‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 219 sur 519 · ET'J · texte numérisé non relu

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ques seulement, comme aujourd'hui. Les évêques et les prêtres en étaient constamment revêtus; les diacres ne la prenaient que dan» les cérémonies, et même, en ce cas, ils ne la portaient pas comme les premiers , mais la retroussaient sous le bras droit , afin u'elle fût moins gênante pour leur minislèro l'autel.

L'Elole donl il est question jusqu'à ce moment élait une véritable robe. On lui donnait aussi le nom d'wranum. que certains auteurs font dériver d'os, bouche, parce qu'on garnissait d'un linge le dessus ou les bords do cette robe afin de s'en essuyer la bom-hf. Cette origine nous parait forcée. Il nous semble bien plus naturel de la trouver dans la bordure dont te devant de celle robe était orné, ainsi que nous l'avons fail remarquer. En rc!a, comme en beaucoup d'autres choses, on a pris 1 » partie pour le tout, et du mol ora, bord de YEtole, s'est formé le nom d'Orarium. Celte bordure n'était point d'ailleurs toujours attachée à la robe, et l'on se contentait quelquefois de se la passer autour du cou sans se revêtir de YEtole. Il n'est donc pas étonnant qu'on prit simplement la bordure et qu'on lui donnât son nom propre à'orarinm , pour tenir lien de YEtcle ellemême. Peu a peu on finit par se contenter, en toute occasion, de la bordure ou orariam el on lui donna indistinctement les deux noms. Le linge qui est attaché à nos Elole* actuelles est une simple précaution pour préserver de la sueur du cou l'étoffe dont elles sonl faites. Quelques liturgisles veulent cependant y trouver un vestige du linge qui a fail donner à YEtole le nom él'orarium, conformément à l'élymologie donl nous avons parlé.

Depuis longtemps YEtole n'est plus que celte double bande d'étoffe dont il n'est pas nécessaire de décrire la forme, cl qui a succédé à la bordure de l'ancienne robe. Les deux extrémités ont eu , dans le principe, une forme triangulaire au centre de laquelle élait une croix. Certains auteurs ont écrit que ces extrémités avaient reçu celte configuration, parce qu'on y écrivait les Evangile» que le peuple se faisait lire. Le prêtre posait les deux extrémités de YEtole sur la personne, et récilail ainsi l'Evangile qu'il lisait sur cette partie à laquelle une plus grande ampleur était donnée , disent-ils , i cet effet. Depuis deux siècles environ, la forme de YEtole est assez exaclement la même que de nos jours. Chaque extrémité est chargée d'nne croix q ne les chasubliers dénaturent assez fréquemment par des dessins, qui peuvent étredebon

f;oût, mais qui ne sont pas selon la sévérité ilurgique; le milieu doit être garni d'une petite croix que le prêtre baise avant de se revêtir de YEtole. L'Eglise lui fait réciter une prière qui rappelle l'ancienne forme de cel babil sacré, car on l'envisage comme la robt d'immortalité.

Noos avons dit que les évêques cl l*»s prêtres portaient anciennement toujours l Etote: les premiers restèrent plus longtemps fidèles 4

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cet usage qu'ils oui abandonné, excepté le pape, qui la porte habituellement; les prêtres, depuis un grand nombre de siècles, ne portent cet ornement que pour remplir oiverses fonctions ecclésiastiques. Le» cures, on principaux prêtres, sont les seuls qui prennent VEtole pour assister cl présider seulement nu chœur. Nous disons cependant avec Bocquillet quc-LEWcest moins le signe de la juridiction que celui du caractère sacerdotal.

Dans l'administration de tous les Sacrements, le ministre prend VEtole ; l'usage a cependant prévalu de ne point s'en servir pour l'administration du sacrement de Pénilonce. Elle est aussi d'usage dans toutes les Bénédictions des personnes cl des choses.

L'Etole se porle de trois manières : la première, en laissant pendre sur le devant les deux extrémités ; la seconde . en croisant les doux bandes sur la poitrine; la troisième, en la plaçant sur l'épaule gauche et en ramenant ses extrémités sous le bras droit. Les évéques la portent, en toute circonstance, selon le premier mode, cl c'est là, si l'on peul ainsi parler, le mode normal et primitif, soit qu'on envisage VEtole comme une robe dont les deux bords antérieurs sont garnis d'un orfroi , soit qu'on ne la considère que comme formée de ces deux bords ou orfrois isolés. Les simples prêtres la portent ainsi toujours» excepté en célébrant la Messe. (l'est dans le quatrième Concile tenu à Drague que les évéques enjoignirent aux prêtres de la croiser sur la poitrine, sous la chasuble. Plusieurs lilurgistes pensent que dès celle é|ioque, les prêtres ayant abandonné l'usage de porter une croix sur l'estomac comme les évéques , ceux-ci leur ordonnèrent d'y suppléer par la position croisée de V Etale, du moins pendant la célébration du saint Sacrifice. Telle est l'origine de la seconde manière dont VEtole peul se porter. La troisième est un vestige de l'ancienne forme de l'/i/o/c.qui Mail une robe et que le diacre devait nécessairement rouler sous le bras droit, afin de servir plus commodément le célébrant a l'autel-

Ce n'est point ici le lieu d'agiter la question de jurisprudence canonique au sujet de VEtole pastorale. Chaque diocèse a d'ailleurs ces règles à cet égard. Ainsi, à Paris, les curés portent VEtole dans leur église m présenre de l'archevêque, et même dans 1 Egiisc métropolitaine. Ailleurs, le pasteur do la paroisse ne la porte jamais en présence de l'evéque et même de ses vicaires généraux. Lilurgiquemcnt parlant , nous avons dit et nous répétons que VEtole est plutôt le signe d'un des trois Ordres sacres d'institution divine, que celle de l'autorité. On a pu , par la suite, lyi affecter une signiGcation que nous sommes éloignés de contester, mais sur laquelle il appartient aux évéques d'établir les règles qu'ils jugent convenables.

ï.'tlole qui accompagne la chasuble est toujours de la couleur de celle-ci. Les éloles dites pastorales, sont de la couleur convena-

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blo au temps oo à la cérémonie pour laquelle on s'en revêt. Le drap d'or sert dans tous les cas. Il n'est pas nécessaire de faire observer que VEtole doit être toujours bénite.

Chez les Grecs, VEtole est formée de deux bandes chargées de croix cl dont les extrémités ne sont pas plus larges que la sommité ; on ne la croise jamais sur la poitrine. L'Etole du diacre est moins large que celle des prêtres ; il la porte. sur l'épaule gauche, mais au lieu de la faire revenir sous le bras droit, il l'entortille et la laisse pendre du même côté, jusqu'aux pieds.

On voyait autrefois dans 1 egl se de Port* Royal-des- Champs, la tombe d'un prêtre revêtu de ses habits sacerdotaux et portant une Etole * qui n'est point croisée sur la « poitrine, dit le sieur de Mauléon, mais com- « me la portent encore les évéques. les char- « treux et les anciens moines de Cluny, qui « en cela n'ont point innové. »

L'historien Josèphc raconle que Caligula imitant la mollesse de Marc-Antoine, se revêtit de la Stola , babil réservé aux femmes, et que dans la suile celui-ci devint commun aux deux sexes. Les empereurs envoyaient la Stola aux personnages qu'ils voulaient honorer de quelque distinction ; mais le plut souvent , ils se bornaient à envoyer la bordure qui était toujours d'une étoffe plus précieuse que le reste. C'est là une origine sûre cl incontestable de VEtole ecclésiastique, se composant aujourd'hui de deux bandes qui nous rappellent parfaitement l'ancienne bordure des Etales ou robes mondaines.

Selon ce qu'en rapporte Théodorel , l'empereur Constantin avait donné à Macairc, évéque de Jérusalem, une Etole sacrée tissuc de fils d'or, afin que ce pontife s'en senit pour conférer le Baptême.

On lit dans la Vie de saint Mcinwerck. évéque de Paderhorn, écrite par Sut lus, que parmi les ornements dont ce pontife avait doté un monastère fondé par lui, il se trouvait sept Etole» brodées d'or, donl une avail vingt-sept petites sonnettes. C'était probablement une imitation de la robe du grand prêtre du temple de Jérusalem qui , comme on sait, était garnie d'une multitude de clo» chelles.

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