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SURPLIS

Cet babil de chœur, dont la forme a plusieurs fois varié , se mettait sur la robe fourrée de peau que les ecclésiastiques portaient autrefois, principalement dans le Nord. L'élymologie en esl évidente, testis super pHles d'où supcrpellicium, en français surj&elisse dont on a fait surplis. Nous devons d'abord faire jnstice d'une élymologie que des hommes, d'ailleurs versés dans les sciences théologiques, assignent quelquefois à la dénomination de surplis. Nous l'avons recueillie nous-mêmes de la bouche d'uu professeur de séminaire. Le surplis, selon celte opinion, serait ainsi nommé parce que ses ailes plis— sées portent plis sur plis. Faute d'interroger l'antiquité religieuse, on s'expose à débiter gravement des puérilités. Très -longtemps avant l'innovation des ailes plissées le superpclticium existait; ii avait de très-larges manches afin de pouvoir en recouvrir l'épaisse robe fourrée. Lorsque les fourrures n'ont plus été d'usage, ces larges manches devenues incommodes furent rejetées en arrière, et vers le commencement du dix-huitième siècle on s'avisa de les plisser pour leur donner une forme plus élégante. Tcllo est l'histoire du surplis actuel qui est en usage à Paris cl dans beaucoup de diocèses.

Si nous remontons à l'origine, nous verrons que nulle différence n exista d'abord entre l'aube de la Messe et cet habit de chœur. Lorsque les ecclésiastiques ne faisaient aucune fonction à l'autel, en chasuble, en dalmatique, en tunique ou en chape, ils se lenaienl dans le chœur en aube. Le pape Nicolas I" leur donne le nom de Unes» loges, robes de lin ; ces aubes de chœur s'étaient raccourcies à on tel point que le Concile de Bâle, en 1431, ordonna que les surplis ou robes de lin descendissent plus bas qu'à mi-jambe. Pour distinguer cet babil de 1 aube serrée par on cordon oo une ceinture, on loi donnait le nom de coWa. Le rochei. rochettum, n'est autre chose que cette *abt

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raccourcie, ainsi nommé de l'allemand rock qui signifie chemise. On le Iroove fréquemmenl désigné sous le nom de camistat camisile.

Le surplis est donné par l'évéque au tonsuré comme signe de son admission dans la cléricalure, et selon le sens de la prière récitée en s'en révélant, il est le symbole du nouvel homme qui fut créé dans la justice et la sainteté. Ce qui prouve que le surplis est identifié avec l'aube, c'est que dans l'ordination du sous-diacre il n'y a ni prière ni cérémonial pour le revêtir de celle dernière. Le clerc était en possession de cet babil par l'investiture du surplis.

Dans toutes leurs fonctions, hors du service de l'autel, les ministres dans les Ordres sacrés sont revêtus du surplis. Le prêtre le prend pour l'administration des sacrements, en mettant par-dessus l'étole de la couleur convenable; il en est de même pour les Bénédictions, pour les Prédications, clc. En plusieurs circonstances i! n'est revêtu que du surplis sans étole, à moins qu'il no soit cure (Voy. ce mol et l'article étole).

Si dans le principe l'aube, le surplis et le roebet n'ont qu'une seule et même origine, ils n'ont plus aujourd'hui la même destination. L'aube est affectée an service immédiat de l'autel ; le surplis et le rochet ne sont plus identiques. Le vrai surplis a des manches très-larges ; il est commun à tous les ecclésiastiques et même aux laïques employés au service du chœur, quoique pour ces derniers ce ne soit qu'une concession souvent trop prodiguée. Le rochet, rochettum, a des manches étroites et il est réservé aux évéques, aux chanoines titulaires ou honoraires, ou bien, selon les usages respectifs des diocèses, à d'autres prêtres qui ont des qualifications analogues à ces dernières. Le rochet épisco-

Eal est exclusivement garni de dentelles ou roderies; tous les autres sont en toile de lin unie. La même réserve n'existe plus. dans le droit commun, pour les aubes qui pour tout célébrant peuvent être garnies de fonds brodés.

Il existe une autre espècede rochet qui n'a point de manches ; on en use en quelques circonstances, comme pour le confessionnal, etc. En certains diocèses , ces rochels ne sont point permis ; les éréques ont le droit incontestable de régler la forme de ces sortes d'habits. Il y a, surtout pour le chœur, une convenance d'uniformité à garder et qui n'est pas toujours respectée ; quelquefois dans une réunion d'ecclésiastiques pour une cérémonie au chœur, on voit apparaître ces trois sortes de surplis , ce qui ne formo pas on coup d'œil Irès-décenl. Le surplis à ailes plissées est tombé en désuétude en beaucoup de diocèses; on s'y revêt uniformément de surplis à larges manches. Il serait à désirer que partout on reprit cette forme qui est normale pourceshabilsde chœur. On trouve le surplis sous le nom de superindumentum dans quelques anciens Cérémoniaux, ainsi que sous celui de subpellicewn, soupefis, parce qu'on

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le mettait sons la soutane fourrée de peaux. Nous ne pouvons omettre ce passage de Géminianus , dans son livre De antiquo Jiitu Missœ, au sujet du surplis : Uctc cestis est fora, quia clericalis vita débet esse in bonis operibus larga;est etiam talaris, quia docet usque ad finem perseverare in bonis. En quel* ques contrées, notamment en Italie, le surplis ou rorbet est tellement court qu'on ne peut y retrouver la signification mystique des dernières paroles citées.

Nous terminons par une observation snr le surplis à ailes porté sous le camail en hi-* ver dans quelques diocèses. Ce costume clé* rical frappe l'œil d'une manière singulièrement fâcheuse. Du moins pour ce temps, qui dure de la Toussaint à Pâques, un genre de surplis à manches ou sans manches, moins disparate avec le camail, nous semblerait plus convenable. L'autorité épiscopale peut seule prescrire ou autoriser celle modification. (Voy. AU BU.)

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