FORMULES ET LIVRES LITURGIQUES
paru ; mais on verra bientôt qu'elle y a figuré autrefois. C'est un diacre qui, en Orient, est chargé d'énumérer les intentions de la prière litanique. A Rome le préchantre fut substitué d'assez bonne heure au diacre, pour cette fonction comme pour d'autres analogues.
La seconde forme de la prière présente la disposition suivante. L'officiant, le président de l'assemblée, I>Tend lui-môme la parole pour inviter les fidèles à X^rier Dieu. Quelquefois il indique plus ou moins ra- I>idement quel doit être le sens général de la prière cjue l'on va faire ; d'autres fois il se borne à une invitation en termes brefs. Le silence se fait alors. Les ^iadèles prennent Tattitude de la prière ; ils sont debout, les bras élevés et les mains étendues. A certains jours :ils se mettent à genoux ou même se prosternent la :ïace contre terre. Ils demeurent ainsi quelque temps, 3)riant en silence ; puis la voix de l'officiant s'élève ; 11 prononce une courte formule, qui est comme le résumé des prières sorties de tous les cœurs, et l'assistance s'y associe en répondant Amen.
Ce rituel n'est, il est vrai, décrit nulle part. Les livres liturgiques qui nous ont été conservés ne sont ni assez, anciens ni assez explicites pour nous renseigner là-dessus. Mais la structure de leurs formules ne permet pas de supposer que les choses se soient passées à l'origine d'une autre manière.
Dans le rit gallican, en effet, les oraisons principales sont toujours précédées d'un invitatoire, dans lequel l'officiant s'adresse aux fidèles et les exhorte à la prière. Cet invitatoire a quelquefois les proportions d'un petit discours. Plusieurs formules rappellent tout à fait le style des allocutions de saint Zenon de Vérone, composées sans doute pour un usage analogue. Vient ensuite une vraie formule de prière où le même officiant s'adresse à Dieu au nom de tous. Voici un
spécimen de cette combinaison, emprunté à l'ofiBce des vigiles de TEpiphanie (1).
Miraculorum primordia quae dominus noster lesus Christus proferre in adsumptae Garnis novitate dignatus est , Fratres karissimi, débita exultatione veneremur; quia dum se Dean) intrt humana viscera proferebat, iam de salutis nostrae absolutione tractabat. Homo est utique invitatus ad noptias ; et qaod in nuptiis protolit Deum probavit. Gui us praeconia nec inter ipsa quidem virtutum possumus rudimenta depromere ; sed dam tantaram rerum stupescimus gloriam, temeritatem (2) proferendae laudis iogredimur. Humili ergo oratione poscamus ut per ipsum ad vitam aetemam nobis tribuatur ingressus, cuius nativitatis lumine orbis inlustratus est universus. Quod ipse praestare dignetttr qui in trinitate perfecta vivit et régnât in saecula saeculorum.
COLLECTIO 8BQUITUR.
Omnipotens et misericors Deus, plebi tuae suppliciter exoranti pia benignitate responde , quam cernis in hoc die fideli devotione gaudere , quo dominus ac Deus noster vera humilitate sascepta sic servilem formam misericorditer ostendit in saeculo ut divinam potentiam suam mirabiliter monstraret in caelo. Qui enim pro nobis puer parvulus fuit, ipse ad se magos officio stellae praeeuntis adduxit. Obsecramus itaque , Domine , clementiam tuam , at sicut illis dedisti Christum tuum verum Deum in vera came cognoscere, sic omnes fidèles tuos quos materno sina sancta gestat Ecclesia in praesenti tempore protegas invictae virtutis auxilio (3) et in future facias regni caelestis adipisci munera (4) sempiterna. Per ipsum dominum nostrum lesum Christum filiam tuum , qui tecum beatus vivit, etc.
La liturgie romaine a conservé peu de formules de ce genre ; il en reste assez cependant pour représenter Tancien usage. J'emprunte l'exemple suivant aux prières solennelles du vendredi-saint (5).
(1) Missale gothicum, Muratori, Lit, Aomana vêtus ^ t. II, p. 536.
(2) L'édition porte temeritatis.
(3) Auxilium éd.
(4) Munere sempitemo éd.
(5) Sacram. gélasien, Muraton, Lit. Rom,^ t. I, p. 560.