AMENDE HONORABLE
que de ce Missel marquait qu'après la Consé-
cration le peuple devait répondre : Ai ainsi qu'après les prières du Canon. 11 a trèssavamment disserté à celte occasion , sur lo silence des prières de la Messe. La Rubrique dont nous parlons avait été introduite darfs ce Missel , à l'insu de l'évéque de Meaux (Henri de Thyard, de Bissy), qui condamna celle insertion.
Cette simple réponse ou acclamation qui ne semble mériter en Liturgie qu'une simple explication du véritable sens, est d'une trèsgrande importance quand il s'agit de la question du silence de la Messe pendant le Canon. C'est le sujet de la dissertation du P. Lebrun. Le Canon romain depuis la Préface jusqu'au Pater, renferme cinq Amen. Lo savant lilurgiste démontre victorieusement que le peuple n'a jamais répondu que le dernier , et cela par une raison bien simple, c'est qu'avant lo douzième siècle on ne trouve aucun Amen aux quatre Oraisons du Canon, savoir : Communicantes. — liane igitur. — Supplice» te royamus — Mémento... Jptis, Domine. L'ancien Canon des quatre premiers siècles ne porto qu'une seule fois Amen par lequel il se termine. Qui ne sait que dans les premiers temps les mystères étaient dérobés aux yeux du peuple assistant, par des voiles tirés "sur l'autel, et que les prières intimes du Canon de-
Du terme latin emendalio , emendnre s'est formé le nom français é'amende. Emendatio est employé en ce sens dans les Dérrêtales. Faire une amende honorable c'est donc réparer un tort, une injustice, avec l'intention de se corriger , de t'amender. Les lois imposent des amende» qui sont de véritables corrections. Nous n'avons point à nous en occuper ici , elles sont du ressort de la jurisprudence pénale ou de la jurisprudence canonique. Quant à celle-ci , on peut consulter les Imités qui discutent ces matières. Durand de Maillane dans son Dictionnaire de droit canonique , présente ce qu'on peut désirer à cet égard.
L'amende honorable, comme nous l'entendons , est un acte religieux. Elle consiste
ftrincipalemcnt dans uno prière plus ou moins ongue dans laquelle le prêtre, en son nom et en celui des fidèles , demande pardon à Dieu des injures faites à son nom par les blasphémateurs et les sacrilèges. Il existe , dans les livres de piété , plusieurs formules d'Amende honorable, surtout en réparation des irrévérences et des profanations commi • ses envers le saint Sacrement de nos autels. En plusieurs églises, on f.iit Amende honorable dans certaines circonstances , comme au Salut qui a lieu le dernier jour de l'année, en ceux de l'oraison dite des Quarante-Heures , de la Réparation qui est marquée pour le vendredi après l'Octave du saint Sacrement, etc. Pour celte dernière , le Missel de Paris et de plusieurs diocèses qui suivent le Rit de celle métropole , contient une Messe particulière avec une Prose fort remarquable : Plange Sion, muta vocem, etc. Celte Messe n'est en effet qu'une Amentie honorable plus solennelle que les autres. Le Missel romain n'a aucune Messe de ce genre. Elle ne se trouve pas non plus dans les Missels de Harlayet de Noaillcs. Il se fait aussi des amendés