VI RI ÉTÉS
L'Hymne angéllque des Constitutions apostoliques esl ainsi transcrit dans les antennes Liturgies par le docteur Grancolas :
Gloria in excelsis Deo et in terra pax tiominibus bon» volimiatis. ^
Laudainus le. Hymnis te celebramm, te be nedirimns. gloriaijius te, adorumus le, per magnum |<onuucem.
le Deum inneniiura, tnaccessuui, solum, prupter magnam f;loriam tnain.
Domine, Rex crclestis, Doits Pater omnipotens.
Domine D.-us, Pater Cbrlatl Agui immaculatl, qui lotlll percaiiini ronudi. suscipe dcprecaiWin noslram.
Oui sodés su|icr Chérubin), qii'<n>aui lu solus SancUn;
Tu solus Dominus Jesu Ctirisii Del omnis iwiuracrealx, Régis nosiri per quera libi gloria, bonor, veucralio.
On s'aperçoit, au premier coup d'œil, de la haute antiquité de cet Hymne angéli-
3uc par le soin qu'on a eu de n'invoquer ireelement que le Père; nous en donnons la raison dans l'article collecte. On craignait de scandaliser les païens en leur fournissant l'occasion de croire , sans contredit mal à
Sropos, que les chrétiens adoraient plusieurs icux. Le mystère de la Trinité était seulement révélé a ceux qui recevaient le baptême, lorsqu'on leur livrait le symbole, et l'on sait que si à l'Office on le récile encore aujourd'hui A voix basse, c'est un souvenir de l'ancien Rit.
Le cardinal fiona nous fournit quelques exemples de ce cantique, intercalé de Iropes. Aux fêtes de la sainte Vierge, après les paroles : Quoniam tu solus sanctus, on trouve celle inlercalation : Mariant sanctificans ; après tu solus Dominus, on avait ajoulé : nfariam guhernans ; après celles tu solus altissimus, on lit : Mariant eoronans. Pour une dédicace el son anniversaire, après Adoramus te, on avait placé ces paroles : Omnipo~ tens, adorande, colende, tremende, venerande. Voilà, dit le cardinal, un lèle qui n'est point selon la science, et assurément tout le monde partagera son opinion.
0. Cl. de Vert rappelle que dans le neuvième siècle, au sacre de Guillebert, évéque
de Chàlons-sur-Marnc , on chanta le Gloria in excelsis, le deuxième dimanche de l'Avcnt, quoique la Messe fût de ce dimanche. Cotait sans doute uniquement en actions de grâces, ainsi que cela se pratiquait scion ce qui a été dit.
Le Cantique des anges a été chanté dans l'Office. 11 en est fait mention dans ce sens, en 633. dans les Ai les du Concile de Tolède; chez les Grecs on le dit à Laudes, mais en
Suelques Liturgies d'Orient on se contente e chanter les premières paroles, qui sont celtes des anges.
Selon la Liturgie Mozarabe» où la fête de saint Jean-Baptiste est célébrée le dernier dimanche de l'A vent» à la place du Gloria in excelsis, on dit le Cantique : Benedictus Dominus Deus Israël.
Les chartreux disent le Gloria in excelsis devant le livre, du côté de l'Epttre, au lieu de •e placer au milieu de l'autel. Ils ont probablement retenu l'ancien usage qui le faisait réciter ainsi sur le livre avant que les car- Ions d'autel fussent connus. Il n y a donc ici aucune espèce de symbolisme particulier.
A Tours , dans les septième et huitième siècles, on chantait ce Cantique, en grec, à la première Messe de Noël, et en latin à la seconde. Nous n'avons pas besoin de rappeler que selon l'ancien Kit gallican on ne disait, a Noël , que deux Messes. Luther, dans sa première réforme de la Messe, y avait conservé le Cantique des anges , à cause de sa beauté; mais l'hérésie fait nécessairement de grands pas daus les voies de la destruction , puisque celle-ci est , avant tout , son
firincipe capital. Depuis longtemps la Cène uihcricnne a expulsé ce Cantique de la collection de ses prières très-improprement nommées la Liturgie ( Voy. ce mot).
Le Verset ou petite doxologie Gloria Pntri. a été faussement considéré, comme introduit dans la Liturgie par le pape Damase, pour y être chanté après les Psaumes. Ceci, du reslc , ne détruit pas ce que nous avons dit de l'antiquité : car. selon l'opinion du cardinal Bona, le Gloria Patri a pu être compose par les apôtres, augmente par le Concile de Nirée, qui y ajouta Sicut erat. etc., san que l'usage de le dire à la fin des Psaumes remonte aussi haut. On trouve dans Baronius , selon le même auteur, un Canon du Concile de Narhonne, tenu en 589, qui ordonne de dire à la fin des Psaumes Gloria Patri. Le Concile eût-il fait celle prescription si l'usage de le dire eût été avant ce temps-là universellement établi? Les Ariens, qui avaient corrompu la forme du baptême, avaient pareillement altéré cette glorification, en disant : Gloria Patri per Filium in Spirifu Sancto. C'est pour celle raison que le Concile de Nicée y joignit les dernières paroles afin de régler la coéternité des trois personnes divines.
On demande quelquefois pourquoi les deux doxotogies ne se chantent pas dans les temps de pénitence, tandis que l'Eglise a admis , pour ce même temps, des Hymnes et des Cantiques. Ainsi , au temps de la Passion, où
ATUOLIQUE. S08
le Gloria Patri est retranché des Introït s. des Répons, etc., les Hymnes, accompagnées de la doxologie qui leur est propre , ne sont point omises. Le Vendredi saint, lui-même, a lieux Hymnes : Ponge lingua...Prœlium «rtaminis, et celle Vexilta régis. Les lilurgistes donnent pour raison que la doxologie, par le seul nom qu'elle porte, a quelque chose de solennel et de joyeux qui contrasterait avec le deuil de l'Eglise et l'esprit de pénitence de ces temps. Nous trouvons pour la première fois dans le Missel de Paris, publié en 1605, le Gloria in excelsis marqué pour la Messe du Jeudi saint. Guillaume Durand nous apprend qu'il n'y était chanté , au treizième siècle, que lorsque l'évêque était
S résent : Ubi episcopus prœsens non est net loria in excelsis dicilur.
Do m Marlènc nous apprend qu'autrefois à Rome , à la première Messe de Noël , on chantait le Gloria in excelsis, en grec, et à la seconde, en latin. ■ 11 convient, dit le Cérémonial, que la mère précède la fille. > C'était un hommage rendu à l'antériorité de l'Eglise grecque sur l'Eglise latine. Dans l'article saint dents nous parlons de la Messe grecque qui se chantait, avant la révolution, eu celle célèbre Eglise.
DRAPEAUX (bénédiction des)
Quoique ce ne soit pas dans le paganisme qu'il faille chercher l'origine de cet usage, nous devons dire que les anciens Romains attachaient à leurs enseignes une idée de sainteté, parce que les images de leurs dieux étaient peintes sur leurs drapeaux. Ce sentiment était même dégénéré en superstition, puisque, selon le rapport de Tertullien, les soldats idolâtres regardaient les drapeaux eux-mêmes comme des divinités.
La religion chrétienne puriGa ce respect excessif, en hénissant par des prières les enseignes militaires. Nous lisons que l'empereur Léon, dans le neuvième siècle, ordonna aux chefs des lésions de f iire bénie ces enseignes par des prêtres avant de combattre.
Nous sera-l-il permis de citer ici les propres paroles d'un général français à cet égard : • Les soldats, dit l'illustre maréchal « de Saxe, doivent se faire uno religion de ne « jamais abandonner leur drapeau. 11 doit « leur être sacré, et l'on ne saurait y atla- « cher trop de cérémonies pour le rendre ret- « pcclable et précieux. Si l'on peut y parve- « nir, on peut aussi compter sur toutes « sortes de bons succès. La fermeté des sul- « dats, leur valeur, en seront les suites. »
On déploie ordinairement beaucoup d'appareil d.ins celle cérémonie. Les troupes se rendent à l'église en grande tenue, ayanl les tambours et la musique en lélc. Le drapeau est présenté à l'officiant, qui est un évéque ou quelque autre ecclésiastique distingué qui en a reçu la mission. Un clerc lient le dropeau pendant la Bénédiction. L'officiant, après l'invocation ordinaire Adjulorium, etc.. dit une Oraison dans laquelle 11 conjure le