‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 175 sur 519 · CONVOI · texte numérisé non relu

CONVOI

(Voyez i L\\f:iuiu.ns. )

COPIATES.

(Voyei FUNÉRAILLES.)

CORPOHAL.

L'origine de ce terme est fort simple , et elle renferme la destination do l'objet. De quelque matière que fût l'autel sur lequel le saint Sacrifice était célébré, on y déployait un linge sur lequel était placé le corps de Notrc-Seigncur. Outre la décence, il y a ici une raison mystique: on voulait figurer, par le corporal, le suaire dans lequel notre Sauveur, après sa mort, fut enseveli par Joseph d'Arimathic : Poswrunl eum in sindonc munf/d. On peut donc, sans hésiter, faire remonter l'usage des corporaux aux temps aposlo liques. Le pape Sylvestre, dans le quatrième siècle, ordonna que le corporal fût toujours dtlin, non de soie ou de toute autre matière, afin de mieux retracer l'acte du pieux Joseph donl nous venons de parler.

Les anciens corpiraux avaient une^ bien plus grande dimension que ceux de nos jours. L'Ordre romain nous le prouve fort clairement : lorsquo le célébrant était arrivé a l aukl, lo diacre développait le corporal d*

côté droit de l'autel, et ensuite jetait l'autre bout au sous-diacre qui était à gauche, et celui-ci l'étcndail de son côté. Cette ampleur du eorporal n'a rien qui doive nous étonner, et on l'explique faciletnont par le nombreux concours des communiants à celte époque de ferveur; il fallait un linge assez grand pour recevoir les espèces qu'on devait leur distribuer.

Ce grand eorporal s'appelait aussi palla, du paltium, couverture, et ce n'était pas autre chose qu'une nappe plus fine que celle dont l'autel était couvert, et consacrée par les Bénédictions à cet usage ; il est vrai que, pour la distinguer des autres , on l'appelait palla eorporali».

il est facile de trouver maintenant la cause de la diminution d'ampleur dans les corporaux. D'ailleurs, dans les Eglises un peu aisées, on met les hosties qui doivent être consacrées dans un vase ou ciboire qui est affecté à cet usage, ou bien dans le ciboire même du tabernacle, après qu'il a été purifié et qu'il n'y a plus d'hosties consacrées. On les place aussi sur une patène autre que celle dont le célébrant se sert pour la Messe.

Quelques Missels ont une prière qui se récite au moment où le prêtre étend le eorporal. Le Kit ambrosien entre autres a l'Oraison sur le sindon ou eorporal: Oratio super iindonem.

Avant le douzième siècle, c'est-à-dire avant que se fut introduit l'usage de l'Elévation, le calice était recouvert parle eorporal qui était alors un peu plus ample que nos corporaux modernes; mais comme quelques prêtres voulaient faire cette Elévation en tenant le calice couvert et que cela était fort gênant, on fit un eorporal un peu plus petit pour le couvrir. De la ce que nous appelons la palle; et toutefois, selon le Rit te plus universellement adopté en Occident, celle-ci n'est pas sur le calice quand on l'élève. A Lyon, on a continué jusqu'à ce jour de couvrir le calice avec le eorporal.

La discipline ecclésiastique ordonne que les corporaux soient tenus dans une grande propreté , et ils doivent être lavés par un ecclésiastique dans les Ordres sacrés , avant d'être remis pour les blanchir; celte première eau doit être jetée dans la piscine ou dans le feu. Chez les Grecs, et nous le faisons remarquer comme preuve du grand respect qu'ils ont pour la sainte Eucharistie , on se sert du eorporal jusqu'à ce qu'il soit tellement vieux ou sale qu'il ne puisse plus servir; alors on le brûle et les ccudres sont déposées dans quelque endroit de l'église où on ne puisse les fouler aux pieds. 11 faut observer que chez eux le eorporal est consacré, tandis que chez nous il est simplement bénit.

11 faut bien se garder de confondre les corporaux avec les nappes, comme l'ont fait quelques lilurgistes. 11 est vrai que souvent on nomme pareillement celles-ci pallot al tarit; mais un Concile d'Auxerre, dans le dixième siècle , distingue les corporaux de»

nappes en appelant ceux-là : Operlorium l*aminici corporit. (Voyez nappk.)

VARIÉTÉS

Outre le eorporal sur lequel on plaçait le corps de Noire-Seigneur, il y avait encore d'autres linges qu'on appelait du même nom, mais qui ne servaient qu à recueillir tes oblations des fidèles. Cela se pratique encore à Milan, et l'on donne à ce linge le nom d'Oflertorium. Offertoire.

Aujourd'hui, lorsque le eorporal est déployé, le prêtre place l'hostie au pied du calice et au milieu du eorporal; mais du temps d'Amalaire, du Micrologue, de Raoul de Rivo, l'hostie était à la gauche du calice sur la même ligne que celui-ci. Les Grecs ont conservé celle coutume ; l'usage actuel nous parait cependant plus régulier.

De tout temps on a consacré par une Bénédiction spéciale le linge sur lequel doit reposer le corps de Jésus-Christ ; les ministres seuls de 1 autel pouvaient le toucher et devaient seuls le laver : celte règle s'est maintenue. Le liu seul peut être la matière du eorporal ; on doit y broder deux croix : l'une au milieu el l'autre sur le bord qui est du coté du prêtre ; mais ces croix doivent être faites de manière à ne pas retenir les fragments qui peuvent se détacher de la sainte Hostie. C'est pourquoi le eorporal doit être sans dentelle autour ; à plus forte raison doiton éviter d'y exécuter des travaux à l'aiguille. Nous pcrmeltra-t-on de rappeler que le eorporal ne doit être entièrement déployé que pendant tout le temps que le calice n'est pas couvert de son voile? On sent aisément les inconvénients d'une coutume contraire.

Pour plus grande décence, le eorporal est enferme dans une bourse ou corporalier tant que te prêtre ne s'en sert point à l'autel. Ce corporalier, qui est fait de deux cartons joints ensemble, el dont la face antérieure est de la même étoffe que l'ornement ou du moins de sa couleur, ce corporalier , disons-nous, est plus ancien que ne le pensent quelques ecclésiastiques qui mettent le eorporal, à nu, sur le voile , en allant à l'autel. Il en est fait mention dans les anciennes Rubriques sous le nom de pera. Gavantus raconte que le saint pape Pie V avait accordé aux Espannols la faculté de porter le eorporal à l'autel , hors de la bourse ; la chose paraissait donc tellement grave qu'il fallait une dispense émanée de Rome. ...

On conservait autrefois au monastère de Cluny un eorporal destiné à être jeté dans le feu d'un incendie , afin de l'éteindre : celte superstition a été abolie par le Concile de Salingostad en 1022. On pratiquait aussi en d'autres lieux celte coutume abusive.

Outre le grand eorporal sur lequel se pose le calice, les Pères théatins en ont uu tout petit sur lequel ils placent la sainte Hostie.

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