‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 233 sur 519 · FAB · texte numérisé non relu

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bien que cette malière ne peut cire Imitée ici avec étendue, puisqu'elle rentre dans la jurisprudence canonique, cl même, dans lu législation civile, lin France, le décret du 3J décembre 1809 cl plusieurs règlements postérieurs, oui 0x6 les attributions do ces conseils.

Un banc est assigne dans les églises aux membres des fabriques, et il porto le nom do banc d' œuvre ou banc de l'autre, ce qui revient parfaitement au terme de fabrique, c'està-dire l'œuvre de la construction et de la réparation ou conservalion des temples. A Paris, la table qui est au-devaul du banc d'oeuvre e>t ornée d'une nappe, d'un crucifix, cl de chandeliers, ce qui en fail une sorte d'autel, que le célébrant ou officiant va encenser peoJanl le Magnificat. Dans les anciens statuts de ers conseils, plusieurs droits honorifiques sont affectés à ceux qui en sont membres. Ils ont exclusivement le droit de porler le dais sur l'évéquc lorsqu'il fait sou entrée dans une paroisse qu'il visite, et même à la Procession du saint Sacrement, etc. Le règlement le plus complet qui existât en France avant la révolution de 1791, élail celui de la paroisse de Sainl-Jcan-cn-Grèvc, à Paris. L'arrêt du parlement, en date du "2 avril 1737, en avait homologué les dispositions. C'est ce règlement que le décret de 1809 a pris pour modèle, en ce qui pouvait se concilier avec la nouvelle législation. Jl y a plus d'importance qu'on ne pense dans l'élude de celte partie de l'administration temporelle des Eglises. Il existe plusieurs ouvrages sur cette matière. Nous pouvons citer celui de Mgr. AlTre, archevêque de de Paris, composé lorsque l'auteur était vicaire général d'Amiens, le Rituel de Bclley, où Mgr. Dévie, évéque de ce diocèse, a consigné les notions les plus claires et les plus utiles dans la pratique, el quelques autres ouvrages plus récents. Une assez longue expérience dans le ministère pastoral nous a appris que, principalement dans les paroisses rurales, le curé ne saurait trop donner de lemps à cette élude, même dans l'intérêt spirituel, pour éviter les conflit», malheureusement trop ordinaires enlre l'autorité religieuse el l'autorité civile. Le bien de la religion cl l'édification publique se rencontrent toujours dans la bonne harmonie qui existe entre les deux administrations. Nous aurions beaucoup à dire sur la négligence d'un très-grand nombre de curés de campagne qui ne se mettent point en peine de faire régulariser les opérations de ces conseils, s'exposant ainsi à d'odieux soupçons sur leur probité, lorsqu'ils se rendent personnellement responsables de la gestion des revenus do leur Eglise , quelque minimes que puissent être ces ressources. En co moment surtout, il se manifeste quelques velléités de soumettre au contrôle des conseils municipaux la gestion temporelle Jes Eglises Nous croyons fermement que ce serait un malheur dont un œil prévoyant ne peut méconnaître les déplorables résultats, el que nous n'avons pas besoin de signaler. Ou

nous pardonnera ces observations qui sortent manifestement de notre plan, en faveur de leur utilité et des bonnes intentions qui nous animent.

FERIE.

L'expression commune pour désigner le repos ou cessation de travail était, chez les Romains, relie de feria, du verbe ftrinri. se reposer. La religion chrétienne employa d'abord ce ternie pour iudiquer les jours consacrés à sou culte. C'est pourquoi le premier jour de la semaine fut nommé feria dominica, la férié du Seigneur, ou simplement. dominica, en sous-entendant feria. On étendit celle dénomination aux fêtes des saints. D>> là est venu incontestablement le nom de foire, qui a été exclusivement conservé aux gr. nJs marchés, qui se formèrent insensiblement aux jours de fêtes ou fériés. Aussi, presque toutes les foires portent te nom d'un saint. Telles sont les foires de Saint- Marlin, de Saint-André, de Saint-Germain, etc. Ces jours de fête attiraient un grand nombre de personnes ; et comme anciennement on était dans l'usage de présenter pour offrande des animaux vivants, do la cire, des étoiles, el toute sorte de denrées, il se rendait â ces fêles, fériés ou foires plusieurs marchands de ces divers objet*. Enfin la piété s étant ralentie, la principale fin do ces réunions a élé le commerce, qui n'eu élail autrefois que la partie accessoire. Ainsi c'est à la religion que l'on est redevable do ces grands marches qui contribuent à la prospérité agricole et industrielle, et le seul nom de foire en accuse, sans que lo vulgaire s'en doute, la véritable origine.

bans le langage liturgique, aujourd'hui la férié est le contraire de la fêle : un jour de férié est celui où l'on ne célèbre point la mémoire d'un saint. Le nom de deuxième férié a été donné au lundi, celui de troisième férié au mardi, et de môme jusqu'au vendredi inclusivement, qui porte le nom do sixième férié. Le samedi a conservé son antique nom de sabbatum, jour de sabbat. Au moyen âge, on se servait néanmoins des noms païens pour désigner les jours de la semaine dans les livres d Office. Ainsi le Missel de Paris, par exemple, eu l'année 1ÎVV0, indique le Vendredi saint] par les mots, tu die vma is tanclu. Il est vrai qu'encore aujourd'hui, dans les calendriers français, et surtout dans le Bref français pour le diocèse de Paris, ces jours sont marqués sous les dénominations païennes de lundi, jour de la lune, mardi, jour du dieu Mars, mercredi, tour du dieu Mercure, jeudi, jour du dieu Jupiter, vendredi, jour de ta déesse Vénus, samedi, jour du dieu Saturne. 11 est certes bien digne de remarque que le génie infernal qui présida à la composition du calendrier de la ré* publique de 92, avait supprimé ces désigna* (ions païennes pour y substituer l'ordre numérique, primidi, duodi, etc., premier jour, second jour... Mais l'abolition impie de la semaine, qui est, nous le disous »aus uési-

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ter. d'institution dit inc. révolu les chrétiens, qui ne virent dans ces noms nouveaux, Tort innocents en eux-mêmes, qu'une innovation dictée par la haine que ces révolutionnaires proressaient, avant tout, pour le christianisme.

On attribue assez généralement à l'empereur Constantin l'usage de donner le nom de férié à chacun des jours de la semaine, excepté au s.imedi. Lu féle principale des chrétiens étant celle de Pâques, Tut nommée feria paxchalis. Cet empereur ayant ordonné que toute la Semaine pascale Tût chômée, comme le jour même, on donna au lendemain le nom de feria secundo, seconde férié ou fétc de Pâques, au surlendemain celui de feria tertia, troisième férié ou fête, et ainsi aux autres jours. Toutefois, il faut ici ne pas omettre un Tait : c'est que Tcrtullien, dans quelques endroits, donne le nom dc/criaquarlu. férié quatrième, au mercredi, cl celui de feria $exla. férié sixième, au vendredi. Or, comme on sait, crci est bien antérieur au siècle de Constantin.

La Liturgie dislingue plusieurs sortes de férié*. Parmi elles il s'en trouve qui sonl supérieures, même aux Têtes proprement dites, et qui les excluent. Telles sont les fériés majeures, comme lcjot r des Cendres cl les trois derniers jours de la Semaine sainte. Les fériés mineures n'excluent aucune fêle, mais on est obligé d'en faire Mémoire. Telles sont les fériés de l'Avent, du Carême, des Quatre- Temps. Les fériés communes ou simples sont toutes celles qui se rencontrent dans les au'res temps de l'année, et qui admettent les fêles, même du Uil simple, sans qu'on en fasse Mémoire.

On comprend que nous ne pouvons iei marquer un ordre invariable de fériés, puisque les divers Rites diocésains ont leurs règles à cet égard. D'ailleurs ce serait descendre aux détails exclusivement rubricaires, et nous avons pour but essentiel les origines liturgiques ( Voyez kétks).

Durand nous fait connaître, au sujet des férié», un document fort intéressant. Il nous dil que sur l'instance du célèbre moine Alcuin, précepteur de Charlemagne, saint Bonifacc, archevêque de May ence, statua que pour confondre les hérétiques, qui niaient le mystère des trois Personnes en Dieu, l'ordre des fériés delà semaine fût réglé quant à l'Office ainsi qu'il suit : à la première férié, la Messe était de la Trinité, à la seconde, de la Sagesse, à la troisième, du Saint-Esprit, à la quatrième, de la Charité, à la cinquième, des Anges, à la sixième, de la Croix, à la septième, de la sainte Vierge. Il ajoute que la secte des anli- Iriuiiairc* s étant éteinte, l'Office de la semaine fut organisé d'une autre manière, eu conservant au dimauche ou première férié, la Mémoire, ou Office spécial de la Trinité. On peut lire dans l'auteur les longues explications qu'il donne au livre IV, chapitre I".

Le Bréviaire de Paris offre pour l'Office des sept féru» un ordre ascétique et moral. Le uiaudcmcnt de Charles de Vinlimille, im-

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primé en tête de l'édition de 1745, l'établit ainsi. LeDiinanchc,ou première férié, honore spécialement la loi d'Amour que Jésus-Christ est venu apporter à la lerre. La seconde férié célèbre la charité immense de Dieu pour les hommes. La troisième rappelle le précepte de l'amour du prochain. La quatrième honore la vertu d'espéraio* , et la cinquième celle de la foi. L'Office de la cinquième, qui nous retrace la Passion et la mort de Jésus-Christ, fait souvenir de la patience cl de la résignation que l'homme doit pratiquer dans les peines de la vie. Enfin, la septième est consacrée à remercier Dieu des bonnes œuvres que sa grâce nous fait opérer, cl de la récompense qu'il daigne y attacher. Le prêtre qui récite avec attention l'Office férial de la semaine y trouve ainsi un aliment à sa piété. Les Psaumes sonl réparlii pour chacune de ces fériés, ainsi que les Répons, les Antiennes, les Versets et les Hymnes, de manière â présenter l'objet dont on y retrace le mémorial.

Nous regrettons que les nouvelles éditions du Bréviaire de Paris n'aient point placé, en tête de chaque férié, sous peu de mots, un précis de l'objet de l'Office. Plusieurs nouveaux Bréviaires de France présentent cet avantage qui est bien important t surtout pour de jeunes ecclésiastiques.

VARIÉTÉS

Chez les Chaldéens catholiques, on distingue trois sortes de fériés, qu'on appelle Khandra , Gcza et Cachccoul. Les /crics simples y ont un nom qui revient à celui de jours voirs, par opposition aux autres qui sonl les jours blancs. Ces derniers ressemblent assez â rc que les anciens appel.-iient les jours marqués d'un caillou blanc, albo lapillo.

Durand, que nous avons cité plus h uit, raconte un fait miraculeux. Il y avait, selon cet auteur, dans la ville de Ct.nslanlinoplc, une image de la sainte Vierge, devant laquelle un voile était habituellement tiré; mais au soir de la sixième férié, après Vêpres, ce voile s'élevait miraculeusement comme s'il s'envolait vers le ciel et découvrait totalement l'image. Après les Vêpres du samedi, ou septième Férié, le voile descendait pour couvrir encore l 'image cl y restait jusqu'à la sixième férié de la semaine suivante. Ce miracle ayant été bien constaté, on statua que désormais la septième férié serait consacrée à honorer s; écialeiueul la sainte Vierge. Quoi qu'il en soit de ce miracle e. de. l'époque où i! est arrivé, il est certain que depuis les premiers siècles la septième férié a été consacrée à honorer la sainte Vierge. Mais au dixième siècle, i) y eut un progrès remarquable dans le culte d'hyperdulie rendu a la Mère de Dieu, en ce même jour. C'est alors que fut institue le petit Office de la Vierge. On infère de la vie de saint L'dalric, éiéquc d'Augsbourg, que de son temps on récitait ce petit Office. Urbain 11, au Concile de Clenuont, enjoiguil aux clercs de le reci-

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