‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 74 sur 133 · ROSEN-INSEL · texte numérisé non relu

ROSEN-INSEL

MOOSSBEOORF.

Cochon . .•..........•*.••..

Bœuf •

Mnuton. ....a..*..*....* .*•

Chèvre

Chien ..•........*..*• •

Le cochon domestique de nos stations néolithiques et de l'âge du bronze appartient à une race bien distincte et très constante dans ses caractères. Rûtimeyer Ta baptisé cochon des tourbières, Sus palmtris. Il est plus petit que le sanglier et même un peu moins fort que nos races domestiques locales actuelles. Ses dents molaires sont moins tuberculeuses, bien que plus robustes; par contre, les prémolaires sont plus faibles. Ces dents étant plus rapprochées, Tensemble de la dentition est plus compact. Cela tient surtout à ce que, caractère principal, le museau ou groin est moins allongé. Les orbites sont plus grandes et la fosse olécranienne de l'humérus est perforée. Le cochon des tourbières est donc plus différent du sanglier que de notre cochon ordinaire. Le caractère de la dentition et l'élargissement des orbites ont fait présumer que le cochon des tourbières était un animal plus nocturne que diurne et plus particulièrement herbivore. Cette race varie de taille, assoz pour que Rûtimeyer en ait fait deux variétés. Les débris les plus forts étaient autrefois considérés comme appartenant à une autre race. Nous manquons de renseignements sufûsants pour trancher cette question.

Les ossements de cochon domestique sont aussi fort répandus dans les terramares de l'Italie appartenant au commencement de l'âge du bronze. Pellegrino Strobel a étudié avec beaucoup de soin ces ossements, et il déclare* qu'ils appartiennent tous à une seule race, qu'il aurait volontiers appelé porco brevimuso^ cochon à museau court, si Rûtimeyer ne lui avait déjà donné un autre nom, cochon des tourbières. Il n'existe que de légères différences entre le cochon des palaGttes de la Suisse et celui des terramares

1. Pellegrino Strobel, Jl tetchio del porco delU mariere^ itudio com^ pt^aUvo, 1882, p. 122, et dans AUi délia Societa italiana di $cienM naturalif vol. XXV.

d'Italie, qui constituent tout au plus des variétés locales. Rûtimeyer nous dit que son cochon des tourbières a encore en Suisse des représentants vivants dans les cochons domestiques du canton des Grisons. Quant à Strobel, il a reconnu que le cochon domestique des terramares existait déjà dans TEmilie, à Tépoque de la pierre, en ayant rencontré des débris dans les fonds de cabanes néolithiques du Reggianais. Il a constaté aussi qu'il s'était maintenu jusqu'à l'époque étrusque, l'ayant trouvé dans les puits funéraires de San-Polo, qui appartiennent au premier âge du fer.

Fio. 113. — Cochon on terre cuite, Pilin, Mu$é6 préhittoriquep t/3 ft.

Le cochon est un des premiers animaux que l'on a représentés au moyen du modelage. Il vient après l'homme et le canard. On en a rencontré de très bien caractérisés en terre cuite au grand plateau de Pilin, comté de Nograd, en Hongrie*.

§ 2. cocboii. Histoire. — Lcs aucicus Egyptiens connaissaient et élevaient le cochon; mais l'avaient-ils depuis la haute antiquité ou bien Tonl-ils reçu des rois pasteurs?

Cette question a été soulevée par suite du très petit nombre de représentations de cochon que l'on retrouve sur les monuments égyptiens. Elle nous parait cependant d'une solution facile et nette.

Dans son explication de l'Exposition de 1878*, Mariette

1. J. Hampel, Catalogue de V exposition préhUtorique de Hongrie y fi g. 71. â. A. Mariktte, Galerie de V Egypte ancienney 1878, p. 40.

ET DE L'AGRICULTURE. ISf

dit formellement que les Egyptiens, sous la Y* dynastie, n'avaient pas :

Le cheval;

Le buffle;

Le chameau;

Le poulet;

Le mouton.

Il ne parle pas du cochon, donc il admet son existence. De fait, nous avons indiqué * un bas-relief de la V* dynastie, dont le moulage existe au musée de Saint-Germain portant, avec des oies et des canards, la représentation d'un cochon.

Pourtant, m'écrivait Lefébure le 9 octobre 1879, on ne connaît qu'une représentation probable avant la XVIII* dynastie, mais le dessin est si confus que Lenormant n'y reconnaît pas un cochon, c Pour mon compte, ajoute-t-il, j'incline à croire que le porc était connu en Egypte dès les premiers temps, mais la preuve directe manque. >

Pierret dans son Dictionnaire* dit :

€ Le porc, qui figurait dans les fermes égyptiennes, est très rarement représenté sur les monuments; il était regardé comme impur parce que, d'après la légende. Set, déguisé en porc, avait menacé l'œil d'Horus, c'est-à-dire la lune ; Horus s'était vengé en brûlant son ennemi et en instituant le sacrifice du porc. >

« Les Égyptiens', rapporte Hérodote, regardent le porc comme immonde, au point que, si un Égyptien touche en passant un de ces animaux, même seulement par ses vêtements, il court sur-le-champ vers le fleuve et s'y plonge. Les hommes qui font le métier d'élever les porcs sont les

1. G. DK MORTILLET, Promenades au mufée de Saint-Germain, 1868, p. 55, et dans Matériaux pour Vhittoire de Vhomme, 1868, p. 407

2. PiERRBT, Dictionnaire d'archéologie égyptienne, 1875, article Porc.

3. HÉRODOTE, Histoire, liv. II, ch. 47, traduction MiOT, 1822.

seuls de tous ceux qui naissent en Egypte auxquels il soit interdit d'entrer dans les temples; et, comme pet^onne ne veut ni leur donner une de ses filles en mariage, ni épouser une des leurs, ils sont obligés de se marier entre eux. >

Le cochon étant considéré comme un animal impur, si impur que la réprobation qui pèse sur lui s'étend jusqu'à ceux qui le soignent, il est tout naturel qu'il n'ait été que très rarement représenté. Les représentations de la vie usuelle si fréquentes sous les premières dynasties sont en grande partie tirées des tombeaux. On se gardait soigneusement de souiller ces tombeaux par l'image d'un être aussi impur.

Les Égyptiens, toujours d'après Hérodote, n'immolaient des cochons qu'à la lune, soit l'œil d'Horus, et à Baccbus.

Le sacrifice à l'œil d'Horus avait lieu à la pleine lune et ce jour-là on devait manger du cochon. Ce sacrifice est tellement obligatoire que c ceux qui sont trop pauvres pour se procurer un porc font avec de la pâte de farine des figures de cet animal qu'ils sacrifient^ ».

« Dans la fête de Bacchus, à la fin du jour où elle doit se célébrer, chacun fait immoler un cochon devant le seuil de sa maison et le donne ensuite à emporter à l'homme qui Ta vendu*. »

Ce sacrifice à Bacchus peut être récent et importé d'ailleurs, aussi Pierret n'en parle pas dans son article Porc. Mais le sacrifice à Tœil d'Horus appartient entièrement aux rites religieux égyptiens, rites datant de la plus haute antiquité. C'est une preuve de plus que le cochon, qui a une place importante dans ce rite, existait en Egypte dès les plus anciennes dynasties.

Si Ton en croit Hérodote, l'Egypte, surtout la basse Egypte

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