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MARTYROLOGE

C'est le nom qu'on donno au catalogue des saints confesseurs de la foi. du mot martyr, qui signiGu témoin en grec, et qui, en latin et en français, est employé pour désigner le chrétien qui a souffert la mort pour le nom de Jésus-Christ. Cette mort soufferte étant un témoignage de sang rendu à la vérité de la religion chrétienne, peut pleinement justifier l'expression dont on se sert pour caractériser le saint confesseur. C'est ce témoignage que les apôtres rendirent, selon la prédiction de leur divin Maître, à la diviuilé du Messie : Vos tesiimonium perhibebifis. Les premiers chrétiens s'empressaient de recueillir le3 noms des martyrs pour les rincer data leurs diptyques. C'est l'origine du Martyrologe, qui est la liste nominative des martyrs, sous un aulrc litre. On attribue celle pieuse coutume au pape saint Clément, qui, selon Tcrlullien, avait été ordonné par saint Pierre.

Il existe plusieurs Martyrologes dressés par divers auteurs. Un des plus célèbres do l'ancienne Eglise est celui d'Eusèbe de Césarée, qui écrivait au quatrième siècle. Dans le neuvième, il eu parut un assez bon nombre. Mais on croira facilement qu'il n'a jamais élé possible de faire une liste parfaitement exacte et complète de lous les saints confesseurs. Celui que l'Eglise Romaine a adopté est de Baronius. Le pape Sixte V l'approuva. Ce Martyrologe ne se borne pas à une simple mention du nom des martyrs ; il contient un abrégé de leur Vie : il y en a un pour chaque jour de l'année, et quelquefois plusieurs. Du reste, on a placé dans le Martyrologe le nom de tous les saints, quel que soit leur genre de mort. En effet, lous les jtisles couronnes sont des confiseurs de la foi de Jésus-Christ, à laquelle il oui rendu témoignage, soil par leur vie de sacrifice,

t par leur mort endurée pour soutenir ses intérêts. Néanmoins, le Canon de la Messe fait exclusivement mention des martyrs dans le Communicantes et le Nobis quoque peccutoribus.

On ne pent point fixer l'époque à laquelle s'introduisit dans l'Office la lecture du Martyrologe. Le cardinal Bona dit que cette lecture est prescrite dans la règle canoniale donnée par Chrodegang, évéque de Metz, et qu'on déduit la même coutume de ce qui est lu dans la Vie de saint Bernard, évéque d'Hildesheim. Mais, selon Hugues Ménard, cité par Bona. l'usage de lire le Martyrologe dans i Office public no remonterait pas au delà du règne de Louis le Débonnaire. Le Martyrologe n'est lu qu'à l'Office capilulaire, et l'on y mentionne les saints dont il est fait Mémoire, le jour suivant. Le Chcpur ne répond rien à la fin. H est suivi par le verset : Pretiosa in conspectu Domini : « La mort des « saints est précieuse aux yeux du Seigneur. » 11 ne faut pas confondre le Martyrologe avec le Néerologe. Celui-ci renferme les noms de ceux qui sont morts, sans doute dans la paix du Seigneur, mais pour lesquels nous sommes obligés de prier. Il est par conséquent suivi du Psaume De profundis. Mais ceci n'a guère lieu quo dans les communautés religieuses.

VARIÉTÉS

Il existait autrefois à Saint-Lé de Ronen un Rite fort touchant : La Vigile de Noël, dès que le lecteur du Martyrologe avait prononcé les mots : In Bethlehcm Judœ Jésus Chrislus, Dei filins, nascitur, * Jésus-Christ, Fils de Dieu, « nait a Bcthléhera de Juda, » tous se prosternaient à terre et y faisaient une courte prière, chacun selon sa dévotion. Au signal du prieur on se relevait, cl le lecteur poursuivait. La même chose se pratique encore en certaines communautés.

Ou trouve dans le Spicilégedc D. Luc d'Aehery un Martyrologe en vers, compose vers l'an 8o0 par Wandalbert, moine de Prum.

Outre le Martyrologe d'Eusèbe donl nom avons parlé, et qui Tut traduit en latin par saint Jérôme, il en existe un de Dède qu'on a suspecté, selon nous, fort mal à propos, sur ce qu'on y trouve des saints qui ont évidemment vécu après lui. Mais pourquoi ne pas supposer ce qui est très-vraiscmblablc, qu'après sa mort une autre main a écrit à la suite les noms qu'on y trouve? Un trèsgrand nombre de manuscrits présentent des additions de celle nature», avec une manière d'écrire très-analogue. Florus, sous-diacre de l'Eglise de Lyon, publia, sous son nom, un Martyrologe qui n'est autre que celui de Itède, avec des augmentations. Un moine francaU, Usuanl, en composa un par ordre do Charles le Chauve. Kaban-Maur, et Adon, au neuvième sièt le, firent aussi un Martyrologe. Nolker, au même siècle, copia celui d'Adon. Bellini, Maruli ou Mauroiicus, Mo-

lanus, Galerini ont aassi donné des Martyrologes, ou plutôt des continuations des premiers, car ceci ne peut être qu'un travail traditionnel. Celui de Baronius, avons-nous dit, est aujourd'hui suivi.

Il est permis de croire que surtout après l'épouvantable révolution de France , où l'Eglise a compté tant do véritables martyrs, un jour, lorsque le saint-siége aura approuvé leur culte, Dieu suscitera un écrivain, qui les classera dans un nouveau Martyrologe.

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