‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 111 sur 519 · CARÊME · texte numérisé non relu

CARÊME

Il y a assez peu de temps qu'en France, au lieu de Carême, on écrivait Quaresme ou Quaresime, contraction manifeste du mol latin Quadragesima, par lequel la Liturgie désigne la sainte Quarantaine. Ce jeûne solennel qui a toujours lieu immédiatement avant Pâ-

3ucs, quoiqu'il soit une imitation du jeûne c quarante jours subi par le divin Sauveur, n'est pas cependant observé â l'époque où l'Kvangile place le jeûne dominical. Notre- Seigneur le commença aussitôt après son Baptême, et ce dernier événement se passa dans les premiers jours de janvier. Mais l'Eglise a voulu placer ce jeûne de quarante jours au temps qui précède la fêle de Pâques, afin de nous préparer, par une longue pratique de la mortification, â célébrer dignement le glorieux anniversaire de la résurrection de Jésus-Christ.

Il faut ici distinguer l'usage de son obligation. L'usage de ce jeûne se rattache, par son antiquité, à l'établissement même du christianisme. 11 a été universellement observé, et son institution, qui n'est sanctionnée comme loi nouvelle dans les anciens Conciles, découle des apôtres. Les Pères en parlant comme d'une chose généralement admise. Le Concile de Nicéeen parle aussi sous le nom de Tetsaracoste, qui signifie Quarantaine. Quelques écrivains catholiques n'admettent point la distinction que nous avons faite, cl veulent que l'observation du Carême ait été constamment une loi. Mais ils n'ont pas réfléchi que, dans les deux premiers siècles, les chrétiens se dévouaient à celle péni-

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fence qnadrngésimale avec une (clic ferveur, qu'un précepte formel eût été superflu et inutile. Ce n'est donc qu'au troisième siècle, lorsque la piété commençait à se refroidir, qu'on en fit une obligation rigoureuse. Or, quoique la date ne remonte pas au berceau «le la foi chrétienne, i! ne s'ensuit pas que le Carême ne soit point d'institution apostolique.

Du reste ce temps de pénitence ne fut, dans lès premiers siècles, que de trente-six jours ; su cinquième siècle il fut de quarante jours, pour imiter d'une manière plus parfaite \eCorétne dominical. Il faut dire que les opinions sur la question de celte réforme ne sont point unanimes. Plusieurs auteurs fort graves ne la font remonter qu'au neuvième siècle ; ainsi donc l'ancien Carême ne commençait qu'au dimanche appelé pour celte raison Quadrapésime- AGn de jeûner quarante jours, on commença dès le mercredi qui précédait ce dimanche. De là vient que le mercredi, dit des Cendres, est in captte jrjunii. Chez les Grecs, le Carême commence huit jours avant celui de l'Eglise latine; mais les jeûnes n'y sont pas pour cela en plus grand nombre, car ils n on! Jamais lieu le samedi, si ce n'est celui qui précède le jour de Pâques. Pour ne pas nous répéter, nous ne parlons ici que de I abstinence et de ce qui a rapport en général au Carême ; pour tout le reste, on peut consulter les articles cekdrks, jeune, pas-

StO.f , RAMEAUX, SEMAINE SAINTE, etc., ClC

Saint Augustin fait consister l'abstinence quadragésimale dans la privation de la viande et du vin ; plus tard on s'est relâché sur celle du vin. En Orient, comme la privation de la Yiande eût été peu ou point du tout pénible, puisque assez ordinairement on s'en abstient, elle a été remplacée par l'obligation de la xérophagie, qui consiste à se nourrir exclusivement de fruits secs. Les siècles postérieurs ont semblé vouloir aggraver les abstinences primitives pour compenser, n'en doutons pas, l'adoucissement qui s'était introduit d.ms le jeûne lui-:i é:nc. Théodulphc, évéque d'Orléans, au huitième siècle, exhorte son peuple â se priver d'œufs, de fromage, de poisson et de vin pendant le Carême. Il est constant que les œufs et le laitage ont été prohibés presque jusqu'à nos jours ; c'est ce qui a donné lieu à la formule de dispense qu'on trouve dans les mandements des évêques pour le saint temps de Carême. Qui ne sait qu'avec l'argent provenant de la permission d'user de beurre pendant le Carême, ont été bâties plusieurs tours qui ornent le portail de quelques cathédrales ? Le nom de Tourt-de- Beurre est resté à celles qui décorent les belles églises de Rouen, de Bourges et de quelques autres. Avouons, quoi qu on •n ait dit, que l'Eglise ne faisait pas trop Diauvais usage des sommes produites par la dépense de quelques points de sa discipline.

La chair de poisson a été toujours permise, du moins en France, cl à ce sujet Durand de Mt-nde nous dit que celle viaude est permise pour trois raisons. Citons-les, quoique un

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peu singulières : la première, parce qito

auand Dieu frappa la terre de sa malédiction ne maudit pas les eaux ; la seconde, parce que Dieu se proposait de Taire de grandes merveilles par cet élément dans le Baptême; la troisième, enOn, parce qu'il est dit dans la Genèse que l'esprit de Dieu était porté sur les eaxuc. Sans contester an savant évéque l'ingénieuse explication qu il donne du privilège de manger du poisson en tous temps, nous préférons la raison que donne saint Grégoire. 11 dit simplement que c'est poui s 'accommoder à l'infirmité humaine que notre indulgente mère, la sainte Eglise, a bien voulu nous permettre d'user de la chair de poisson pendant le Carême cl à tous les jours d'abstinence. Il est utile de faire remarquer, surtout dans notre siècle, que ce n'est point seulement dans la religion chrétienne que nous trouvons la loi ou du moins l'usage de l'abstinence. Les prêtres de l'Egypte, les mages de la Perse, les gymnosophislcs de l'Inde, les myslcs de Jupiter en Crète, ceux d'Elcusinc ou de Cérès, se dévouaient â une abstinence perpétuelle de ce qui avait eu vie. Chez plusieurs peuples modernes, et notamment sur les bords du Gange, parmi les brahmes ou prêtres de Brahma. on trouve la même observance.Nc dirait-on pas que l'abstinence est un dogme universel, et qu'il fait partie de la religion naturelle dont le Créateur a jeté les germes dans tous les cœurs? Esl-ellc nuisible à la santé et abrége-l-elle la vie? Les communautés les plus austères, telles que les trappistes et autres, répondent négativement par des faits positifs.

Le Carême étant considéré comme une époque d'expiation, l'Eglise a mis ses Offices en harmonie avec ce temps de deuil et de pénitence. Elle supprime donc tout ce qui pourrait retracer une jubilation très-convenable en d'autres circonstances. L'autel se couvre de voiles, les ornements des ministres sont d'une couleur sombre; ils étaient noirs autrefois, tout le Carême, et ils sont maintenant violets ou cendrés pendant les quatre premières semaines, à quelques exceptions près cl qui proviennent de la différence des Rites. Le chant pendant ce temps est plus grave, les orgues gardent le silence, Y Alléluia ne résonne plus, les Heures de l'Office sont accompagnées de prières à genoux, la parole de Dieu est plus fréquemment annoncée, les mariages n y sont plus célébrés, du moius sans dispense : tout cela n'est qu'un reflet de l'appareil de mortification usilè dans les siècles , antérieurs au nôtre. Aucune fêle n'était au- • trefois célébrée en Carême, et ce n'est que plus tard qu'on y en a admis, encore même y sont elles fort rares.

Puisque le Carême est un temps consacre â la pénitence et i une sainte tristesse, on ne peut trouver étrange que l'Eglise y cherche tout ce qui peut nourrir ces salutaires sentiments. Une fête, par le seul nom qu'elle porte, doit inspirer de la joie, sans doute une joie avant loul chrétienne, mais le deuil du Caréme est aussi essentiellement chrétien. Co

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serait donc, scion nous, méconnatlre l'esprit quoi il se fait une cavalcade dont l'heureux de l'Eglise que de multiplier les fêtes dans ce privilégié de la rose fait partie. Le même Orsaint temps. Nous ne préconisons pas un deuil dre romain ajoute que le pape, en donnant pharisaïque et de secte ; on a accusé de celte la rose, prononce quelques paroles d éloges tendance certains Rites diocésains. Nous dou- sur cette fleur ; il en exalte la couleur paie, tons forl que ce fût là le principe qui dirigeait l'odeur fortifiante, l'aspect réjouissant. Celle leurs instauraleurs. Mais quclleque fût leur fleur est, selon Durand, l'emblème du divin intention en plaçant aussi peu de fêtes qu'il Sauveur et une allusion à ces paroles du proétait possible dans le Carême, on ne peut se phèle: Egredietur virga de radiée Jes$et et dispenser d'admettre que l'esprit de l'Eglise y flo$ de radiée ejus ascendet: « Un? tige sortira est suivi. La simple piété des fidèles qui ne ■ de la racine de Jcssé, une fleur sortira de connaissent pas les règles liturgiques, leur « cette tige. * Ainsi l'Eglise mêle à ses joies, inspire l'élonncmenl qu'ils font quelquefois qui paraissent quelquefois empreintes de paraître en voyant, pendant le Carême, se mondanité, les enseignements les plus sublisucréder fréquemment des festivités. A Dieu mes et les plus consolants, ne plaise que nous avions l'intention de dé- Nous n'entrerons pas dans la description verser le moindre blâme, à cet égard, sur détaillée de tout l'Office qundragésitnal, quoi» des Rites qui admettent en Carême un plus que ici nous pussions justifier celle exception grand nombre de fêtes que certains autres, au plan que nous nous sommes tracé. Tout Nous nous contentons d'exposer, dans toute l'ensemble du Propre de ce temps répond aux sa simplicité, l'esprit qui a loujoors dirigé intentions que l'Eglif e s'y propose. Les Lcla Liturgie catholique pendant ce temps de çons, les Répons, les Hymnes de l'Office, les pénitence. Antiennes, l'EpItrc et 1 Evangile de la Messe.

Les Grecs poussent ce sentiment de tris- tout y est mis en harmonie avec les sentitesse et de deuil jusqu'à ne pas offrir le saint ments qui doivent animer le prêtre et les Sacrifice pendant le Carême, si ce n'est le sa- fidèles durant la sainte Quarantaine. L'Hymmedi et le dimanche. Les autres jours il y ne de sainl Grégoire, Audi, bénigne Conditor, avait assemblée de fidèles pour y participer à par ses paroles cl son chant, est d'une mêla communion, avec les espèces consacrées fancolie pieuse qui touche. Le Rit de Paris a le dimanche précédent : c'est ce qu'on nomme eu le rare bonheur de la conserver dans ses la Messe des présanctifiés, qui n'a lieu chez nouveaux Bréviaires, ce qu'on n'a pas fait nous que le Vendredi saint. A Milan, on ne à Châlons-sur-Marne, etc. Chaque férié a une célèbre jamais la Messe les vendredis de Ca- Messe propre à Paris et à Rome, et le prerême. Les dimanches quadragésimaux eut mier de ces Rites a retenu, pour les dimantoojours été regardés comme privilégiés ainsi ches, tous les Introïts de l'Eglise-mère. En que les fériés; ils portaient et ils portent en- quelques diocèses, qui se sont donné un Rit core le nom du premier mot de leur Introït, particulier autre que celui de Paris, cette La Liturgie ambrosienne ou de Milan donne concordance n'a pas été respectée. Nous ciè ces dimanches le nom du sujet de l'Evangile, terons encore Châions où pas un seul de ces Ainsi le deuxième est celui de Samaritanu, à Introïts n'a été conservé. Chacun de ces dicause de l'Evangile de la Samaritaine qu'on manches de Carême porte depuis plusde mille y lit; le troisième, de Abrahamo, parce qu'on ans le nom du premier mot de cette Antienne y lit l'Evangile du mauvais riche; lequatriè- de l'entrée. Au lieu de les désigner par leur me, de Cteco, a pour Evangile le miracle de nombre ordinal, on dit le dimanche à'Jnvocala guérison de I aveugle-né; celui de la Pas- fcïf, celui de Reminiseeret celui d'Oeu/t, celui sion, de Laxaro, le miracle de Lazare res- de Leetare. Certains événements historiques, suscité. des chartes de fondation, de donation, etc., Gomme dans notre Liturgie le quatrième ne portent souvent point d'autre date. Les dimanche porte le nom de celui de Lœtare, calendriers populaires n'inscrivent encore réjouis- toi, il se fait en plusieurs endroits Ces dimanches que par ces premiers roots de une fête où l'on se livre à des joies peu chré- l'Introït. Que peuvent donc y comprendre les tiennes, au lieu de se borner à l'allégresse habitants de ces diocèses ou Ton s'est isolé spirituelle que l'Eglise permet à ses enfants, bénévolement de ce langage européen? Dans parce qu'on a déjà passé une moitié de la celui que nous avons cité pour exemple, qui pénitence quadragésimalc : c'est ce qu'on ap- pourrait, à l'exceplion des habitants catholipelle la Mi-Carême. L'Eglise n'a jamais dis- ques de la contrée, comprendre quelque chose pensé do la loi d'abstinence en ce jour-là, aux dimanches de In te — Beati — Servite — préférablemcntà d'autres, comme l'ont pensé Confiteanlur? L'accord s'est néanmoins conquelques lilurgisles relâchés. serve en ce qui regarde les Evangiles de cha-

Lc quatorzième Ordre romain appelle ce cun de ces dimanches, dimanche, dominica de rosa, le dimanche de iy( la rose. Ce jour, le pape, en allant dire la ../.1a» Messe à l'Eglise de Sainte-Croix, porte une variétés rose d'or qui est parfumée de baume et de On appelait autrefois Carême-prenant les

musc, et après la Messe, lorsqu'il est de re- jours qui précédaient le mercredi des Centour à Sainl-Jean-dc-Lalran, il donne celle dres, parce que celui-ci était destiné a 1 nprose à un personnage sur lequel est tombé plication delà pénitence publique, el même son choix. Celui-ci, fût-il roi, baise les pieds pour quelques-uns à l'absolution : on allait du pontife^ il en est ensuite embrassé. Après se confesser pour se disposer a une action

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aussi sainte. C'est pourquoi les Anglo-Saxons appelaient cette époque la schrovétide, c'està-dire le temps de la confession. Par un funeste refroidissement de la ferveur ancienne, ces jours ont pris le nom très-profane de Carnaval«et sont trop souvent consacrés ides orgies. Ce Carnaval, très-indigne successeur du Carême-prenant, est une imitation des lupcrt-ales célébrées par les païens à peu près à l'époque où commence noire Carême. D'autres croient que c'est un reste des bacchanales ou fêles de Bacchus. L'intention de l'Egli<e était de remplacer ces licencieuses solennités par nn retour salutaire au Seigneur, par la confession, afin de se préparer à la Quarantaine par la pénitence. L'idolâtrie du vice a repris ion empire : pour compenser et expier autant que possible le scandale de ces jours, l'Oraison des quarante heures fut instituée. L'honneur de l'initiative appartient A l'Italie où ces excès sont , il est vrai , plus monstrueux qu'ailleurs. On dit que le duc de Joyeuse prêcha en qualité de capucin, à Lyon, atecune telle force contre les orgies des derniers jours de Carnaval, que toute la ville passa dans l'exercice de la piété ces trois jours dont se composait autrefois le Carême-prenant ou la tchrovétide anglo-saxonne.

Selon la Liturgie gallicane, donnée par MabiMon dans son nlusœum ilalicum, on chantait alléluia le premier dimanche de Carême, parce qu'en effet le Jeûne quadragésimal ne commençait, ainsi que le temps de tristesse et de pénitence, que le lendemain. Eu mémoire de l'ancien usage qui plaçait le commencement du Carême au dimanche proprement dit Quadragetima, le plus grand nombre des Rubriques diocésaines ne prescrivent de voiler les croix , les tableaux , etc., que le samedi, veille de ce même dimanche.

L'h stoire de l'Eglise gallicane nous apprend qu'en 1096 , Urbain II , se trouvant A Tours le quatrième dimanche de Carême en même temps que Foulques , comte d'Anjou, donna la rose d'or à ce prince. Celui-ci, ravi d'un si grand honneur, la porta pendant la Procession qui se Qt avec beaucoup de pompe, et, afin de perpétuer un souvenir auquel il attachait un grand prix, Foulque résolut de porter tous les ans celte rose à la Procession do dimanche des Rameaux, qui se fait à Angers d'une manière très-solennelle. De là sans doute, le nom de Pdjue- fleuri donné à ce dimanche.

La loi de l'abstinence était autrefois si rigoureuse, que Chartemagne fit défense aux Saxons de la violer sous peine de mort.

Ditmare, évéquede Merspourg, nous apprend que, de son temps, en Pologne, on arrachait 1rs dénis à quiconque était convaincu d'avoir mangé de la viande , non-seulement en Carême, mais encore à dater de la Sepluagosime.

En Russie, l'abstinence imposée par la religion, ne laisse, dans l'année, que cent trente jours où il soit permis de manger de la viande.

Jusqu'à la révolution de 1789, toutes les paroisses et communautés de la ville de Paris

allaient en Procession à la métropole Notre- Dame le dimanche de la Quinquagésime pour l'indulgence du beurre et du laitage pendant le Carême.

Guillaume Durand, après aroir observé que le Carême, commençant proprement au premier dimanche, se compose de quarantedeux jours, dit que l'Eglise, ne tenant pas compte de ce nombre excédant, a donné à ce temps le nom de Quadragetima. Quarantaine,

Îiarce qu'elle considère le nombre rond sans aire attention à ces deux jours. Il en fait un rapprochement ingénieux arec les quarante ans que les Israélites passèrent dans le désert ayant la manne pour nourriture : «Nousjeû- « nons quarante jours, dil-il, en commen- « çant au mercredi précédent, parce que, se- • Ion saint Augustin, saint Matthieu compte a quarante générations ; car Noire-Seigneur « est descendu vers nous dans son nombre « quadragénaire, numéro *uo quadragenario. « aûn que nous montions à lui par le mémo « nombre quadragénaire de nos jeûnes. » Il dit plus bas que depuis ce dimanche jusqu'au jour de Parascive ou couvre les croix et que l'on suspend un voile devant l'autel.

Selon le même auteur, le deuxième dimanche porte le nom de Dominica Vacant, parce qu'il n'a point un Office propre. Cela provient de ce que les Ordinations commençaient anciennement vers la fin du samedi et se prolongeaient jusqu'au lendemain ; mai», comme on ne pouvait s'abstenir de nourriture depuis la sixième férié jusqu'au dimanche, on a fixé les Ordinations au samedi, et en ce deuxième dimanche on reprend la Messe de la quatrième férié. La Liturgie romaine garde cet usage. La Messe de ce dimanche est la même

Sue celle du mercredi précédent, à l'excepon de l'Epttre et de l'Evangile. Plusieurs Rites modernes ont aboli ce vestige d'antiquité tout en proclamant leur retour a celle-ci 1

Le mercredi de la quatrième semaine offre un Rite particulier qui retrace les mercredis des Quatre-Tcmps. Les catéchumènes étaient conduits, en ce jour, à l'église, et l'on y procédait au troisième scrutin. Dans la primitive Eglise, il y avait sept scrutins ou examens qu'on faisait subir aux catéchumènes qui se disposaient à recevoir le Baptême : celui-ci était solennel. Aussi la Messe dans toute sa composition rappelle les bienfaits de ce Sacrement. L'usage du scrutin, en ce jour, s'était conservé à Vienno et à Rouen jusqu'au dix-septième siècle. A la vérité, ce n était plus qu'un souvenir : car les enfants de chœur représentaient les anciens catéchumènes : ce

I'our n'est plus distingué que par les deux <! pitres qu'on y lit, et 1 esprit liturgique de sa Messe propre. Le samedi suivant, l'Introït de la Messe rappelle encore le désir du Baptême : Sitiente* eenile ad aquas. C'était encore un jour de scrutiu; on y fait l'Ordination, à laquelle Durand rapporte aossi les paroles de ce même Introït. Le nouveau Missel de Paris, publié en i8il , a remis en téle de la Messe du mercredi de cette semaine le titre : In terutiniis electorum tive in examine baptisandorum, ce qui est parfaitement convenable.

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