‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 71 sur 519 · CAP · texte numérisé non relu

CAP

• parfait ! nous l'oiïrons cet enfant issu d'une

• Iribu sainte . oint d'une huile incorrup- « tiblc et purifié avec de l'eau. »

Saint Paulin, faisant allusion au baptême qu'il a reçu, dit ces singulières paroles : • Je « n'oublierai pas que je suis un poisson qui ■ ai reçu la vie dans les eaux. » On sait que celle comparaison était familière aux premiers chrétiens. La figure du poisson était un des plus fréquents symboles : on le retrouve sur les sépultures , dans des bas-reliefs de temples chrétiens, et ces écailles de poisson, qui sont figurées sur les murs, ou les colonnes d'anciennes églises , n'ont point d'autre origine. Il faut savoir que, soit par une de ces rencontres grammaticales dont les exemples sont assez fréquents, soit par d'autres causes, le mot çrec : ixeïs , poisson contient les cinq initiales de la phrase grecque : iuioïx XruTos eEOï nos xotup , « Jésus-Christ , « Fils de Dieu , Sauveur. > Saint Augustin lui-même ne dédaigne pas de faire cette observation qui semblerait plutôt du domaine d'un grammairien érudit.

L'ancien Rit gallican présente une grande variété de cérémonies pour l'administration du baptême. La bénédiction de l'eau baptismale se fait par une contestation ou Préface , qui n'est point la môme dans plusieurs Sacramenlaircs. Les Exorcisme» , les Collectes varient , ainsi que les formules de l'administration du Baptême. Nous nous contenterons de citer quelques passages de la contestation pour bénir l'eau ; on la trouve dans un Missel gothico-gallican : Uignum et justum est, Domine, sancle Pater omnipotens , œterne Deus , inilialor sanctorum , chrismatum Pater , et novi per unicum FHium tuum Dominum et Dewn nostrum inditor sacramrnti qui lielhsaidas aquas angelo méditante procuras : qui Jordunis alteum Christo Filio tuo dignante sanctifie as. Rrspice, Domine, super has aquas qtue prerparatœ sunt ad delenaa hominum peccata , etc. Un autre Sacramcntairc gallican contient celte contestation : Dignum et justum est, vere crquttm et justum est. nos tibi gratins agere. Domine Deus œterne , quisolus habes immortalitatem : eamque, nesoius possùieas, nobisq uoque renc-

vata œtate tribuisti fiât locus iste dignus

in quem Spiritus sanctus influai ; sepelialur hic ille Adam têtus, resurgat ttovus.... exuantur sordentes vitiis et discissis criminibus amictus splcndoris et immortalitalis indu-

menta sumantur quicumque hic se sibi ne-

gaverit, te lucrifacuil, etc. Une troisième contestation tout À fait différente de ces deux premières se trouve dans un troisième Sacramentaire gallican , que le père Mabillon a fait connaître dans son Musaum italicum; il en résulte donc la preuve que le Kit auqud nous donnons le nom de gallican n'était pas vx dans les Gaules, mais que plusieurs Eglises de celte grande coulrée avaienl leur?» usages particuliers , comme nous l'avons dit en transcrivant quelques fragments.

Dom Marlônc a mis dans son ouvrage une hymne très-curieuse que l'on chantait le Sa» medi saint , a Poitiers , pendant que le 6ap-

tfme était conféré

pile est tirée d'un manuscrit de ladite EgINc, lequel a aujourd'hui au moins mille ans d'antiquité. Celle hymne est attribuée à saint Forlunat , évoque de Poitiers , cl ne se trodve pas dans la collection ' de ses œuvres. Nous avons cru que nos lecl"iirs nous seraient reconnaissants d'avoir inséré ici celle pièce qui est empreinte de 1 originalité particulière à ce siècle.

cérémonie : « Lorsque , parmi eux , quelqu'un meurt sans avoir été initié . ils pla-

Tibi luis, peronnisaucior, Iljplis h. ilts S icraîor.

tjm sorte pa^sinnis i>.is prxiiiiutn s.ilu'.is.

tittx rl.ira pl.is et aima (Jn un |ini:i sol Cl aslra (Jure luiuiiinm roroua, lli-diiis diein per umbram TiiH laus.

)>nli'is. sieraia, Manda, Klecla, pur •* piilclira Sudaus honore niella Higatis ndore chris na, Tilii laus.

In qua re.lemj.lor orliis l>e morte vivui exil ; Ml qnos fniona vinxil !*(>i «lins ille solvil.

Ï.Ui r

(lu am Christ us apcrtiii Ail ge.itium s ilnicin t'.iijiis salubri cura ileilii novaia plasma, lïbi

Aerediu* ergo digni Ad pr liant l i vacri ; y un fonte recréait Itcmlui-alls a^r.i.

Til.1 laus.

Hic frurgps est Webs l'usais liquorc meules.

Pccot» u rgii un la.

ïibi Ijus.

Ciudele candidat»

Klecla vasa repni In morte runsepulti. Cltrisii li le rrnaii.

Tilu Uis.

Louange a loi Qéalctr éternel , insiii ciletir du baptême qui par 1rs mûrîtes de la passion oclroies le prix du salut.

0 nnit pins claire el plus bii'iifaisante que la lune, le soleil el les asltes . et qui par la couronne du splendeurs f.ig briller le joor au milieu de la nuil !

ouce , sacrée . \ Mue es. nuil la | lus sainte.

Nuil i

dR cuarr

pure, cl admirable de beauté , nuil pendant laquelle coule le miel, el qui par les |arluins la terre...

0 nuil en laquel'c lerédenv pleur du monde est sorti \ivsut du sein do la mori et a brisé les fer* des captif* eo sortant de «on tombeau-

Pour le salut des nations le ChrUt a failbrilliT crile nuit cl par l'cltel salutaire de son cx- | ialion la créature esl entièremenl renouvelée.

Ap;.rorhei. donc de celle | iscine pour y recevoir la grâce vous loua qui r ii ctes digues, alhi que vous brilliez de l i |-urelé de l'Agneau, vous qui vous y baignerez

Ici est la sourc» qui pnriftis de ses ondes 1rs âmes qui oui la foi ; pendant que le cor| s est mnii'lé de ses eau», ceUc oudo cûace Icsoéchés.

0 néophytes velus de blanc' soyez dans la joie! Yo«s êtes I. s vases choisis du royaume de Jésus Christ. Vous avez éié ensevelis dans sa mort, et vous Mes ressuscites dans sa foi.

Dans un Rituel imprimé à Cacri eh 160V, lé cérémonial du baptême, selon le Bit romain, offre un Evangile à lire , après que le sel a été mis à la bouche de Tcnlant. C'est la circonstance rapportée par saint Matthieu, dans laquelle des enfants avant été présentés à Jésuâ-Chrisl pour qu il leur imposât les mains , le divin Sauveur dît ces belles paroles : Sinite partulos ventre ad me, etc.: Laissez venir a moi les enfants, etc.

A Milan . scion le Rit ambrosien , après le biptfme , le curé se met a genoux avec le parrain , et récite une courte litanie, ensuite il f lit l'onction du saint chrême, etc.

Quelques hérétiques , par une f.iusse interprétation des paroles de l'ApAlrc (I FpU. aur Corinth.,V). prétendaient qu'on pouvait se faire baptiser à la place de quelqu'un qui serait mort sans baptême. Saint Chrvsoslome donne une description de cette singulière

cent un homme sous le lit du morl ; les autres »c tiennent autour du lit et demandent au mort s'il veut être baptisé : comme il ne repond rien , celui qui est caché sous le lit repond pour lui, et déclare qu'il veut être baptisé : on le baptise donc à la place du défunt. »

Au huitième jour après le baptême, on dépouillait solennellement les néophytes de la robe blanche qu'ils avaient portée pendant toute l'Octave de Pâques. Le célébrant lisait sur eux une oraison qui est rapportée par saint lldefonse , puis il leur donnait une ~ uédiction ainsi formulée :

Dont i nus J esus Christ us qui vos la\il aqna sui lateris et redemit cflusionc r morts , i|>se in vos e»'Uflr.net grati.nu adepurrudemptio lis. Per quem remit! esiis ex aijua cl Soiritn Sancto i|ise vos coplesti consodei regoo. i)ui dcdil vobis Initia sancia?

flJei, i|'se io iforatei perfi*cliotieni opei is et iiilndinem raril^tis.

Amrn.

0«e N^'lre-Sei^nenr J'-sus- Clirisl qui vous a lavés de l'eau de v-n côlé sarré el vous a rachetés par IVmisio:i de un sang, confirme lui-même en vous la grftce de la rédein|4io;i que tous avez reçue. Que c« même Seigneur par lequel tous venez de renaître dam l'eau cl l'Espht-Saini vous associe à sou royaume céleste, lui q>ii vous a initiés dans la sainte foi, qu'il consomme en vols son ouvrage el vous accorde la i léuiiiidede la charité.

Ainsi soit-il.

Nous trouvons dans le Musa>um italicum de D. Mabillou la description d'une cérémonie qui avait encore lieu à Rome au dixième siècle, el qui prouve que les titulaires des réductions paroissiales de cette ville se reconnaissaient comme simples mandataires de l'ad> minislration du bnplémc solennel. Aux samedis de Pâques cl de la Pentecôlc, lepape descenduilaux fonts baptismaux accompagnéde* diacres et des sous-diacres qui chantaient le» Litanies. Les cardinaux, qui étaient alors cil effet les vrais curés des diverses églises de Rome , se rendaient professionnellement devant le pontife , auquel ils faisaient une profonde retérence ; puis le plus ancien dis lit : Jube , iïomnc, Ocncdice re ; cl le ponlife donnait sa Bénédiction. Cela se répétait jusqu'à trois fois. Le ponlife se levait cl disait à tous ces curés-cardinaux : lté, baptixate omne» geiUes in nomine Palris, et Filii , et Spiritat Sancti. Après cela, les cardinaux-curés montaient à cheval pour se rendre dans leurs églises respectives et y administrer solennellement le baptême : c'est ce qu'on nommail la Cavalcade baptismale, Baptùmatia equitatio, qui se faisait avec une certain© pompe.

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