HÉRODOTE, Hv. Il, ch
au-dessous de Memphis, 400 ans avant notre ère, devait posséder une grande quantité de cochons. Citons cet historien, traduction de Miot^
€ Le fleuve se répand de lui-même dans les champs, les arrose, et se retire. Chacun vient alors jeter ses semences dans ses terres, et y lâche ensuite des pourceaux. La semence est retournée et enterrée par ces animaux, et il ne reste qu'à attendre la moisson. Lorsqu'elle est terminée, on fait fouler les épis sous les pieds des bœufs, et le grain recueilli est porté dans les maisons. »
La traduction est textuelle sauf vers la On où au lieu de bœufs la plupart des traducteurs mettent de nouveau pourceauXf porcs ou cochons. Le texte grec porte bien le mot cochon, mais dans cette langue les deux mots cochons et bœufs sont si voisins qu'il peut bien y avoir eu une erreur de copiste dans les anciens manuscrits. Les représentations de bœufs foulant les épis sont fréquentes en Egypte.
Quant à l'emploi des cochons pour enterrer le grain après la semence, le texte est bien ancien, car Pline le conQrme^ iElian aussi : « Eudoxe dit que les Égyptiens n'immolent point de pourceaux, parce que, les semailles faites, ils les lâchent dans leurs champs. Ces animaux, foulant aux pieds le grain, l'enfoncent dans la terre humide, afin qu'il y trouve la vie et qu'il ne soit pas dévoré par les oiseaux^. »
Hérodote raconte que les Égyptiens dans deux circonstances au moins sacrifiaient des cochons. Au contraire Eudoxe, d'après iËlian, prétend qu'ils n'en sacrifiaient point. Cela montre la confiance qu'on doitaccorderaux textes. Textes qui en outre peuvent avoir été altérés, comme nous venons de le voir à propos du foulage des grains. Évidemment
1. HiRODOTE, HUtoire, II, 14. Traduction MiOT, vol. I, p. Î31.