VER
Pour la facilité de la Psalmodie, on a divisé en Venu» les Psaumes cl les Cantiques. Ici l'étymologie du cardinal Bona ne peut trouver son application. Mais comme les Psaumes sont une véritable poésie en vers cadencés et mesures dans l'original, le nom de Verset, versus ou versieulus, imposé a chaque période, se trouve ainsi convenablement justifié.
Le Verset, selon Bona, se chante d'une voix claire et aigùc afin d'éveiller In tiédeur et d'exciter les affections du cœur. On le dit avant les Leçons de l'Office de la nuit , afin d'avertir qu'après la faliçuc de la Psalmodie il est permis de s'asseoir et de se reposer, mais le chant élevé de ce Verset rappelle que* ce repos ne doit pas être un assoupissement, puisqu'on doit être attentif à écouler les leçons. On dit le Verset avant l'Oraison des Heures, parce qu'il est écrit : «Avant la prière « dispose ton âme. » Il serait très-peu sage do voir dans ces raisons une mysticité trop m mu lieuse, car l'Eglise en entremêlant TOr- Gce de ces Versets, a dû se proposer des fins utiles a la piété.
VARifcTKS.
Les Versets sont assez ordinairement tirés de l'Ecriture sainte. Il en est rependant un assez grand nombredans la Liturgie romaine qui sont formés de paroles humaines, principalement ceux qui accompagnent les grandes Antiennes de la sainte Vierge. Les nouveaux Hiles installés dans le plus grand nombre des diocèses de la France les ont remplacés par des textes bibliques dont le sens accommodatice fait le principal mérite. Nous croyons que l'on ne retrouvera pas ici sans plaisir ces Versets pieux que très-peu d'Eglises ont conservés. 11 nous semble que si les Antiennes qui sont de tradition ont été maintenues dans ces Offices modernes, le Verset traditionnel aurait pu mériter le même avantage.
Après l'Antienne Aima redemptoris mater, au Romain, il y a deux Versets, selon le tems.
Avant la Nativité de Notrc-Seigneur. — Angélus Domini nuntiavil Maria. R. Et coneepit de Spiritu Sancto.
Après la Nativité : — Posl parlum, Virgo, invtolata permansisti. R. Dei Genitrix, intercède pro nobis.
L'Antienne Ave Regina calorum est suivie de ce Verset célèbre qui est dit en plusieurs autres circonstances :
D ignare me laudare te, Virgo saerata. K. Da mVii virtutem contra hottes tuos.
Celui qui suit l'Antienne Regina eœli est le suivant : Gaude et lœtare, Virgo Maria, alléluia. R. Quia surrexit Dominus verè, alléluia.
Enfin, après l'Antienne Salve Regina, on y dit le suivant : Ora pro nobis, sancta Dei Gt~ nitrix. R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi. Ce dernier, il est vrai, est encore trèscommun.
En quelques rares endroits de ces Offices nouveaux, on retrouve néanmoins certains Versets traditionnels. Nous citerons celui :
VET ta**
Advramus te, Christe, et btnulicimus tibi. R. Oiito per sanctam crucem Utam redemisti mundum.
VÊTURR.
Depuis les premiers siècles de l'Eglise , h ■< vierges consacrées à Dieu ont reçu l'habit qui convient à leur état , des mains des pontifes ou des prêtres délégués à cet effet. Un cérémonial tout particulier avait lieu pour celte consécration. La sœur de saint Ambroisc reçut le voile , le jour de Noé'l, dans l'Eglise de Saint-Pierre , à Rome, et ce fut le pape Libère qui fil la cérémonie. Saint Ambroisc, dans son admirable livre delà Virginité,composé en 378, fait la description des Rites usités en pareille circonstance. La vierge se présentait au pied de l'autel pour y faire sa profession devant le peuple ; l'évéquc lui adressait les instructions analogues a l'élat qu'elle embrassait et lui donnait le voile. Néanmoins, on ne lui coupait point les cheveux comme aux clercs cl aux moines, et pourtant cela se pratiquait en Egypte et en Syrie , où les vierges se faisaient couper les cheveux en présence du prêlro qui recevait leurs vœux. Les plus anciens Rituels contiennent une formule de bénédiction pour les vierges qui se consacrent spécialement au service de Dieu. Le Sacramcntaire gallican, dit de Bobio, présente une prière intitulée : Ordo ad consecrandas monaehas , et une seconde : Ad velandas virgines. Guillaume Durand entre dans une longue explication ascétique des cérémonies d'une viture. Noos ne pouvons le suivre dans ces détails que l'on pourra lire dans le chapitre I", livre II, de son Rationale.
Le Pontifical romain contient le cérémonial d'une viture, sous le titre : De bénédiction* et consecratione Virginum. Selon le pontifical, cette bénédiction ou consécration doit se faire le jour de l'Epiphanie , ou le dimanche tn albis , ou bien encore aux fêtes des Apôtres ou le dimanche. Dès la veille, ou bien le jour même avant que le pontife se prépare pour la Messe, on doit lui présenter, dans un lieu décent, les vierges qui vont recevoir la bénédiction de la viture. Il s'informe de leur Age, de leur vocation. Elles doivent avoir vingt-cinq ans. Il interroge chacune d'elles sur leur résolution de se consacrer à Dieu. Puis on pose sur l'autel , afin d'y être bénis , les divers objets qui doivent être employés pour la viture , tels que les habits, voiles, anneaux, colliers ou couronnes. Un pavillon est disposé dans l'Eglise pour que les vierges puissent s'y revêtir de leurs habits, en temps opportun, aprè* qu'ils auront été bénis. La Messe est celle du jour aveejune Collecte propre. Après le Graduel ou la Prose, le pontife se place sur un fauteuil, au milieu du marche-pied de l'autel , et les vierges lui sont amenées par deux anciennes religieuses et les parents. Elles ont leur voile baissé sur les yeux. L'archi prêtre, en surplis et en chape, chante l'Antienne : Prudentes virgines aptate vestras lampades ; ecct sponsus venitt erite obviant ei. « Vierges pru-»
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• dentés, préparez vos lampes ; voici l'époux » qui vicnl, allez nu devant de lui. » Le même présente les vierges au pontife , selon le cérémonial qui est en usage pour les candidats aux divers Ordres. Mais il y a un Rit particulier qui mérite d'élre décrit. Le pontife en chantant appelle les vierges : Venite, « venez.» Celles-ci répondent: £7 nuncsequùnur, « voici «que nous suivons,» «étoiles s avancent jusqu'à l'entrée du chœur. Le pontife les appelle une seconde fois, par la même invitation chaulée à voit plus haute. Elles répondent en chantant sur le même ton : Etnunc sequimur in toto corde, a voici que nous suivons de (oui « uotre cœur,» et elles pénètrent jusqu'au milieu du chœur. Une troisième invitation leur est adressée a plus haute voix. Les vierges répondent : Et mine sequimur in toto corde; timemus le et qwerimus faciem tuatn videre , Domine, ne confundas nos, ted fac nobis juxta mansuetudinem tuain, et secundum mulliludinem misericordiœ tua. « Voici que nous sui- « vous de tout uotre cœur, nous vous crai- « gnons et nous cherchons à voir votre « face , ô Seigneur ; ne nous confondez pas, « mais agissez avec nous selon votre man- « suélude , et selon la grandeur de votre « miséricorde. » Pendant que les vierges chantent ces paroles, elles s'avancent jusqu'au sanctuaire et se prosterneut devant le pontife. Il y a dans ce dialogue chanté un charme inexprimable, à notre avis. Les vierges chantent, chacune à son tour, en levant un peu la létc, les paroles suivantes : Suscipe me. Dom ne, secundum eloquium tuum ut non domine/ ur mei omnis injusiitia. « O mon Dieu, a accueillez-moi selon votre parole, afin « qu'aucune injustice ne me domine. » Puis le pontife reçoit leur vœu de virginité. Les Litanies des saints sont chaulées pendant que les vierges sont prosternées sur des tapis, et que le pontife est à genoux. Après l iu vocation : Ulomnibm fidelibus, etc., il se lève, et se tournant vers les vierges, couvert delà mitre et la crosse à la main, il chante : Ut présentes (incillas tans bene f dieexe diyneris. ?'ero« yumus midi nos. — Ut prœsentes ancillus tuas bene t diccre et sanclificare digneris. t\. Te rogamus audi nos. ■ Seigneur, nous vous « prions de bénir et de sanctifier vos servantes « ici présentes. » On entonne ensuite l'hymne Veni Creator, pendant lequel le pontife bénit le» habits et les collier* ou couronnes. Les vierges revêtues de ces habits religieux, mais sans voile, reviennent vers le pontife en chantant le Répons : Regnum mundi. et omnem ornât um soeculicontempsi propter umoretn Domini NostriJesu Chrisli , quem vidi, quem l'inavi. in quem credidi. quem dilexi. v. Eructavit cor meum verbum bonum, dico ego opéra »:tea régi , et l'on reprend : Quem vidi, etc.
* J'ai méprisé lu royaume de ce monde et •« toute la parure du siècle pour l'amour de « Nolrc-Sciçncur Jésus-Christ, que j'ai vu , c une j'ai aimé, en qui j'ai placé ma con- ■ fiance, à qui j'ai voue mon affection. » Le pontife récite une Oraison et une longue Préface, pendant que les v ierges sont à genoux, rangées en cercle autour de l'autel. Nous rc-
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Krolions de ne pouvoir transcrire celte dernière où l'on respire le parfum de la piété la plus tendre. Mais nous ne pouvons nous dispenser de citer le Répons qui la suit : Feni, etecta mea, et ponam in te thronum meum, quia concupicit rex speciem tuum. s). Audi, Ettio, et vide, et inclina aurem /uom.« Venez, 6 vous « que j'ai choisie, et je placerai mon trône « dans vous parce que le roi a convoité votre « chaste beauté. Ecoutez, ma GUe, et voyez, « prêtez une oreille attentive. * Ensuite le pontife après leur avoir demandé si leur vœu de virginité est bien déterminé, impose le voiîe aux vierges : Accipe veiamen sacrum, etc. Une Antienne est chantée par les . deux vierges qui reçoivent ensemble le voile, et le ponlile récite sur elles une Oraison, puis il appelle autour de lui les vierges par cette Antienne : Desponsari . dilecta , veni , hyems transiit . turtur canit , vineœ fiorentes redolent. « Venez célébrer vos noces , 6 ma bien « ai tnée, l'hiver est passé, la tourterelle chante, « les vignes en fleur exhalent leur parfum. » Le pontife remet à chacune d'elles l'anneau en disant : Desponso te J es u Christ o , Fiiio summi Patris qui te illœsam custodiat, etc. f Je vous unis à Jésus-Christ, Fils du souve- « rain Père, afin qu'il protège votre virginité. « Hcccvez doue l'anneau de l'engagement, le « sceau de l'Es prit-Saint , afin que vons por— « liez le nom d'épouse de Dieu , et qu'après « l'avoir fidèlement servi, vous receviez la • couronne immortelle, au nom dn Père f. et « du Fi:s f et du Saint-Esprit f. » A chaque réception d'anneau les vierges, deux à deux, chantent à genoux l'Antienne : Ipsi sum de*ponsata, etc. « J'ai pris pour époux celui que « les anges servent , celui dont le soleil et fa « lune admirent la beauté. » Puis toutes se prosternant et levant leurs mains droites ornées du l'anneau, chantent cette Antienne : Annulo suo subarravil me Dominut meus Jésus Christus et tnnquam sponsam dreoratit me corona. « Le Seigneur m'a engagée à lui « par son anneau, cl m'a décorée d'une cou- « ronne en qualité de son épouse.» Le pontife leur donne sa bénédiction par une formule particulière, cl ensuite se dispose à leur mettre la couronne. Elles y sont invitées par une Antienne : Veni.sponsa Christi, accip* coronam quam tibi Dominus prœpararil in ceternum. « Venez, épouse de Jésus-Christ. « recevez la couronne que le Seigneur vous « a préparée pour toujours. » Le pontife impose sur chacune la couronne, par une formule analogue, et puis , deux a deux , elles chantent : Induit me Dominut cyclade auro textn. et immmsis nwnilibus ornavit me. ■ Le « Seigneur m'a ornée d'un diadème tissu d'or « et de précieux joyaux. » Le pontife récite deux Oraisons. Les vierges se lèvent ensuite et entonnent l'Antienne : Eccequod concupivt jam video, quod speravijam teneo, illi juncta sum in câlin, quem in terris posito, tvUt decolione dilexi. « Je vois enfin ce que j'ai tant « souhaité, je tiens ce que je convoitais , je « suis unie dans le ciel à celui que sur la a terre j'aimais de toute mon affection. » Le pontife récite une longue Oraison , tl pu»**.,
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couvert de la mitre il récite sur les vierges agenouillées une très-longue bénédiction. Il fulmine ensuite un analbèmc contre ceux qui arracheraient ces vierges au service divin qu'elles ont embrassé, ou qui s'empareraient de leurs biens. En voici quelques passages : « Que celui-là qui se porterait contre elles à « des attentats soit maudit dans sa maison
• cl hors de sa maison, maudit à la ville et à t la campagne, maudit dans la veille et dans ■ le sommeil , maudit dans sa nourriture et « dans sa boisson , maudit dans ses mouvec menls et dans son repos; maudits soient sa « chair et ses os, et que de la plante des pieds « jusqu'à la léte il n'y ait en lui rien d'intacU.. « Qu'il périsse au jour du jugement ; que le « feu éternel le consume avec le démon et « ses anges , à moins qu'il ne vienne à rési- € piscenec. Ainsi-soil-il , ainsi-soil-il. »
La Messe est continuée jusqu'à l'Offertoire. En ce moment les vierges vont à l'Offrande avec un cierge allumé, et le pontife récite une Secrète particulière. A la Communion , le pontife leur distribue l'Eucharistie avec autant d'hosties qui ont été consacrées pendant celle Messe. Les vierges chantent ensuite l'Antienne : Mel et lac ex ejus ore suscepi et sanguis ejus ornavit gênas meas. « J'ai pris de sa bouche le lait et le miel, et « son sang a embelli mes joues. » La Postcommunion est suivie de la Bénédiction solennelle du pontife. Puis il récite sur les vierges une Oraison , après laquelle il leur donne le livre de leur Office, en disant, pendant qu'elles le louchent : Accipite librum, ut ineipiatis Horas canonicas, et legatis Officium in Ecclesia. In nomine Patiis. etc. « Recevez
• ce livre afin que vous commenciez les m Heures canoniales, et que vous lisiez l'Of- « fice dans l'Eglise. Au nom du Père, etc. » On chante ensuite le Te Deum . après lequel le pontife remet les viorges à l'abbesse qui est à genoux : Vide quomodo, etc. « Réfléc cbissez sur le soin que vous devez prendre
• de ces vierges consacrées à Dieu, pour les « représenter pores et sans tache , car vous « en serez responsable devant le tribunal de « leur époux, qui est le Juge à venir. »Puis le pontife récite le dernier Evangile.
On nous pardonnera sans doute d'avoir décrit avec tant do détails ce cérémonial. Nous lui avons donné un développement plus considérable qu'à celui même des Ordinations sacramentelles, parce que celles-ci sont infiniment plus connues.
Il existe plusieurs autres céréraoniaux de télure qui varient selon les Ordres religieux et Congrégations , mais dont le type principal est celui qne nous venons d'extraire du Pontifical romain.
VARIÉTÉS
Le Sarramenlaire de Bobio contient une Oraison intitulée : Ordo ad consecrandas mo. narhas. fille est ainsi conçue : Omnipotens sempilerne Deus , Pater Domini nostri Jr.su Christi: tu. Domine , adjuva voluntalem antillarum tuarum, quœ meliorem portioncm
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