PRÉFACE. VU
ancienne. Les rituels du sacre de Tempereur, dans la basilique de Saint-Pierre de Rome, ont été classés récemment : aucun, à mon avis, ne remonte même au neuvième siècle.
Tel est le cadre de ce travail. J'ai tenu à m'en expliquer, afin qu'on ne cherche pas dans mon livre ce que je n'ai ni pu ni voulu y mettre. Il me reste à dire que j'ai entendu faire œuvre d'historien, d'antiquaire si l'on veut, sans qu'il y ait dans mon esprit la moindre idée de protester contre les changements que les siècles ou les décisions de l'autorité compétente ont introduits dans les usages liturgiques. On peut porter intérêt à l'histoire des Mérovingiens sans être soupçonné d'entretenir de secrètes rancunes contre Pépin d'Héristal et Hugues Capet.
Je n'ai pas non plus visé à l'édification directe. Ce livre n'est sûrement pas tel qu'on puisse l'emporter à l'église pour y suivre comme il convient les cérémonies du culte. Il y en a un qui a été écrit à cette fin et qui s'y trouve admirablement approprié : c'est V Année liturgique de dom Guéranger. Cependant si mon livre n'est qu'un livre d'étude, je ne pense pas que sa lecture ait pour effet de diminuer chez qui que ce soit le respect, le pieux attachement, auquel ont droit les rites vénérables de notre vieille mère l'Eglise catholique. Si quelque part l'expression avait trahi ma pensée au point qu'il en pût être autrement, je le regretterais du fond du cœur. Ces vieux rites sont doublement sacrés : ils nous viennent de Dieu par le Christ et par l'Eglise ; mais ils n'auraient pas à nos yeux cette auréole, qu'ils seraient encore sanc-