ABB *G
quement par l'Evêque. A la Communion, le pontife donne l'Eocharistie au nouvel Abbé sous l'espèce du pain.
Après la dernière Bénédiction , l'Evêque met la mitre sur la tête de Y Abbé, et enfin lui remet les gants avec 1rs prières et formule» convenables. La cérémonie se termine par le Te Deum, au son des cloches.
Cet abrégé de la Bénédiction des Abbés suffit pour faire connaître l'importance que l'Eglise attache à cette dignité. Le cérémonial n'est pas aussi solennel lorsque YAbbi n'est point de ceux qui ont le privilège de la mitre et de la crosse. Ces insignes ne sont pas toujours inhérentes à cette qualité.
Les Abbesses reçoivent aussi une Bénédiction qui est à peu près semblable à celle des Abbés, mais qui varie néanmoins en ce qui regarde les insignes que l'Evêque remet à l'Abbé, tels que la mitre, la crosse, les gants, etc., cependant quelques Abbesses ont le droit de crosse, et la reçoivent de l'Evêque, ainsi que la croix pectorale et l'anneau.
VARIÉTÉS
Le privilège de la mitre fut accordé dans le principe aux chefs ou Abbés des grands monastères. Insensiblement ce privilège s'étendit, et enfin, presque tous les Abbés jouirent du droit de mitre. Les Abbés corn Mandataires , en France . ne pouvaient la porter que dans leurs armes.
Quelques Abbés , chefs d'Ordre , jouissent du privilège de conférer la tonsure , les Ordres mineurs, et même le sous-diaconal à leurs Religieux (voyez ordinatio*).
Le sieur de Moléon , dans ses Voyages liturgiques, dit qu'autrefois Y Abbé de Saint- Pierre de Vienne avait le droit , en l'absence de l'archevêque, d'officier dans la cathédrale, aux jours solennels, avec la mitre et la crosse.
Nous lisons dans le XV* Ordre romain que les Abbés avaient enfin reçu le droit de prêcher devant le souverain pontife. Celte faculté n'appartenait alors qu'aux cardinaux, évéques ou prêtres. Cet Ordre romain est du quatorzième siècle.
Il existe un règlement du pape Clément IV, au sujet des mitres dont on accordait l'usage aux Abbés. D'après ce règlement , les Abbés ne devaient porter dans les Synodes et Conciles qu'une mitre garnie d'orfroi seulement, sans perles, ni pierreries, ni lames d'or ou d'argent. Dans ces assemblées , les Evéques portaient la mitre précieuse, c'est-à-dire ornée de perles on de pierreries.
Quelques Abbés avaient le tHre d'^ftMcardinal, entre autres YAbbi *> la célèbre maison de Cluny.
Aujourd'hui, ce nom A' Abbé se donne vulgairement à tout ecclésiastique, même à celui qui n'a reçu que la tonsure. Du reste, les curés ou prêtre» des paroisses, presbyteri, étaient autrefois , dans les premiers siècles . qualifiés du nom d'Abbés. Ils étaient en effet les Pères, ou Recteurs des âmes nm leor avaient été confiées. Sous ce rapport, le titre
LITURGIE CATHOLIQUE. Ï8 clésiastiques séculiers cinquante-cinq mille livres ; Flioes, diocèse
iVAhbé donné aux ec
u est point une innovation , il peut tout au plus y avoir une extension abusive en qualifiant ainsi les membres du clergé qui ne sont point prêtres, et surtout les clercs dans les Ordres mineurs.
Dom Claude de Vert dit que VAbbesse de Remiremont était en possession de bénir l'encens à l'Offertoire. Le même, auteur rapporte encore que VAbbesse de Messine, ordre «le saint Benoit, dans le diocèse d'Ypres, portait le camail comme les chanoines.
Le Sacramenlaire Gallican , dit de Bobio, contient le cérémonial de la Bénédiction d'une Abbesse. 11 consiste simplement dans une assez longue Oraison que l'évéque doit réciter sur la postulante. Il parait, d'après celte môme Oraison, qu'un voile lui était imposé comme cela se pratique aujourd'hui. On peut consulter , pour de très-amples détails, l'ouvrage de Dom Marlène : De antiquis monachorum Ritibus.
On ne trouvera peul-étre pas inopportun que nous placions ici quelques documents sur l'état des abbayes de France avant nos troubles politiques. Les Abbés comme ndataircs des abbayes suivantes jouissaient d'un revenu qui dépassait cinquante mille livres : Saint-Germain-des-Prés , à Paris , était taxé à cent trente mille livres ; Sainl-Dcnys, près Paris, à cent mille livres, mais ce revenu appartenait à la maison royale de Saint-Cyr; Fecamp, diocèse de Rouen, produisait quatre-vingt mille livres ; Anchin, diocèse d Arras , soixante-dix mille livres; Saint-Etienne de Cacn, diocèse de Bayeux, soixante-dix mille livres ; Corhie , diocèse d'Amiens , soixante-six mille livres ; Le Bec, diocèse de Rouen , soixante mille livres ; Saint-Ouon de Rouen, cinquante-cinq mille livres ; Chaalis. diocèse de Sonlis, Sainl-Médard, en celui de Soissons . Cluny, en celui de Mâcon , Siint-Vandrillc, en celui de Sens , T rois- Fontaines, en relui de Châlons-sur -Marne . Signy, en celui de Reims , produisaient pour chacun de leurs Abbés cinquante mille livres. I.c revenu des suivantes se portail de trente à cinquante mille livres , savoir : Aubrac, i'.iocèsc de Rodez, Saint- Vaast, diocèse d'Arras, Gorzc, diocèse de Metz, Ourscamps, diocèse de Noyon , Saint-Vincent, diocèse de Metz , Saint-Victor , à Paris , Saint-Riquicr , diocèse d'Amiens, Préaux, diocèse de JLisieux, Saint-Victor de Marseille, Aisnay , à Lyon , Bclchamp , diocèse de Nancy , Ccrcamp, diôcèsc d'Amiens , Haut-Villicrs, diocèse de Reims , Monl-saint-Mirhcl , diocèso d'Avranches , Saint-Jean, diocèse d'Amiens , Sainl-Jean-des- Vignes , diocèse do Soissons , Saint-Paul, diocèse de Verdun , Saint-Vincent, diocèse de Laon. Plus de six cents autres abbayes donnaient à leurs Abbés commcndalaires des revenus inférieurs jusqu'à celui de sept cents livres.
Parmi les Abbesses commendataires, les plus riches de ces titulaires étaient celles de F ontevrault, diocèse de Poitiers, quatre-vingt nulle livres; Notre-Dame, diocèse de Saintes, soixante mille livres; La Trinité, à Cacn,
d'Arras, cinquante mille livres; Jouarre, diocèse de Meaux, cinquante mille livres ; Notre-Dame de Soissons, Saint-Antoine, à Paris, et Saint-Pierre à Lyon, quarante mille livres; Chelles, diocèse de Paris, et S -tint— Pierre, en celui de Reims, trente mille livres ; Remiremont , diocèse de Sainl-Dié , trente mille livres ; Le Vivier, diocèse d'Arras. vingt-neuf mille livres; Sainle-Glossinde, en celui d'Arras, vingt-neuf mille livres ; Le Ronceray, diocèse d'Angers, vingtcinq mille livres. Les abbayes du Val-de- Grâce et l'Abbaye-aox-Bois de Paris valaient plus de vingt mille livres , ainsi que celles du Paraclet, diocèse de Troyes, du Lys, eu celui de Sens, de Farmonlier, en celui de Meaux, des Clairets, en celui de Saintes , de Denain, eu celui d'Arras, de Sainle-Crois, en celui de Poitiers, de Saint-Georges, en celui de Rennes, do Saint-Julicn-du-Pré, en celui de Sens. Plus de deux cents autres abbayes de filles étaient plus ou moins inférieures en revenus à celles que nous venons de nommer.
Nous ne parlons point des abbayes régulières de l'un et de l'autre sexe dont le nombre était considérable. Toutes ces maisons religieuses présentaient une sainte milice, dont l'occupation principale était de chanter les louanges du Dieu trois fois saint, et remplissaient admirablement dans le concert Liturgique la part qui leur était assignée.