‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 78 sur 133 · Voir Domestication, Origine, p · texte numérisé non relu

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chevaux domestiques morts de vieillesse ou par suite d'ac* cidents ?

Quand nous arrivons à l'flge du bronze, la question s'éclaire. Ce n'est pas que les ossements soient beaucoup plus nombreux dans les stations, mais ces stations nous présentent des objets ayant rapport au harnachement du cheval et ne laissant par conséquent aucun doute concernant sa domestication.

Le plus caractéristique de ces objets est le mors. Nous en reproduisons un complet provenant de la palafitte Iarnau« dienne de Mœringen, lac de Bienne (fig. 115). Il se compose d'une barre transversale et de deux montants, un à chaque

Fia. il6.— Montant do mort, Vindrcvtnget, bronze, Muié€ jtréhittoriquet 2/3 gr.

FiG. 117. — Barro do mort.

VaudroTanges, bronio. Mutée préhittorique» J/J gr.

extrémité de la barre. Le tout est en bronze. Les montants sont percés au milieu pour fixer la barre et portent deux anneaux rigides, un au-dessus, l'autre au-dessous du trou médian. Des mors ou fragments de mors, à peu près sembla-

bles, ont été retirés entre autres de la même station et de celle de Corcelettes, lac de Neuchâtel.

Deux mors analogues, tout en bronze, font partie de la trouvaille.de Vaudrevanges, près Sarrelouis, Allemagne, actuellement au musée de Saint-Germain, mais les diverses parties sont séparées.

Dans le mors de Mœringen, la barre ou filet est brisée, c'est-à-dire peut se plier en deux par suite d'un jeu de ganses placées au milieu. Au contraire, la barre ou traverse du mors de Vaudrevanges (fig. 117), est rigide, soit tout d'une pièce. Tous ces filets sont torses. Le musée de Lausanne contient un filet rigide de la palafitte de Corcelettes et le musée de Budapest renferme sept barres brisées de Hongrie.

Les montants du mors en bronze varient beaucoup; entre celui de Vaudrevanges (fig. 116) le plus élégant et le plus perfectionné, et celui de la cachette de marchand de RéaN

Fio. iiS. >- M oaUnt de mors, Réallon, bronse, Muiée frihUtoriquet 2/3 gr.

Fio. 119. — Montant de mors, Pouilloy, bronxe. Musée préhistorique, 2/3 gr.

Ion (Hautes- Alpes), un des plus élémentaires, avec trous extrêmes en siffiets (fig. 118), il y a diverses formes intermédiaires ou voisines.

DE MORTILLBT. i4

Nous citerons entre autres les montants en forme de tube ouvert aux deux bouts, avec longue ouverture latérale pour fixer la barre et grand anneau aplati du côté opposé. On a trouvé de ces montants en France dans la cachette de fondeur de Fouilloy (Oise) (fig, il9), de Deviile-lës-Rouen (Seine- Inférieure) et dans l'ile de Guemesey*. Dans son Pe(tM{6um de V âge du bronze de la Grande- Bretagne y 1876, John Evans, en figure divers sous la rubrique : objet d'usage indéterminé. Ils proviennent de la trouvaille du marais de Reach, près de Cambridge. La fameuse cachette de fondeur de Larnaud (Jura) contient aussi un montant de mors en bronze avec deux trous. A la place du troisième existe une soie qui devait servir à fixer un appendice en bronze, bois ou os. Larnaud a aussi fourni un montant en bronze triangulaire à 'trois anneaux qui se rapproche des montants italiens de l'époque de Vilianovaou proto-étrusque, premier âge du fer. La fameuse fonderie de San Francesco, à Bologne, de la transition du bronze au fer, contenait au moins neuf traverses brisées de mors et des montants très divers. Deux étaient ornés de grossières tètes de cheval. Au British-Museum se voit un mors assyrien en bronze à barre brisée, avec montants analogues à ceux de Mœringen, mais ayant des trous dans le corps des montants au lieu d'anneaux fixés à Textérieur.

Ces mors en bronze étaient des objets de luxe et il parait que les gens riches n'étaient pas les seuls à posséder des chevaux domestiqués. Les montants des moins fortunés au lieu d'être en bronze étaient en corne de cerf. Ce sont des andouillers arqués et percés, comme les montants en bronze, de trois trous (fig. 120 et 121). Ces montants sont en corne de cerf brute, équarrie ou taillée et polie avec soin. Les stations terrestres, comme celle de la butte de Saint-Pierre-

1. LuKis, Note sur les anciens habitants de Guemesey, 1887, pi. XII, fIg. 5 cl 6.

en-Chastres, au Vieux-Moulin (Oise); les palafittes comme àMœringen (Suisse), el les terramares de l'Italie, ainsi qu'à Mentale (Modénais), ont fourni de ces montants de mors. Les filets ou barres de mors auxquels appartenaient ces montants ont complètement disparu. Ils étaient donc en

FlG. 120. — Corne brute, Saint- Fio. 121. — Corne polio,

Pierre-en-Ghastres (Oiie). Mœringen (Suisse).

Montants de mors de cheraux en corne de cerf, Mutée préhittorique, S/3 de gr.

matières facilement destructibles, probablement en bois. En effet, dans les montants en corne de cerf, le trou du milieu destiné à fixer le filet est plus grand que les autres, rectangulaire ou allongé, évidemment fait pour recevoir une matière qui se taillait facilement et pouvait s'équarrir. Les trous supérieur et inférieur, au contraire, plus petits et

généralemenl ronds, servaient à passer les cordes ou lanières de cuir constituant les rênes.

La trouvaille de Yaudrevanges, trésor d'un chef ou d'un riche particulier de Tépoque larnaudienne, nous fournit de précieux documents sur tout ce qui concerne le cheval. Outre les deux mors semblables que nous avons décrits et qui montrent bien qu'il s'agit d'un attelage de deux chevaux, il y avait :

Quatre tubes pareils entièrement creux avec un renflement à l'une des extrémités. Ces tubes servaient de poignées pour l'extrémité des rênes qui, pour un attelage de deux chevaux, étaient au nombre de quatre. Ces rênes, pour passer par l'ouverture des tubes, devaient être des cordes ou cordons ronds et non des courroies plates comme de nos jours. Pour qu'elles n'échappent pas du manche, on faisait à leur extrémité un nœud qui se logeait dans le renflement terminant le tube. Dans la palaQtte d'Auvernier, lac de Neuchâtel, on a trouvé uu magma de métal à demi fondu montrant les traces de quatre tubes analogues à ceux de Yaudrevanges. Des anneaux en bronze sortent du renflement, ce qui montre que le nœud terminal des rênes retenait un anneau. La bibliothèque de Nancy possède deux jeux de quatre tubes chacun, tubes analogues à ceux de Vaudrevanges.

Deux groupes de trois anneaux mobiles passés dans un anneau médian. C'est évidemment une pièce de harnachement; ce qui, du reste, le prouve, c'est que la palafilte de Guévaux, lac Morat, a fourni au musée de Lausanne deux anneaux passés dans un troisième qui porte un bouton sur son pourtour. Un autre groupe, également de Guévaux, est formé de quatre anneaux dont le plus gmnd porte une barre en forme de T pour se fixer dans le cuir. Grand disque à jour, avec un petit disque suspendu de

chaque côté. Le tout est muni d'une tige terminée par une béiière de suspension, pour être accroché à l'extrémité du timon du char. C'est ce qu'on nomme un tinlinnabulum. Quand le char élait en mouvement, les petits disques battant contre le grand faisaient un bruit équivalent à celui que l'on recherche encore de nos jours par l'action des grelots. Des tintinnabulums semblables ont été rencontrés à Frouard (Heurlhe-et*Moselle), dans les palafiltes d'Onens, lac de Neuchâtel, el de Corcelettes, et à Wallenfangen dans l'Allemagne Rhénane.

Des doubles disques beaucoup plus petits passés dans une tige de bronze formant anneau vers son milieu, et dont les bouts se prolongent en crochets pour se fixer soit dans du cuir épais, soit dans du bois, servaient aussi à remplacer les grelots.

Enfin, deux grands, très grands boutons, dont le diamètre atteint 13 centimètres, avec béiière ou queue à l'intérieur. C'est ce que les archéologues classiques appellent des pha- 1ères. A Vaudrevanges, il y avait deux chevaux et deux pha- 1ères. Etaient-elles placées comme ornement sur le front de chaque cheval, comme les anciennes plaques de cuivre gravées dont on parait les mulets, ou bien servaient-elles d'oeillères fixées contre l'œil extérieur de chacun des chevaux? C'est une question à résoudre; généralement on penche à les considérer comme de simples ornements. Des phalères analogues ont été recueillies dans diverses localités. Aux Vignes, commune de Saint-Martin-de-Bossenay (Aube), on en a trouvé un approvisionnement. Il y en avait au moins quinze ensemble de diverses dimensions.

Dans l'inventaire approximatif des objets en bronze recueillis dans la palafitte de Corcelettes, se trouvent quatre mors et douze phalères.

Les filets de ces mors sont de petites dimensions, ce qui

prouve que la bouche des chevaux devait être très comprimée par les montants, ou que la bouche des chevaux d'alors était moins large que celle des chevaux de nos jours. Gross en cite un qui a 10 centimètres entre les montants, mais il en est de beaucoup plus étroits; le plus petit n'a que 6 centimètres.

La palaûtte de Corcelettes a fouiiii aussi un crâne de cheval. Rùtimeyer, qui l'a examiné, a écrit : c Pour le cheval, je répète que je ne vois pas de différence avec le cheval domestique de nos jours ^ >

Les ossements de cheval ne sont pas communs dans les terramares. La longueur des os les plus petits et les plus grands recueillis dans les terramares comparés aux os semblables d'un haut cheval de selle actuel a donné à Strobel les mesures suivantes en millimètres*.

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