‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 438 sur 519 · LITURGIE CATI1UI 1QLE · texte numérisé non relu

LITURGIE CATI1UI 1QLE

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premiers par myslerium, arcanum ; mais le Sacrement de la loi nouvelle, n'est-tl pas une sorte de sonnent, d'engagement pour le chrétien qui le reçoit? N'est-ce point là ce qui caractérise surtout le baptême (tans lequel le chrétien promet solennellement d'élrc fidèle à Jésus- Christ? Ainsi les signes sacramenlaux peuvent porter à juste litre le nom de sarramentum, serment? Tous les Pères Lalins et principalement saint Augustin, entendent parle sacramentum le signe sensible institué par Jésus-Christ pour nous sanctifier. Ce Vère a dit: Âccedit verbum ad etementum et fit sarramentum. « La parole s'adjoint à l'é- ■ lement et le sacrement se fait. »

Il appartient à la théologie d'envisager cette importante matière. Nous ne pouvons en Lilurgii» que nous occuper de la forme et du ministre, en nous renfermant dans les homes qui nous sont prescrites. C'est ce que nous faisons en parlant de chaque sacrement. Cet article doit donc se limiter à quelques notions spéciales qui ne pouvaient point figurer dans les détails liturgiques dont se composent les articles particuliers.

Guillaume Durand a consacré un long chapitre, le neuvième du livre I de son Rationale divinorum officiorum, â traiter des sacrements, mais il en parle plutôt en théologien qu'en liturgisto D'ailleurs il s'y occupe plus spécialement du mariage. Il fait dériver le nom de sarramentum de sacrœ rti signum ou de sacrum secretum.

Le docteur Grancolas a fait un livre plein de recherches, qui a pour litre: Antiquité des cérémonies dans V administration des sacrements. Ceci rentre dans l'objet que se propose notre livre. Nous allons en présenter une analyse. Il semble que rien ne doit être plus opposé à l'esprit du christianisme que les cérémonies, parce que la loi de grâce est la réalité des ombre» ou figures de l'ancienne synagogue; et si celte dernière reposait, pour ainsi dire, tout entière dans un Cérémonial précurseur de la réalité chrétienne , la rcli-

Sion de Jésus-Christ ne devrait plus avoir es signes qui ne sont que des ombres, scion le langage de l'A poire. Néanmoins on ne peut adopter ce système sans tomber en contradiction manifeste avecce que la raison nous apprend de l'homme, et c.j que l'histoire nous a transmis de la vie de Jésus-Christ, de la pratique des apôtres et des premiers siècles de l'Eglise. Quoique le christianisme soit la religion d'esprit et de vie, ceux qui sont appelés à le suivre étant composés d'un corps aussi bien que d'une âme, celle-ci ne pruit s'élever â Dieu sansque les organes lui servent de véhicule. Les sens corporels doivent donc éti c frappés afin que l'âme se sente émue, agitée. Les chrétiens n'attachent point au Cérémonial les pensées grossières des Juifs; ils s'en servent pour se porter aux <!io*es spirituelles dont les cérémonies ne Sont, principalement d?ns les sacrements, que les signes sensibles. Jésus-Christ s'en est servi dans plusieurs circonstances où il n'avaii, sans contredit, nul besoin de les employer. Quand il voulut guérir l'avcuglc-né

il prit de la bone qu'il mil sur les yeux de cet infortuné. 11 guérit un sourd en lui mettant le doigt dans l'oreille ; il rendit la parole â un muet avec de la salive qu'il lui mit &ur la langue. Dans le temps qu'il priait, il se prosternait contre terre. Lorsqu'il institua l'Eucharistie, il prit du pain, leva les yeux au ciel, bénit ce pain, proféra des paroles. Ordinairement il imposait les mains sur les ma'ades pour leur rendre la santé. Enfin, pour donner le Saint-Esprit à ses apôtres, il souffla sur eux. Est-ce que le Fils de Dieu avait besoin de recourir à ces signes pour opérer ces merveilles ? Sans doute si tout ce que le divin Sauveur a fait était connu, nous aurions â citer un nombre plus considérable de ces prodiges opérés par le concours d'un acte extérieur qui n'en était que la représentation et l'image. A son exemple, les apôtres oui usé de diverses cérémonies qui ne sont point rapportées dans leurs Actes, mais qui ont été suivies el imitées par leurs premiers successeurs. Ici doit être rappelée la célèbre maxime de saint Augustin, selon laquelle on doit observer ce que l'on voit universellement pratiqué, quoiqu'on ne le trouve établi dans aucun Concilo, mais que l'on doit considérer comme nous venant des apôtres.

L'auteur énumère les diverses cérémonies usitées dans l'administration des sacrements depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours, cl en démontre, par des citations, l'antiquité. Nous remontons à celle-ci dans les divers articles où nous traitons des sacrements et des divers sacramenlaux, tels que l'eau bénile, le pain bénit, etc. Nous n'avons donc point à reproduire ici ces différents témoignages. Tcrlullien parle à cet égard d'une manière très-explicite : « Si vous cherche! « la loi de toutes ces pratiques , vous ne la « trouverez point dans l'Ecriture. C'est la « tradition qui les autorise, la routume qui ■ les confirme el la foi qui les observe. • (Lib. de Coron., cap. III.)

Eu ce qui regarde les ministres des sacrements, nous en parlons dans chaque article qui v est relatif. La théologie les divise en ministres ordinaires et extraordinaires. Les premiers sonl ceux que l'Espril-Saint nomma les dispensateurs des mystères de Jésus- Christ; el ce sont éminemment les évêquo* qui. par la plénitude de leur puissance, peuvent administrer les sept sacrements : après eux les préires, à qui, en vertu de leur caractère, il appartient d'être les dispensateurs des mystères. Un seul sacrement, celui de l'Ordre, ne peut jamais être validemenl conféré par eux, et l'on reconnaît que le pape lui-même ne peut, en aucun cas, les en établir ministres. La Confirmation a pour ministres ordinaires les seuls évéques, mais le pape peut conférer à de simples prêtres le pouvoir de l'administrer. Les autres sacrements onl pour dispensateurs les évéques et les prêtres. Nous ne pouvons entrer dans les discussions soulevées parles théologiens sur le ministre du sacrement du Mariage. Les uns veulent que ce soient les parties contractantes, les autres que ce soit l'évéque ou le

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