dem, p
encore. C'est ainsi qu'on rencontre en Illyrie, Moldavie et Pologne des cochons dont les deux doigts sont soudés et qui par conséquent au lieu d'être biongulés sont uniongulés. Ils passent ainsi à la grande famille des solipèdes. Ces cochons ne datent pas d'aujourd'hui, les Grecs et les Romains les avaient déjà remarqués.
Cette variation se montre surtout dans la région où existe le cochon domestique le plus voisin du sanglier. En effet la race qu'on appelle hongroise, westphalienne, croate, valaque ou turque, se distingue des deux races domestiques signalées par Sanson et se rapproche bien plus du sanglier. La taille est élevée, le corps ramassé, les oreilles grandes, dressées avec l'extrémité seulement dirigée en avant. La robe, au lieu d'être blanche comme dans le Sus celtict^ ou noire comme dans le Sus t&encus, est d'un gris foncé, jaunâtre ou roux, comme chez le sanglier, les soies sont abondantes, épaisses el un peu laineuses.
Strobel, bien que transformiste, admettant la division des cochons proposée par Sanson, appelle le cochon des terramares, Suspalustris ibericus^ le proposant comme souche du Sus ibericuSy cochon naturel d'Italie. Le jeune ibericus actuel, dit-il, ressemble à l'adulte des (erramares.
Mais le cochon domestique italien doit avoir subi bien des mélanges. Déjà dans la silule en bronze, ornée au repoussé, de la Certosa de Bologne on voit un homme qui entraîne un cochon en le tenant par les pattes de derrière. Ce cochon de petite taille se rapproche sous ce rapport des sangliers des îles de la Méditerranée qui sont plus petits et moins développés que ceux du continent. Il a le groin très allongé et le front très bas, très fuyant, une crinière s'étale tout le long du dos. La tête de ce cochon ressemble complètement à la figure de la tète du sanglier donnée comme type par Sanson dans son Origine des cochons domestiquas.
Dans Tare de triomphe de Trajan ou de Constantin à Rome, l'empereur offre un sacrifice. Il y a là un cochon tout rond
FiG. 114. -> Cochon de l'arc de triomphe de Trajan ou Constantin. Rome.
de graisse, tout petit, se rapportant complètement aux cochons de l'Extrême-Orient.
Ce qui montre bien que les cochons domestiques dérivent des sangliers, c'est que dans chaque région ils sont en rapport avec ces derniers.
Ainsi le sanglier d'Europe est le plus grand de tous. C'est aussi en Europe que les cochons domestiques sont les plus grands et les plus forts.
En Asie les sangliers, Sus leucomasliXy vittatus, cristatm^ sont beaucoup moins grands; les cochons domestiques sont aussi de plus petite taille.
Enfin les Papous ont aussi un cochon domestique qui est tout à fait analogueà leurcochon sauvage, Suspapuenst», si analogue que les voyageurs et les naturalistes disent que c'est le même animal.
Nous sommes donc parfaitement en droit de conclure que les cochons domestiques proviennent des sangliers et que leur domestication s'est faite sur plusieurs points différents par la domestication directe d'animaux sauvages habitant la région.
§ 4. ciievAi. Paie<hM«togi«. — Le cheval, très abondant en Europe pendant le quaternaire ou paléolithique , n'y était pas encore domestiqué comme nous l'avons établi précédemment *. On le recherchait comme gibier, c'est ce qui fait que ses ossements sont si abondamment répandus dans certaines stations et que même pendant l'époquç magdalénienne on l'a si fréquemment représenté.
Dans les stations néolithiques, entre autres dans les pala-
Fia. 115. — Mors de cberil complet, bronse, lIoeringcD, Mutée préhistorique, 2/3 grandeur.
fittes robenhausiennes, on rencontre disséminés par-ci, parlà quelques ossements de chevaL Mais ils sont tellement isolés et si peu nombreux, qu'on ne peut en tirer qu'une seule conclusion, c'est que le cheval existait alors dans ce pays. Mais les ossements recueillis appartenaient-ils à des individus sauvages, tués à la chasse et mangés ? ou à des