‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 116 sur 519 · CEN · texte numérisé non relu

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ration do Coneile terni, en 1439, à Florence , pour la réunion des deux Eglises.

Judas reçut-il le corps et le sang de Jésus- Christ? Celle question a été l'objet d'une grande controverse entre les théologiens et les interprètes des livres saints. Les trois saints évangélistes Matthieu, Marc et Lue disent bien que Notre -Seigneur mangea l'agneau pascal avec ses douze apôlres, mais il n'est pas aussi clair que les douze assis* tassent au second repas et encore moins à la Cène eucharistique. Les uns pensent que Jndas n'assista point à cette dernière , et qu'ayant été signalé comme traître, il se retira. Les autres disent qu'il n'assista pas jus* qu'à la fin du second repas après lequel Jésus-Christ institua l'Eucharistie. D'autres enfin disent que Judas recul comme les autres apôtres le pain que son Maître lui présenta, mais qu'en ce moment Jésus-Christ ôta la Consécration au pain eucharistique donné au traître. Benoit XIV rejette toutes ces opinions, et prouve que Judaâ fit bien réellement la communion. Il s'appuie sur l'autorité des anciens Pères de l'Eglise et delà très-majeure partie des théologiens. L'Eglise semble d'ailleurs approuver exclusivement celte opinion lorsq u 'elle cha nie avec saint Thomas d' Aqui n: Quem tu sacra menta Caruz, turbet fratrum duodenœ, datum non ambigilur. Si l'Eucharistie fut reçue par les douze apôlres , sans nul doute Judas y participa.

Aujourd'hui le nom de Cène est donné au lavement des pieds que le pape, les évéques etc., et même quelques rois ou princes souverains ont coutume de pratiquer le Jeudi saint. Cet usage est d'une très-haute antiquité. Le Concile de Tolède, en 694 , en Tait une prescription sévère aux évéques et condamne ceux qui la violeraient à être privés de la communion pendant deux mois. Ceci prouve qu'il y avait eu du relâchement dans l'observation de cette pieuse pratique; or, comme on sait, le relâchement ne s'introduit jamais qu'au bout de plusieurs siècles d'usage bien suivi. A Rome ce cérémonial a été observé depuis les époques les plus reculées , non point sans certaines var ations ou modifications que la succession des temps amène toujours. Il y a sur ce point une singularité qui mérite d'être expliquée. En plusieurs Eglises, on lave les pieds à douze pauvres. K Home, selon les anciens ordres , le pape lavait les pieds à douze diacres, ou, â leur défaut, â douze chapelains. Mais dans les Ordres plus récents, il est dit que le pape doit laver les pieds de treize pauvres revêtus d'une tunique blanche. Depuis longtemps, on est dans l'usage à Rome de laver les nieds de treize prêtres que l'on prend de plusieurs nations. On demande la raison pour laquelle on ne t'est point borné au nombre de douze, qui était celui des apôtres? Les sentiments

partagés à cet égard. On voit dans ce treizième 1 apôtre saint Panl. qui, quoiqu'il n'ail pas assisté à la Cine dominicale, puisqu'il n'était pas au nombre des apôlres , a mérité qu'où lui consacrai ce souvenir. On

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veut y voir Matthias qui remplaça Judas. On

Jr voit le père de famille dont il est parlé dans 'Evangile, et dans la maison duquel Jésus- Christ fil la Cène. Enfin on prétend que c'est pour rappeler un prodige arrivé du temps de saint Grégoire, et l'on dit qu'au moment où ce pape lavait les pieds de douze pauvres, il en vil un treizième qui était un ange. Ce miracle est peint sur les murs de l'église de saint Grégoire, à Rome, avec celte inscription :

JlissenM hic Gre^onus pascebal egentet Angclus el ducimus lerlius accubuit.

« Grégoire servait ici à manger â douze « pauvres , lorsqu'un ange vint se mettre i « table el compta pour le treizième. »

Aujourd'hui, comme très-anciennement , le pape sert à manger aux treize pauvres auxquels il a lavé les pieds. Ce sont maintenant toujours des prêtres. On leur donne aussi une pièce d'or el une pièce d'argent. Pendant la cérémonie du lavement des pieds, la musique pontificale chante l'Antienne : Mandatum novum, qui fait donner à toute la cérémonie le nom de mandat. Selon le Rit romain, on chante pendant la cérémonie du lavement des pieds une longue série d'Antiennes dont quelques-unes sont répétées et d'autres sont suivies, comme l'Introït, d'un Verset de Psaume. A la fin , on récite le Pater accompagné de plusieurs Versets et d'une Oraison. Le Ril parisien ne diffère du premier qu'en ce qu'il n'y a pomt nn aussi grand nombre d'Antiennes. Mais cette suppression considérable imprime au Rit parisien une sécheresse qui ne devrait point se trouver dans un cérémonial aussi touchant. Quant à l'ordre lui-même du cérémonial, il est très-simple. Celui qui doily

rirésider est en aube, sur laquelle il met 'étole et la chape de couleur violette. Le diacre et le sous-diacre sont en dalmalique el tunique blanches, comme à la Messe. Le premier chante l'Evangile : Antediem ftiium Pafchœ, selon le Rit ordinaire ; puis le célébrant ôte la chape , se ceint d'un linge , et pendant que le sous-diacre prend le pied droit de chaque pauvre, le célébrant lave ce pied, l'essuie cl le baise. Le lavement des pieds a lieu après le dépouillement des antels. Le Rit parisien , après celle cérémonie, procède à la Bénédiction du pain et du vin

3ui sont distribués â ceux qui ont été l'objet e la cérémonie. Pendant celte distribution, un lecteur chanle sur le ton des Leçons, le discours que le divin Sauveur adressa è ses apôtres après le lavement des pieds. On le prend au vingtième verset du chapitre XIII, selon saint Jean, el il se termine avec la fin du chapitre XIV. C'est un souvenir de la Cine eucharistique, car c'est après ce discours que Jésus-Christ institua le sacrement. Nousregreltons dans le Rit parisien l'absence

retrace Sauveur.

Celte édifiante commémoration de l'humilité de celui qui a dit : A pprenez de moi que

>us lugictiuusuaiis ic nu pat isicii i ciuscnut:

l'Evangile : Ante diem où le même Apôtre trace le lavement des pieds par le divin

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je suis doux et humble de cœur, est pratiquée, avons-nous dit, par d'autres personnes en dignité, à l'égard de douze pauvres. Au . christianisme seul appartiennent ces actes empreints d'un sentiment religieux d'égalité dont la philosophie mondaine s'est contentée de préconiser la théorie.

VARIÉTÉS

Le lavement des pieds se pratique chez les Grecs, mais avec des particularités qui tiennent bien du génie de celte nation. C'est une véritable commémoration dramatique du lavement fait par Notre-Scigneur. Judas y est représenté par un prêtre à barbe rousse, parce qu'un préjugé populaire attribue à ce traître disciple une barbe de cette couleur.

Chez les Arméniens, le soir du même jour, l'évéque ou le premier dignitaire de chaque église lave les pieds, d'abord aux prêtres, ensuite à tous les hommes présents, en imprimant sur leurs pieds un signe de croix avec une huile qui a été bénite a cet effet.

L'auteur des Voyages liturgiques fait remarquer une singularité particulière à l'Eg'ise d'Angers : c'est que de son temps le bourreau était chargé de maintenir le bon ordre pendant que 1 évéque procédait au lavement des pieds.

Le roi de France faisait autrefois la Cène. Un sermon précédait la cérémonie. Un évéque faisait ensuite l'absoute, et enflu le roi, environné des princes cl des grands officiers, larail et baisait les pieds de douze pauvres, les servait a table et leur faisait une aumône. La reine en faisait du même à l'égard de douze pauvres filles.

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