Britanniques et avait une grande valeur.

€ Le code du pays de Galles contient une disposition introduite par Howell Dha, ou Howell le Bon, mort vers le milieu du x* siècle, qui fixait la valeur d'un chat domestique, et les amendes dont étaient passibles ceui qui tourmentaient, blessaient ou tuaient cet animal. Elle fixait également le prix d'un jeune chat qui n'avait pas encore attrapé de souris; à partir du moment où il avait Tait sa première victime, ce chat valait le double. L'acheteur avait le droit d'exiger que les oreilles, les yeux et les griffes fussent bien constitués; que l'animal fût un bon chasseur de souris, et si c'était une femelle, qu'elle élevât bien ses petits. Lorsque le chat vendu avait quelque défaut, l'acheteur pouvait se faire rembourser un tiers du prix d'achat. Quiconque tuait ou volait un chat sur le domaine du prince, le payait d'une brebis et son agneau, ou bien était forcé de donner la quantité de blé nécessaire pour couvrir entièrement le chat mort suspendu par la queue, de manière à ce que son museau touchât le sol*. >

Pendant longtemps on a cru que le chat de nos habitations était notre chat sauvage, Felis feruSy domestiqué. Ce passage de Brehm montre qu'il n'en est rien, car au x* siècle le chat sauvage était abondant dans le pays de Galles. S'il avait été la souche de nos chats domestiques, ces chats n'auraient pas eu la valeur qu'on leur attribuait alors et l'on n'aurait pas fait une loi spéciale pour eux. Cette valeur vient évidemment de ce qu'ils étaient importés et appartenaient à des races étrangères.

Le chat sauvage se distingue du chat domestique par sa grosseur près d'un tiers plus grande, par sa queue plus forte

1. Â.-E. Bbehm, la Vie des animaux illustrée, Mammifères, traduction Z. Gerbe, toI. 1, p. 284.

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et plus courte, également épaisse dans toute sa longueur, son corps plus court, sa tète plus bombée et plus ramassée, et par ses intestins plus courts.

En outre le chat sauvage est réellement sauvage et rebelle même à Tapprivoisement. Brehm * raconte qu'un fermier de Lenz, habitant le côté méridional de THermannstein, ayant trouvé trois petits chats sauvages de la grosseur d'un rat, voulut les élever. Il ne put y réussir. Ces petits chats se démenèrent et refusèrent toute nourriture jusqu'à ce que mort s'ensuivit.

En Chine, le chat domestique est fort abondant. Il est élevé non seulement pour défendre les habitations contre l'envahissement des rongeurs et autres petits animaux nuisibles, mais il est engraissé et sert à l'alimentation. On prétend que son introduction dans le pays date de loin. Nous ne pouvons malheureusement rien dire à ce sujet. D'où vient-il ? Autre problème pour la solution duquel les matériaux nous manquent; mais il peut très bien venir, comme les autres, de l'Egypte, car le chat domestique égyptien s'étant répandu en Perse et dans tout le centre de TAsie, il n*avait qu'un pas à faire pour aller plus à l'orient; c'est très probablement cequi a eu lieu. L'idée d'une importation arricaine fort ancienne en Chine, est d'autant plus naturelle qu'à côté du chat domestique on y rencontre le chien à peau nue d'Afrique. Comme le chat, ce chien est engraissé et sert à l'alimentation.

Le chat varie moins, beaucoup moins que le chien ; pourtant il a subi quelques variations importantes qui appuient les considérations transformistes exposées précédemment. C'est ainsi que dans l'ile de Han, mer d'Irlande, on rencontre une race de chat qui n'a presque pas de queue. Les

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