ITALIEN
Plusieurs Italiens qaî fréquemment assistent à la célébration de la sainte Messe selon le Rit Arménien , ont plus d'une fois témoigné le désir d'avoir entre les mains une version littérale de la Liturgie Arménienne, moyennant laquelle il leur fut possible d'entendre et de goûter spirituellement le vrai Hei)s du saint mystère, dont les cérémonies extérieures ont d'ordinaire le pouvoir d'exriter dans les âmes les vives ardeurs d'une religieuse vénération. Pour satisfaire d'aussi louables désirs, on a entrepris-cclle nouvelle et fidèle traduction en regard de laquelle est placé le texte original.
Il sera peut-être fort agréable aux amis de l'érudition des antiquités sacrées , -de savoir d'une manière précise en quelle occasion , par qui et à quelle époque a été composée celte Liturgie , en quels temps cl de quelle manière elle a été perfectionnée et quelles vicissitudes elle a pu essuyer dans les siècles postérieurs, non-seulement quant aux changements dont elle a été l'objet, mais encore quant aux éditions et traductions qui en ont été faites en des langues étrangères. Ce ne pourrait être une tâche bien difficile pour un traducteur que de satisfaire, sous ce rapport, les vœux des Italiens; car , de nos jours, on pourrait publier beaucoup de notions qui sont totalement ignorées des étrangers ; on bien qui manquent d'éclaircissements convenables, ou ne se trouvent pas fidèlement exposées dans le tome troisième de l'érudilc explication latino-italienne qui a été donnée par le P. Pierre Lebrun sur les Liturgies orientales , et imprimée à Vérone en 1752.
Mais comme ce présent travail a seulement pour but de contenter les personnes pieuses et les érudils , il suffira de dire que la Liturgie Arménienne a été composée au quatrième siècle et qu'elle a reçu son perfectionnement au cinquième.
Pour ce qui regarde sa disposition et les prières dont elle se compose, la Liturgie des Arméniens, en ce qui tient à sa substance , est attribuée à saint Jean Chrysostome, cl cela se prouve par la confrontation de plusieurs prières qui sont traduites presque littéralement. Quelques autres présentent une forme toute différente, oo ne conservent que le sens iulrinsèque, telles que la prière : Seigneur, Dieu des armées, à la col. 1280, jusquaux prières de la Communion, page 1297.
Ces prières sont, dans leur majeure partie, non-seulement différentes de celles de saint Chrysostome, de saint Atbanase et de saint Basile, mais dans leur construction et leur style retracent singulièrement la majesté el l'éléganco arméniennes. A ce signe certain on peut les regarder comme de véritables productions de quelque célèbre patriarche des Arméniens. L'opinion commune les attribue à Jean Mandaguncnsis, qui fut célèbre au cinquième siècle de l'Eglise el qui s'acquit une haute réputation d éminent docteur par sa vaste science et la sainteté de ses mœurs. On sait positivement qu'il s'acquit un grand mérite par l'inauguration de l'Office Arménien et qu'il fut le ferme soutien de la foi contre les persécutions furieuses qu'excita contre l'Eglise Bérose, roi de Perse , prince dont la perfide rage menaça d'une destruction complète le christianisme oriental.
L'Eglise Arménienne n'use habituellement d'autre Liturgie que de celte que nous publions. Cette Liturgie fut commentée par saint Nicrses Lambronensis , archevêque de Tarse, au douzième siècle. Mais avant lui le grand évécjue d'Auzivans , Cosroè's , qui vivait au milieu du dixième siècle, en avait donné une explication. C'est loi dont nous faisons mention dans la Rubrique qui se trou ve À la col. 1286.
Bien que chez les Arméniens on sépare en deux livres ce qui appartient au Sacrifice de l'autel , au chœur et au diacre , cl ce qui a rapport au célébrant , il semblera pourt.int plus convenable d'unir ces parties dans cette traduction , le tout conformément à l'ordre progressif selon lequel l'Office se fait en public. Par ce moyen les pieux assistants pourront aisément connaître le sens et la disposition des prières el des cérémonies de la Liturgie Arménienne.
Nous prions d'accueillir ce léger labeur avec une bienveillance qui corresponde aux intentiuns droites dont le traducteur est animé. Or il s'est proposé, avant tout, la plus grande gloire du Dieu des miséricordes qui a répandu sur toutes les nations de l'univers la lumière de la vérité, a propagé les bici.faits de son Eglise, et enfin a étendu au loin les bienfaits de la salutaire rédemption de son Fils unique fait homme, Notre-Seigneur Jésus-Christ. °
LlTUnCIt: ARMF..MF.N.NE.