‹ Origines du culte chrétienChapitre 4 sur 52 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

pénitents, de Tordination. Ces questions ont été traitées avec soin par des savants spéciaux, mais dans des livres dont Tampleur, justifiée par Timportance du sujet, est hors de toute proportion avec mon cadre. Si quelquefois, dans l'enseignement oral, devant un auditoire très bien préparé, j'ai pu indiquer brièvement les solutions , en me contentant de quelques explications techniques et de quelques renvois aux auteurs, ce sont là des épisodes dont je dois m'abstenir ici , ne pouvant leur donner par écrit le développement qui serait indispensable au commun des lecteurs.

Du moment où je me restreignais entièrement, obstinément, dans le domaine historique, il m'a semblé qu'il était de mon devoir d'écarter la terminologie spéciale de la théologie. Ce n'est pas que je l'ignore ou que j'en méconnaisse l'utilité. Mais, décrivant des usages très anciens et n'ayant pas d'autre but que de les montrer tels qu'ils étaient pratiqués du quatrième siècle au huitième, je n'ai pas cru devoir en parler dans une langue plus précise que celle qui était employée alors.

Beaucoup de travaux analogues au mien se renferment dans Tétude de la liturgie proprement dite, de la liturgie eucharistique. J'ai adopté un cadre plus large et j'ai étendu mes recherches à d'autres cérémonies. Ici, il devenait nécessaire de faire un choix entre les innombrables manifestations de la vie religieuse dans le christianisme. Quelques rites, comme ceux de l'initiation et de l'ordination, sont tellement essentiels qu'ils s'imposaient tout d'abord. Au delà, le choix était plus difficile. J'avais pensé d'abord aux sept sacrements.

PRÉFACE. y

Mais cette distribution, si importante pour la théologie et même pour l'histoire de temps moins éloignés, ne m'a pas paru correspondre aux exigences chronologiques de mon plan. Les sept sacrements se retrouvent dans ce livre, mais comme ils se retrouvent dans l'antiquité chrétienne, un peu épars et avec des diflFérences de relief. J'ai donc suivi un autre système. J'ai choisi les cérémonies qui ont, à un degré un peu marqué, le caractère d'actes collectifs, ecclésiastiques au vrai sens du mot, celles qui intéressent directement la vie et le développement de l'église locale. Elles se reconnaissent presque toujours à ce qu'elles sont célébrées, en règle générale, dans une assemblée de toute l'église, sous la présidence de l'évêque entouré de tout son clergé. C'est pour cela que l'on ne trouvera rien ici sur le rituel funéraire, qui est d'ordre absolument privé et qui, du reste, en dehors des formules spéciales de la messe, n'offre aucune particularité très ancienne. Pour la même raison j'ai écarté tout ce qui concerne l'assistance des mourants, le baptême et la pénitence in extremis^ Tadministration de l'extrême-onction , les prières pour les agonisants. Tous ces rites, célébrés nécessairement en dehors des réunions ecclésiastiques, sont dépourvus de cette publicité qui est la condition ordinaire, régulière, du baptême, par exemple, et de l'ordination. Si j'ai admis le mariage, qui a plutôt l'apparence d'une cérémonie de famille que l'aspect d'un acte ecclésiastique, c'est parce que le mariage comporte une publicité qui dépasse le cercle familial et embrasse la communauté chrétienne locale dans toute son étendue.

yi PRÉFAGB.

C'est devant TEglise qu'on se marie, non pas seulement devant Dieu, sa famille et ses amis. Il m'a fallu exclure aussi toutes les formes du culte des saints, des reliques, des images, les bénédictions de maisons, de prémices, etc. C'est un autre livre qu'il faudrait pour étudier avec quelque soin tant de manifestations diverses de la piété privée et populaire, protégées, encouragées par l'Eglise, sans cependant avoir été élevées par elle à la dignité de ces grands rites qui sont de véritables actes de la magistrature ecclésiastique, du sacerdoce chrétien. Dans ce livre on ne trouvera jamais le fidèle seul devant Dieu et l'honorant en forme privée. On sera toujours à l'église, à l'assemblée chrétienne. La prière aura toujours un caractère collectif, dans quelque mesure que les divers membres de la réunion s'associent à son expression extérieure,

A cette première limitation se joint celle de la chronologie. Comme je n'ai pas voulu dépasser le huitième siècle, j'ai dû négliger certaines cérémonies, même très imposantes, qui ne se sont introduites que plus tard, ou dont le rituel ne nous est parvenu que sous une forme trop éloignée de l'état primitif. Ici j'ai surtout on vue l'inauguration des souverains, cet acte si important, au point de vue politique aussi bien qu'au point de vue religieux. En France elle ne remonte pas au delà de l'avènement des Carolingiens. Si nous avons lieu de croire qu'elle fut pratiquée un peu plus tôt dans les Iles-Britanniques et en Espagne, il ne nous reste aucun document qui nous permette de dire ce qu'elle pouvait être, dans le détail, à cette époque

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