DOXOLOGIE
Ce terme composé dés deux mois grecs U(% et i<y»c, gloire et discours, exprime en général toute formule qui a pour but de glorifier et de bénir le Seigneur. En ce sens, la Liturgie est une doxologie dans tout son ensemble « les Grecs appellent spécialement de
ce nom l'Hymne angélique Gloria in excelsis, et c'est pour eux Fa grande doxologie. La petite doxologie est la glorification qui équivaut à celle que nous exprimons par Gloria Patri, à la fin des Psaumes, dans les Inlroïts et les Répons. Nous donnons ensuite, en par* liculier, ce nom à la dernière strophe d une Hymne, parce que, en effet, les trois Personnes divines y sont glorifiées.
On sait que les premières paroles de ta grande doxologie ont été chantées par les anges lorsqu'ils annoncèrent la naissance du divin Sauveur. De là lui est venu le nom d'Hymne angélique. Les paroles qui le complètent sont attribuées aux apôtres dans le livre des Constitutions apostoliques, mais ce fait n'est pas généralement admis ; on les attribue au pape Télesphore qui vivait au milieu du deuxième siècle, au pape Symmaque, à saint Hilairc, évéque de Poitiers. Il est bon de remarquer que l'auteur des divins Offices, connu sous le nom d'Alcuin, après avoir attribué la continuation cl la fin du Gloria in excelsis à saint Hilaire, prétend que le pape Télesphore l'a introduit dans la Messe. Or saint Hilaire a vécu deux siècles après ce pape. Les Pères du quatrième Concile de Tolède se contentèrent de déclarer que la suite de cette Hymne avait été composée par des docteurs ecclésiastiques. Nous insérons en entier le Gloria in excelsis des Constitution* apbstoliques dans les Variétés de cet article* On peut juger de l'analogie qui existe entre celui-ci et celui qui se trouve dans nos Missels. Le premier porte le titre de Prière du matin. 11 paratt qu'on chantait ce beau Cantique en actions de grâces. Saint Jean Cbrysostome le dit formellement dans une de ses Homélies. Saint Grégoire de Tours nous apprend que lorsqu'on eut découvert les reliques du martyr Mallosus, l'évéque entonna ce Cantique et le chanta avec tout le peuple. Anaslase, le bibliothécaire, racontant l'entrevue du pape Léon III et de Charlemagne. à Rome, dit qu'après leurs mutuels emhras— sements, le pape entonna Gloria in excelsis qui fut continué par le clergé.
Depuis saint Grégoire le Grand, sinon avant lui , ce bel Hymne est chanté ou récité â la Messe. Dans le Sacramentaire de ce pape, il est dit que les évéques le réciteront seulement à la Messe des dimanches et fêtes, mais que les simples prêtres n'auront cette faculté que pour le saint jour de Pâques. Cette ordre de choses a duré au moins jusqu'au onzième siècle; car un écrivain de celte époque demande pourquoi les prêtres ne pourraient pas aussi bien chanter Gloria in excelsis en la fêle de Noël qu'en celle de Pâques, puisque à la naissance du Mes»ie, il fut entonné par les anges. On serait fondé à croire qu'en Espagne, au huitième siècle, tous les prêtres récitaient à la Messe le Gloria in excelsis. Béatus, simple prêtre, qui écrivait à celle époque, s'exprime ainsi : « Nous disons « Gloria in excelsis non-seulement à la Messe « des Dimanches, mais encore en celle de louai tes les fesl!vités. » Le cardinal Bona pense que c'est yers l'an 1040 que cerlains prêtres
DOX
frappés des raisons de l'abbé Bernon, le même qui Taisait la demande qui a élé mentionnée, commencèrent à dire le Gloria in excelsts, no jour deNoèl , puis aux autres solennités! et enfin aussi souvent que les évéques. L'autorité ecclésiastique n'ayant luit entendre aucune réclamation, il n y a plus eu de différence, à celte égard, entre les évéques et les prêtres.
Pendant f Arent, la Septuagésime et le Carême, on a toujours omis l'Hymne angélique à la Messe. Ordinairement on ne le dit que lorsque le Te Deum a élé récité à l'Office ; il n'y a d'exception que pour les Messes votives qui ne font pas suite à l'Office du jour, et pour le Jeudi et le Samedi de la Somaine sainte. Lévéque de Bethléem, qui avait son siège dans la chapelle de l'hôpital deClamecy, diocèse de Nevers, pouvait seul dire le Glorxa m excelsis à toutes les Messes , en mémoire de celui qui fut chanté par les anges. Ce privilège a quelque chose de tout hanl , et l Hymne de la crèche devait être incessant dans la bouche d un évéque dont le titre était celui Je Bethléem. Nous n'avons point à décrire les diverses prescriptions de la Rubrique, au sujet du Gloria in excelsis ; nous dirons seulement que si en général le célébrant et ses ministres vont s'asseoir pendant qu'on le chante, il n'en a pas toujours élé de mémo. Amalaire dit que l'évéquc ne s'asseyait pas , et l Ordre romain porte cette Rubrique : Poniifex incipit Gloria in excelsis, et non sedet •ntequam dicat Orationem primam.
La petite doxologie est à son tour d'une très-haute antiquité, les Eglises d'Occident I ont constamment chantée à la (in des Psaumes. Elle n'a pas élé uniformément conçue dans les mêmes termes qu'aujourd'hui, mais il y a de très-légères différences. Les Constitutions apostoliques en renferment une plus longue ; on la disait à la fin des Prières : Omnis gloria. venerotio , gratiarum aclio, honor , adoralio Patri el Filio et Spiritui Sancto, nune et semper <t in inpnita ac sempiterna secula teculorum. Amen. « Que toute
• gloire, vénération, action de grâces, toute » adoration, tout honneur, soient au Père et
• au Fils et au Saint-Esprit, maintenant cl à
• jamais dans l'infinité et l'éternité des siè-
• des. Amen. » La petite doxologie ai omise à la fin des Psaumes, de l'Introït, des Répons, durant le temps de la Passion, à l'Office des Morts, en signe de tristesse, parce qu'elle est considérée comme un chant de jubilation. Selon le Rit romain , elle ne se dit pas à la lin de chacun des Psaumes de Laudes, quoi-
Sue le Psaume soit terminé. Ou en récile eux, et è la fin du dernier on dit Gloria Patri, elc. , et il y en a sept. Ceci est une question de Rubrique, el le prêtre doit se conformer à celle qui lui esl indiquée par son livre d'OluYc.
Cette glorification varie, quant à sa teneur ci aux temps où elle doit être récitée, dans les diverses Liturgies d'Orient. Nous en parlons dans divers articles comme hf.lrbs, IrrrnoiT, aékws, etc. Il en rsl de même dans
JXJX
quelques Rites particuliers d'Occident. La doxologie des Hymnes n'est autre chose que le Gloria Patri% poétiquement traduit, et doit par conséquent varier, quant aux expressions , selon le rhythme adopté. A la fin des Psaumps, etc., le chœur se découvre pendant le chant de !a pelile doxologie, excepté pendant la strophe des Hymnes qui y correspond. A sa place, dans l'Offire des Morts, on d't : Ret/uie.n tetermm donu eis. Domine, elc. Néanmoins, après le Psaume du lavement des mains, aux Messes des défunts, Gloria Patri ne doit pas élre remplacé parle Requiem, comme nous l'avons entendu dans la bouche de quelques prêtres. La Rubrique romaine m contente de dire qu'on omet dans ces Messes la pelile doxologie, el ne parle aucunement du Requiem comme devant lui être substitué. Nous ignorons si tel est l'usage dans quelques Rites particuliers, mais è Pans on se conforme à la Rubrique romaine, sous ce rapport.