SALUTATION DU PRÊTRE
Dans la Liturgie Homaine, le célébrant salue plusieurs fois le peuple en lui adressant quelques paroles dont le but est de ranimer son attention. Au bas de l'autel il dit : Dominus vobiscum, sans se tourner vers les assistants : mais après la Collecte et en d'autres parties de la Messe que nous n'avons pas besoin de spécifier, il adresse au» fidèb's la menu- salutation. Les paroles que nous avons citées sont mises à la bouche du prêtre dans les plus anciennes Liturgies d'Occident. Cette salutation est ordonnée dans le premier Concile de Prague, en 561. Les paroles sont citées comme extraites du livre de Rulh, où nous vovous que Booz saluait ainsi ses moissonneurs. La réponse du peuple : Et cum spiritu iuo, est représentée dans le même Concile comme une tradition apostolique. Les interprètes mystiques expliquent le sens de cette réponse. Rémi d'Auxcrrc dit qu'au salut : o Que le Seigneur soit avec vous, » le peuple ne répond pas : « Qu'il soit aussi avec vous,» mais : « Qu'il soit avec votre esprit; » pour faire entendre que le Sacrifice doit être offert avec une grande attention de la part d'une âme raisonnable, qui a été créée capable de la lumière divine. LeOmrile que nous avons cité veut que l'évéque n'use point, pour saluer, d'une formule différente de cellcdu simple prêtre. Néanmoins en Occident les évéques ont toujours dit : Pax vobis, toutes les fois que le Gloria in cxclsi» est récité à la Messe. Or on suit que jusqu'au commencement du onzième siècle il appartenait aux évêques seuls de le réciter : cette salutation était donc comme une suite du Gloria, dont les premières paroles sont : Pax hominibus bona< voluntatis. Il en résulterait que les simples prêtres, disant aujourd'hui l'Hymne angélique, aussi bien que les évêques , auraient <iû aussi employer la même formule de salutation. Néanmoins l'ancien usage exceptionnel s'est maintenu, et l'on ne peut assigner d'autre origine à celle différence. Quand il n'y a poinl de Gloria in excrltis, l'évéque salue en disant : Dominas vobiscum.
Quelques liturgistes ont voulu voir dans celle différence un privilège épiscopal, en disant que les évêques, successeurs des apôtres, devaient saluer le peuple comme Jésus- Christ saluait ses disciples. Cette raison peut avoir sa valeur sous le rapport de l'édification, mais elle n'en est pas moins contraire à 1'hisluirc de la Liturgie.
Nous avons dit que le prêtre se tourne vers
le peuple pour lui adresser cette salutation. Cela n'a lieu que pour celle qui procède la Collecte, avant l'Offertoire, et avant et après la Poslcommunion. Lorsque le célébrant avait le peuple vis-à-vis de lui, dans les églises dirigées de l'Orient à l'Occident, comme dans plusieurs basiliques de la ville de Rome, il n'avait pas besoin de se tourner. S'il arrive mémequel'autel soit ainsi disposé, en quelque lieu que ce soit, le lélébranl ne change point de posture pour celle salutation, pas plus qu'au bas de l'autel, à la Préface cl aux Evangiles.
Dans la Liturgie ambrosienne, le célébrant ne se tourne jamais pour dire : Dominus vvbiscum. Il en est de même dans les Liturgie* Orientales, où le salut du peuple a toujours été exprimé nar le souhait de la paix. Durand de Mcndc fait observer que, dans les églises qui ont leur porte à l'Orient, le prêlrc ne doit point se tourner, car le prêtre célébrant dans ces églises se tient toujours en face du peuple. Les chartreux ne se tournent jamais pour faire celle salutation. Du reste, dans la Liturgie Romaine, celle conversion, pour dire aux fidèles : Dominus vobiscum. n'a jamais lieu dans aucune partie de l'Office canonial, quoique l'officiant soit, pour la plupart du temps, placé de telle sorte qu'il ait le peuple derrière lui.
Dans le dernier paragraphe de l'article messe nous parlons de celle salutation comu:e incompatible avec la Messe solitaire. Selon le Rit romain, le prêtre qui récite seul son Office canonial dit : Dominus vobiscum. A Paris et dans beaucoup d'autres diocèses, la Rubrique faildire par le prêtre récitant seul : Domine, exnudi orationem meam. Nous sommes bien éloignés de censurer la Liturgie de noire Eglise-mère ; mais il nous semble que cette salutation, ainsi isolée et surtout suivie de la réponse : Et cum spirituluo, peut paraître assez étrange. Il n'en est pas certainement de même pour ce qui regarde Bcnedicumus Domino : on comprend parfaitement que le prêlre seul peut en ce moment s'unir avec le peuple chrétien pour bénir Dieu, en parlant d'une manière collective. Cela esl-il aussi facile en prononçant les paroles : Dominus vobiscum ? Nous comprenons cependant que cela n'est pas impossible, mais nous croyons que le prêlre pourra plus aisément se recueillir en disant : Domine, exnndx orationem meam. On a lenlé de bannir delà récitation particu Mère Jubé, Domine, benedicerr, —Tu autem, Domine, miserere nobis, Benedicamus domino. Nous concevons que celle suppression était peu susceptible d'excuse et qu'on a très-bien fail de ne poinl l'accueillir. SANCTUAIRE.
(Voijrz CHOEI'B.)