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Le chamois ou izard, Antilope rupicapra^ vivant

FiG. 11. — Tôle .le »aïga, Gourdan. }lut('eprihi8t.,i, i{;v.

r.i ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE

actuellement sur les sommets de nos plus hautes montagnes, Pyrénées, Alpes et Apennins, était assez abondant pendant le quaternaire et descendait alors jusque dans nos plaines* On l'a signalé non seulementau pourtour des Pyrénées, dans les grottes de Bize (Aude), de Massât inférieure (Ariëge), de Gourdan (Haute-Garonne), d*Aurensan, commune de Hagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), mais encore dans le bassin du Tarn, à Bruniquel, et de la Dordogne, aux Eyzies et à Laugerie-Basse. De même au pourtour des Alpes on cite le chamois du Salève dans le bassin du lac de (rcnève et de Thayngen dans le bassin du lac de Constance. Enfin nous pouvons l'indiquer dans les grottes des Monti Pisani en Toscane. Le chamois, ainsi que le bouquetin, font entièrement défaut en Angleterre. Cette ile aurait donc été complètement isolée du continent avant l'époque magdalénienne, moment de la diffusion des deux espèces. Le chamois a été très bien figuré en troupeau sur un os gravé de la grotte de Gourdan.

47. Le bouquetin, Capra ibeXj espèce en voie d'extinction. Il n'en existe plus que quelques rares individus sur les hautes sommités du val d'Aoste, Alpes du Piémont. Bien que ce soit une chasse réservée, les braconniers lui font une guerre terrible et fatale. Quoique moins répandu actuellement que le chamois, il l'était beaucoup plus pendant le quaternaire. H a apparu dès l'époque moustérienne, comme le prouvent ses débris provenant des grottes de Pé de PAzé (Dordogoe), de Pronquières et de Las Pélénos (Lot-el- (iaronne) et de Néron (Ardèche). Mais il est bien plus commun à l'époque magdalénienne : vallée de la Tardoire, grotte des Fées à Marcamps (Gironde), Eyzies, Laugerie-Basse, Bruniquel, Aurensan, Gourdan, Massât inférieure, Salève; grottes de Scé et de Thayngen en Suisse; grotte de Vypustek en Autriche; grottes de Levrange, province de Brescia, et

ET DE L'AGRICULTUKE. .M

même bien plus au sud, gi*otte de Campagna, Principauté Citérieure dans le Napolitain. Parfois 1res abondant comme dans la grotle de Scé, mais là nous sommes à l'entrée des Alpes les plus hautes.

I^ugerie-Basse a fourni plusieurs gravures représenlant très fidèlement cet animal parfaitement caractérisé par scvS longues cornes à nœuds.

48. L*égagre ou chèvre primitive, Capra egagrus^ qu'où * appelle aussi chèvre à bézoard, habite le Caucase, le Taurus, et vient jusque dans l'île de Crète. Son habitation se prolongeait beaucoup plus à l'ouest à l'époque magdalénienne et même solutréenne. Les fouilles des Baoussé-Roussé ou grottes de Menton, sur le littoral méditerranéen, ont donné un certain nombre d'ossements de capridés. Gervais en a fait la Capra primigeniaj ou chèvre primitive, parce qu'il a remarqué quelques légères modifications de forme, mais ces modiGcations peuvent à peine caractériser de simples variétés de régagre actuel. Quant aux différences entre le bouquetin et l'égagre, elles portent surtout sur les cornes. Celles du bouquetin sont peu divergentes, larges et noueuses; celles de l'égagre divergent davantage, soqt tranchantes et dépourvues de véritables nœuds. Les stations qui ont fourni des débris d'égagre sont les grottes de Laroque (Hérault), de Bize (Aude), de Gourdan (Haute-Garonne) et d'Aurensan (Hautes-Pyrénées), toutes magdaléniennes. L'égagre a aussi été cité du Puy-de-Dôme.

Dans les gravures représentant des capridés, on en voit qui ont des cornes moins longues que celles du bouquetin et sans nœuds, ce sont évidemment des représentations d'égagre, qui était chassé comme le bouquetin à Tépoque magdalénienne.

1 12. iioM8««rs. — Nous allons donner des détails sur les principaux rongeurs chassés par les hommes fossiles et nous

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compléterons la liste des animaux qu'on rencontre dans les stations paléolithiques en indiquant simplement les petites espèces.

49. Le castor, Castor fiber. Ses débris sont rares dans les dépôls paléolithiques. 11 a été indiqué de la caverne de Gaylenreuth en Allemagne, des grottes des environs de Liège en Belgique, de la caverne de Kent en Angleterre, de Las Pélénos (Lot-et-Garonne) et de Lunel-Yieil (Hérault) en France.

50. La marmotte, Arciomys marmotta^ habitant actuel de nos montagnes. Aux époques mouslérienne et magdalénienne était très abondante dans nos plaines même les plus basses. Belgrand a reçu six têtes d'un même limon à briques près de Mantes (Seine-et-Oise). Dans la station appartenant au moustéricn inférieur delà Hutte (Eure-et-Loir), à la base du limon rouge, exploité par une briqueterie, on a recueilli les restes de quatre ou cinq individus. On en a signalé aussi à Osmeaux dans le sable, à Saint-Georges-sur- Eure, à Aunay-sous-Crécy. Tous ces gisements de la vallée de la basse Seine ne sont pas à plus de 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans la station moustérienne du Mont- Dol (IlIe-el-Vilaine), la marmotte a été trouvée à un niveau bien plus bas encore, non loin de la côte. Les débris moustériens paraissent plus forts et un peu plus épais que dans la race actuelle. On en a fait la marmotte primitive, Arctomys primigenia. Cette race ou variété s'est prolongée jusqu'à l'époque magdalénienne. On Ta signalée entre autres au Salève (Haute-Savoie). Mais elle perd peu à peu ses caractères, et le type actuel est le plus répandu pendant l'époque magdalénienne. La marmotte paléolithique est non seulement descendue dans les plaines de France, de Suisse et d'Allemagne, mais aussi dans celles d'Italie. Dans une sablière moustérienne à Baragiola, province de Côme, sur

un espace assez circonscrit, on a recueilli les os d'une trentaine d'individus de la race primitive. La marmotle a élé aussi trouvée en Piémont ; dans la grotte de Levrange, province de Brescia, ou elle était très abondante; dans les grottes Dei Gotti, ÂU'Onde et surtout de Parignana, en Toscane, enfin à Cagliari où nous nous rapprochons de nouveau de la mer.

51. Le spermophile ou souslick, Spermophilus cUUIhs, animal très voisin de la marmotte mais aux formes plus légères. Vit actuellement depuis Test de l'Autriche et de l'Allemagne jusque dans l'Asie du nord. Signalé à Eppelsheim, dans les fentes du gypse de Montmorency et à Fisherton en Angleterre.

52. Le lièvre ordinaire, Leptis timidusy cité des grottes des environs de Liège (Belgique) ; des alluvions de Fisherton, de la caverne de Kent, de Kirkdale, en Angleterre; de Yilhonneur, des Eyzies, de Laugerie-Basse, du Pé de l'Azé, de Gourdan, de Brengues, de Lunel-Vieil, en France. Race actuelle et race plus grande qui pourrait bien se rapporter à l'espèce suivante.

5â. Le lièvre blanc ou des Alpes, Lepus variabilisy qui ne vit maintenant que dans les montagnes élevées et dans le nord. Plus grand et plus élancé que le lièvre ordinaire. Salève, bassin du lac de Genève. Vers l'autre extrémité de la Suisse, à Thayngen, ses débris formaient plus de la moitié des ossements de la station. On a reconnu cinq cents individus dans la grotte. C'était donc l'animal le plus chassé. A été reconnu même en Toscane, dans la grotte de Parignana.

54. Les lagomys, Lagomys^ petits lièvres sans queue. Le genre lagomys contient cinq ou six espèces vivantes. Toutes habitent les régions de l'extrême nord, excepté une qui vit sur les hauteurs de l'Himalaya. Pendant le quaternaire les lagomys étaient fort répandus en Europe, surtout dans le

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bassin méditerranéen. Les brèches osseuses de Gibraltar, de Sardaigne» de Corse» de Celte, les fentes rocheuses de Montmorency ont fourni des débris appartenant à plusieurs espèces qui se rapprochent plus ou moins des trois espèces vivantes, Lagomys pusilluSy ogolonna et alpinuSj la plus grande de toutes. Ces animaux étaient peu ou point chassés, car ils ne sont pas cités des stations françaises, et si on en a recueilli dans la caverne de Brumberg, en Franconie, et dans celle de Kent, en Angleterre, c'est au milieu de repaires d'animaux carnassiers.

55. Le lemming, Lemmus norvégiens^ habile actuellement les régions du nord. Pendant le quaternaire est descendu jusqu'au 48* degré de latitude, grotte de Hôhlenstein, près d'Ulm (Wurtemberg); station de Yœgtlinshofen , dans la Haute-Alsace, ancien Haut-Rhin; Fisherton et grotte de Vookey (Angleterre).

56. L'écureuil, Sciums vtilgarisy rencontré aux Eyzies, en France, et à Vipustek, en Autriche.

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