APOCRISIAIRE
Ce terme grec signifie répondant ou correspondant. Les apocrisiaires étaient, dans 1 Eglise orientale, des ecclésiastiques députés par les évéqoes et les communautés religieuses pour soigner à la cour les intérêts de leurs commettants. C'étaient ordinairement des diacres qui remplissaient celte fonction. On donnait aussi le même nom à des envoyés du pape auprès des princes, dont ils rapportaient les réponses. Celle fonction est analoà celle de nonce et de légat (Voyez ce :.nier mol).
Du temps de Charlcmagne, le prélat charge des fonctions de grand aumônier portail le nom é'apocrisiaire , par extension du sens radical. Dans les monastères, VapocrisioAre n'était autre que l'économe ou trésorier.
Les empereurs nommaient aussi apoerxsiairet leurs ambassadeur» ou envoyés; mais alors ces officiers n'appartenaient point à l'ordre ecclésiastique.
Dans les anciens Ordres romains, ainsi que dans plusieurs monuments des huit premiers siècles, le successeur de saint Pierre sur la chaire romaine est désigné sous le nom d'o-
Sostolicus ; mais ce titre n'était point réservé lui seul ; car, jusqu'au septième siècle, tous les évéques le portèrent, principalement en France. Vers celle époque, le nom d'apostolique fut exclusivement réservé au souverain pontife, et néanmoins, depuis plusieurs siècles, il est assez rarement employé en parlant du pape.
Le litre de siège apostolique est pareillement réservé à l'Eglise romaine proprement dite. Par extension on dit aussi le palais opostoiique, un légat, un ablégat apostolique, un bref apostolique, en un mol tout ce qui lient à la cour de Rome ou en dérive reçoit l'appellalion à' apostolique.
rue i demi
On trouve plus spécialement qualifiés du titre d'apostolique les sièges directement fondés par les apôtres, et surtout les grands patriarchats d'Antiocbe, d'Alexandrie, de Jérusalem, outre celui de Rome.
Quelques souverains ont été honorés de la qualité d'apostoliques par les papes : ainsi Sylveslrc II, élu en 990, accorda ce litre à sainl Etienne de Hongrie, parce que ce prince avait introduit la foi de Jésus-Christ dans ses Etats. Celte qualité fui conGrmée à ses successeurs, avec le droit de faire porter la croix haute devant eux lorsqu'ils sortaient en cérémonie. Au dix-huitième siècle, Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI, ayant hérité du trône de Hongrie, le pape Clément XIII lui expédia un bref en verlu duquel le privilège de la croix lui fut assuré avec le titre de majcslé apostolique. Ses successeurs ont continué de le porter jusqu'à ce jour.
Tout ce que nous disons dans ce court article est extrait du Dizionario di erudizione storico-ecclesiaslica de Gaetano Moroni. dont les premiers volumes viennent de paraître, ARCHEVEQUE.
Pendant les premiers siècles nous ne voyons que des évéques successeurs des apôtres et préposés au gouvernement de l'Egli>c de Dieu. Le patriarche d'Alexandrie est le premier qui ail été désigné sous le nom d'archevêque, maître, ou commandant des évéques, selon l'étymologie. Sainl Alhanasc est le plus ancien Père de l'Eglise qui ail employé celle dénomination. En 451, les Pères du concile de Chalcédoine donnèrent le nom d'archevique au pape Léon I, le reconnaissant ainsi comme le chef des autres évéques. 11 y avail néanmoins déjà des évéques qui étaient investis d'une autorité supérieure aux autres ; on les appela d'abord évéques du premier siège de la province, puis métropolitains, parce que
la ville où ils siégeaient était métropole ou capitale de plusieurs autres villes. Les titulaires des sièges des plus grandes cités devinrent ensuite patriarches, el eurent sous leur juridiction les métropolitains el les évéques. On appela de ce nom les évéques de Rome, de Jérusalem, d'Antioche, d'Alexandrie, et plus lard celui de Conslanlinoplc. Chaque nation avail ainsi son patriarche. Celui des latins était à Ruine, et celui-ci, sous le nom de PAPE par excellence, était regardé comme le patriarche universel. Celui des Juifs convertis résidait à Jérusalem, celui des Syriens à Anliochc , celui des Egyptiens à Alexandrie, cl enfin celui des Grecs à Conslanlinoplc
Jusque-là nous voyons le pape, les patriarches, les mélropolilains el les évéques. Les métropolitains ayant pris ou reçu le nom d'archevêques, ces deux dénominations exprimèrent une seule autorité. Barbosa remarque pourtant, et avec raison, que si lout métropolitain était archevêque, tout archcvérju* n'était point métropolitain. En effet, on a vu des archevêques sans suffragant, tandis qu i!
n'a jamais existé de métropolitains sans évéehé qui relevât de lear métropole.
Le titre d'archevêque a été en usage dans l'Kglise orientale longtemps avant qu'il ne Tût connu dans l'Eglise latine. Pour ce qui regarde la France, ce n'est guère qu'au temps de Charlemagne que ce litre est donné à des métropolitains. Nous trouvons dans les Formulée aîsatiques la lettre d'un évéque Français, sous le règne des enfants de Louis le Débonnaire, adressée à Varchevégue dont il se reconnaît l'humble suffragant. Néanmoins «m trouve le titre d'archevêque donné à un évéque en France, au sixième siècle; c'est celui d'Arles.
Il est très-intéressant de jeter un coup d'œil sur la division administrative des Gaules sous la domination romaine; on verra que les villes métropolitaines de l'administration civile ont eu dans la suite des prélats supérieurs aux simples évéques, sous divers titres, et enfln en général sous celui d'archevêques. Pour nous borner à la France de 1789, nous voyons que les villes de Vienne, Narbonne, Aix, Bourges, Bordeaux, Auch, Lyon, Rouen, Tours, Sens, Reims, Besançon et Embrun étaient métropoles civiles. Justement chacune de ces villes avail un siège archiépiscopal de la plus haute antiquité. Mais comme trois de ces métropoles avaient une cour supérieure ou primalie, en qualité de capitales des provinces qui avaient subi une kubdivision, nous trouvons les archevêques de ces villes investis du litre de primats. Vienne étant la première dans l'ordre numérique . son archevêque s'appelait primat des primats. Lyon étant la métropole des Gaules lyonnaises, son archevêque prend le titre de primat des Gaules. Par la mémeraison, Bourges conférait à son archevêque le titre de primat des Aquitaines.
La primalie a été souvent confondue avec le palriarchat. Vers le sixième siècle, les prélats de Lyon et de Bourges reçurent le nom de patriarches. Celui de Lyon fut confirmé dans la primalie de toutes les Gaules par Grégoire VII en 1079. Lorsque les patriarches exerçaient une suprématie réelle , telle était la gradation hiérarchique : le pape, les patriarches, les primats, les métropolitains, les archevêques et les évéques. Noos n'avons pas besoin de dire que tous ces titres rentrent dans un seul ordre d'institution divine, l'épiscopat ( Voir évéqcib).
Autrefois les archevêques jouissaient de grandes prérogatives : c'étaient eux qui confirmaient les évéques de leurs provinces, les sacraient et recevaient leur serment d'obéissance. Ils pouvaient et devaient même, selon quelques conciles, visiter les diocèses de leurs surfragants.y établir des règles et présider aux délibérations sur des affaires importantes nui concernaieut les diocèses.
Aujourd hui , en fait de juridiction , les archevêques peuvent seulement connaître par voie d'appel des affaires conlentieuses de leur métropole ou province. C'est pourquoi chaque wrckêvéché a son officialité métropoti-
laine. Ils ont le droit de convoquer le concile provincial cl de le présider.
En fait de suprématie honorifique , les archevêques oui le droit de visiter les églises de leur province, d'y célébrer pontificalement, d y porter le Palltum (Voir ce mot) et de faire porter devant eux leur croix archiépiscopalemais ils ne peuvent y exercer les fonctions propres au caractère épiscopal sans l'agrément du sulfragant. °
Les archevêques orientaux sont investis des mêmes honneurs à peu près que dans l'Eglise latine ; mais ceux qui sont patriarches y ont une suprématie réelle, comme le cathobites arménien9 el le wpkrie* des jaco-
VARIÉTÉS
Selon les concordats de 1802 et de 1817 plusieurs archevêchés de France ont cessé u exister. Les archevêchés supprimés sont Vienne, Narbonne, Embrun, parmi les anciens que nous avons mentionnés. Arles, très-antique métropole, a subi le même sort. Toulouse, Paris et Albi ont été érigés en archevêchés, le premier au quatorzième siècle, le second et le troisième au dix-septième. Celui d Avignon n'est uni à la France que depuis la révolution.
La primalie patriarcale de Lyon, jusqu'au concordat de 1802, s'étendait sur les quatre archevêchés de Lyon, Tours, Sens et Paris, cl son titulaire avait la préséance sur tous les prélats de l'Eglise gallicane. 11 conserve encore aujourd'hui celte dernière, el son eghse cathédrale porte, exclusivement à toute autre, le nom de primaliale.
Sous le rapport de la date d'érection archiépiscopale, parmi les métropoles actuelles, au nombre de quatorze en France, celle de Pans n'a que le treizième rang. En 1841, l'évôché de Cambrai a recouvre son titre archiépiscopal.
L'évéque métropolitain de Tours, Laudran I", prit le tilre d'archevêque en 817. Il était le successeur de Joseph I", qui. en 784, en qualité de métropolilain, avail condamne a une prison perpétuelle un autre Joseph, évéque du Mans. Nous pensons que c'est un des premiers métropolitains qui, en Fra nce, aient pris Je nomd' archevêque. si môme il n'est pas le premier.
L'écusson arcAiVpûro/>a/est sunnonléd'une croix tréflée à deux croisillons ; les deux cordons latéraux sont terminés par rinq glands, tandis que ceux des évéques n'en onl que quatre. Ceci, du reste, n'est pas universel.
Ajoutons que l'Etat agrée trois vicaires généraux pour les archevêchés, et Jeux seulement pour les évêchés. Les chapitres métro-
Eolitains ont neuf chanoines, un de plus que !s chapitres calhédraux. Paris seul a seize ehanoines.