‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 486 sur 519 · VASES SACHES · texte numérisé non relu

VASES SACHES

Nous parlons de chacun des vase* dans des articles particuliers. Nous ne pouvous donc ici les envisager que d'une manière générale. Ce terme a diverses significations dans nos livres saints : on y appelle vase tout ce qui était renfermé dans le tabernacle et dans le temple, non-seulement les ustensiles qui ont quelque chose d'analogue avec le sens qu'on attache ordinairement a ce mot, mais encore différents autres objets, tels que des instruments de musique, vasa psabm, vasa cantici. Les personnes sont quelquefois appelées rase*. Ainsi saint Paul est un vase d'élection, ceux qui ont reçu le don delà foi sont di s rare» de gloire, des vases de miséricorde, les infidèle-» sont des vases d'ignominie et de colère. Pour peu qu'on soit familiarisé avec le style biblique, on discerne facilement les sens variés de ce lermr.

En Liturgie, nous appelons rases plusieurs ustensiles qui sont employés dans le culte; mais tous ces vases ne sont point sacrés au même degré, quoique nous leur donnions ce nom générique. Au premier rang sont le calice et la patène. Ces deux vases servent à consacrer l'Eucharistie. C'est pourquoi ils sont séquestrés de la classe des objets communs ou profanes par une consécration qui est faite par l'évêque. Pour celle-ci on emploie, outre l'eau bénite, le saint Chrême qui ne sert point pour la bénédiction des autres vases.

Au second rang, sont le ciboire ou pixts eucharislica, et l'ostensoir. Quoique le ciboire soit destiné à conserver la sainte Eucharistie, il a un rapport beaucoup moins direct avec le saint Sacrifice et il no reçoit qu'une simple bénédiction. Le second n'est point un vase sacré proprement dit, on ne bénit que le croissant dans lequel esl placée la sainte hostie.

Nous plaçons au troisième rang les vases des saintes Huilds. Le Pontifical romain n'a aucune formule spéciale de bénédiction pour ceux-ci.

La consécration du calice et de la paléno esl exclusivement épiscopnle. La bénédiction des autres vases peut se faire par un piètre

3ui y a été autorisé par son Ordinaire. Nous onnons néanmoins i lous ces rases indistinctement la qualification de sacrés, mais surtout aux quatre premiers, à cause de leur rapport plus ou moins direct à la sainte Eucharistie.

Nous disons en son lieu que dans le principe il n'y eut que le calice et la patène qui fussent essentiellement des vases sacrés, et que le ciboire cl l'ostensoir sont beaucoup plus modernes. On peul ranger parmi les vases sacrés le chalumeau, auquel nous avons consacré un article ; le cochlear ou cuiller des Grecs, qui sert à administrer la Communion (Voyez ce dernier mol ); la iculelia, écuellc ou espèce de soucoupe usitée encore en certains diocèses pour donner l;i Communion : nous en parlous dans l'article paténk ; Vanter ou étoile des Grecs (Voyez ce mot); la sainte lance dont se servent aussi les Grecs ( Voyez ce mol).

Parmi les vases que nous pouvons nommer simplement ecclésiastiques, trouvent leur place : les burettes, le couloir, le bénitier portatif, l'encensoir, la navette, le bassin du lavabo, la lampe, etc. ; nous en parlons dans des articles séparés, ainsi que du tabernacle dans lequel esl conservée la sainte Eucharistie. Plusieurs auteurs placent dans ce dernier rang les vases des saintes Huiles qui, en effet, comme nous l'avons dit, no sont point l'objet d'une bénédiction spéciale, comme le ciboire et le croissant «le l'ostensoir ou monstrance.

Les seuls minières de l'Eucharistie, c'està-dire l'évêque, le prêtre et le diacre pouvaient anciennement toucher les vases sacrés, qui se réduisaient au calice et à la patène. Un décret du Concile de Laodicée. tenu sous le pape saint Sylvestre, défendait même aux sous-diacres de les toucher. C'est le Concile dcBrague, sous Jean 111, qui leur en accorda la permission. Il est prouvé par les Ordres romains que les acolytes avaient cette prérogative. Chez les Grecs, il existait un gardien spécial des vases sacrés, auquel on donnait le nom de scevophitax ou de céméfiarque. A Rome, le diacre saint Laurent remplissait celle charge. C'est ce que dit le poète Prudent e dans ces vers :

fliL (4-iiuu* e sr<fi!t>m *«»•* Oui sum adararn promut, tcvila subliniis gra-l»

Et caHcris |*œsi.mlior, Clauslris saoroium |,raeerat Ca-J slis arcaiiuui domus Fidb gultcrnam c-Lvibus.

« C'est le premier des sept hommes choisis « qui se tiennent le plus près de l'autel, le « plus élevé des lévites, et qui, en vertu de « sa haute dignité, était le chef du sacrarium, « gardant, sous ses vigilantes clefs, le trésor « de la maison de Dieu. » Il n'était jamais permis de transporter dans des maisons particulières les vases sacrés. Le calice et sa patène, selon les règle* de la décence, ne devraient jamais étro conservés dans les lieux de noire habitation, mais bien dans la sacristie. Saint Grégoire de Tours parle d'un meuble auquel il donne le nom de four, turris, dans lequel était renfermé le ministère ou mystère du corps du Seigneur, c'est-à-dire le calice et la patène. Le diacro était chargé de porter à l'autel celle petite tour. 11 faut pourtant observer que différentes versions portant mysterium au lieu de minisierium, on a considéré cette tour comme un vase séparé dans lequel était conservée la sainte Eucharistie, et qui serait pour nous le ciboire ou pixis Eucliaristiœ. Quoi qu'il en soit, les deux principaux vases sacrés étaient l'objet d'uu respect tel qu'il y en a peu de vestiges dans notre siècle, quoique nous les considérions comme des objets très-vénérables en euxmêmes. En plusieurs églises, on pratiquait auprès de I autel une armoire bien parée dans laquelle élairnt placés ces vases. Selon le témoignage de Bocquillot, il y en arail autrefois une de ce genre devant le grand autel de Cluoy. 11 ajoute : « Plût à Dieu que « nous eussions cet esprit de piété qui ani- « mail ces saints moines I Peut-être que les « sacristains de nos églises, nous voyant Irai- « 1er avec respect les vases sacrés, ils sc- ■ raient portés à les traiter respeclueuse- « ment, et à les tenir plus proprement qu'ils « ne font. »

Nous parlons, pour chacun des vases, dans leur article respectif, de la matière dont ils peuvent ou doivent être faits. Il est certain qu'avec un peu de bonne volonlé, dans les campagnes même les plus pauvres, ou pourrait avoir des vases d'argent, du moins en ce qui regarde le calice tout entier avec sa patène, le ciboire, et les bottes ou vases des saintes Huiles. Un prêtre zélé vient facilement à bout de ces dépenses, quand il en a la ferme volonlé. N'arrive-l-iî pas assez souvent qu'on a, dans ces églises, plusieurs objets secondaires qui semblent dépasser les moyens ordinaires, tandis que le calice et ta patène sont du plus vil prix? S'il peut y avoir, dans une église, quelque magnificence supérieure à ses ressources habituelles et connues, ne doit-on pas surtout l'employer à l'égard de ces deux vases sacrés f

VARIÉTÉS

Un auteur dans lequel nous n'avons pas

coutume de puiser des documents, Valmunt de bomare parle d'un vase d'emeraude qui est, dit-il, conservé dans la cathédrale de Gènes avec le plus grand soin ; il y est depuis plus de six cents ans, sa forme est hexagone, d'un beau vert. On lui donne H pouces cl demi de diamètre, sur une hauteur de cinq pouces neuf lignes et une épaisseur de trois lignes. Il fut engagé en 1319, pour une somme de douze cents mares d'or, cette somme fut acquittée douze ans après , et le gage retiré des mains du cardinal Luc de Ficsquc. En 1726, il parut à Gènes un ouvrage qui tend à prouver que ce vase précieux fut présenté à Salomon par la reine de Saba, et que ce fut dans ce ( lai que fut servi l'agneau pascal dans la dernière Cène de Noire-Seigneur. Sous ce dernier rapport, ou peut regarder ce vase comme une vénérable relique. Un prêtre est chargé de l'exposer au peuple, par le moyen d'un cordon passé autour do son cou el qui retient le vase par ses anses. C'est ce qu'on nomme en italien , il sacro calino di smeraldo orientale.

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