RELIQUES
Un sentiment inné dicte à tous les hommes un respect particulier pour la dépouille mortelle des personnes qui nous furent chères, ou que leurs vertus ou même leur célébrité recommandent à notre souvenir. Il n'est donc pas étonnant que les premiers chrétiens, auxquels la loi enseignait que les membres des saints sont le temple du Saint-Esprit, eussent pour les restes des martyrs une vénération religieuse. Ainsi les Gdèlcs recueillirent les restes, reliquias, de saint Polycarpe, du martyr saint Ignace et d'un grand nombre d'autres illustres confesseurs. Plusieurs de ces Gdèles s'exposèrent au martyre pour remplir ce devoir pieux, et même le souffrirent. La vénération pour les saintes reliques remonte donc aux temps apostoliques. On ne se contenta point de les recueillir, mais on leur éleva des mémoire* ou oratoires, et on célébrait la Messe sur leur corps placé audessous de l'autel (Voyez ce mot).
Non-seulement on considère comme reliques la dépouille mortelle des saints, mais encore les vêtements et les objets qui leur ont appartenu, les linges placés sur leur corps ou simplement sur leur tombeau, le bois de leur sépulcre, la terre même qui les a recouverts. On ne donnait pas cependant indifféremment le nom de relxques à tout ce qui avait seulement touché leur corps. Lorsque c'étaient des mouchoirs, des lapis, des linges qu'on avait appliqués à leurs reliques proprement dites, c'est-à-dire à leurs ossements et à tout ce qui restait de leur corps, on appelait ces objets brandea.
On pense communément que les reliques des saints furent constamment mises sous les autels, jusqu'au neuvième siècle. C'est seulement alors que plusieurs de ces reliques furent placées dans des bottes, copsœ, d'où dérive le nom de châsses. Ces dernières furent dès ce temps exposées à la vénération du peuple. 11 est certain qu'au bout de huit ou neuf siècles dont les quatre premiers furent si féconds en martyrs, il dut y avoir une telle abondance de reliques, qu'il ne fut plus possible de les mettre toutes sous les autels. On Gl donc de toutes sortes de matières, de petits tombeaux pour les placer. De la est venu l'usage de donner aux châsses ou reliquaires la forme d'un tombeau. Qui lquc-
RfcL IGS6
fois on leur donne celle d'une église, ce qui revient toujours à la première origine. Il serait à désirer que les artistes qui font des châsses en toute espèce de métaux, ou en bois, etc., consultassent l'archéologie sacréo préférablemeut à leur goût capricieux, qui enfante assez souvent des châsses peu conformes à l'esprit religieux qui inspira les anciennes. Ces reliquaires devinrent une décoration accessoire de l'autel. On en ornait l'abside, où l'on pratiquait des niches pour les placer. Peu à peu on en décora la table de l'autel. Quelques évéques s'y opposèrent d'abord ; et en cela ils se montraient zélateurs de l'ancienne discipline, qui voulait, au contraire, que les reliques fussent placérs sous l'autel, subtus altare. Cependant, en 8V7, le pape Léon IV, en défendant de mettre autre chose sur l'autel, permit d'y placer des reliques. Néanmoins plusieurs cathédrales et autres églises où l'on s'est toujours montré jaloux de l'observation des règles anciennes, n'admettent pas les reliques sur les autels, du moins sur wlui du sanctuaire. Les reliques sont l'objet de plusieurs cérémonies qui expriment le respect qu'on professe pour elles. On les baise avec vénération, on les encense, ou les porte en procession, on les expose avec des cierges qui brûlent autour , on donne même la Bénédiction avec les reliques. Chacun de ces Rites est néanmoins accompli de manière à ne pas confondre ce simple culte de dulie avec l'adoration qui n'est due qu'à Dieu. Ces reliques d'ailleurs, comme on sait, doivent être approuvées et reconnues par l'évéquc diocésain, et revêtues d'une attestation qu'on nomme authentique. L'Eglise se montre avec raison tellement rigoureuse à cet égard, que lorsque le sceau de l' Authentique est rompu, on ne peut exposer 1rs reliques à la vénération du peuple, et que l'on est obligé de les faire encore reconnaître et approuver par l'autorité épiscopale.
Quand le saint Sacrement est exposé ou qu'on le porte en Procession, on ne peut pas simultanément laisser exposées ou porter des reliques. Dans le cas de l'exposition solennelle qui s'en fait en certaines féles votives, on doit, au moment de l'exposition et de la Bénédiction du saint Sacrement, voiler les reliques, pour les découvrir ensuite, s'il y a lieu. On ne doit jamais non plus les placer dans le tabernacle avec la sainte Eucharistie. Quant aux reliques habituellement placées et fixées sur ks autels, on les y laisse en tout temps, parce qu'elles n'y sont point regardées comme exposées avec une spéciale solennité.
Une des reliques pour laquelle on a un respect particulier est celle de la vraie croix. On a institué en son honneur deux fêles*, sous les noms d'Invention et d'Exaltation Voyex croix). L'Eglise célèbre, tous les ans, a fêle de la Vénération des Reliques. Elle eut lieu pendant longtemps le k décembre. En 119i, on la réunit au jour de l'Octave de tous les Saints; et il faut convenir que celle place est plus convenable. On observe, ci» quelques diocèses, pour ce jour, un llit qui
L1TUICIE CATHOUOIE.
devrait être universel. Pendant la Messe et gie, et les ecclésiastiques s'en occupeut-iU
les Vêpres de celle fêle on met de chaque côté dans les paroisses
des reliquaires un cierge allumé, pour hono- < Le cimetière dit de Calixle, à Home, est ,
rer d'une manière plus particulière, en ce comme on sait, un lieu bien vénérable par
jour-là, les précieux restes des corps des le nombre des martyrs qui y Turent enterres
saiuls.
YtMÉTKS.
Dans les premiers siècles, et surtout pendant les septième, huitième et neuvième, on munira le plus grand empressement à se procurer des reliques; on croyait même iaire une œuvre bien méritoire, en enlevant furtivement des corps saints.
Deux rois de France se sont montrés fort zélés à se procurer des relique»; ce sont Louis le Débonnaire et saint Louis. Le premier enrichit l'Eglise d'Aix-la-Chapelle d'uu assez grand nombre de corps saints ; le second s'attacha à se procurer des monuments de la rédemption, tels que la croix, la couronne d'épines du divin Sauveur. Un auteur du seizième siècle y ajoute les reliques suivantes, qui étaient déposées avec les premières a la Sainte-Chapelle de Paris : « La chaîne « et le lien de fer, en manière d'un anneau, « dont Noire-Seigneur fut lié, la sainte « touaillc ou nappe, en un tableau, uue a grande partie de la pierre du sépulcre de ■ Nôtre-Seigneur, du lait de la vierge Marie, « le fer de la lanre. »
En mémoire de l'ancienne discipline qui voulait qu'on célébrât sur les reiques des saints, les autels Gxcs cl ceux qu'on nomme portatifs ou pierres sacrées sont toujours enrichis de reliques, qu'on y incruste lorsqu'ils sont consacrés. Nous en parlons dans l'article autel, que l'on peut consulter. Outre ces incrustations de reliques, il y a encore des autels dont l'intérieur csl creux, ou des tables d'autel portatif disposées de la même manière, où l'on place des reliques, en sorte qu'elles puissent être aperçues, moyennant
dans le temps des persécutions. On considère avec raison les ossements qui en sont extraits , comme des reliques. Mais comme il serait impossible de désigner par leurs noms propres les saints dont on découvre les restes, on intitule ces reliques du nom d'un saint ou d'une sainte qu'on peut présumer y avoir été inhumés.
On raconte qu'un ambassadeur de Pologne ayant demandé au pape saint Pie V des reliques , ce pontife lui remit un peu de terre soigneusement pliée dans un mouchoir.
L'ambassadeur crut d'abord que le pape se moquait de lui ; mais étant revenu à son hôtel et ayant examiné celte terre , il la rit toute rouge de sang ainsi que le linge. Ce miracle confirme ce que dit un auteur italien, que la terre de Rome est elle-même une retique; carelle est, pour ainsi dire, toute imbibée du sang des martyrs.
Aux impies ou aux chrétiens indifférents et rationalistes on pourrait rappeler que les Athéniens recueillirent les os de Thésée et leur rendirent de grands honneurs. De nos jours, avec quel respect enthousiaste ne consenel-on pas des objets qui ont servi à quelques personnages fameux , et tel qui révère quel-
Sue dépouille de Voltaire, de Rousseau, de apolcon, elc, se moque de ceux qui honorent les reliques de saint Louis , ou de saint Vincent de Paul .... Voyez passion (Reliques de la).
RELIQUES (translation des).
C'est une cérémonie plus ou moins solennelle et pompeuse dans laquelle on transporte des reliques d'un endroit en un autre. Elle est de la plus haute antiquité. Ainsi furent transférées les reliques de saint Rabylas , évéque
une ouverture garnie- d'une glace ou d'un d'Anlioche, martyrisé en 251 ; celles de saint verre, pratiquée sur le devant. C'esl un sou- Ignace , de Rome à Antioche , etc. : les sièvenir, trop peu usitéde nos jours, de ce qu'on cles de foi ont été témoins d'un nombre imobservait dans les premiers siècles. Dès cette mense de ces translations. 11 n'y a point de époque, on faisait loucher des linges aux re- Rit déterminé pour celle cérémonie. On peut Uques des saints par celle ouverture, et ces prendre pour modèles quelques translations litiges, dont nous avons déjà parlé sous le sur lesquelles l'histoire ecclésiastique donne nom de brandea, étaient conservés avec beau- des détails. Voici néanmoins les dispositions coup de piélé. Bocqui Ilot cite, dans son Traité générales qui sont ordinairement adoptées. historique de Liturgie, une lettre de saint La châsse renfermant les saintes dépouilles Grégoire le Grand qui en fournit la preuve, est exposée la veille du jour de la cérémonie Grégoire de Tours rapporte que l'on consa- dans un lieu convenablement orné, cl on fait crait des églises cl même des autels avec ces brûler autour d'elle au moins deux cierges, sortes de reliques indirectes, et qu'il s'y opé- Celui qui doit présider à la cérémonie , se rail des miracles. Ce n'est pas sans raison rend en étolc cl en chape au lieu où reposent, que Bocquillol blâme certains curés qui mé- depuis la veille , les reliques , il les encense prisent ces linges et les considèrent comme de l roi s coups en s'inchnant profondément
avant et après l'encensement. Les chantres entonnent un Répons en l'honneur du saint, et tout de suite après , les litanies des saints. La Procession précédée de la croix se met en marche à l'invocation : Sancla Trinilas. Un ou plusieurs thuriféraires encensent continuellement ou par intervalles rapprochés la
des objets superstitieux, faute de connaître leur origine. Ce que dit ce savant chanoine d'A vallon de plusieurs curés de son siècle (le dix-septième), ne pourrait-on pas le dire d'un très-grand nombre eu celui où i ous vivons? Dans quel séminaire de France y a-l il un cours même élémentaire de Litur-
1ÛS9 RF.L
relique. Le nom du saint on de la sainte csl invoqué trois fois par un chant plus grave, et le clergé se découvre pendant celle triple invocation. La châsse est portée par des prêtres ou des clercs dans les Ordres majeurs, ou mineurs, au défaut des premiers. Dans les campagnes , on la fait quelquefois porter par des jeunes gens revêtus d'aubes. Après les Litanies, on entonne des Psaumes , si la Procession n'est pas terminée, et on choisit les plus analogues à la circonstance. Quand on est arrivé au lieu où la châsse doit étro placée, le célébrant entonne le Te Deum, qui se termine par l'Antienne propre du saint , pendant laquelle la châsse est encensée par le célébrant lui-même. Après le Verset et l'Oraison, il est expédient d adresser aux fidèles quelques paroles d'édification sur les vertus du saint ou de la sainte. Dans les translations du premier ordre, on prêche le panégyrique. Assez souvent la cérémonie se termine par la Messe ou les Vêpres , et quelquefois même par un Salut. Mais pendant que le saint Sacrement est sur l'autel, on doit avoir soin do voiler la châsse , si elle est en état d'exposition.
VARIÉTÉS
L'Eglise célèbre quelques fêles sous le nom de translation du corps ou des relique» de quelques saints, et quelques autres sous le nom d'Invention du corps. Ainsi , le 3 août , file solennise l'invention du corps de saint Etienne , premier martyr, trouvé près de Jérusalem par suite d'une révélation faite au saint prêtre Lucien, sous Théodose le Jeune. La translation de ses reliques eut lieu avec une grande pompe à l'Eglise de Sion , et l'on en distribua des parcelles aux Eglises d'Afrique, et surtout en 558, à celle de Paris qui , ainsi que le porte la légende, joignit à son titre de Notre-Dame celui de Sainl-Elienne , premier martyr. Aujourd'hui celte illustre antiquité est peu vénérée dans cette métropole, où la fête de Saint-Etienne n'a pas un degré de solennité supérieur à celui du reste de la chrétienté.
Une des plus célèbres translations est celle de saint Sébastien, martyr, dont le pape Eugène donna le corps à l'empereur Louis le Débonnaire. Elle eut lieu en 827. Cette relique fut placée dans l'église de Saint-Médard de Soissons et on y vil bientôt arriver des pèlerins de toutes les parties de la Gaule. Les présents qui furent laits à cette église à l'occasion de cette relique, furent si considérables, que l'on compta jusqu'à quatre-vingt cinq boisseaux de pièces d'argent , neuf cents livres d'or et plusieurs bijoux, comme colliers et bracelets d'un grand prix.
Nous devons consigner ici une translation solennelle des reliques de saint Vincent do Paul à légtisedes Pères Lazaristes de Paris, dont nous avons été témoin. Elle a eu lieu le second dimanche après Pâques , en 1830 , avec une pompe bien digne de son objet. La Hit du diocèse en fait mémoire tous les ans à pareille époque. Il eût été à souhaiter que
ItEL iovu
des prêtres portassent la relique , selon l'usage si édifiant qui était en vigueur daus ces solennelles circonstances.
^ Nous disons dans l'article heliques, qu#l'on vénérait particulièrement des liages qui avaient clé placés sur les corps des saints. Il est certain que dans le sixième siècle l'Église Romaine ne donnait point d'autres reliques que ces linges, mouchoirs, étoffes, sous le nom de Brandea.
Nous citerons un trait qui prouve qu'on se faisait scrupule de remuer les cendres des morts pour en distribuer en divers lieux les ossements. Saint Grégoire le Grand nous fournit cette preuve dans sa lettre à l'impératrice Constanlinc, femme de Maurice, qui lui demandait la tête de saint Paul: « Sachez, « lui écrit ce pape, que les Romains n'ont « pas la coutume de toucher au corps des « saints lorsqu'ils donnent des Reliques , ils « se contentent de placer sur le tombeau « des confesseurs un linge qu'ils envoient « comme reliques , afin qu'on le place dans « l'église que l'on veut dédier. Le Seigneur « n'opère point de moindres miracles par « cps voiles que par le corps même des « saints. »
On trouve le nom de ferle pour exprimer la châsse où sont renfermées tes reliques des saints. Ce mot dérive manifestement do celui de feretrum, bière, cercueil. La châsse est bien en effet un vrai cercueil qui contient latotaliléou une portion de corps saint. La châsse qui ne renfermerait qu'un brandeum ne pourrait donc s'appeler feretrum ou fierté , puisqu'il ne s'y trouverait aucune portion du corps. On rencontre assez souvent dans l'histoire ecclésiastique du moyen âge les expressions : lever la fierté d'un saint, porter la fierté dans une Procession , etc. 11 s'est glissé des superstitions dans ces cérémonies. Nous n'avons point â nous occuper ici de cet objet : néanmoins , en un siècle où l'on attaque, comme superstitieuses et nouvelles, diverses pratiques de vénération envers les Reliques des saints, il est bon d'en montrer, par quelques citations, la haute antiquité. Aujourd'hui on fait brûler des cierges devant les Reliques, et l'on croit que c'est une dévotion qui nous a été léguée par le moyen âge. Or, saiui Jérôme, dans son livre contre Vigilance, défeud des invectives de cet hérésiarque la vénération due aux reliques. « Les apôtres , dit-il se plaignaient « de la perte du parfum précieux répandu « aux pieds de Jésus-Christ, mais le Sei- • gneur les réprimanda. Jésus-Christ n'avait « nul besoin de ce parfum , ni les martyrs « n'ont aucun besoin de la lumière des cier- « ges , et cependant celte femme qui répan- « dit le parfum agit ainsi pour honorer Jc- « sus-Christ, et le Seigneur agréa sa piété. « Ceux qui allument des cierges en reçoi- « vent récompense selon leur foi... Cela se « faisait, il est vrai, devant les idoles, et on « doit détester celte pratique ; maintenant m cela se fait devant les reliques des mar- « tyrs, cl il faul l'approuver » Il parait qu'en
ces temps anciens , on allumait un grand nombre de cierges devant les tombeaux des saints confesseurs : car l'hérétique Vigilance, en attaquant cet usage, dit : Videmus mol es r.ereorum sole fui gente accendi, « Nous voyons •< des masses de cierges allumés en pleine a clarté du soleil. » Or, cela n'était point un usage nouveau au cinquième siècle, comme on voit.
Nous ne pouvons omettre un cérémonial qui est une sorte de translation d'une relique Infiniment vénérable. Le XIV Ordre romain dit qu'à la Messe du Jeudi saint , avant le Pater, le pape prend une ampoule de verre dans laquelle est un vase d'or, et dans ce vase une pierre précieuse taillée de manière a Tonner une concavité. Dans celle-ci est conservée une goutte de sang de Jésus-Christ. En ce jour, tous les ans, le pape lire la pierre dans laquelle est celte adorable relique, et la montre au peuple. Il la confie ensuite aux chanoines de Saint-Jcan-de-Lalran, qui sont chargés de la conserver avec le plus grand soin jusqu'au Samedi saint. En ce dernier jour, la relique est replacée dans le vase d'or, et celui-ci dans l'ampoule de verre. Nous ignorons si ce Rit est encore observé. Du reste, Jean, diacre, dans son livre sur Saint-Jcan-de-Latran, énumère les reliques dont celte église patriarcale est enrichie. Il y fait mention de deux ampoules qui contiennent de l'eau et du sang émanés du sacré coté de Jésus-Christ. Il y parle encore de la table sur laquelle Jésus-Christ fit la dernière cène. On y conserve eu outre le linge dont Notrc-Seigncur essuya les pieds des apôtres , la robe sans couture tissue par la sainte Vierge, le vêlement de pourpre dont Jésus-Christ fut revêtu , le suaire dont sa tête fut couverte et qui est un des cinq linges dont le corps de Jésus-Christ fut enveloppé, ce qui expliquerait pourquoi on vénère, en plusieurs églises , le sacré suaire ( Voyez ce mot ). Cette église possède du sang de saint Jeao-Baplisie el la tunique de l'apôtre saint Jean, etc. , etc. [Voyez passion Reliques de la. )
KEPOSOIR.
Ce sont des autels portatifs qu'on élève sur les places publiques , dans les rues , pour y recevoir le saint Sacrement pendant la Procession solennelle de la Fête-Dieu. Le saint Sacrement y repose pendant qu'on chante l'Antienne de ta station ou des Motets. On ne saurait y déployer une trop grande magnificence, puisqu'il s'agit dy recevoir le Roi des rois. Il faut y éviter néanmoins tout ce oui ressemblerait trop à une décoration théâtrale.
On appelle aussi quelquefois Reposoir le monument ou chapelle ardente du Jeudi saint ; cependant, comme ici c'est pour représenter Jésus-Christ au tombeau, il est convenable de donner à ce Reposoir un aspect plus sévère, plus funéraire qu'à ceux do la Fête-Dieu. Néanmoins , nous sommes bien éloignés d'improuver la magnificence que les contrées méridionales de la France
déploient pour ces Reposoir s. Le peuple, loin d'y attacher une pensée de deuil, leur donne le nom de Paradis. (Voyez skmaihc saints. )