ORDINATION
Guillaume Durand donne des raisons mystiques fort curieuses sur le jeûne des Quatre- Temps. Selon lui, nous jeûnons en chacune des quatre saisons afin de corriger les quatre éléments viciés dont notre corps se compose. Nous jeûnons, ajoute-t-il, pour marquer et honorer quatre grands événements qui sont arrives dans les quatre saisons, savoir: la Conception du Fils de Dieu dans le sein de Marie, au printemps; sa Nativité, en hiver; la Conception de saint Jean-Raptiste, eu automne ; et sa Nativité, en élé. On peut encore envisager, selon le même, le jeûne du printemps comme moyen de devenir enfants, par l'innocence; celui de l'été, adolescents, par la constance; celui de l'automne, hommes faits, par la modestie ; enfin celui de l'hiver, vieillards par la prudence et l'honnêteté de la vie.
Releth, qui écrivait dans le douxième siècle, considère le jeûne des Quatre-Temps comme un moyen d'obtenir de Dieu qu'il répande ses bénédictions sur les fruits de la terre; « car en hiver nous ensemençons les terres, ■ au printemps les arbres et les vignes fleu- « rissent, en été nous récoltons certaines pro- « ductions, et en automne nous vendangeons.» En effet, à la Messe des Quatre-Temps nous
{irions Dieu pour les fruits de la terre, outre es prières que nous faisons à l'époque des ordinations qui ont lieu en ce même temps.
La Messe du mercredi et du samedi des Quatre-Temps a un Rit spécial quant aux premières Oraisons et à l'Epllre. L'Oraison est précédée de l'invitation que fait le diacre: Flectamus genua. Après un instant de pause, le sous-diacre ordonne de se relever: Létale. Anciennement ce Rit se pratiquait aux Messes où une Leçon de l'Ancien Testament était lue avant TEptlre ou l'Apôtre. Or le mercredi des Quatre-Temps a une de ces Leçons. Le samedi en a cinq, et immédiatement avant chacune la génuflexion a lieu. L'Epttre qui est en ce cas toujours tirée du Nouveau Testament est précédée du salut : Do minus vobiscum, à fa suite duquel est récitée la Collecte du jour accompagnée des Oraisons pour les ordinands, pour les fruits de la terre, et quelquefois de Mémoires. La génuflexion est omise aux Quatre-Temps de
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la Pentecôte. C'est, scion les Liturgistcs, parce que, en celte Octave solcnuelle, lTîglisc est dans la joie et qu'elle doit retrancher de son Office tout ce qui retrace la tristesse et le deuil. C'est pour celte raison qu'aux Heures de ces Quatre-Temps on ne dit point les prières à genoux, comme à celles de ces mêmes temps en aulomme, en hiver et au printemps. {Voyez collecte, êpItre). Trèsanciennement on chantait à la Messe du samedi àesQuatre'Temps le Cantique des enfants dans la fournaise, après les Leçons qui précèdent l'Epltre. Nous en avons un vestige dans le Verset qui est chanté en ces Messes. Le quatrième Concile de Tolède, canon 13\ ordonnait aux Eglises d'Espagne de le chanter à toutes les Messes de l'année, in onv nium Missarum solemnitate. Du reste, cette Messe était chantée dans la nuit du samedi au dimanche, c'est pour celte raison que ce dernier n'avail point de Messe propre, et qu'on lui donnait le nom de Dominica Vacans. Quant au Cantique des enfants dans la fournaise, il n'était d'usage à Rome que quatre fois l'année, aux samedis des Quatre- Temps, selon le témoignage de Walafride Strabou cl de Bcrnon.
VARIÉTÉS
Il n'y a pas longtemps encore que, dans certaines Eglises, notamment à Sainl-Agnan d'Orléans et à Jargeau, qui est de ce diocèse, on ne disait la Messe qu'après None, aux Quatre-Temps, comme pendant le Carême.
Les Quatre-Temps. en anglais, s'appellent jours des C<ndres, pour rappeler que les anciens jeûnaient, en ces jours-là, dans le ciliée et la cendre, parce qu'ils ne mangeaient que des pains cuits sous la cendre.
QUÉCHOUEZ.
Le diacre arménien tient, pendant la Messe, dans ses mains, le bâton de cet instrument, qui n'est autre qu'une plaque ronde de cuivre entourée de sonnettes. A certaines parties du SacriGce, le diacre agile le quéchouez, et lui fait rendre un son assez harmonieux. Quelquefois le centre de celte plaque est orné d'une figure d'ange; le manche supporte, à l'endroit le plus voisin de la plaque, une espèce de drapeau ou flamme en soie.
Ce n'est point exclusivement le diacre qui est chargé du quéchouez; si on clerc mineur est jugé plus capable de le faire sonner, il est introduit dans le sanctuaire pour y remplir celle fonction. C'est là toule la musique du Rit arménien.
Il parall cependant que le quéchouex n'est point en usage dans les Eglises que les Arméniens possèdent en Europe. Nous avons sous les yeux leur Liturgie, traduite en italien, à Venise, par un père méchilaristc de ce Rit, et, soit dans les Rubriques, soit dans le texte, soit principalement dans les figures dont ce livre est orné, nous ne voyons pas qu'il soit question du quéchouez. Très-probablement, comme cela paraîtrait assez étrange aux populations européennes, on ne fail pendant la
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Messe aucun usage de cet instrument, qui, QUINQUAGfiSIME. du reste, n'est qu'un objet très-accidentel. ( Voyez septoagésiub )