‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 29 sur 519 · AMEN · texte numérisé non relu

AMEN

Les hébraïsanls le font dériver du verbe Aman qui littéralement signifie : quod firmum sit. que cela soit constant , ainsi soil-il. Il a surtout ce sens à la fin d'un discours, d'une prière , pour marquer l'assentiment qu'on y donne. Amen, quand il se trouve au commencement du discours est traduit par les mots : En vérité. Lorsqu'il est répété deux fois, il équivaut à une double affirmation. L'Evangile nous en offre plusieurs exemples. L'ancienne loi ordonnait au peuple do répondre Amen a l'injonction des lévites qui proclamaient la défense de tailler aucune image pour l'adorer. Dans la loi nouvelle , c'est un des termes qu'on emploie le plus fréquemment. On s'en sert, pour ainsi dire, à chaque instant dans la Liturgie, les prières particulière? , etc. Il a été conservé dans les Offices latins, parce qu'on ne pouvait rendre plus brièvement ni plus énergiquement le sens que ce mot renferme. Saint Augustin nous dit qu'à la fin des prières publiques , Amen retentissait comme un tonnerre dans l'assemblée des fidèles. C'est à quoi semble se rapporter le neuvième Ordre romain, qui porte qu'à la fin de la Messe où il a été consacré lorsque le pape donne sa première bénédiction comtie souverain pontife, tous les assistants répondent : Amen , avec un grand bruit. Respondent omnes cum strepitu : Amen.

Certains auteurs ont écrit que les différentes prières du Canon delà Messe, telles que Te igitur. Mémento, Communicantes, etc., n'étaient pas suivies de la réponse Amen, soit par le peuple soit par le prêtre : parce que les anges qui assistent au Sacrifice et environnent l'autel faisaient eux-mêmes celle

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réponse. Leur opinion renferme plus do piété que de raisonnement. Le Canon se récitant à voix basse ne peut provoquer de la part des fidèles l'acclamation : Amen. Voilà la raison littérale.

Ce n'était pas seulement à la Cn des Oraisons qu'on répondait autrefois : Amen. Bclelh, Durand cl plusieurs autres nous apprennent qu'on le disait à In tin de l'évangile , nu lieu de : Lnus tibi, Christe. Chez les Chartreux on répond encore : Amen, après l'Evangile, qui so chante chez eux à Matines les jours de fête et de dimanche. Du reste encore aujourd'hui le Gloria in exceltit . le Credo , etc. , qui ne sont pas des prières proprement dites se terminent par : y4mrn , pour marquer l'assentiment qu'on y donne , lorsque le Chœur les chante.

VAMÉTÉS.

D. CL de Vert fait remarquer -qu'à la fin des Oraisons chantées ou récitées à haute voix, le peuple ne répond plus comme autrefois : Amen, mais que cela est dévolu, surtout aux Messes basses , au clerc qui les sert. Souvent aussi le prêtre lui-même fait seul cette réponse comme au Gloria in excelsis, au Credo, à la Secrète, au Canon, etc., cn son nom et celui du peuple.

Selon la Liturgie des quatre premiers siècles, le peuple doit répondre : Amen, après les prières du Cairon- Cet usage s'est maintenu chez les Syriens orthodoxes, où après les paroles de la Consécration proférées a haute voix, le peuple répond : Amen. Le père Lebrun s'étend fort longuement sur la discussion soulevée à l'orcasion des Amrn du nouveau Missel dcMeaux imprimé en 1710. La Hubri-

valent , par la même raison , être récitées à voix basse! Ainsi lorsqu'on a voulu à Meaux et ailleurs faire répondre, par le peuple , Amen aux prières du Canon , ce. n'était plus l'antiquité qu'on restaurait, mais une innovation qu'on établissait. Disons ingénument que ces prétendus zélateurs des formes anciennes ne les connaissaient pas , et que la science liturgique aujourd'hui encore si peu répandue ne leur était pas du tout familière. ( Voyez canox, paragr. vamétêr.)

Il se présente à ce sujet une réflexion pourtant bien aisée à faire. C'est que dans l'Office divin , l'Eglise fait dire bien souvent par ses ministres, Amen , sans qu'il soit possible de supposer que le peuple fera celte réponse , puisqu'on le récite cn particulier.

La Liturgie Mozarabe fait répondre Amen, à chaque demande do l'Oraison Dominicale.

Une acclamation assez commune dans les premiers temps , lorsqu'il était question d'élire un évèque, était : Amen , qu'il en soit ainsi, nous l'approuvons. Ainsi lorsque saint Augustin proposa O'élirc Héraclius pour lui succéder après sa mort, le peuple cria plusieurs fois : Amen.

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