PAIX
(Voyen baiser de l'autbl, etc.) PALLE.
Les nappes d'autel et les corporaux étaient anciennement les linges auxquels on donnait indistinctement le nom de pallœ oltaris, pour ptillia. manteaux, couvertures. Il n'est donc pas étonnant que le petit corporal, soutenu d'un carton avec lequel on couvre le calice, porte le nom de patte. Ce vase sacré était couvert par le corporal, autrefois plus ample
au'il ne l'est aujourd'hui. L'Eglise primaliale e Lyon a retenu l'ancien usage. Mais à Rome, depuis longtemps, on use d'un petit corporal adapté sur une pièce de carton pour le maintenir dans une position horizontale. Ce linge doil être de la même nature que celui du corporal proprement dit. Ainsi, une patte dont la partie qui touche immédiatement le calice serait de soie ou de toute autre étoffe que de lin, ne serait point conforme aux prescriptions liturgiques.
La patte n'est point une institution moderne comme l'ont prétendu quelques lilurgistes. Le pape Innocent III en parle dans son livre de Mysteriis Missœ : Duplex estpalta quœ dicitur corporale, unaquam diaconus super uttare iotam extendit, altéra quam super calicem plieatam imponit. 11 est vrai que cette palla. distinguée de la palla corporalis, diffère de notre polie actuelle en ce qu'elle n'est qu'un corporal plié; mais on sera force d'admettre que, du temps de ce pape et antérieurement a lui, il y avait pour couvrir le calice un linge tout différent et séparé du corporal. La palle est nommée eu quelques diocèses volet. Aucune pensée mystique n'y est attachée. Les conférences d Angers disent qu'il n'est pas nécessaire que la palle soit bénite. Elle n'est donc qu'une précaution pour que lieu d'immonde ne tombe dans le calice.
A Home, les deux côtés de la palle sont en toile de lin, ayee une dentelle fort étroite qui la borde, et qui ne s'est introduite que depuis peu d'années. En France, le dessus de la palle est une étoffe de soie très-souvent brodée. On raconte que pendant le séjour de Pie VII à Paris, une dame lui offrit une riche patte ornée de rubis et d'une exquise broderie d'or. Le pontife, après avoir admiré la beauté du présent, pria la dame de la reprendre, en lui faisant observer que l'Eglise romaine ne se servait que de pattes de lin. Aujourd'hui cependant, en Italie, on voit des pâlies dont la partie supérieure est en drap d'or. Néanmoins nous consignerons la défense qui en est faite par la Congrégation des Rites , eu 1701 : In sacrificio Mis ta non est adhibenda palla a parte superiori drappo scrico cooperta. Puisque, du moins en France, l'usage a prévalu de couvrir le calice de pâlies de sole, il est convenable que la couleur en
soit conforme à celle de l'ornement, et il est assez choquant de voir une patte rouge couvrir le calice dans une Messe dt defunclis
Les Liturgies orientales n'admettent point les pâlies pour couvrir le calice. On s'y sert d'un voile de Gn lin qui, pour cette raison, est nommé ucr. En certains lieux les calices sont munis d'un couvercle à charnière du même métal que le vase.